L’évolution a privilégié l’émergence d’un cerveau doté de précieuses capacités évolutives justement. 

Sa plasticité est étonnante. Elle nous permet de mieux nous adapter à des environnements divers et changeants. Ainsi, quand le nouveau-né voit le jour, son cerveau compte cent milliards de neurones qui cessent alors de se multiplier pour laisser place à une autre étape de développement, celle des connexions entre les neurones, ou synapses ; seulement 10 % d’entre elles sont présentes à la naissance. Cela signifie que la majorité des connexions entre les neurones se fabriquent à partir du moment où le bébé commence à interagir avec le monde extérieur. Chez le chaton, entre dix et trente jours, on passe de cent à douze-mille synapses par neurone. Ce nombre est encore plus important dans le cerveau humain : au total, chez l’adulte, on estime à un million de milliards le nombre de synapses ! Or, pour atteindre ces chiffres astronomiques, seulement six mille gènes interviennent dans la construction du cerveau. Pas assez pour contrôler la formation de chacun de nos milliards de synapses. En réalité. le devenir de nos neurones n’est pas directement dépendant du programme génétique. C’est l’interaction avec le monde extérieur qui joue un rôle majeur dans le câblage des neurones, le développement du cerveau mais aussi bien évidemment toutes les autres fonctions qu’elles soient sensorielles, motrices ou cognitives. L’expérience précoce des interactions sociales est indispensable à un développement cognitif harmonieux. Les enfants sauvages et les orphelins roumains laissés à l’abandon souffraient tous de handicaps mentaux majeurs.

La plasticité cérébrale confirmée

Grâce à l’IRM, on peut désormais voir le cerveau se modifier en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue. Par exemple, dans le cerveau de musiciens, on observe des modifications du cortex cérébral liées à la pratique de leur instrument. Des expériences ont été réalisées chez des pianistes professionnels qui avaient commencé le piano à l’âge de six ans. L’IRM a révélé un épaississement du cortex dans les zones spécialisées dans la motricité des mains et l’audition. Ce phénomène est dû à la fabrication de connexions supplémentaires entre les neurones. Un point fondamental de cette étude est que les modifications cérébrales sont proportionnelles au temps consacré à la pratique du piano pendant l’enfance. Ce résultat montre l’impact majeur de l’apprentissage sur la construction du cerveau des enfants dont les capacités de plasticité sont particulièrement prononcées.

La plasticité cérébrale est à l’œuvre également pendant la vie d’adulte. Une étude par IRM chez des chauffeurs de taxi a montré que les zones du cerveau qui contrôlent la représentation de l’espace sont plus développées, et ce proportionnellement au nombre d’années d’expérience de la conduite du taxi. L’apprentissage de notions abstraites peut aussi entrainer des modifications cérébrales. Chez des mathématiciens professionnels, on trouve un épaississement des régions impliquées dans le calcul et la représentation géométrique. Un autre exemple éloquent de plasticité cérébrale a été décrit chez des sujets qui apprennent à jongler avec trois balles. Après trois mois de pratique, l’IRM montre un épaississement des régions spécialisées dans la vision et la coordination des mouvements des bras et des mains. Et, si l’entrainement cesse, les zones précédemment épaissies rétrécissent. Ainsi, la plasticité cérébrale se traduit non seulement par la mobilisation accrue de régions du cortex pour assurer une nouvelle fonction, mais aussi par des capacités de réversibilité quand la fonction n’est plus sollicitée.

La plasticité du cerveau est donc le reflet de l’histoire vécue d’une personne comprenant de l’inné et de l’acquis. Il serait vain ici de vouloir opposer nature et culture puisque l’interaction avec l’environnement est la condition indispensable au développement et au fonctionnement du cerveau.

Elle va se faire à travers des neurones particuliers découverts il y a quelques années.

L’importance des neurones miroirs

« Les neurones miroirs sont des neurones qui s'activent, non seulement lorsqu'un individu exécute lui-même une action, mais aussi lorsqu'il regarde un congénère exécuter la même action. On peut dire en quelque sorte que les neurones, dans le cerveau de celui/celle qui observe, imitent les neurones de la personne observée; de là le qualitatif 'miroir' (mirror neurons).

C'est un groupe de neurologues italiens, sous la direction de Giacomo Rizzolati (1996), qui a fait cette découverte sur des macaques. Les chercheurs ont remarqué - par hasard - que des neurones (dans la zone F5 du cortex prémoteur) qui étaient activés quand un singe effectuait un mouvement avec but précis (par exemple: saisir un objet) étaient aussi activés quand le même singe observait simplement ce mouvement chez un autre singe ou chez le chercheur, qui donnait l'exemple (http://www.automatesintelligents.com.). » Cette découverte valide pour une part la théorie de René Girard relative au désir mimétique, mais nous indique aussi plus largement la nature paradoxale de toute imitation humaine qui peut être aussi bien une source d’intelligence ou d’empathie, donc de progrès, de facilitation de la vie, qu’un basculement vers la rivalité et la destruction. Cette découverte devrait nous inciter à prendre plus au sérieux l’apprentissage mimétique. Mais ce n’est pas tout.

« Une équipe dirigée par le docteur Cheng Ya-Wei de l'hôpital de la ville de Taipei a réussi, à l'aide d'une magnéto-encéphalographie, à démontrer l'existence d'une activité empathique dans le cerveau humain. L'aire qui contrôle l'empathie serait proche de celle qui contrôle le langage. Cette découverte pourrait aider à la création de traitements pour les patients autistes.

Les recherches ont été effectuées sur les neurones miroirs qui, lorsque l'on voit une action, réfléchissent une action identique dans notre cerveau afin de comprendre son comportement ou son état. L'expérience consistait à montrer deux images différentes, une personne agressée au couteau et une personne épluchant des légumes, à plusieurs patients. A la vue de la première image, leurs cerveaux réagissaient plus fortement qu'à la vue de la seconde. Cette activité a permis de localiser la zone empathique dans le cerveau. Dans le même temps la même expérience avec des patients autistes a généré des réactions du cerveau beaucoup moins importantes.

Les résultats de ces recherches ont été sélectionnés parmi les dix meilleures publications par l'Organization for Human Brain Mapping en 2007[http://www.techno-science.net.]. »

Ainsi, nous apprenons et nous ressentons par mimétisme. D’où l’importance capitale des personnes qui vont prendre soin des enfants ! Comme ce tout ce qui permet et favorise au mieux un apprentissage.

La biologie de l’attachement

Dans son livre intitulé « De chair et d’âme » (éd. Odile Jacob,2006), Boris Cyrulnik nous explique que le bonheur est une idée récente née au 18 e siècle mais qu’elle est à inscrire en fonction de la notion symétrique du malheur; le tout est en fait coloré par notre cerveau d'un sentiment correspondant. Une lésion dans l'hémisphère gauche provoque régulièrement des accès de mélancolie ; une représentation anticipée par un sentiment éveillé va solliciter des zones spécifiques ; certains neurologues déterministes ont voulu réduire nos comportements via l'ocytocine et la vasopressine. Mais en réalité, les conditions du lien associent aussi bien la souffrance du manque avec le plaisir des retrouvailles, le bonheur et le malheur, la peur et la sécurité, l'attachement avec l'angoisse, l'apaisement avec l'alerte, à travers tous les couples opposés imaginables ! Le couplage de la peur et de l'euphorie favorise des comportements ambivalents destinés à favoriser des événements euphorisants dans une triste existence.

