L'importance de nos choix éthiques

 Pour le philosophe André Comte-Sponville, a fidélité au vrai (au rationalisme sans la sophistique) se conjugue avec la fidélité à l’amour, à l’humanisme sans le nihilisme qui fait le jeu des barbares et des fanatiques de tous bords, qui ne connaissent que la violence, le mépris, l’égoïsme, la haine, car le contraire de la barbarie, c’est la civilisation. Une société peut très bien se passer de religion, au sens de la croyance en un Dieu créateur et personnel, elle pourrait se passer de sacré ou de surnaturel au sens large, mais elle ne peut se passer ni de communion ni de fidélité, celle précisément qui combat une sophistique qui cherche à taire la différence entre mentir, dire la vérité ou se raconter des histoires. En cet amour qui nous ouvre à l’absolu se déclinent la spiritualité et l’éthique car le Royaume l’éternité c’est maintenant ! C'est ce qu'on peut appeler le naturalisme, l'immanentisme ou le matérialisme. Le Tout y est unique « Il est sans créateur (tout créateur faisant partie du Tout, il ne saurait créer le Tout lui-même), sans extérieur, sans exception, sans finalité. C'est ce qu'on peut appeler le réel — l'ensemble des êtres et des événements —, à condition d'y inclure la puissance d'exister et d'agir qui les rend possibles (l'ensemble des causes, point seulement des effets).  C’est la nature « à la fois incréée et créatrice, hasardeuse autant que nécessaire, sans pensée, sans conscience, sans volonté — sans sujet ni fin. Tout ordre la suppose ; aucun ne la contient ni ne l'explique. Nature, sive omnia : la nature, c'est-à-dire tout. [1]» L’infini est donc hors de notre portée et gardera toujours une part de son mystère. Seuls comptent vraiment nos moments de grâce dans un présent neuf qui échappent à l’engloutissement dans l’avenir ou dans le passé ; seul le présent existe et tout y est : nos pensées, nos mensonges, nos vérités, nos idées ou nos connaissances ; tout est à mettre entre parenthèses pour que cessent nos conditionnements nés des bonnes mœurs, des bonnes manières ou de la politesse. Tout est revisité, mises entre parenthèses des dogmes, des églises, des règles, des commandements, des partis politiques, des idéologies, etc. L’indépendance est le vrai visage de la spiritualité. Elle n’a toutefois rien à voir avec le libre arbitre, car pour le philosophe nous ne pouvons être (vouloir ou faire) autre chose que ce que nous sommes.
Avons-nous seulement les moyens de cette indépendance si fortement désirée ? Notre rationalité campée uniquement dans l’immanence n’est-elle pas un leurre ? Nier qu’il existe une transcendance minimale comme au-delà au Soi, est tragique car cela revient à sanctifier le tout à l'égo ; fuir notre dimension transcendante est comique car nous nous privons inutilement de l'Aide divine. La métaphore de l'Univers connecté
Le travail d'Haramein montre que tout dans l'univers est connecté, de l'échelle la plus grande à la plus petite, grâce à une compréhension unifiée de la gravité. Il démontre que c'est l'espace qui définit la matière et non la matière qui définit l'espace. "Rappelez-vous que la matière est faite de 99,9 % d'espace"- dit Haramein - La théorie du champ quantique expose que la structure même de l'espace-temps, à un niveau extrêmement petit, vibre avec une énorme intensité. Si nous pouvions extraire un infime pourcentage de toute l'énergie contenue au sein des vibrations se trouvant dans l'espace de l'un de vos doigts, cela représenterait assez d'énergie pour alimenter les besoins mondiaux pendant des centaines d'années.  Cette nouvelle découverte a le potentiel d'ouvrir un accès à l'exploitation de cette énergie comme jamais auparavant, ce qui révolutionnerait la vie telle que nous la connaissons aujourd'hui". Ici, l'indépendance, nos moments de grâce dans le présent, la mise entre parenthèses pour que cessent nos conditionnements nés des bonnes mœurs, des bonnes manières ou de la politesse, tout est en lien justement avec le libre arbitre, avec cette transcendance obligée par laquelle nous interagissons avec l'Univers (le champ, la matrice, Dieu comme nous pouvons aussi l'appeler). 
