Avec cette épidémie aux conséquences dramatiques, nous avons tout lieu de dire notre reconnaissance envers toutes celles et ceux qui font tourner l'économie et les hôpitaux, les personnels indispensables, médicaux ou administratifs, les chauffeurs, les conducteurs, les livreurs, les camionneurs, les agriculteurs, les maraîchers, etc.
À vous un grand MERCI! Vous nous aidez à tenir bon...

Il convient aussi de dire notre compassion à toutes les familles qui sont et seront frappées par le deuil, la maladie, l'épreuve ou la malchance.

2020 illustre les craintes formulées depuis des années par les épidémiologistes: la crainte d'une pandémie mondiale.

En 2015 déjà Bill Gates alertait l'opinion publique sur le manque de préparation de nos états en cas de pandémie mondiale. "Nous ne sommes pas prêts pour la prochaine épidémie", disait-il. "Quand j'étais gamin, la catastrophe dont on avait le plus peur était une guerre nucléaire. Mais aujourd’hui, le plus grand risque de catastrophe mondiale ne ressemble pas à ça. Il ressemble à ça", explique Bill Gates, désignant un virus vu au microscope. "Si quelque chose tue plus de 10 millions de gens dans les prochaines décennies, ça sera probablement un virus hautement contagieux plutôt qu'une guerre. Nous avons énormément investi dans la dissuasion nucléaire, mais très peu dans un système pour arrêter les épidémies. "Regardez Ebola : le problème n’était pas que le système n’a pas assez bien marché. C’était qu’il n’y avait pas de système tout court". "La prochaine épidémie pourrait être bien plus dramatique. Il pourrait y avoir un virus avec lequel les gens infectés se sentiraient suffisamment bien pour prendre l’avion, aller au marché…", annonçait-il. Des propos qui rappellent fortement les symptômes et le comportement des personnes infectées par le Covid-19.

Une étude récente démontre que les rongeurs, primates et chauve-souris sont les hôtes de 75,8 % des virus transmis aux humains!


Elle est venue de Chine, sans doute à cause et à travers le braconnage du pangolin. Le pangolin est l'espèce la plus braconnée au monde, loin devant les éléphants ou les rhinocéros. Victime d'un trafic illégal, ce petit mammifère, menacé d'extinction, est très prisé pour sa chair, ses écailles, ses os et ses organes dans la médecine traditionnelle asiatique. Il pourrait être l'animal qui aurait transmis le virus, c'est ce qu'avancent des chercheurs chinois tandis que d'autres appellent à la prudence. L'analyse génétique des échantillons de pangolins ont permis d'identifier six souches de coronavirus qui appartiennent toutes au même groupe phylogénétique que le SARS-CoV-2, les béta-coronavirus. 

Nous avons aujourd’hui la quasi-certitude que le SARS-CoV-2, le virus du Covid-19, provient à l’origine des chauve-souris, même s’il est très certainement passé par au moins une espèce animale intermédiaire. Des analyses génétiques ont démontré que le virus du Covid-19 partage 88% de sa séquence génétique avec deux coronavirus présents chez des chauve-souris. Mais comment est-il arrivé jusqu’à nous ? L’humanité n’est pas innocente dans ce processus et elle en paie le prix.

Les chauve-souris sont des réservoirs à virus, ce n’est pas nouveau. Des coronavirus comme ceux du SRAS, du MERS, mais pas seulement : on leur doit Ebola, ou encore les virus Hendra et Nipah, qui ont causé des maladies neurologiques chez des humains et des animaux domestiques.

Pour l'instant, ce virus ne semble pas avoir muté, mais bien évidemment, il fait des dégâts parce que nos défenses immunitaires doivent s'adapter. Il va causer entre 1 et 3% de décès, avec des taux plus élevés auprès des seniors et des gens déjà malades ou affaiblis. Il va surtout perdurer tant qu'une majorité des populations concernées ne sera pas immunisée pour l'avoir eu ou par vaccin, entre 50 et 65%. Le confinement décrété est donc en partie illusoire, mais il vise avant tout deux objectifs prioritaires tout à fait louables: 1) diminuer le nombre de morts. 2) Protéger nos systèmes de soins hospitaliers autant que faire se peut d'une implosion due à un nombre trop élevé de patients.

Le Covid-19 est particulièrement sournois: il infecte et retourne nos propres cellules contre nous ! 
Sa couronne de petites protéines pointues s'accroche aux membranes cellulaires des voies respiratoires produisant une enzyme appelée ACE2 qui a pour fonction normale d'abaisser la tension artérielle. 8 fois sur 10, cela va se traduire par un peu de toux et de fièvre; dans les cas d'aggravation après 8 jours, d'autres symptômes apparaissent: essoufflement, sudation, accélération du rythme cardiaque, étourdissements, et pneumonie qui peut nécessiter une mise sous respirateur. Quand la maladie s'emballe, le Covid-19 déclenche une réaction immunitaire disproportionnée, une tempête de cytokines qui vont diminuer l'oxygène dan le sang et provoquer l'arrêt des poumons, des reins ou du foie. 

Mais il pourrait aussi avoir été accidentellement sorti d'un laboratoire!