La biologie de l'attachement montre que nos formes de développements se font selon notre enveloppe sensorielle unique composée par les figures d'attachement spécifiques (donneurs de soins, personnages signifiants, institutions et récits culturels). Un même événement peut ainsi provoquer une catastrophe dans un certain contexte et aucune réaction à un autre moment. Ainsi, nos comportements ne sont pas entièrement codés par nos gènes : le gène du surhomme correspond au chromosome 17 responsable du transport de la sérotonine par la protéine 5-HTT longue ou courte à travers laquelle l'humeur sera plutôt gaie ou dépressive; il existe mais il ne s'agira que d'un facteur parmi des milliers d'autres. Nos chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilités, génétiques, développementales, historiques et culturelles, et les mécanismes de protection, de dépassement mis en place. À l'évidence, pour résilier un malheur passé, il faut justement avoir été vulnéré, blessé, traumatisé, affecté, déchiré...

Il y a résonance, interaction entre l'hérédité et le milieu : nos transactions, au fil de notre développement, sont de moins en moins biologiques et de plus en plus affectives et culturelles.

La contagion émotionnelle

Pour l'auteur , de nombreuses études en psychologie et en neurologie montrent qu'une émotion, qu'elle soit positive (joie, enthousiasme, bienveillance, espoir...) ou négative (peur, colère, jalousie, tristesse...), se propage en un battement de cils: il suffit de 21 millisecondes pour qu'elle transite entre deux individus, ce qui se manifeste aussi bien par une synchronisation des mouvements que par des ressentis. Des recherches ont constaté qu'avoir un ami ou un proche déprimé augmente de 30 à 40% le risque de se sentir soi-même dans cet état et que ce danger augmente encore si vous vivez avec cette personne. De même, selon qu'une réunion de travail se passe bien ou mal et que l'équipe est exposée à des manifestations émotionnelles intenses, constructives ou toxiques, l'ambiance du bureau s'en ressentira nettement. La contagion par nos émotions est un phénomène naturel qui survient très tôt dans la vie. 

Grâce à toutes sortes d'expériences et de mesures, on sait maintenant que les émotions se transmettent déjà pendant la grossesse, via des «échanges» hormonaux, les fœtus s'imbibent des états émotionnels de leur mère. Ensuite, dès la naissance, les nouveau-nés réagissent de manière automatique à leur environnement: ils reproduisent les mimiques qu'on leur fait (sourire, sourcils froncés...) ou, s 'ils entendent un nourrisson pleurer, ils répondent à la "douleur» qu'ils perçoivent dans ces cris en hurlant aussi! Ce de type de comportement est dû à notre « inconscient d'adaptation»: cette composante fondamentale des rapports humains est basée sur l'imitation. Ainsi, au cours d'une conversation, on adoptera le langage corporel, les expressions faciales, les postures ou le ton de la voix de notre interlocuteur. 

Ce faisant, on active notre «cerveau émotionnel» , grâce auquel on ressent l'émotion de l'autre comme si c'était la nôtre. Cela nous permet d'améliorer nos interactions, de nous faire accepter et de nous en sentir plus proches. Mais être contaminé par l'anxiété, le stress, la colère ou la tristesse des autres est toxique quand cela nous vide et biaise nos propres émotions. 

D'abord, il s 'agit de déterminer par quelle émotion on est touché. Cela parait évident, mais pour 25% des gens, ça ne l'est pas, puisqu'ils n'arrivent à définir ce qu'ils ressentent que lorsqu'ils sont au bord de l'explosion... voire après. En fait, il faut se demander: "A qui appartient cette émotion: est-ce vraiment la 

Mienne.  Ou celle de quelqu'un d 'autre que j'ai absorbée?», puis: "Pourquoi suis-je contaminé et qu'est- ce que cela remue en moi?» Ensuite, pour échapper à la contagion émotionnelle d'un proche, par exemple, il faut lui permettre d'évacuer ses tensions par la parole. Il va donc falloir le faire parler... et l'écouter «pour de vrai », sans oublier que si l'on peut se laisser émouvoir par la détresse de l'autre, on ne doit pas la porter à sa place. Par ailleurs, sans le culpabiliser, il est aussi utile de le rendre conscient des effets qu'ont ses états d'âme sur vous, la famille, les collègues. Parallèlement, pour diminuer nos propres manifestations émotionnelles dues à une contagion, il vaut la peine de prendre un petit moment à soi, respirer profondément et faire des exercices de micro-relaxations. Pour contrer les émotions toxiques, il y a différentes étapes - qui impliquent notamment de réfléchir sur soi et d'évaluer les situations avec autant d'objectivité que possible, car même des émotions comme la peur ou la colère peuvent s'avérer utiles dans certaines circonstances. Pour faire le point et, le cas échéant, s'éloigner des gens trop toxiques. il est nécessaire de prendre un peu de recul : une mise au vert mentale peut passer par des exercices de respiration et de relaxation, mais aussi par la méditation, du yoga, du sport et, surtout, par une reconnexion avec ses valeurs refuges (dont la famille) et la nature: balades, grand air, contact avec les animaux...

Cette contagion émotionnelle s’explique bien sûr par le fonctionnement de nos neurones miroirs. Elle pourrait toutefois aussi dépendre d’autres mécanismes tout aussi avérés.

La communication gamma

Elle a été mise en évidence progressivement par certaines découvertes en neuroscience. Citons parmi elles :

o L’importance de nos automatismes subconscients qui vont concerner d’abord nos fonctions physiologiques autonomes (la respiration, la digestion, etc.) mais aussi des programmes autonomes comme la recherche du contentement, l’évitement de la douleur, le maintien d’une distance de fuite ou l’évitement du risque d’échec.

o Les expériences menées en neuroscience par Benjamin Libbet et reprises depuis en s’appuyant sur l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) montrent que notre cerveau prendrait les décisions dans un laps de temps de 200 à 350 millisecondes avant que nous en ayons conscience ; il nous propose une réaction appropriée.

o Cette réaction va dépendre de notre mémoire de vie encodée dans différentes zones cérébrales. Le palais de la mémoire ferait le lien entre la mémoire à court terme (qui aurait une durée de 18 secondes) et celle à long terme qui impliquent des réseaux neuronaux distincts bien qu’interconnectés. Le chiffre 7 serait le "nombre magique" de la mémoire à court terme, c'est à dire le nombre d’éléments pouvant être mémorisés simultanément, explique le Pr Francis Eustache dans un rapport rédigé avec l'Inserm. En moyenne, nous sommes donc tous capables de retenir pendant quelques secondes entre 5 et 9 items. La mémoire à long terme, quant à elle, est subdivisée et celle que l'on cherche à activer par ces méthodes est dite déclarative. Elle désigne elle-même deux types d’expériences : la mémoire épisodique qui concerne les souvenirs que l’on peut reconstituer, et la mémoire sémantique, c'est à dire la mémoire du savoir et de la connaissance. La mémoire à long terme se fixe durant notre sommeil.

o Nous avons également une mémoire corporelle qui nous permet de refaire du vélo sans le pratiquer régulièrement, une mémoire cellulaire mise en évidence dans la dépendance et les addictions, une mémoire émotionnelle, une mémoire procédurale, une mémoire olfactive, spatiale, une mémoire de la douleur et très certainement une mémoire de nos peurs et de nos traumatismes. Une étude de l’Université de Porto Rico, parue dans la revue Nature de janvier 2015, a démontré que le rappel de souvenirs traumatiques empruntait des circuits cérébraux différents ; un souvenir simple passe par l’hippocampe, transite par l’amygdale puis par le thalamus. La réactivation d’un souvenir douloureux, sept jours après l’événement, passe par le cortex préfrontal qui contrôle les émotions, puis par le thalamus - qui est en quelque sorte « le cerveau dans le cerveau » ou si on préfère une gare de triage neurosensorielle gérant nos sensations, nos capacités motrices, les états de conscience, de vigilance et de sommeil – pour être ensuite traité par l’amygdale qui gère les réactions émotionnelles, en particulier la peur. Nous ne sommes donc pas égaux devant nos traumas. Celles et ceux qui en souffrent ont grand besoin que nous en ayons conscience, et plus encore que leurs souffrances soient reconnues.