Rêve et réalité
    Pour Ricœur, l’absolu équivaut à l’altérité absolue, à ce qui transcende notre expérience habituelle et nos constructions intellectuelles spontanées. L’absolu n’est pas forcément divin, mais le divin intervient dans l’histoire en tant qu’absolu, en tant qu’altérité radicale. Or l’absolu se présente sous la forme d’un témoignage, dans la mesure où il apparaît non pas comme une présence triomphante et irrécusable mais comme un appel, comme la proposition d’un monde inédit. Il se présente donc de manière strictement non autoritaire. Pour Ricœur, croire, ce n’est pas adopter une attitude de soumission et de fidélité aveugle, mais c’est reconnaître la fiabilité du témoignage dans le cadre d’un examen critique. On reconnaît un vrai témoignage à sa puissance d’innovation. Ici, nul ne peut se référer à la vérité au sens d'une totalité, mais seulement comme une vérité crue, confessée, attestée, vécue et expérimentée à laquelle nous donnons le cadre conceptuel suivant: 
  • Nous disons au divin, en permanence, Qui et Ce que nous voulons être, Ce que nous croyons pouvoir recevoir ou non, nos croyances et nos convictions profondes, notre état de santé ou de maladie, nos attentes et nos souhaits. Notre partenaire va devoir respecter ces informations, et nous donner en retour des informations si – et seulement si – ce n’est pas en violation avec les personnes ou l’environnement concernés.
  • Cette influence venue du Futur échappe aux lois connues de notre univers tout simplement parce nous sommes dans un multivers. Mais rien toutefois ne nous sera donné par imposition ni par ingérence du divin dans notre vie et dans notre environnement.
  • Le libre arbitre est la signature du divin, son autolimitation, sa marque de respect absolu. Il faut donc abandonner les représentations liées à une obéissance, à toute obligation, contrainte, menace de jugement, punition, privilèges ou mérites personnels.
  • Nous recevons de l’aide par rétro causalité, par réduction d’états, sans qu’elle soit de notre fait, sous formes d’intuitions, d’inspirations, de prémonitions, de coïncidences ou de synchronicités. « C'est la rétroaction du futur vers le présent qui transforme le hasard en libre arbitre, grâce à l'éveil de la conscience (P.Guillemant). »
  • En résumé, nous sommes tous UN, c'est-à-dire précisément l’univers faisant l’expérience de lui-même.
La démarche de Philippe Guillemant nous invite à oser penser la « magie » de l’observateur-acteur-capteur de l’Univers pour aller plus loin. Parmi les éléments qui peuvent nous y aider, l’auteur mentionne un attachement particuliers à : l’amour, la liberté, l’intention, la raison, la vigilance, la foi, la confiance, le détachement ; ces attitudes d’ouverture à notre être intérieur, à notre Esprit-Âme sont de nature à favoriser la création et l’accomplissement. Notre libre arbitre, libéré de la pesanteur corps-conscience et de l’égo, acquiert la capacité de s’ouvrir au futur, à ce qui ne vient pas et ne dépend directement pas de nous-mêmes, mais dont nous savons parfaitement qu’il est agissant. Cette conviction intime se nourrit et s’alimente d’une vérification concrète faite à travers les retombées matérialisées par l’Univers à nos demandes, des retombées qui vont dépasser même en générosité nos attentes. Notre conviction intime va donc avoir une intensité et une amplitude que nous appelons l’Amour. L’intensité va concerner en priorité la manière dont nous pouvons quitter le non-Amour pour donner une pleine dimension à son au-delà symétrique, en privilégiant l’amour, la liberté, l’intention, la raison, la vigilance, la foi, la confiance, le détachement ; nous pouvons il est vrai – reconnaissons-le – leur donner plus ou moins d’importance. L’amplitude relèvera plutôt de notre Esprit-Âme. Ce terme désigne dans le domaine scientifique la distance entre des quantités, des positions ou des valeurs extrêmes. Ainsi – et par analogie – l’amplitude de l’Amour va se mesurer dans la distance entre nos désirs-souhaits-intentions déposés, recueillis par l’Esprit et ce que l’Âme va pouvoir matérialiser en réponse, là où c’est possible, sans violer le principe du libre arbitre des uns et des autres. 