Les Etats-Unis n'excluent pas que le coronavirus à l'origine de la pandémie  provienne, bien que d'origine naturelle, d'un laboratoire chinois à Wuhan, et évoquent une "enquête" pour faire toute la lumière."Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s'est propagé, a contaminé le monde et a provoqué une telle tragédie", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo sur la chaîne Fox News.

Le nouveau coronavirus est soupçonné d'être apparu fin 2019 dans un marché en plein air de la ville chinoise de Wuhan, où sont vendus des animaux exotiques vivants. Cependant, une équipe menée par Elaine Nsoesie de l'université de Boston a analysé 111 images satellites de Wuhan sur une période allant de janvier 2018 à avril 2020. «Une forte augmentation de l'affluence dès août 2019» a été détectée sur les parkings des hôpitaux de Wuhan, «culminant avec un pic en décembre 2019», ont noté les auteurs de la recherche. Les scientifiques ont aussi surveillé les symptômes les plus tapés sur le moteur de recherche chinois Baidu. Les membres de l'étude ont vu un bond dans les recherches du mot «toux», pouvant correspondre à la grippe saisonnière, mais aussi dans les recherches du mot «diarrhée», qui est un symptôme plus spécifique du Covid-19.

Les experts ont découvert qu'il était proche d'un virus présent chez des chauves-souris, qui aurait muté et se serait transmis à l'une des espèces vendues sur le marché, d'où le virus aurait ensuite contaminé des humains. L'animal intermédiaire n'a pas été identifié avec certitude.

Coup sur coup, deux médias américains ont toutefois rapporté ces derniers jours des informations qui ouvrent une autre piste.

Selon le Washington Post, l'ambassade des Etats-Unis à Pékin, à la suite de plusieurs visites à l'Institut de virologie de Wuhan, avait alerté à deux reprises, il y a 2 ans, le département d'Etat américain sur les mesures de sécurité insuffisantes dans ce laboratoire qui étudiait les coronavirus chez les chauves-souris. Voulu et construit avec l’aide de la France, le très sensible laboratoire de virologie P4 de Wuhan a peu à peu échappé au contrôle des scientifiques français. Selon la cellule investigation de Radio France, un vaccin contre le Covid-19 y a récemment été testé.
Un commencement de preuve a été dévoilé par le Pr 
 Luc Montagner  qui explique dans une émission de télévision française que le  Covid-19 est une combinaisons artificielle très finement travaillée et minutieuse du coronavirus avec le sida !!! C'était peut-être pour tenter de faire un vaccin . (CF. Professeur Luc Montagnier : Le virus covid19 est une manipulation humaine). Il serait intéressant de savoir si les personnes qui ont eu le Covid-19 ont  des anticorps de type Sida.

Il y aurait eu une fuite du laboratoire due à un manque de précautions. Certains disent que les séquences VIH introduites dans le génome du Coronavirus sont trop courtes et proviennent plutôt du hasard. Le gouvernement chinois met la pression pour contrôler tout ce qui peut être publié: il a fait retirer une publication hindoue via l'éditeur.

Le virus semble perdre de sa vigueur, le fait est constaté chez certains patients américains. Le segment qui porte le VIH mute plus vite et va même probablement disparaître. Des tests et analyses faites à Seattle montrent que cette séquence à quasiment disparu. Il faudrait suivre les mutations du virus: l' hypothèse du Pr Montagner veut qu'il va perdre sa virulence. La nature aime l'harmonie et elle va combattre ce virus qui ne l'est pas et qui est de surcroît artificiel. Cela étant, on pourrait aussi le combattre par des ondes électromagnétiques spécifiques qui seraient à définit, et pourraient détruire de manière ciblée des séquences d'ADN ou d'ARN, mais c'est pour l'instant de la science fiction.

Cette interprétation toutefois est contestée par d'autres éminents chercheurs.  « Il y a trop peu de similarité avec la séquence du virus du HIV pour conclure à un échange significatif du matériel génétique », écarte ainsi Gaëtan Burgio, généticien et chef de groupe à l’Australian National University. En janvier, la communauté scientifique Massive Science listait une quinzaine de virus différents présentant la même séquence commune au VIH et au SARS-CoV-2. Parmi ceux-ci : un virus de la patate douce, un virus de la nectarine ou encore un virus de guêpe.

Cette liste est d’autant moins significative que la séquence commune est courte. « S’il y avait de réelles insertions de séquences VIH, les fragments auraient été bien plus grands et plus spécifiques, abonde le Dr Burgio. C’est plutôt du registre de la coïncidence. »

Une manipulation humaine peu probable

L’idée même que le SARS-CoV-2 puisse avoir été le produit de manipulations génétiques est également loin de faire l’unanimité. Les virus de fabrication humaine existent mais sont des combinaisons souvent spectaculaires de virus existants, ce qui les rend en général faciles à reconnaître pour les microbiologistes. Or le SARS-CoV-2 n’a pas les caractéristiques d’un virus artificiel et aucun emprunt génétique suspect ne permet de dire qu’il y aurait eu intervention humaine.