Des chercheurs de l’Université McGill et de l'Institut Douglas ont découvert que les traumatismes de l’enfance pouvaient altérer l’ADN et influencer le fonctionnement des gènes. Ces résultats confirment les observations effectuées sur des rats, selon lesquelles les soins maternels jouent un rôle significatif sur les gènes qui contrôlent la réponse au stress.  L’ADN est transmis par les parents; il reste le même toute la vie et il est identique dans chacune des parties du corps. Pendant la grossesse, toutefois, les gènes de notre ADN sont marqués par un «revêtement chimique », au cours d’un processus appelé méthylation. Ces marques sont sensibles à l’environnement, particulièrement au tout début de la vie. Les marques épigénétiques ponctuent l’ADN et le programment pour qu’il exprime le bon gène au bon moment et au bon endroit. Les chercheurs ont découvert que les soins maternels agissent sur le fonctionnement de l’axe HHS comprenant l’hypothalamus, l’hypophyse et les glandes surrénales chez le rat, par la programmation épigénétique de certains récepteurs dans le cerveau.

o Nos différentes mémoires vont être utilisées dans la communication gamma : les battements de notre cœur créent un champ électrique et magnétique plus puissants que ceux émis par notre cerveau. Nos cellules y sont sensibles, elles se synchronisent à travers eux. 2 personnes proches de 2 à 3 m partagent le champ d’énergie mutuelle. « Lorsque les cellules nerveuses veulent se connecter, elles synchronisent leur activité ». « Littéralement, elles accordent leur longueur d'onde. Nous avons notamment étudié le rôle des ondes gamma dans la communication entre des groupes de cellules dans l'hippocampe, et avons découvert ce qui peut être décrit comme un système de radios dans le cerveau. Les basses fréquences transportent la mémoire des expériences passées, les plus hautes véhiculent ce qui se passe sur le moment. (Laura Colgin)». Selon la neurologue Fabienne Picard l'insula serait impliquée dans un mécanisme de prédiction de la façon dont le corps va se sentir quelques instants plus tard. C’est elle qui nous indiquerait que faire si l’environnement a changé. Si la prédiction est correcte ou l’erreur négligeable, alors nous nous sentons bien. Dans le cas contraire, nous ressentons un malaise qui stimule une nouvelle recherche d’adaptation. La comparaison entre la prédiction et la réalité est donc permanente. 

o L'insula est impliquée dans nombre d'émotions de base : la souffrance, l'injustice, la colère, la peur, le dégoût, le bonheur et la tristesse. C'est elle qui établit une carte du corps en temps réel.

Ainsi, durant ce laps de temps de 200 à 350 millisecondes avant que nous en ayons conscience, nos cellules se synchronisent en comparant ce qui se présente dans l’instant avec le souvenir qui s’y rapporte le mieux ! Nous gardons bien sûr notre libre arbitre, à savoir la possibilité de ne pas suivre la recommandation, de faire une pause ou de réfléchir, donc de quitter le mode automatique. La synchronisation nous dirige vers ce qui pourrait nous apporter du contentement, nous éviter de la souffrance, nous conduire à l’échec ou nous empêcher toute fuite en repli, mais elle lit aussi la réalité en fonction de son potentiel positif. Notre cerveau est programmé, selon la Pr Sharot, pour nous aider à voir la vie en rose : « Nous avons découvert que le biais d’optimisme se maintient quoi qu’il arrive, car les gens corrigent plus sensiblement leurs prédictions en réponse à des informations positives concernant le futur qu’en réponses aux informations négatives. » 

o Ce filtre d’encodage ne sera pas le seul critère de lecture déformante de la réalité : elle sera lue aussi en fonction de nos convictions intimes, de nos souvenirs dominants, de notre cerveau plutôt émotionnel qui privilégie la proximité et l'expérience personnelle ou plutôt organisationnelle; nous avons tendance à estimer que nous courons moins de risques que d'autres, de faire dans l'optimisme comparatif, et dans le déni qui veut occulter la différence entre ce qu'il faudrait faire ou être et la réalité. Nos filtres d’encodages sont aussi uniques que nos empreintes digitales. Ils se sont constitués au fil de nos expériences heureuses ou douloureuses de vie.

o Si tout est lu principalement en fonction de nos souvenirs les plus marquants, on comprend mieux pourquoi cette lecture englobe le neurones miroirs - et plus particulièrement leur capacité empathique – et l’insula qui va traduire en temps réel une chimie adaptée à ce que nous attendons , espérons ou craignons du moment présent. Il y a manifestement une fabuleuse coordination qui s’opère sans même que nous en soyons conscients, de manière automatisée si j’ose dire : les cellules se coordonnent. Serait-ce le fait des gènes horlogers ? Même s’ils existent, la tâche de coordination est gigantesque et dépasse largement le fonctionnement d’une cellule ou d’un groupe de cellules car tout doit se coordonner à la perfection et à chaque instant. Cela se fait, nous dit Nassim Haramein, à travers la mémoire de l’espace-temps qui fonctionnerait un peu comme un GPS global...

L’évolution nous a aussi doté d’un autre outil précieux.

Le cerveau moral

Notre cerveau moral se conjugue en 9 zones cérébrales grâce auxquelles nous avons le sens de la mesure, de la justice, de l’équité, de la collaboration, du partage, du respect de l’autre, de l’empathie, de la compassion ou encore de l’altruisme.

Le consentement à ces capacités se fait tout au long de la vie ; il s’apprend tout particulièrement en famille et en société. Mais il peut aussi être court-circuité. 

D'après les chercheurs de l'Institut Karolinska, l'agressivité serait mise en place par un groupe de cellules cérébrales rarement étudiées, présente dans le noyau pré mamillaire ventral (PMv) de l'hypothalamus. 

L'irritation a besoin d'un marqueur stressant: atteintes à l'orgueil, les trahisons, les peurs, tristesses, colères, frustrations, les ressentiments, angoisses, la honte ou le dégoût qui peuvent être vecteurs de violence qui vont prendre le pas sur le cerveau moral.

Les aptitudes de notre cerveau moral peuvent aussi être limitées par stimulation d’autres zones cérébrales.

Le striatum ventral, structure du cerveau que l'on savait impliquée dans le mouvement volontaire, vient de révéler un de ses nouveaux secrets : il se trouve être le centre de la motivation. Il s'active davantage lorsqu'on mêle activité physique et effort mental.