Oser un espace non contaminé
Cet espace vide, non contaminé, est dans les mots de Nassim Haramein la Singularité. "Elle est liée à un vortex entrant dans le chakra de la couronne (lié à la compréhension spirituelle de la vie et à la sérénité), et un autre dans le chakra racine (lié à la confiance en soi et au courage), pour enfin se réunir dans le centre du cœur reproduisant exactement la même dynamique. Et quand on regarde le centre du cœur, où les vortex se rencontrent, on va y retrouver la géométrie de l’étoile de deux tétraèdres, la géométrie du vide, la Singularité. La méditation est faite pour améliorer et augmenter la capacité de déplacer l’information depuis le vide jusqu’à Singularité individuelle. Il existe un lieu physique à l’intérieur de notre cœur et de sa Singularité. Notre cœur a une petite cavité, entre ses deux ventricules. Et cette petite cavité a le champ électromagnétique le plus important de tout notre corps ! Il peut être perçu et mesuré à plus de 2,5 m. C’est la batterie de la vie qui maintient notre cœur en fonctionnement.  Et quand on meurt, cette Singularité n’est plus présente, c’est sans doute une des raisons pour laquelle il y a une légère perte de poids qu’on ne peut justifier.
Si vous dirigez toute votre attention vers la singularité (zone de calme) qui est en votre centre, toute l'information contenue dans l'Univers est à votre disposition car l'Univers est un champ unifié holofractographique scalaire infini où toute l'information est présente en chaque point (singularité)."
 Le cercle au milieu peut symboliser une personne, le "Christ" si vous voulez, entouré de ses 12 apôtres. Nassim Haramein enseigne que nous sommes tous au centre de notre propre univers et que l'univers est infini. "Nous", c'est-à-dire ce cercle au milieu, ou cette sphère si vous vous la représentez en 3D, ou cette sphère tournante si vous vous la représentez en 4D, etc.
Les sphères ou bulles sont des petits mondes (microcosmes) qui s'intègrent dans de plus grands mondes (macrocosmes). Elles servent à créer une "identité", à séparer et contenir une mémoire agglomérée commune. Sans ces bulles, personne n'existerait... 
 Le schéma de la fleur de vie permet de se rapprocher de ce qu'on appelle "loi d'attraction", de ce qui n'est pas vain justement : la petite bulle au milieu (= vous) attire (et crée et rejette) ce qu'il y a autour d'elle. Vous pouvez aussi comprendre qu'en fonction de votre chemin, de vos pensées, de vos valeurs, de vos émotions, vous attirerez forcément autour de vous d'autres personnes qui sont sur le même chemin, qui ont des pensées, valeurs et émotions similaires... Ce n'est qu'en décidant de vous soigner que vous soignerez le monde autour de vous, d'abord votre monde immédiat, puis un monde plus large, et ainsi de suite. C'est une erreur de vouloir guérir le monde des fléaux qui l'habitent puisqu'en vous concentrant dessus, vous vous y attachez davantage... Si vous voulez vivre dans un monde libre, de paix, d'amour, de joie et de bonheur, alors faites-le déjà en vous, puis dans votre entourage immédiat, et ainsi de suite. La plus petite colère en vous participe aux traumatismes planétaires; la plus petite dose d'amour en vous participe à l'harmonie de la planète et de tous les êtres vivants qui y vivent. Alors choisissez en pleine conscience le monde dans lequel vous voulez vivre, ce qui n'est pas vain, violent, futile ou mesquin! Nos choix, nos pensées, nos valeurs, nos émotions, nos convictions intimes surtout, tout est en lien avec la Singularité, ce qui attire, crée ou rejette. Il s'agit de reconnaître et d'expérimenter qu'il y a là quelque chose de plus grand que soi-même, une transcendance, une merveilleuse dynamique d'un amour divin qui nous accueille de manière inconditionnelle et somme toute impersonnelle. l’autonomie du sujet n’y est pas absolue, et le réel ne se limite pas uniquement à l’immanent. Ce qui fait sens, c’est l’union de l’humain et du divin, dans une puissance d’innovation bien présente dans la métaphore de l'Univers connecté. Nous sommes cette petite bulle au milieu de la fleur de vie, notre propre univers, en lien avec Tout, l'univers infini. Il n'y a pas de quoi pavoiser puisque c'est offert à tous! Cela ne nous met pas à l'abri du malheur, ce n'est pas une protection magique ou infaillible, car la liberté de mal faire et de mal agir demeure une réalité humaine. Mais c'est une manière sensée d'aborder humblement la Vie, d'en faire l'expérience différemment. Car Dieu ne cherche rien d'autre qu'à nous toucher : notre coeur endurci et pétrifié ne pourrait-il s'attendrir, et le rigorisme de notre jugement moral ne pourrait-il faire place à un peu plus d'humanité et de bonté ? 