« Cela ressemble beaucoup trop à quelque chose de naturel pour qu’il y ait un doute que ce soit quelque chose d’artificiel », estime Etienne Simon-Loriere, chercheur à l’Institut Pasteur, interrogé par Le Monde, sur la possibilité que le virus ait été issu d’un laboratoire :

« Pour récréer un virus aussi grand, il faudrait des connaissances techniques que peu de labos dans le monde possèdent – sans doute moins d’une dizaine – et il paraît peu plausible que des scientifiques aient pu créer un virus qui interagisse aussi bien avec le récepteur ACE2 [par lequel il s’installe dans le corps humain], alors que ce mécanisme n’avait jamais été observé avant. »

La plupart des scientifiques s’accordent sur le fait que le virus responsable du Covid-19 est d’origine animale – chauve-souris et/ou pangolin – comme l’ont encore reconfirmé récemment des études chinoises, britannico-australo-américaine et américano-suisse, sans parvenir toutefois à expliquer ce virus a soudain explosé en pandémie... (Source: Le Monde )

Cela étant, une cause est souvent mentionnée: «Nous modifions les territoires (...), ce qui augmente la fréquence et l'intensité des contacts entre l'humain et la faune sauvage, créant les conditions idéales pour des transferts viraux», résume Christine Johnson, de l'école vétérinaire de l'université de Californie, qui a dirigé l'étude, faisant écho aux autres expertes. «La rapidité de modification des espaces naturels ces 50 dernières années est sans précédent dans l'histoire humaine. Et le facteur direct le plus important de ce changement est le changement d'affectation des terres», qui pourrait être responsable de 700'000 morts dans le monde.

Sortir du confinement:
Reste que nous ignorons également comment va pouvoir se faire la sortie de crise car il serait irresponsable de lever les mesures de confinement pour laisser à nouveau le virus exploser en de nouveaux foyers incontrôlables. Tout le problème est là: laisser le virus faire des ravages permettrait évidemment d'atteindre le seuil nécessaire d'une immunité collective seule capable de stopper et faire mourir le virus. Donc de s'en débarrasser définitivement pour autant qu'il ne mute pas comme le fait la grippe saisonnière. Mais cela ne garantirait pas le contrôle de la pandémie! La Chine tente un retour progressif à la normale avec toutefois une surveillance très stricte de ses populations, des déplacements, etc. Cela sans qu'une avancée significative n'aie été faite du côté d'un vaccin qui serait bien utile, voire indispensable...

En attendant, nous pouvons appliquer ce principe de précaution: Le virus peut rester latent durant 28 jours avant l'apparition des symptômes. Les médecins japonais proposent dès lors un test simple à faire tous les matins. Respirez profondément et retenez votre souffle durant une dizaine de secondes. Si vous parvenez à expirer sans toux, inconfort, fatigue ou raideur dans la poitrine, cela prouve qu'il n'y a pas de fibrose pulmonaire et donc pas de virus! Ils nous recommandent aussi de boire souvent - une tasse toutes les 15 minutes - car même si le virus pénètre dans votre bouche, les liquides avalés entraînent le virus dans l'estomac, et l'acidité de ce dernier va tuer le virus…

Sortir du confinement en regardant la situation en face:

En Suisse, en date du 25 avril, 26'798 personnes avaient été déclarées positives au test, dont 113 enfants de 0 à 9 ans et 774 personnes dans la tranche suivant (10 à 19 ans) ! 
1'327 décès sont à déplorer dont l'immense majorité concerne les personnes âgées de plus de 70 ans (1'196) !!!! 141 décès sont à déplorer dans les autres tranches d'âges ...Les chiffres sont éloquents. Quand on les croise avec la pyramide des âges, cela devient encore plus parlant: il y a en Suisse 1,6 millions de plus de 65 ans, 5,3 millions de personnes entre 20 et 64 ans et 1,7 millions de moins de 20 ans. En conséquence, sachant pertinemment que le virus va circuler encore longtemps, il devrait y avoir un dé-confinement ciblé accompagné de mesures globales et spécifiques.
1.  Le lavage des mains, la distance sociale et éventuellement le port du masque dans les espaces réduits sont des mesures valables pour tous les âges. Si elles sont correctement appliquées, elles vont protéger les 3/4 de la population y compris les enfants, car il semble que ce sont les adultes qui les contaminent...

Il y a au 34 décès parmi les moins de 60 ans pour 18'753 personnes contaminées: on peut donc ouvrir le confinement en évitant toutefois les grands rassemblements.

 2. Assainissement de tous les supports de contamination (bancomats, chariots, bus, trains, etc),  des homes pour personnes âgées (nettoyage accru, désinfection systématique, visites protégées) et tests systématiques des pensionnaires et des personnels.

3. Toutes les personnes à risques doivent être suivies par un médecin généraliste, testées en cas de symptômes et rapidement mises en quarantaine. Elles sont interrogées pour déterminer si possible le vecteur de contamination. Elles seront conseillées dans les mesures de confinement à devoir appliquer en fonction de leurs maladies spécifiques. 

Un contrat social est à mettre en place pour toutes et tous, sous forme de formulaire à signer , avec mentionnées des sanctions pénales en cas de désobéissance et de mises en danger d'autrui. Cela donnerait du poids aux enquêtes de dépistage...