Les résultats d'une activité (physique ou mentale) dépendent en partie des efforts que l'on y consacre, pouvant être motivés par une récompense. Par exemple, le sportif est susceptible de s'entraîner plus intensément si le résultat lui apporte un prestige social ou monétaire. Il en va de même pour l'étudiant qui prépare ses examens dans l'objectif de réussir sa carrière professionnelle. « Le striatum ventral pourrait commuter les connexions en fonction de la demande, c'est-à-dire amplifier l'activité neuronale dans le noyau caudé pour une opération cognitive et dans le putamen pour une action physique » explique Mathias Pessiglione.

Notre striatum peut vite devenir " ce nain ivre de pouvoir, de sexe, de nourriture, de paresse et d'égo" qui ne semble pas en mesure d'être muselé par notre cortex, notamment la partie qui gère, modère et planifie nos tentations. Se priver provoque souvent d'ailleurs un effet rebond comme l'atteste les régimes minceurs. Il faudrait oser une autre stratégie à travers la méditation en pleine conscience par exemple qui permet d'être présent à ce que nous faisons, ce qui stimule la production de dopamine, un plaisir obtenu différemment, un autre moyen de solliciter notre striatum. On peut aussi y lier le plaisir lié à une valorisation sociale. Apprendre surtout à décoder nos émotions et nos sentiments plaisants ou déplaisants.

Chaque état affectif est accompagné d’une chimie spécifique : c’est absolument ahurissant !

Voici les 9 principaux marqueurs recensé (CF.https://neuropedagogie.com/bases-neuropedagogie-neuroeducation/la-chimie-du-cerveau.html) :

                1. L'acétylcholine (neurotransmetteur) a une influence sur la mémoire à long terme, la motivation, l'attention ou encore l'agressivité. Libéré en nombre pendant le sommeil, il est donc très impliqué dans l'apprentissage.

                2. L' épinéphrine (connue sous le nom d'adrénaline) est une hormone, ou un neurotransmetteur, lié au stress, au risque, à l'excitation. Elle permet de fournir au corps suffisamment d'énergie pour affronter une situation vécue comme urgente. La perte ou la séparation engendrent une augmentation de l'épinéphrine qu'accompagne un décroissement de sérotonine et de certaines dopamines. C'est un facteur majeur de dépression. Le contact physique, comme la main sur l'épaule, permet de rassurer, d'entourer, de faire baisser l'adrénaline, d'augmenter la sérotonine et les dopamines.

                3. Le cortisol est une hormone de la famille des glucocorticoïdes, synthétisée à partir du cholestérol, et libérée sous l'effet du stress pour procurer, de l'énergie, comme l'adrénaline. Elle atteint son maximum au petit matin et son minimum dans la nuit et en début d'après-midi, ce qui explique en partie la baisse de performance physique et cognitive que l'on éprouve à ce stade de la journée. À dose réduite, elle augmente la consolidation de la mémoire et a un effet positif sur la récupération des données conservées par la mémoire émotionnelle. La solitude augmente considérablement le taux de cortisol.

                  4. La dopamine est « le neurotransmetteur du bonheur », une neurohormone. Lorsque nous synthétisons d'importantes quantités de dopamine, nous sommes davantage positifs.

La dopamine est également impliquée dans le mouvement ; la maladie de Parkinson se caractérise par une déficience de ce neurotransmetteur. De même, la réflexion et la mémoire de travail (« mémoire à court terme ») se nourrissent de dopamine, synthétisée à partir de protéines.

Selon Frances Leslie, la dopamine est activée par la prise de risque, le sexe et les drogues. Le niveau de dopamine dans le cerveau des adolescents est différent des adultes. Les adolescents sont davantage sensibles aux effets plaisants de l'alcool, de la nicotine et des drogues ; moins sensibles aux effets déplaisants. Le cerveau des adolescents, de 11 à 19 ans, est donc particulièrement exposé aux risques de la dépendance.

La dopamine donne enfin envie de faire et d'expérimenter. La caféine ou le chocolat sont deux substances légales qui influencent la synthétisation de dopamine. Le sport favorise aussi la fabrication de dopamine.

                     5. L'endorphine est une opiacée naturelle, produite par la glande pituitaire, qui agit comme un antidouleur. Les sportifs libèrent des endorphines, ce qui leur permet de maintenir des efforts importants. La quantité d'endorphines continue à être très élevée 45 minutes après un effort physique de 30 minutes environ.

Certaines stimulations tactiles de la peau envoient des messages au cerveau qui stimulent la production d'endorphines et d'ocytocine.

                     6. Le GABA (Acide Gamma-aminobutyric) : est un neurotransmetteur inhibiteur synthétisé à partir du glutamate. Être capté par la lecture d'un livre au point d'en oublier tout le reste est en partie due à la synthétisation du Gaba.

                     7. La mélatonine appelée « hormone du sommeil », est liée à l'intensité de la lumière naturelle. Certaines dépressions comme l'apathie et l'humeur seraient associées à la mélatonine. Cela expliquerait les dépressions hivernales chroniques. Il est conseillé de s'exposer davantage à la lumière naturelle en journée, d'éviter les néons et de diminuer les sources de lumière en soirée pour envoyer au cerveau le signal que la nuit approche. Une alimentation à base de noix et de noisettes améliorerait la synthétisation de mélatonine.

Les adolescents ont un niveau trop bas de mélatonine. Cela explique qu'ils veuillent veiller et se lever tard. Le rythme scolaire n'est donc pas approprié.

                      8. L'ocytocine est une hormone (peptide) présente en plus grande quantité chez lesfemmes que chez les hommes. Sa production est augmentée lors du rapport sexuel, de la grossesse et des relations sociales.

                      9. La sérotonine est un neurotransmetteur issu du tryptophane (un acide aminé) et un neuromodulateur aux effets multiples. On a constaté qu'il était présent en de faibles quantités chez les délinquants, en forte quantité chez les dirigeants. La colère est en partie liée à un bas niveau de sérotonine.

Les facteurs qui font baisser le niveau de sérotonine : la séparation, la perte, le manque de relations sociales, l'absence de contacts physiques, les pensées négatives.

Les facteurs qui font augmenter le niveau de sérotonine : les relations sociales, les contacts physiques, la passion amoureuse, les pensées positives, le sport, l'alimentation (légumes crus, d'hydrates de carbone, banane, prune, viandes blanches).

Le fonctionnement de notre corps est d’une complexité inouïe que nous sommes bien incapables d’expliquer.

Nous sommes un vrai miracle. L’évolution nous a a doté d’un cerveau moral et aussi d’un autre aux capacités religieuses, transcendantes.

La plupart du temps, chaque hémisphère de notre cerveau engendre des signaux qui sont indépendants des signaux générés par l'autre hémisphère. Cependant, lors de certains états d'expansion de conscience, on a observé que l'activité électrique des hémisphères se synchronisait. Les chercheurs ont remarqué que cette synchronisation se produisait au cours de méditations profondes ou de périodes de créativité intenses, lors desquelles les deux hémisphères tendent à s'harmoniser l'un à l'autre pour atteindre un rythme unique et cohérent. Il existerait donc une corrélation entre le comportement de l'homme et l'activité de ses ondes cérébrales. La synchronisation favoriserait un sentiment d'unicité où l'individu fonctionne d'une façon plus intuitive. Il peut être en son être véritable.

Le sentiment d’unicité : mythe ou réalité ?