Le croyant recherche comment dans chaque situation différente découvrir la fidélité et l'espérance auxquelles nous ouvre le Dieu de tendresse et de compréhension, de fraternité et de renouveau. C'est chaque fois un cri, une quête pour davantage d'humanité, de réalisme, de vérité ; contre les règlements inhumains, injustes, aliénants.
La théorie de l’Univers connecté parle en fait de collaboration entre les différentes échelles de l’Univers, et non de lutte, ce qui change totalement le paradigme de base et permet l’apparition de systèmes non-pyramidaux basés sur l’entraide pour arriver à un but commun, par opposition à des systèmes où nous voyons une destruction des ressources naturelles et de notre société. Il y a bien nécessité d'une recherche d'équilibre capable de favoriser la réalité et l'émergence de la coopération, de la réflexivité, du pardon ou de l'amour.
Au sujet de l'amour-agapè
    André Gounelle nous dit avec raison: "Que l'égoïsme et l'amour-propre soient largement répandus, c'est évident, mais expriment-ils un véritable amour de soi ? Ce n’est pas sûr. Souvent, nous éprouvons de la déception ou de la rancœur envers nous-mêmes, parce que nous avons le sentiment de n'être pas à la hauteur de nos ambitions et de nos idéaux. Nous acceptons mal nos limites, nos défaillances, nos échecs, nos torts. Nous nous en voulons parce que nous n'arrivons pas à devenir ce que nous voudrions être, parce que nous ne dépassons pas la médiocrité. Au chapitre 3 de la Genèse, le serpent touche une corde sensible quand il déclare à Adam et Eve que s'ils mangent du fruit défendu, ils deviendront comme des dieux. Nous avons tous, plus ou moins consciemment, le désir d'être pour notre conjoint, nos enfants, nos collègues et connaissances comme des dieux, c'est-à-dire des êtres parfaits, brillants, irréprochables, pourvus de qualités exceptionnelles. Et nous nourrissons une sourde et profonde animosité contre nous-mêmes parce que tel n'est pas le cas." Cette tension est à définir, à la suite de Kierkegaard, comme deux pôles antagonistes entre lesquels nous oscillons: le désespoir-force (dans le désir d'être merveilleux) et le désespoir-faiblesse (dans la conscience de ne pas y arriver). Pour en terminer avec cette oscillation, il faut se laisser tomber en Dieu, se reconnecter avec sa Singularité.
« Notre cœur nous condamne », dit la première épître de Jean, en ajoutant immédiatement : « mais Dieu est plus grand que notre cœur ». Lorsque notre cœur nous condamne, Dieu nous pardonne. Quand nous nous détestons, Dieu nous aime. Le message évangélique dissipe cet amour propre qui se veut sans défauts. Il nous apprend à accepter nos misères, nos manquements, nos incapacités. Sans nous croire impeccables, sans nous prendre pour plus que nous valons, nous avons à nous aimer tels que nous sommes, comme Dieu nous aime, c'est-à-dire tantôt forts et tantôt faibles, petits, et défectueux. En lui, nous pouvons vivre nos ombres et nos lumières, les porter et les habiter en toute singularité sasn en faire un drame. C'est pourquoi Jésus nous invitait ouvertement à nous aimer les uns les autres.
La phrase de Jésus ne signifierait pas « tu aimeras ton prochain autant que toi », mais : « tu aimeras ton prochain comme faisant partie de toi, parce qu'il est un élément de ta propre existence ».
Parmi nos prochains, il y a certes nos semblables, nos frères et sœurs en humanité, mais aussi des êtres différents, d'autres créatures, les animaux, les végétaux si souvent agressés, maltraités, torturés par les humains, comme beaucoup de nos semblables ;
Néanmoins, on ne peut pas imposer, ordonner, obliger d’aimer.