Un renforcement du soutien aux institutions déjà existantes d'aide et de soutien à la personne devra toutefois être mis en place (aide ménagère, soins à domicile, véhiculage, etc.). 

4. Une aide financière ciblée va devoir aussi se mettre en place pour sauver nos industries et nos emplois mais aussi se déployer en faveur des plus démunis quel que soit leur âge.

En attendant un vaccin, il va falloir rester très disciplinés! Car un deuxième confinement nous mettrait en faillite...Il va falloir une responsabilisation individuelle et collective, une volonté commune de respecter les mesures barrières qui éviteront une nouvelle flambée de l'épidémie. Chacun-e devrait être conscient-e des risques pris individuellement ou répercutés sur les autres, l'entourage.

Un choix nouveau:

Nos sociétés ont choisi de protéger les individus avant les biens, le commerce et nos industries. Aucun pays n'a osé faire le choix radical de ne rien faire contre la pandémie, de la laisser s'éteindre toute seule...
C'est assez paradoxal quand on sait que:
>> La faim dans le monde tue chaque année 9 millions de personnes!
>> Le tabac 8'000'000!
>> Les accidents de voiture: 1,5 000'000 !
>> Le Sida: 750'000!
>> La malaria : 450'000 soit 1 enfant toutes les 2'!
>> La grippe: 500'000!
>> Ebola a fait 5'500 morts!

Il est bien sûr pour l'heure impossible de dire combien le Covid-19 fera de morts, mais il se pourrait qu'il soit plutôt assimilable à la grippe.
En réalité, comme le confiait Boris Cyrulnik au magazine L'Illustré du 26 mars 2020, la pandémie est directement liée à nos modes de faire: "La modernité nous rend de plus en plus vulnérables. Elle améliore les conditions matérielles, mais elle crée des problèmes qu’on ne contrôle pas. C’est vrai par exemple pour les écrans, qui améliorent incroyablement notre communication, mais qui détruisent nos relations affectives et notre psychisme. C’est vrai pour l’espérance de vie, qui augmente grâce à nos progrès techniques, alors que les maladies dégénératives, les cancers, les infarctus augmentent sans cesse. Le coronavirus est un nouveau signe de notre vulnérabilité."

Une immense agression:

Pour Boris Cyrulnik, nous aurons subi une immense agression qui va pour certains réveiller des blessures et des fragilités, faire naître des angoisses mais surtout des questionnements au sujet de nos sociétés et de nos modes de vie. Après chaque épidémie, les sociétés ont été bousculées.

Nous serons endeuillés et ruinés. Après l'épidémie de peste à Marseille en 1348, 1 européen sur 2 était mort, et il fallait payer les paysans pour les faire travailler aux champs, faisant ainsi disparaître le servage. La hiérarchie sociale était complètement bouleversée.

« Après chaque catastrophe, il y a un changement de culture. Il y a eu beaucoup de catastrophes, des guerres, des catastrophes naturelles… Après chacune, la vie reprend, mais pas comme avant. Et on voit une hiérarchie des valeurs sociales complètement métamorphosée. Les politiciens vont nous dire : on peut repartir comme avant. Mais si on repart comme avant, on va remettre en place les mêmes conditions que celles qui ont mené à la catastrophe. »

On doit s'adapter à une agression invisible. L'évolution humaine ne se fait que par crises. Après cette crise, la famille et le couple redeviendront des havres de paix.
Le neuropsychiatre  précisait ainsi sa pensée dans le journal La Provence :
Boris Cyrulnik : Depuis que l'homme est sur Terre, il est victime d'épidémies, de bacilles, les pestes noires puis les pestes buboniques qui sont parties de Marseille en 1348 et 1720, plus près de nous l'encéphalite léthargique de 1918, etc. Cette dernière a été déniée, on n'a pas parlé des dizaines de millions de morts qu'il y a eus : politiquement, les archives ont été mal tenues parce qu'il fallait parler des sacrifiés héroïques de 14-18. Jusqu'à il y a peu, on acceptait la mort : au XIXe siècle, un enfant sur deux mourait dans sa première année et c'était normal; beaucoup de femmes mouraient en couches et, moi-même, quand j'étais stagiaire en obstétrique en 1955, j'ai entendu l'accoucheur dire au mari : "Monsieur, choisissez : la mère ou l'enfant ?". Et, bien entendu, à chaque génération, il y avait une ou deux guerres, commencées pour les intérêts des aristocrates et de ceux qui leur ont succédé. Bref, la mort violente faisait partie de la vie, c'était accepté. Tout ça, ça avait complètement disparu ces dernières décennies, une illusion s'est installée : dans les pays occidentaux, les avancées de la science semblaient plus fortes que la nature, la Seconde Guerre mondiale avait été tellement terrible particulièrement avec Hiroshima qu'elle est devenue le symbole de la paix imposée. Après une telle horreur, il n'était plus envisageable de la faire... Or, la crise du coronavirus balaye soudainement cette illusion et nous renvoie à ces peurs archaïques, à ces épreuves que nous voulions avoir oubliées. Ce en quoi nous nous sommes bien trompés, ce que l'on pouvait deviner depuis un moment : alors que la révolution numérique nous vend un univers merveilleux et dérégulé, nous avons, quand même, connu depuis le début de ce siècle les attentats du 11 septembre 2001, la crise financière de 2008, le martyre de la Syrie et enfin, l'inquiétude liée au réchauffement climatique.