Les recherches en neuroscience d’Andrew Newberg et son équipe ont mis en évidence que toutes les personnifications de Dieu sont des tentatives symboliques de saisir l'insaisissable à travers l'intuition d'une réalité plus vaste, le sentiment plus profond et plus sublime de la réalité que notre esprit peut percevoir en un lieu où tous les conflits sont résolus, la souffrance prend fin, l'unité et le bonheur sont possibles. C'est dire qu'elle contient l'espoir d'un futur heureux qui nous permette de surmonter l'avidité, la méfiance et les peurs auto protectrices. Notre cerveau nous porte naturellement vers un excès égotiste, mais il nous fournit aussi la mécanique avec laquelle il devient possible de transcender l'ego, possible de sortir d'une existence purement matérielle pour aller vers une existence spirituelle, vers un Dieu supérieur, en un lieu absolu d'unicité où tous les désirs sont apaisés. Ainsi, toutes les personnifications de Dieu sont des tentatives symboliques de saisir l'insaisissable à travers l'intuition d'une réalité plus vaste, le sentiment plus profond et plus sublime de la réalité que notre esprit peut percevoir en un lieu où tous les conflits sont résolus, la souffrance prend fin, l'unité et le bonheur sont possibles. C'est dire qu'elle contient l'espoir d'un futur heureux qui nous permette de surmonter l'avidité, la méfiance et les peurs auto protectrices. Notre cerveau nous porte naturellement vers un excès égotiste, mais il nous fournit aussi la mécanique avec laquelle il devient possible de transcender l'ego, possible de sortir d'une existence purement matérielle pour aller vers une existence spirituelle, vers un Dieu supérieur, en un lieu absolu d'unicité où tous les désirs sont apaisés.  C’est ce qu’il convient d’appeler la résonance herméneutique, différente de la résonnance physique ou biologique. Cette résonnance, en se fiant à l’intuition d’une réalité plus vaste, développe une énergie spirituelle, différente de l’énergie physique ou psychique, mais néanmoins totalement liée aux fabuleuses possibilités du cerveau humain. 

La bande des quatre

Même s’il faut prendre certains résultats scientifiques avec prudence, les résultats de l’équipe d’A. Newberg montrent que l'évolution a privilégié l'émergence d'un cerveau « moral » : nous avons instinctivement des réflexes. Ainsi, nous répugnons naturellement à faire souffrir – sauf quand nous nous sentons menacés ou qu'il faut punir – nous recherchons l'équité, nous sommes capables d'empathie, nous sommes réactifs à la souffrance des autres. Ce sens moral « primitif » serait l'une des origines des religions, l'autre étant la mise en évidence de notre cerveau « religieux » ; ici aussi, l'évolution nous a dotés de capacités spécifiques nées de l'interaction entre au moins quatre acteurs mis en évidence: l'hypothalamus, la plus vieille structure du système limbique – sorte de commandant en chef – qui peut calmer ou exciter le cerveau et produire des émotions comme la fureur, la terreur, le plaisir modéré ou la béatitude. Il peut affecter n'importe quel organe ou partie du corps. Le chien de garde : l'amygdale. C'est elle qui donne à nos émotions leurs nuances subtiles (amour, amitié, affection, défiance); elle est à la recherche de toute information qui représenterait une nécessité d'agir, un signe de danger, ou encore tout ce qui nécessiterait que l'esprit y porte attention. Pour interagir, elle doit toutefois passer par l’hypothalamus. Le diplomate : l'hippocampe. Il fonctionne en lien avec l'amygdale. C'est lui qui relie les sensations, les émotions, à des images, à la mémoire à court et plus long terme, à l'apprentissage. Ces trois structures vont interagir avec une quatrième, le néocortex, et permettre l'émergence d'opérateurs qui nous sont spécifiques. L'opérateur holistique qui nous permet de voir le monde comme un tout, l'opérateur réducteur qui nous permet de nous attacher aux détails. L'opérateur d'abstraction permettant de voir le lien entre deux faits séparés. L'opérateur quantitatif qui nous permet de classer, d'ordonner, d'estimer le temps, les distances, etc. L'opérateur causal qui s'attache au comment et au pourquoi. L'opérateur binaire qui s'attache à l'existence des opposés tout en donnant un sens fondamental aux choses. L'opérateur existentiel qui nous donne la sensation que ce que le cerveau nous fait voir est réel. L'opérateur à valeur émotionnelle qui nous permet de sentir ce qui nous arrive. Sans ce dernier, nous serions comme des robots. C'est lui qui nous donne la sensation de soi.

Mythes et légendes

De ces opérateurs sont nés les mythes et les légendes dont la fonction première est de répondre à des situations menaçantes en donnant du sens au monde et à ce qui nous entoure. Le rituel lui tend à permettre la transcendance de soi et la fusion dans une réalité plus vaste. Sa première fonction est de transformer des histoires ou des représentations, en expériences, en sensations et en actions. La force du rituel réside dans la possibilité de ce dernier de fournir aux croyants une preuve fondée sur leur expérience, leurs sensations qui prouveraient la véracité du mythe à travers l'accès à un état unitaire. Ce dernier est provoqué par les effets sensoriels d'un comportement rythmique répétitif qui va en délimiter l'intensité de bas en haut – du corps vers l'esprit – ou de haut en bas avec le rituel d'une pensée répétitive. La stimulation de l'hypothalamus peut déclencher un état psychologique allant de la sensation légèrement agréable à des sentiments d'extases. De même une activité intense et soutenue de psalmodie ou de prière va stimuler le système de tranquillisation qui, s'il est poussé à des niveaux intenses, va activer directement des effets inhibiteurs de l'hippocampe avec pour résultat final le brouillage de l'aire de l'orientation qui pour finir va estomper le pourtour du sentiment de soi. Tout comportement rythmique ou toute pensée répétitive peut déclencher un état unitaire si la personne veut bien y consentir.

      L’approche neurologique de Newberg et de son équipe montre que les humains ne s’accrochent pas à Dieu parce qu’il leur manque le courage de faire face au monde sans lui. Elle indique au contraire que « Dieu n'est pas le produit d'un processus cognitif et déductif, mais qu'il a été au contraire « découvert» lors d'une rencontre mystique ou spirituelle portée à la connaissance de la conscience humaine par le mécanisme transcendant de l'esprit. Autrement dit, les humains n'inventent pas un Dieu puissant de façon cognitive pour dépendre ensuite de cette invention, pour acquérir le sentiment de contrôle. Au contraire, Dieu, dans la définition la plus large et la plus fondamentale du terme, est d'abord éprouvé dans une spiritualité mystique. Ces expériences unitaires intimes de la présence de Dieu font apparaître alors la possibilité de contrôle (p.196). » Des vérités essentielles vont devoir être traduites de manière rationnelle en croyances spécifiques. Ces dernières devaient apporter des avantages physiques, psychologiques et sociaux pour que les comportements religieux puissent être meilleurs pour la survie.

« Les racines neurobiologiques de la transcendance spirituelle montrent que l'Existence unitaire absolue est une possibilité plausible et même probable. De toutes les surprises que notre théorie a à offrir - que les mythes sont poussés par des compulsions biologiques, que les rituels ont été formés intuitivement pour déclencher des états unitaires, que les mystiques ne sont pas, après tout, nécessairement fous et que toutes les religions sont des branches du même arbre spirituel - le fait que cet état unitaire ultime puisse être soutenu rationnellement nous étonne le plus.