Kant a raison. Quand on voit dans cette parole un commandement, une loi à observer, elle devient accablante, désespérante, elle enfonce dans la mauvaise conscience et le sentiment de culpabilité. Or l'évangile n'est pas la mauvaise nouvelle de notre faute, mais la bonne nouvelle de notre délivrance. Pour bien comprendre ces paroles sur l'amour, de même que celles du décalogue et celles du sermon sur la montagne, il faut y voir non pas une loi mais une prophétie. Elles ne nous disent pas : « voilà ce que tu dois faire, comment tu dois vivre », en nous imposant des exigences impossibles. Elles nous disent plutôt : « voilà ce que Dieu va opérer en toi, voilà ce qu'il a commencé et qu'il continuera à faire : il te rendra aimant ». 
Vers un éthique spécifique:
  1. Avec Paul Ricoeur, nous affirmons que la visée éthique contient les trois termes suivants : visée de la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes. Les trois composantes de la définition sont également importantes. Ce qui nécessite le souci de soi, souci de l'autre, souci de l'institution.
  1. Le seul ordre social légitime universalisable est celui qui s’inspire d’un principe de commune humanité, de commune socialité, d’individuation, et d’opposition maîtrisée et créatrice.
  1. L'intersubjectivité suppose en réalité une approche tragi-comique de la sphère religieuse : l’autonomie du sujet n’y est pas absolue, et le réel ne se limite pas uniquement à l’immanent. Ce qui fait sens, c’est l’union de l’humain et du divin, dans une puissance d’innovation. 
  1. Cela suppose l'invariant relationnel de Paul Ricoeur permettant d'assurer une continuité ininterrompue de la personne à travers la parole donnée qui dit le maintien de soi. Elle seule permet de compter sur...et d'être comptable de... Je ne suis assuré de moi-même que par ma fidélité aux engagements pris.
  1. La visée éthique sera construite sur le socle de l'amour agapè compris comme expression de la bienveillance, de la bienfaisance et de la bonne volonté incluant notamment la coopération, la réciprocité et le pardon. C'est ainsi que nous sommes appelés à nous accueillir les uns les autres dans notre commune humanité. Cette visée est affaire individuelle et collective; l'état et la justice y contribuent comme lutte contre le chaos et la violence.
Cette éthique spécifique maintient la tension avec l'Absolu, le Souverain bien et le relatif sans en prendre ombrage ni se réfugier dans l'à-peu-près du moindre mal. Elle s'ouvre à ce qui se présente dans l'instant comme Futur non encore réalisé, recherche de la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes. Elle s'oppose ainsi clairement à l'anti-vie si bien décrite par Maurice Bellet:
«L’impuissance ou le refus à vraiment naître, la contre-naissance qui est, pour qui l’éprouve, condamnation de son existence même.
La violence, qui fait de lautre un esclave, une chose ; l’amour y est, en vérité, haine, et même plus bas ; mépris.
La solitude, lenfermement en soi-même, et dabord par le corps même : nul autre à aimer.
Lenfermement dans le semblable, leffet de miroir qui stérilise la relation.
Le règne des fantasmes, de limaginaire qui réduit lautre à ce qu’on y projette.
La violence qui sexerce par largent.
La tromperie, la trahison, labandon.
La stérilité. On peut y être jeté, on peut le faire subir à l’autre[2]. »   
        Être libre, disait Nelson Mandela, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres.
La FOI nous invite à oser cette ascension spirituelle...A nous risquer dans des choix éthiques sachant que c’est en Christ que se dit notre véritable humanité :
                      Sur Toi notre œil se repose
                      Malgré notre infirmité,
                      Pour refléter quelque chose
                      De ta sainte humanité. 
Nous pouvons y arriver en pratiquant le repentir qui est fondamentalement une ré-orientation du désir qui s'exprimait par rapport au monde et qui maintenant est orienté vers Celui qui est Source de désir en nous car il est Source de vie.