Comment faire face au confinement ?

Boris Cyrulnik : La protection repose sur trois axes : l'action, l'affection et la réflexion. Les deux premiers sont des tranquillisants naturels qui permettent d'éviter les tranquillisants chimiques. Pour l'action, il faut bouger au moins une heure par jour, ce qui aide à sécréter des endorphines, dehors si possible et sinon en suivant par exemple des cours de sport sur internet. Il faut avoir une discipline. Je reçois d'ailleurs beaucoup de messages de gens qui se mettent à bricoler, à repeindre leurs volets, ceux-là seront sauvés ! L'affection est un autre tranquillisant. Le confinement est l'occasion de faire une déclaration d'attachement à nos proches, de renforcer les liens. Pendant les guerres, les soldats ont souvent tenu grâce aux lettres de leurs proches. La réflexion enfin : cela peut être la méditation, la spiritualité si l'on est croyant, la lecture, l'écriture d'un journal intime qu'on laissera à nos enfants, ou même d'un roman ! Cette plongée intérieure permet de retrouver de la liberté, des ressources qui aideront à la résilience. Pour l'instant, nous sommes dans l'affrontement de la crise. La résilience est la reprise d'un nouveau développement après le confinement, après le traumatisme.

À votre sens, quelle est la cause de cette crise ?

Boris Cyrulnik : Maintenant, on considère que la personne est une valeur prioritaire. Les femmes et les hommes ne veulent plus se soumettre aux guerres. Mais cette nouvelle culture qui valorise l'individu est aussi à la source de la catastrophe. C'est au nom de la performance qu'on a développé des formes d'élevage intensif qui favorisent la naissance de virus. La course technologique, aux transports, le commerce international, la globalisation ont, ensuite, permis l'extension du virus sur toute la planète.

Seulement, maintenant, on se rend compte qu'on préfère avoir un échec économique plutôt que des centaines de milliers de morts. Nous assistons à une vraie révolution de la pensée, une révolution dans la hiérarchie des valeurs morales, dans l'ethos !

Pour sortir du confinement, il va falloir prendre exemple notamment sur le village de Vò en Italie (Source RTS) :

Le village italien de Vò, en Vénétie, a été le théâtre du premier décès du Covid-19 en Europe, le 21 février. Depuis, tous ses habitants ont été systématiquement testés et le village est devenu un véritable laboratoire grandeur nature.

Dès les premiers jours de la pandémie, Vò, un petit village italien proche de Padoue, a choisi de suivre les recommandations des scientifiques. Deux jours après la mort d'Adriano, âgé de 78 ans, le premier cas mortel en Italie, le village entier est mis en quarantaine et toute la population est testée.

Ces premiers tests ont permis de découvrir plus de cent personnes positives dans la population, dont 75% ne présentaient aucun symptôme.

Après 15 jours de quarantaine stricte, les quelque 3300 habitants deviennent des cobayes pour la recherche. Ils sont testés une seconde fois et cette seconde volée de tests ne révèle alors que 6 personnes positives. Le 7 avril, après 40 jours de confinement, le virus a totalement disparu du village.

Avancée précieuse pour la recherche

Mais les scientifiques connaissent le profil exact des malades et possèdent des échantillons de chaque habitant, qui permettront de mener une analyse génétique pour étudier l'évolution du virus et l'immunité des patients.

Le Professeur Andrea Crisanti, virologue de l'hôpital universitaire de Padoue, a eu l'idée de prendre Vò comme référence pour démontrer que multiplier les tests et isoler les positifs sans symptômes était la seule voie possible.

Grâce à cela, il a le premier apporté une preuve scientifique que les personnes asymptomatiques étaient bel et bien contagieuses.

Un exemple pour la région entière

La stratégie est alors appliquée à toute la Vénétie, qui a pratiqué au total 130'000 tests. Au final, la cinquième région la plus peuplée d'Italie ne recense que 10'000 malades et 500 décès, sur les presque 5 millions d'habitants.

La Corée du Sud, qui a elle aussi pratiqué le test de sa population à grande échelle, comptait, au 10 avril , 204 décès dus au coronavirus pour une population de 51 millions d'habitants ! 

Après l'épidémie, un monde nouveau est à bâtir:

Il faudra revoir l'hypermobilité des biens, des marchandises et des personnes pour la sécurité de tous. La repenser et la concevoir autrement.

Revoir la fragilité des systèmes de santé. Il faudra augmenter les dépenses étatiques en faveur de la recherche médicale, des soins à la personne et des formations hospitalières. Il faudra réorganiser les chaines d'approvisionnement, ce qui va nécessiter la création de sous-traitants proches des centres de production. Sur le plan alimentaire également, la production locale sera favorisée, ce qui permettra par la même occasion de réduire l’impact environnemental. Il va falloir investir dans les infrastructures, la digitalisation et la formation, le travail à distance notamment.