La réalité de l'Existence unitaire absolue n'est pas une preuve définitive qu'un Dieu supérieur existe, mais elle est un solide argument pour l'idée que l'existence humaine est bien plus qu'une existence purement matérielle. Nos esprits sont tirés par l'intuition de cette réalité plus profonde, ce sens absolu d'unicité, où la souffrance disparaît et où tous les désirs sont apaisés. 

Tant que nos cerveaux seront constitués de la façon qu'ils sont, tant que nos esprits seront capables de ressentir cette réalité profonde, la spiritualité continuera de donner forme à l’expérience humaine, et Dieu, quelle que soit la façon dont nous définissons ce concept majestueux et mystérieux, ne disparaîtra pas (p.251-252). »

L’Existence Unitaire a pu être constatée avec précision et rigueur : elle est ce lieu absolu d'unicité où tous les désirs sont apaisés, là où nous avons un rapport harmonieux de soi à soi.

La spiritualité est au cœur de la matière. L’évolution en a favorisé l’émergence tout comme elle a façonné celle du cerveau moral. Plus on s’en éloigne, plus il y a danger de sombrer dans la violence :

Pour Maurice Bellet, l’ennemi, c'est la tristesse absolue, sans forme, sans mot ni visage, l’innommable. 

Elle est silence, communion avec l'en-bas. Déchéance - d'un être humain défait, méprisable, hors chemin, maudit – assimilée à la folie, la décrépitude, au crime, à la vie ratée, au mensonge. Rien n'est grandeur ni splendeur ; tout y est compulsion, obsession, haine, répétition de rite, chute et désespérance ; en tout premier lieu manque de cette première assurance qui devrait nous protéger de la haine et du goût de la destruction. L'en-bas campe dans la tristesse d'être, d'être là, qui je suis, de subsister sans remède. Cassure livrée aux émotions infernales, d'une irrépressible amertume qui contamine tout, sans que ça puisse se soigner.

Et il y a l'en-bas de l'en-bas traversé par la honte, la haine et la peur, toutes trois rapportées à soi. Ce lieu-là, il faut le traverser pour en sortir. Mais comment ? Il fascine en autant de « je ne peux pas m'en empêcher. » C'est la mort qui parle en toute horreur. Rien ne s'entend. Bête de l'abîme ou tout s'abîme. Pourrissement du cœur et de l'âme. Pas de miséricorde, donc pas de Dieu, juste un maître flou, champion de toutes les fureurs et férocités ; celles des incapables et des meurtriers besogneux qui veulent construire un monde-camp, un camp heureux où les humains ne sont que des pions interchangeables sur l'échiquier gigantesque d'un en-bas peint en rose, un camp sous anesthésie. Impossible de poser une vue simple et cohérente : l'horreur du monde a contaminé aussi les bienfaits et les progrès de la civilisation, comme par en-dessous.

La haine est affaire humaine : elle n'est pas chez les animaux ; elle veut la destruction par tous les moyens, pulsion indicible qui se réduplique en haine dans la haine, honte dans la honte, etc. Un cercle infernal en somme.

Les personnes victimes de violences répétées – environ 20% des femmes et 8% des hommes en France - présentent de grandes difficultés à gérer leurs émotions: elles peuvent avoir des comportements paradoxaux orientés vers la destruction de soi ou de l'autre. Leur personnalité est fragmentée.

Elles présentent des phénomènes de déconnexion psychique appelés dissociation qui survient quand il y a hyperstimulation des amygdales situées dans le cerveau émotionnel; cette sollicitation va déconnecter le cortex cérébral qui nous permet d'analyser et de contextualiser les événements. Il s'en suit des comportements excessifs et addictifs: autoagressions (suicide, mutilations), prises de risques (conduite, sexe, etc.), boulimie ou anorexie, jeux d'argent, achats compulsifs, adhésion à des mouvements violents, à des sectes, actes violents, délinquance etc.

On peut en sortir mais cela réclame efforts.

L’égo, le mental et l’Être.

Comme aime à le dire Eckart Tolle, la structure même du soi égotique comporte un besoin d’opposition, de résistance et d’exclusion destiné à maintenir le sentiment de séparation dont le soi égotique dépend pour sa survie. C’est donc « moi » contre « l’autre », « nous » contre « eux ». L’ego a besoin d’un conflit avec quelque chose ou quelqu’un. Cela explique pourquoi on recherche la paix, la joie et l’amour, sans pouvoir les tolérer très longtemps. On prétend vouloir le bonheur, mais on est accroché au malheur. En définitive, votre malheur ne vient pas de votre condition de vie, mais du conditionnement de votre esprit. Le mental humain, dans son désir de connaître, de comprendre et de contrôler, prend ses opinions et points de vue pour la vérité. Il dit : c’est ainsi que cela fonctionne. Vous devez dépasser la pensée pour vous apercevoir que, peu importe comment vous interprétez « votre vie », celle d’un autre ou son comportement, et peu importe le jugement que vous portez sur une condition, ce n’est qu’un point de vue parmi maintes possibilités. Ce n’est qu’un amas de pensées. Mais la réalité est un ensemble unifié dans lequel tout est entrelacé, où rien n’existe en soi ni isolément. La pensée fait éclater la réalité ; elle la découpe en fragments conceptuels. 

« Le mental, cet instrument utile et puissant, devient fort contraignant s’il s’empare totalement de votre vie, si vous ne voyez pas qu’il constitue un aspect négligeable de la conscience que vous êtes. MAIS, je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la vie. Je suis l’espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je Suis. Lorsque vous savez qui vous êtes vraiment, un sentiment de paix durable et vivant s’installe. On pourrait l’appeler la joie, car c’est bien la nature de celle-ci : une paix vivante et vibrante. C’est la joie de reconnaître en soi l’essence de la vie, celle qui précède la forme. C’est la joie d’Être - d’être qui on est vraiment. La vie de la plupart des gens est menée par le désir et la peur. Le désir, c’est le besoin de vous donner quelque chose qui vous permettra d’être davantage vous-même. Toute peur est celle de perdre, donc de subir une diminution, d’être amoindri. Ces deux mouvements occultent le fait que l’Être ne peut ni s’ajouter ni se soustraire. L’Être dans sa plénitude est déjà en vous, maintenant. » 

Quand on parvient à le réaliser une libération s’opère : plus besoin d’être davantage ! On peut voir ce qui se présente dans le moment présent, ce qu’il contient de beau, de bon, d’utile, de nécessaire ou d’agréable, voir cela aussi dans les autres rencontrés. De quoi entraîner une spirale positive : Ainsi la dopamine, qualifiée d'hormone de l'action, intervient dans l'anticipation, la motivation, la projection d'émotions positives et nous pousse à positiver, à avancer. Un bon niveau de dopamine encourage l'activité, trop de dopamine incite à rechercher des situations à risque, mais à l'inverse, un déficit de cette substance (ce qui est une caractéristique de la maladie de Parkinson) trouble les mouvements et rend léthargique.