Vers une ré-orientation du désir/besoin:
L'homme enfermé en lui-même, réduit à son individualité naturelle, immergé dans les soucis de la vie temporelle, s'aliène aux nécessités de la survie existentielle : s'installent la peur de manquer, l'angoisse de l'insécurité, la hantise de la solitude, qui trop souvent font prendre des décisions qui engendrent des conséquences fâcheuses et alourdissent le fardeau du quotidien. Cette aliénation au monde visible, extérieur à cet univers clos où tout est référé à nos perceptions et à nos conceptions, c'est le mouvement de l'égocentrisme[3]. » 
        Le premier Adam était une âme vivante; le dernier Adam un esprit vivifiant; l'homme spirituel n'est donc pas l'homme d'après sa plus haute potentialité, mais l'homme ayant reçu de Dieu le pneuma et devenu ainsi une nouvelle créature. Il n'est pas esprit, mais il a l'esprit ou il est en esprit.Être en esprit et en vérité
        Le pneuma divin permet un bienheureux dépassement du mortifère: Le Royaume des cieux ressemble à une personne qui se rend compte qu'elle ne viendra jamais à bout de ce qui pèse - la convoitise, la rivalité, la faute, la culpabilité et le perfectionnisme -, qu'elle n'atteindra jamais une image idéale d'elle-même qu'elle croyait nécessaire pour se rendre acceptable et aimable. Elle accueille alors son impuissance radicale; elle s'ouvre ainsi à l'avenir, à la nouveauté, à  l'autre/Autre avec confiance; elle renonce à expier son malheur par une vie de fuite, de devoir ou de mensonge. Ici, la dynamique de guérison est bien une résurrection: laisser venir le courage d'oser être soi-même avec ses ombres et ses lumières en faisant face aux autres. Nous voici libérés de notre passe-temps favori qui consiste à tout idéaliser ou à tout diaboliser, à vomir les autres ou à les dévorer ! Une manière de se laisser dominer tantôt par le désespoir-force en sa volonté de tout maîtriser, tantôt par le désespoir-faiblesse qui cherche le salut dans la fuite. Nous pouvons voir notre aveuglement s'en aller, le laisser partir avec l'aide de Dieu. Apprendre à nous aimer sans enflure ni tristesse, sans tout ramener à soi. Et retrouver foi dans la joie de donner et de recevoir gratuitement, sans chagrin ni contrainte qui est la dynamique privilégiée du Royaume.
Philippiens 4:7 nous promet un gain inestimable:   Et la paix de Dieu, qui surpasse toute pensée, gardera votre cœur et votre intelligence en Jésus–Christ.
Adonaï est yahwé-paix. La paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, peut dès lors garder son coeur et ses pensées en Jésus-Christ. #Php 4.7 Il connaît la joie et le bonheur, il se couche et il s’endort en paix (CF Ps 4.7-8). Cette paix n’est pas le produit artificiel et passager d’un effort humain: elle est le fruit de l’Esprit (CF Ga 5.22) donné par Dieu lui-même.
D’abord conçue comme un bonheur matériel, la paix apparaît petit à petit comme un bien spirituel accordé par Dieu. La paix apparaît alors comme la victoire dans la lutte contre le mal.
Le mot shalom (4) ne signifie pas seulement 'paix', mais aussi tranquillité, sécurité, bien-être, santé, satisfaction, contentement, réussite, consolation, réconfort, entier, complet et intègre. 
En chaque croyant il y a un shalom qui vient de Dieu Lui-même. Ce n'est pas une fausse paix qui produit l'autosatisfaction et ignore la souffrance, mais une paix compatissante qui se languit de voir le shalom de Dieu présent dans chaque personne, et qui motive nos actes qui vont nous aider à l'apporter : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne » (Jean 14:27).
Le repentir est le premier don de Dieu sur le chemin de la guérison, aspiration à une vie plus haute, à une spiritualisation. Par lui, la conscience va s'ouvrir, s'élargir et deviendra apte à écouter, accueillir la Parole qui convient à la croissance intérieure pour la guérison de notre mental conditionné.
La grande rupture avec le monde n'est pas au moment de la mort corporelle mais au moment où l'homme accepte la réalité de la Présence de Dieu avec lui. À cet instant, l'Emmanuel (" Dieu avec nous ") naît dans le coeur, unit les deux natures (divine et humaine) séparées et opère une re-création de tout l'être.
Nassim Haramein nous invite à pratiquer cette guérison ainsi: Peut-être pouvez-vous-même intégrer l’Univers dans cette technique, en le visualisant qui se compacte suivant un mouvement spiralé vers l’immobilité dans votre cœur (expire), et qui entre en expansion à nouveau (inspire), et puis en répétant ce cycle encore et encore (= pranayama, technique de respiration).