Mais tout cela aura un coût!
Ce coût devra être porté par tous, les produits du quotidien seront plus chers, la mobilité de longue distance à moindres frais va être réduite et notre sécurité générale sera financée par l’ensemble de la communauté.

Les taux d’intérêt à long terme vont probablement remonter afin de refléter l’explosion des déficits budgétaires. Le rôle de l’Etat va augmenter immanquablement!

Certes, après le « traumatisme » des deux guerres mondiales et de la crise des années 1930, un nouveau système économique s’est mis en place,  avec la sécurité sociale, l’impôt progressif, un nouveau droit du travail, des droits syndicaux, et même, dans certains pays, un véritable pouvoir au sein des conseils d’administration des entreprises .En 1918, la pandémie de grippe a permis le développement des systèmes de santé en Europe.

Cependant, cette métamorphose n’a pu avoir lieu que grâce à une  transformation intellectuelle, qui, elle, était en préparation depuis le XIXe siècle . Sommes-nous dans une situation comparable?

Jusqu'à présent, aucune technologie décentralisée –ni les télégrammes, ni les téléphones, ni la télévision, ni internet– n'a pu étancher la soif humaine de contact, malgré toutes les prédictions contraires des technologues. Mais cela pourrait changer radicalement; les gens pourraient adopter durablement ce qui perturbe aujourd'hui leur quotidien: davantage de livraisons, moins de visites aux supermarchés. Davantage de cuisine chez soi, moins de repas au restaurant. Davantage de trajets automobiles en solitaire –ou, si on veut être optimiste, de trajets en vélo– et moins de dépendance vis-à-vis d'Uber et des transports en commun. On fera sa psychothérapie, son yoga et ses consultations médicales en ligne. Davantage de jeux vidéo, moins de spectacles. La déchirure du tissu social pourrait ne jamais être réparée.

Pour l'instant - et malgré les douleurs et les difficultés - certains peuvent se réjouir:
- Les nationalistes sont heureux du contrôle et de la fermeture des frontières nationales.
- Les écologistes sont heureux de voir la pollution diminuer partout!
- Les partis de gauche sont heureux de voir la fin de l'austérité budgétaire!

- Les riches pourront à nouveau prêter leur argent aux états!
La pollution début mars 2020...


Pour la première fois depuis plus de 30 ans, les habitants du Punjab, dans le nord de l'Inde, ont réussi à apercevoir la chaîne de l'Himalaya qui se trouve à 200 kilomètres.
La consommation mondiale de pétrole a chuté de 30%...

Cela donne des images saisissantes à découvrir ici.

Pandémie et spiritualité: comment s'y retrouver?

- Certains vont s’engouffrer rapidement dans une prétendue punition divine: ainsi, après le tremblement de terre à Haïti, en 2010, on pouvait voir des processions, des gens habillés en blanc avec des flambeaux, qui chantaient: «Merci mon Dieu de nous avoir envoyé le tremblement de terre pour nous faire comprendre qu’on ne te vénérait pas assez. Grâce à cette tragédie, on va t’aimer encore davantage.»

- D'autres évoqueront un retour de bâton: la Terre nous traite comme nous la maltraitons.

- D'autres, comme Philippe Guillemant, évoque la possibilité d'un Futur qui aurait trouvé le moyen de nous faire entendre raison, de nous faire avancer en somme vers de meilleurs lendemains.

- Pour d'autres encore, il serait temps de modifier nos rapports à la Nature: 

“Nous nous sommes endormis dans un monde et nous nous sommes réveillés dans un autre.

Les câlins et les bisous deviennent soudainement des armes et le fait de ne pas rendre visite aux parents et aux amis devient un acte d'amour.

Soudain, vous réalisez que le pouvoir, la beauté, l'argent ne valent rien et ne peuvent pas vous procurer l'oxygène pour lequel vous vous battiez."

Même si l'humanité devait disparaître, la Terre pourrait poursuivre sa route, retrouver un équilibre, et peut-être même re-susciter un porteur de conscience comparable à l'homme.  Elle l'a déjà fait à 5 reprises...suite aux 5 extinctions massives survenues dans son histoire.Toutefois, nous n'en sommes pas là! La vraie question est de savoir si nous saurons tirer des leçons de cette pandémie. Voir l'ironie de notre situation: avant, les dirigeants, les industriels et les riches nous disaient l'impossibilité de changer de cap, d'arrêter l'économie. Un tout petit virus y est parvenu! Hier encore, la globalisation était la panacée! Tout devait pouvoir circuler: les biens, l'argent, les technologies, les productions, les gens, etc. Un tout petit virus de rien du tout en démontre la fragilité: quand tout circule, comment se protéger? Il faudra bien y penser car une prochaine crise nous mettrait définitivement à genoux et nous plongerait dans un chaos abominable. Le monde de demain, celui d'après la pandémie, incitera beaucoup aux changements: c'est du moins à espérer...