Autre vaccin anti chagrin : la sérotonine. Ce neurotransmetteur fabriqué dans des neurones du tronc cérébral est indispensable pour réguler nos humeurs. Stimulé par la passion amoureuse, les relations sociales, les pensées positives, les contacts physiques, il agit comme un euphorisant. On observe un déficit important de sérotonine chez les personnes en dépression ou simplement malheureuses parce que séparées d'un être aimé. Citons également les endorphines et enképhalines, bien connues des sportifs sous le nom d'hormones du plaisir. Ces substances produisent un effet euphorique, anxiolytique et antalgique. Elles modulent le message douloureux, inhibent sa transmission dans le cerveau et provoquent une sensation de bien-être immédiat lors de leur réception par les cellules nerveuses. Leurs fluctuations régulent les états de stress et d'anxiété.

Travailler nos peurs

Nos peurs ne sont pas aussi anodines que nous pourrions le penser. Selon une étude publiée par la revue "Neuron", les traces laissées dans le cerveau par la peur sont susceptibles de se former dans l'hypothalamus, mettant en évidence son rôle dans la régulation de la mémoire de la peur.

Les traces laissées dans le cerveau par la peur sont susceptibles de se former dans l'hypothalamus, selon une étude publiée par la revue Neuron, qui pourrait ouvrir des perspectives pour soigner certaines peurs pathologiques. Cette étude publiée le 16 mai est le fruit du travail d'une équipe internationale coordonnée par Alexandre Charlet de l'Institut des neurosciences cellulaires et intégratives de Strasbourg et Valery Grinevich de l'université d'Heidelberg, en Allemagne. Ses auteurs démontrent que des engrammes, ensembles de cellules formant la base de la trace mémorielle enregistrée par le cerveau, peuvent se former dans l'hypothalamus, mettant en évidence son rôle dans la régulation de la mémoire de la peur.

"Les engrammes sont bien connus mais uniquement dans les structures corticales supérieures. Là, l'originalité c'est de montrer que cela peut aussi exister dans des structures évolutivement anciennes, comme l'hypothalamus", explique Alexandre Charlet. "À ce jour, le dogme prédominant veut que la mémoire soit encodée dans l'hippocampe pour être ensuite stockée dans le cortex. Cette vision limitée ne prend que peu en considération les autres structures cérébrales", selon un communiqué diffusé par l'université de Strasbourg.

Ces découvertes pourraient "permettre l'émergence de nouvelles stratégies thérapeutiques"

Grâce à une nouvelle méthode de ciblage génétique, permettant de toucher spécifiquement les neurones activés lors d'une réaction de peur, les chercheurs ont découvert "la formation d'engrammes hypothalamiques dont la manipulation altère drastiquement l'expression et le souvenir d'une peur", poursuit le communiqué. Ils sont parvenus à gommer ou au contraire à faire persister l'expression de la peur en intervenant sur les neurones produisant l'ocytocine, l'hormone dite "de l'amour", fortement impliquée dans la régulation des émotions.

"On montre une communication entre l'hypothalamus, les neurones qui produisent de l'ocytocine et l'amygdale (une partie du cerveau qui gère les émotions comme la peur et le stress, ndlr)", résume Alexandre Charlet.

Ces recherches nous permettent de mettre le doigt sur des circuits spécifiques et maintenant qu'ils sont identifiés, on peut très bien chercher des agents pharmacologiques qui vont pouvoir les inhiber ou les activer de manière précise, conclut-il. Ces découvertes pourraient "permettre l'émergence de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment quand la peur devient pathologique, comme dans le cas des troubles de stress post-traumatiques", précise le communiqué de l'université.

Sur le plan physiologique, l'adaptation de l'homéostase au stress se traduit par:

• une augmentation de la fréquence cardio-respiratoire, une vasodilatation dans les tissus musculaires et une augmentation de la tension artérielle (système sympatho-surrénalien)

• une analgésie

• une mobilisation d'énergie (glucocorticoïdes):

○ augmentation du captage du glucose par les muscles et accroissement de la force musculaire

○ augmentation de la néoglucogénèse (foie), d'acides aminé (muscles) et d'acides gras libres (tissus adipeux)

○ baisse de synthèse des acides gras

• une inhibition des voies anaboliques (glucocorticoïdes):

○ ralentissement de la digestion et de la croissance

○ baisse de l'immunité et de la reproduction.

Quelque chose manque cruellement : nous avons toutes et tous besoin de reconnaissance juridique, affective, sociale et cognitive (être reconnu dans sa compréhension de soi-même), qu'elles soient reconnues par d'autres. Quand cette reconnaissance fait défaut, la souffrance devient une impuissance à dire, à faire, à raconter, à s'estimer, donc une impuissance à s'affirmer comme sujet. Alors, il y a danger dans le renoncement à penser, à choisir, à lutter, à prendre en compte son passé et son avenir en voulant vivre dans la violence ou dans le présent pour ne plus se poser de questions.

Ou justement, prendre le chemin inverse et conscientiser nos blocages. Les 8 peurs les plus courantes sont :

La peur de l’inconnu : L’être humain a une tendance naturelle à préférer ce qu’il connaît. 

La peur du rejet : C’est la peur d’être ridiculisé, ignoré ou mis de côté. Le besoin d’être accepté par son groupe est un besoin vital. Cette peur d’être exclu est profondément ancrée dans notre inconscient du fait qu’autrefois la survie d’un individu reposait sur son appartenance au groupe (nourriture, territoire, etc.)

La peur de se tromper : Il arrive souvent que nous évitons d’agir ou de prendre une décision parce que nous doutons de la pertinence de nos choix. 

La peur de l’échec : Elle est très liée avec la peur de se tromper. Cette peur est omniprésente et très forte dans nos sociétés occidentales où règne une délétère dictature de la performance. Elle est moins présente dans les sociétés qui donnent plus de place et d’importance à la spiritualité.

La peur de réussir : Oui de réussir, vous lisez juste ! Elle semble paradoxale mais cette peur n’est pourtant pas rare. 

La peur du pire : Une phrase absurde dit « espérer le meilleur et se préparer au pire ».  Depuis tout petit nous sommes conditionnés à imaginer le pire et à le craindre pour l’éviter. 

La peur du changement : Le changement est naturel chez l’être humain. On apprend à lire, marcher, etc., de manière à devenir plus indépendant. Mais il est courant de céder à la tentation de privilégier la sécurité. 

La peur de l’engagement : Elle est souvent associée aux relations amoureuses. Or, elle peut concerner les différents autres aspects de votre vie comme le travail, la famille. 

Néanmoins, toutes ces peurs sont des ajustements à nos environnements et des réponses fictives à une réalité imaginée. Nous aurons forcément à nous confronter à nos plus grandes peurs, à ce que Gregg Braden appelait la Nuit de l'âme.

L’humain en recherche de puissance

Nous sommes ainsi comme le disait Pascal en regard de la nature ou de l’infini « une moyenne entre rien et tout ». À la fois forts et fragiles, lucides et crédules, etc. Toujours en équilibres précaires en somme, en recherche de sécurités assurément pour ne pas être livrés aux forces du néant et de la mort.

G. van der Leeuw, dans son étude de la phénoménologie de la religion, l’atteste :  il y a chez l’humain un désir profond de ne pas accepter simplement la vie qui lui est donnée ; il y a donc recherche de puissance – de sécurité, de confort, de gloire, de jouissances multiples - pour avoir une vie plus riche, plus profonde, plus ample  dans une quête du tout tantôt accessible tantôt inatteignable ; elle est expérience particulière, éprouvée, vécue mais aussi révélation jamais entièrement expérimentée dans la vie, référence à quelque chose d'étranger ou d’absurde qui traverse – et dépasse - le chemin de notre humanité en venant contester nos raisons de vivre et nos attentes. Vivre réclame donc un Ce-sans-quoi nous serions livrés au néant, à la mort, aux forces du chaos. Nous sommes toujours en ajustements avec la réalité, en recherches d’équilibre et de stabilités, ce qui n’est bien évidemment jamais simple ni gagné d’avance compte tenu notamment des sociétés dans lesquels nous aurons à inscrire notre projet de vie. Toutes n’offrent pas les mêmes possibilités, les mêmes chances, des droits démocratiques indispensables ou une sécurité suffisante.