Une guérison nécessaire:
Nassim Haramein le dit clairement: Vous pouvez aussi comprendre qu'en fonction de votre chemin, de vos pensées, de vos valeurs, de vos émotions, vous attirerez forcément autour de vous d'autres personnes qui sont sur le même chemin, qui ont des pensées, valeurs et émotions similaires... Ce n'est qu'en décidant de vous soigner que vous soignerez le monde autour de vous, d'abord votre monde immédiat, puis un monde plus large, et ainsi de suite. C'est une erreur de vouloir guérir le monde des fléaux qui l'habitent puisqu'en vous concentrant dessus, vous vous y attachez davantage... Si vous voulez vivre dans un monde libre, de paix, d'amour, de joie et de bonheur, alors faites-le déjà en vous, puis dans votre entourage immédiat, et ainsi de suite. 
Jésus disait: « Gardez-vous du levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie » (Lc 12, 1). Notre foi ne saurait être basée sur le mensonge, la duplicité, le faux-semblant, mais elle suppose tout au contraire vérité, sincérité et gratuité dans les relations.
« L’irrespect, explique Stéphane Clerget, c’est ce qui rabaisse l’autre, le nie dans ses droits, dans sa liberté ou sa personne. Bien sûr, il peut se produire des conduites irrespectueuses totalement involontaires, mais dans l’ensemble cela procède toujours d’une volonté de toucher, d’atteindre l’autre. À l’inverse, le respect, c’est reconnaître à l’autre la même humanité, la même valeur qu’à soi-même. »
Le respect est d’abord une attitude existentielle qui consiste à reconnaître que les opinions, les sentiments, les envies de chacun ont une valeur.
Ensuite, pour l’inspirer aux autres, nous devons oser dire oui et non, exprimer posément notre pensée, notre désaccord, partir quand une situation cesse de nous convenir, ne pas laisser autrui envahir notre bulle, notre espace vital. Il suffit d’« être ce que l’on est »
L'apôtre Paul nous y invite fermement: « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien » (Rm 12, 9)
L’expression « sans hypocrisie » (5) constitue un seul mot en grec. L’adjectif « anupokritos »  est composé du préfixe « an » – « absence de » – et du terme « hupocrisia », que nous traduisons par « hypocrisie », mais dont le premier sens est : « action de jouer un rôle, une pièce, une pantomime ». L’hypocrisie commence donc lorsque je joue consciemment un personnage afin de paraître autrement que ce que je suis, dans l’intention de tirer quelque bénéfice de ma mise en scène. Il s’agit dès lors d’une forme de mensonge, la personne se cachant, par un travestissement volontaire, derrière une apparence qui ne correspond pas à ce qu’elle est.
L'hypocrisie, ça se soigne tout simplement en ré-orientant nos besoins et nos désirs.
Nos valeurs chrétiennes
L'AMOUR- C'est vouloir le bien commun et y travailler sans hypocrisie ni coups tordus.
C'est l'accueil bienveillant, l'entraide, le partage de connaissances et d'expériences, la bonté, la collaboration, le droit à l'erreur, le pardon, la fraternité.
LE RESPECT- C'est traiter l'autre comme on souhaite soi-même être traité.
C'est l'importance accordée à la personne et à sa dignité, l'estime de soi et des autres, l'ouverture aux différences, l'échange et le respect d'opinions.  C'est aussi le respect de la création, de l'environnement, qui est essentiel au bien-être de soi et des autres.
L'ESPÉRANCE- C'est croire à ce qui n'est pas encore là, au Royaume de Dieu.  C'est avoir confiance en l'avenir promis par Dieu,  c'est croire en la personne, c'est croire que toute personne a un rôle à jouer dans l'amélioration du sort des humains, c'est croire que l'anti-puissance et l'anti-meurtre sont possibles.
LA JOIE- C'est se réjouir parce que nous sommes aimés de Dieu.  C'est la fierté et l'enthousiasme, c'est la manifestation des croyances et des valeurs, c'est la célébration de la foi, c'est la démonstration de la force intérieure qui nous habite, c'est d'avoir et  de donner le goût de vivre.
LA PAIX- C'est vivre en harmonie avec soi et avec les autres.  C'est le respect des différences, l'engagement à améliorer le monde, c'est l'accueil de la diversité, le pardon, la réconciliation.
LA JUSTICE- C'est traiter chaque personne équitablement peu importe ses capacités, son ethnie, son apparence physique et son milieu.  C'est reconnaître la dignité de la personne, avoir le sens de l'autre, l'interdépendance, la solidarité, l'ouverture aux différences, l'intégrité.