- CE QUE NOUS DIT LE CORONAVIRUS  -

Pour le spécialiste de l’évaluation des risques Nassim Nicholas Taleb, auteur célèbre de la théorie du cygne noir, «ce virus était prévisible, si on regardait complètement les conséquences de la mondialisation Mais il n’y a rien à craindre de la globalisation tant que l’on connaît les effets secondaires. Le problème, c’est que les gens regardent les choses sans les effets secondaires, et ce virus, c’est l’effet secondaire de la globalisation. Quand le monde est connecté, une ville n’est pas un village, un Etat n’est pas une ville. Or, l’isolement est nécessaire dans certains cas. Plus l’espace est grand, moins il y aura d’espèces au mètre carré, et plus la concentration absurde de certains risques aura lieu. Le système du confinement est la bonne réponse. […] Et après la pandémie, il faudra revenir à un système décentralisé, où les gens prennent des décisions localement. […] Un mécanisme de prudence veut qu’on ne puisse pas regarder les effets de cette mondialisation sans regarder aussi ses effets secondaires. On doit aller vers plus de localisme, et ça commence par les communes.» CF. sur le site le menu SOS TERRE.

La sortie de crise va nécessiter aussi d'ouvrir grand les vannes des dépenses publiques. Selon Esther Duflo, professeure au prestigieux MIT (États-Unis), si les gouvernements hésitent à la dépense aujourd'hui, la crise risque de devenir "plus mortelle, et d'un point de vue strictement financier, plus grave" en somme. Selon elle, “dépenser plus d’argent à la fois pour lutter contre le virus (…) et pour essayer de mitiger au maximum l’impact économique, cela fait économiser de l’argent en fait”. Faute de quoi, la crise risque de devenir “plus mortelle, et d’un point de vue strictement financier, plus grave”, avec un “effet boule de neige”, et dans ce cas “on passe d’une récession à une dépression, dont les ravages économiques sont beaucoup plus forts et plus longs”.

L’économiste, spécialiste de la pauvreté, encourage les pays du G20 à soutenir les pays moins développés, moins armés face à l’épidémie, et pointe les incertitudes sur la “sortie de crise”, notamment sur la vigueur de la reprise de la consommation, facteur qui déterminera “l’ampleur finale du désastre économique”.

La sortie de crise serait l'occasion de bâtir un nouvel ordre économique mondial plus juste, plus sûr et plus écologique. Comme l'affirme avec raison Philippe Fabry historien-théoricien, la société de demain devrait se pencher sur le revenu de base universel. L’idée a de plus en plus le vent en poupe, y compris chez de grands groupes financiers, y compris chez des libéraux. Le caractère consensuel d’une telle mesure rend son adoption pratiquement assurée comme remède nécessaire tout trouvé aux « ravages » qui seront reprochés à la révolution robotique.

L’adoption de cette mesure « sociale » aura pour conséquence de transformer les populations des pays développés en masses largement assistées : vraisemblablement 60 à 80% de ces populations n’auront plus d’activité rémunératrice et vivront uniquement de cette allocation financée, on l’imagine, par des taxations spéciales sur les revenus tirés des nouvelles machines « destructrices d’emplois ».

Elle sera suffisante pour assurer à ces populations une vie relativement confortable de pur assistanat, oisive, notamment grâce à la baisse de coût qui touchera une grande partie de la production grâce à la baisse du coût de l’énergie, autorisée notamment par la maîtrise de la fusion .

La sortie de crise pourrait aussi faire sienne l'instauration d'une taxe sur les transactions financières. Eliminer tous les impôts, sans provoquer un gouffre financier dans les budgets publics? Ce n’est pas un tour de magie. Marc Chesney, professeur de finance de l’Université de Zurich propose en effet de mettre en place une taxe sur les transactions financières qui s’appliquerait à tous les paiements électroniques.

Cette taxe n’a donc rien à voir avec la taxe Tobin, qui s’intéresse uniquement aux transactions financières, donc aux achats d’actions ou d’obligations, par exemple. La proposition de Marc Chesney s’étend à toutes les transactions financières – y compris le trafic des paiements – dont le montant total atteint au moins 100 000 milliards de francs par an, soit environ 150 fois le produit intérieur brut de la Suisse.

La sortie de crise pourrait nous orienter vers une sobriété heureuse, une retour à la nature, d'autres manières de consommer plus local, en privilégiant aussi les technologies moins sophistiquées (low tech).

Vers des innovations technologiques:

La COVID-19 affecte les individus de différentes manières. La plupart des personnes infectées développent une forme légère à modérée de la maladie et guérissent sans hospitalisation. Il peut toutefois aussi se décliner sous des formes plus sévères, voire mortelles.

Symptômes les plus fréquents:

fièvre

toux sèche

fatigue

Symptômes moins fréquents:

courbatures

maux de gorge

diarrhée

conjonctivite

maux de tête

perte de l’odorat ou du goût

éruption cutanée, ou décoloration des doigts ou des orteils

Symptômes graves:

difficultés à respirer ou essoufflement

sensation d’oppression ou douleur au niveau de la poitrine

perte d’élocution ou de motricité

 

Des symptômes qui durent:

 Les infectiologues rapportent que 5 à 10% des anciens malades souffrent de troubles divers trois semaines après avoir vaincu le virus, selon France Inter. Un mystère pour les médecins qui ne trouvent pas encore d'explication à ce phénomène.

Sur les réseaux sociaux, des internautes craignent de ne jamais s'en remettre. Ils disent souffrir d'oppression au thorax, de tachycardie, de douleurs musculaires, de diarrhées, de céphalées, de perte d’odorat et de goût, de gène respiratoire et d'épuisement. Les médecins sont d'ailleurs de plus en plus sollicités par des patients redoutant une rechute.

Interrogé par le média français, Benjamin Davido, un infectiologue français, explique qu'après examen, ceux-ci ne sont plus porteurs du virus. Il émet l'hypothèse qu'il s'agit là d'une réaction disproportionnée du système immunitaire qui continue de se battre contre une infection qui n'est plus là. «Comme l'agent infectieux a disparu, les défenses se retournent contre vous même, vos muscles, vos articulations», explique-t-il.

Les inventions qui pourraient lutter contre le Covid-19
DIMANCHE, 19.07.2020

Des scientifiques abordent la question du coronavirus sous l'angle de l'ingénierie et de nouvelles techniques afin de rendre les espaces intérieurs plus sûrs.

Leur but des travaux des scientifiques est d'éliminer le virus de l'air et des surfaces dans les espaces intérieurs

Le monde a appris que, contre le Covid-19, se laver les mains, se masquer et garder ses distances étaient les gestes les plus efficaces. En parallèle, des chercheurs abordent la question sous l'angle de l'ingénierie et de nouvelles techniques.

Leur but est derendre les espaces intérieurs plus sûrs, en éliminant le virus de l'air et des surfaces. Voici trois exemples.

De nouveaux filtres à air

Les scientifiques accumulent les indices sur une possible voie de transmission aérienne du coronavirus, dont on sait qu'il est capable de voyager dans l'air à bord de microgouttelettes, au-delà des deux mètres recommandés pour la distanciation physique. On ignore encore s'il reste contagieux, mais c'est une possibilité.

Des filtres appelés HEPA (à haute efficacité) existent depuis les années 1950. Ils sont utilisés dans les hôpitaux, les avions et les laboratoires. Ils utilisent un ventilateur pour faire passer l'air dans des filtres en matière similaire à du feutre, afin de capturer les microbes. Mais ces filtres deviennent donc contaminés et doivent généralement être incinérés.

Une équipe de recherche au Texas Center for Superconductivity de l'université de Houston et au Galveston National Laboratory ont mis un point un nouveau type de filtre, à base d'une mousse très fine, composée de nickel, qui en chauffant à 200 degrés élimine 99,8% du coronavirus présent d'une pièce.

Le fabricant a obtenu le feu vert des autorités américaines pour la mise sur le marché du filtre, installable dans des unités de climatisation existantes ou dans des unités mobiles.

Une clé de son efficacité sera la rapidité avec laquelle le filtre peut renouveler l'air, puisque les gens infectés peuvent rester longtemps dans une même pièce.

Lampes spéciales à UV

Les lampes, qui opèrent sur une partie du spectre lumineux, appelé UVC, sont utilisées depuis longtemps pour tuer bactéries et virus dans les hôpitaux et les usines alimentaires. Mais cette lumière est nocive et cancérigène pour la peau.

Des chercheurs de Columbia à New York travaillent depuis plusieurs années sur un nouveau type de lampe à UVC "lointains", sur une longueur d'onde spécifique de 222 nanomètres, toujours létale pour les microbes, mais cette fois inoffensive pour les humains.

L'équipe, menée par David Brenner, a publié la semaine dernière une étude montrant que sa lampe tuait 99,9% des coronavirus saisonniers présents dans des gouttelettes aérosols - ces virus causent par exemple le rhume. Ils étudient en ce moment l'effet sur le nouveau coronavirus responsable du Covid-19, le SARS-CoV-2.

"On a vraiment besoin de quelque chose pour les bureaux, les restaurants, les avions, les hôpitaux", dit à l'AFP David Brenner. Une entreprise japonaise, Ushio, vend déjà des lampes à UVC lointains aux Etats-Unis, mais pas encore homologués pour des espaces occupés.

Revêtements antiviraux

Une autre voie de contamination possible est via des surfaces contaminées par des gouttelettes projetées par une personne infectée, par exemple, une poignée de porte, une rampe ou un clavier. Il existe des revêtements auto-désinfectants depuis une dizaine d'années, surtout dans les hôpitaux.

Des chercheurs de l'université de l'Arizona ont développé un nouveau revêtement, qu'ils estiment capable de réduire la quantité d'un coronavirus cousin du SARS-CoV-2 de 90% en 10 minutes et de 99,9% en deux heures.

Comment cela marche-t-il? Le revêtement, à base de polymères d'ammoniums quaternaires, "dénature" ou déforme les protéines du virus et attaque ses membranes protectrices. Le revêtement se présente sous la forme d'une substance incolore aspergée sur une surface. L'application doit être renouvelée tous les trois ou quatre mois.

"Cela ne remplacera pas le nettoyage régulier et la désinfection, mais cela couvre entre les nettoyages réguliers", dit à l'AFP Charles Gerba, le microbiologiste, qui a mené l'étude.

Toutefois, aux Etats-Unis, les centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) ont récemment estimé que les objets contaminés étaient probablement une voie mineure de transmission. (ats-afp)

       

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