LE COURAGE- C'est la quête de l'idéal pour la construction d'un monde meilleur.  C'est l'audace et l'énergie renouvelés qui permettent de tenir bon, de recommencer, d'innover et d'oser croire qu'ensemble, avec la force de l'Esprit, il nous est possible de travailler de façon continue à la croissance des personnes et à l'amélioration de notre milieu.
Principe d’opposition maîtrisée et créatrice : parce que chacun a vocation à manifester son individualité singulière il est naturel que les humains puissent s’opposer. Mais il ne leur est légitime de le faire qu’aussi longtemps que cela ne met pas en danger le cadre de commune socialité qui rend cette rivalité féconde et non destructrice.
Avec ces élans, nous pouvons nous guérir nous-mêmes et le monde sans devoir pour autant exagérer ou minimiser notre importance.
Comme le dit encore cette recette de joie:
Prenez-vous tel que vous êtes
Avec vos ombres et lumières,
Sans en faire un drame.
Enlevez votre pelure d’égoïsme.
Arrachez les graines des pensées malveillantes.
Enlevez tous les préjugés et tracas.
A cela, ajoutez la conviction profonde
que la vie vaut la peine d’être vécue.
En toute chose, recherchez la vie bonne pour tous
Et des institutions justes
Mélangez bien.
Ajoutez une idée pratique :
vous êtes quelqu’un.
Assaisonnez d’un grain d’humour et d’optimisme.
Sucrez avec de l’amour et de la bienveillance.
Puis ajoutez une ferme résolution :
celle de faire de votre mieux
à chaque heure de chaque jour, quoiqu’il arrive.
Laissez mijoter pendant 365 jours.
Garnissez de sourires et de mots aimables.
Servez avec douceur et courage.
Vous verrez l’effet !
Nous créons la réalité et la réalité nous crée; tout est en lien avec la morphogenèse. 
Ainsi: 
L'équipe du Pr. Roman Ulm, du Département de botanique et de biologie végétale de l'Université de Genève, vient de comprendre comment les plantes se sont protégées des rayons UVB. C'est une protéine (baptisée UVR8) qui, sous l'action du soleil, déclenche une cascade de réactions chimiques dont des antioxydants et des composés qui absorbent les UV comme une crème solaire. Ce mécanisme a permis aux plantes, sorties de l'eau, de s'adapter à un monde hostile, à une époque où la couche d'ozone était en formation. Le mécanisme UVR8 semble avoir été transmis d'un seul coup à l'ensemble du monde végétal.  Fabuleux! Et bizarre, non? 
 

    "Il a été démontré que cette chose que nous appelons "le vide de l’espace" est en fait remplie d’énergie. La géométrie en parfait équilibre d’une infinité scalaire de cuboctaèdres est la raison pour laquelle l’énergie infinie du vide (le plénum, l’éther, l’énergie de point zéro, la mousse quantique, l’espace, le champ source, Dieu, la conscience cosmique, l’amour universel, ou appelez-le comme bon vous semble) nous apparaît comme quasi nulle car l’énergie est dans un état d’équilibre parfait à toutes les échelles .

Encore serait-il bon d’agir dans le sens de la dynamique fondamentale de l’Univers à toutes les échelles, de rechercher cette 'paix', mais aussi tranquillité, sécurité, bien-être, santé, satisfaction, contentement, réussite, consolation, réconfort,  en créant, dans notre propre champ énergétique, dans la structure toroïdale se courbant vers l’immobilité, vers la singularité de notre cœur, un peu comme dans l’œil d’un cyclone. 

    À la manière de Jésus, nous vivons les valeurs chrétiennes qui accordent la priorité à la personne et qui contribuent à la construction d'un monde meilleur.

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[1] L’esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu. Albin Michel 2006 p. 148.
(2) Maurice Bellet, le Dieu pervers, éditions du Cerf, 1990, p. 252-253.
(3) À partir de l’adresse <https://www.pagesorthodoxes.net/metanoia/dautais-metanoia.htm
(
(4) À partir de l’adresse <http://www.seraia.com/seraiafr/lexique/Shalom.htm>
(5) À partir de l’adresse <http://fsj.fr/2012/12/que-votre-amour-soit-sans-hypocrisie-fuyez-le-mal-avec-horreur-attachez-vous-au-bien-rm-12-9/


       

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