Notre pouvoir d’adaptation demeure toutefois une réalité à condition d’accepter notre dimension corps-esprit toujours en mouvance – elle émerge comme une figure sur un fond - à travers des niveaux multiples qui mobilisent plutôt tantôt une dimension corporelle, émotionnelle, intellectuelle, organisationnelle, sexuelle, relationnelle, culturelle ou spirituelle, dimension auxquels vont s’associés nos 5 sens. Tout est toujours étroitement imbriqué ! Tout est néanmoins dans la plupart des cas sous la domination, plus ou moins consciente, de l’égo qui nous pousse à nous différencier ou sous la conduite du mental qui veut tout contrôler, les deux étant néanmoins habités par ces besoins de sécurité, de confort, de gloire, de pouvoir et de jouissances à tout-va ! En conséquence, nous vivons dans l’affrontement interpersonnel permanent, dans le choc ou les alliances qui nous permettent d’arriver à nos fins. Une même conviction parcoure toutes les classes sociales : on a qu’une vie, si vite passée, il faut donc en profiter ! Cet élan naturel peut vite devenir totalement égocentré quand il est relayé par notre stratium, " ce nain ivre de pouvoir, de sexe, de nourriture, de paresse et d'égo" qui permet de relativiser à outrance les questionnements éthiques ou environnementaux. Sous son influence, nous sommes habitués par le paraître, l’avoir ou l’illimitation du plaisir jamais atteinte pleinement toutefois. Un besoin assouvi est bien vite remplacé par un autre. La boucle est sans fin ! La société de consommation ne peut pas offrir ce lieu où les besoins et désirs sont apaisés ! Le consumérisme ne peut pas non plus stimuler notre cerveau moral : il va au contraire exiger en permanence des oublis, des justifications du moindre mal. Il n’y a rien qui puisse vraiment nous apporter la confiance en soi ou l’estime de soi ; quelque chose manque et manquera toujours ! La sagesse populaire l’affirme en déclarant que l’argent ne fait pas le bonheur. Et ce qui manque ne peut se trouver dans la jouissance et l’avidité du SEUL. Comme le disait si Bien Maurice Bellet, Il y a opposition entre l'amour qui aime et le non-amour centré sur l'avidité du Seul ! La vigilance est donc requise ici pour établir cette distinction car il y a toujours à se dépêtrer de l'illusion pour goûter à l'amour communion-tendresse. « Mais si, au lieu de prétendre ou de se dérober, on accepte cette condition de l'amour, alors l'amour peut être la douceur de la vie. Quand « ça va bien », c'est cette tendresse qui peut être ferme et doit l'être, chacun bien posé mais bien reçu, accepté tel qu'il est, pourtant sans basse complaisance, avec colère et humour quand il le faut ; tendresse assez sûre d'elle-même pour passer gaillardement à travers les orages, les désagréments, les fatigues. C'est soin et aide réciproque, ferme assurance que l'autre est là et ne lâchera pas, foi absolue qu'on peut faire fond sur lui, que quoi qu'il arrive, il ou elle sera «mon prochain », secours, compréhension, assistance (M.Bellet) »  Y compris dans la certitude du pardon qui se fait reconnaissance de nos faiblesses, de nos erreurs ou de nos errances sans tuer l’amour ni remettre en question le meilleur de chacun, en son être le plus vrai. 

À l’inverse, quand l'amour est blessé, il risque en sa déchirure, toutes sortes de démesures inhumaines : le silence, la rage, le froid, la jalousie, la culpabilité ou la honte, mais il devient surtout haine conjuguée en logiques infernales car la haine est l'amour lui-même devenu impossible qui se mue en destruction, en se déchirant du dedans en une tristesse sans fond ou en ressentiment effrayant. D'elle peut dériver une énergie extrême vers la frénésie de jouir, l'avidité, l'ambition, le sexe, le pouvoir, l’argent. Elle peut aussi mener à l'abattement complet, à l'échec à répétition, à la déception programmée ; la douleur de l'absence, celle de l'impuissance conduisent à vouloir détruire, ou encore à la résignation, à la dureté, à l'indifférence, au cynisme tranquille même si la brûlure demeure! La logique infernale fait fructifier le malheur en autant de revendications et ressentiments. On n’en finit pas de cette tristesse-dépit-colère-injustice. - Vouloir l'amour, c'est aller ensemble vers l'être ensemble qui défait les fascinations pour la mort.

L'amour réclame un espace bien plus grand que l'éthique, il est en amont, création, « surgissement de noms, de visages, de corps, présences – non comme ce que je dois respecter, mais comme ce qui nous est donné », dans une compréhension première de l'être humain où l'amour peut être délié de la tristesse, de l'infernale dureté des logiques infernales menant à la destruction. Il le sera dans l’Évangile par le principe de réciprocité nous invitant à faire (et ne pas faire) aux autres ce qu’on voudrait qu’ils nous fassent : un principe élémentaire destiné à empêcher les rapports humains d’être meurtriers. « Et il est ajouté plus tard : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. C'est donner comme vérité à l'amour non point la référence à mon désir (« ce que tu veux qu'ils te fassent »), mais quelqu'un d'autre, une autre vie ; qui pourtant ne me parle ainsi que d'être, en un autre sens, qui je suis. Je suis ce Christ, qui se présente comme l'amour que j'ai à vivre, à condition de ne le revendiquer en rien ; car je le suis dans la rupture, dans la déchirure fondamentale de Je, en tant que Je serais le Seul. C'est-à-dire que l'amour n'est pas seulement ce que je veux, ou même ce qui m'advient, à moi sujet ; l'amour est ce qui précède l'être en l'être humain ; il n'y a de vérité que d'écoute et communion. Et cette vérité précède tout, y compris la raison même. Mais au final « quiconque aime est né Dieu et connaît Dieu » (M.Bellet). » 

Une primordiale tendresse manque à la fois comme point d’appui et comme point de référence incontournable. Où la trouverons-nous ? Par quel miracle s’offrira-t-elle à nous ? Maurice Bellet veut la voir dans le toujours éternel : Cette primordiale tendresse nous recommande d’aller du côté de l'amour comme foi, sans la jouissance d'aimer ni même la jouissance de sa foi. Non pas un amour mystique car il resterait dans l'illusion ; ici, l'amour inconditionnel est feu, premier, absolu, sans dépendance, sans prétention : ce grand manque commun qui demeure dans l'urgence d'être comblé. Une présence dont l'absence est brûlure. Cette lumière incite à demeurer dans le don, le pardon, la suprême innocence qui traverse tout, la générosité qui espère sans point d'appui tout en se disant, intraitable, au cœur de la Ténèbre. Une aventure infime et infinie, l'origine originante de tous les possibles que rien n'épuise ni ne mesure. Foi envers autrui, foi envers soi-même, avancée vers l'horizon de la vie heureuse : la Pacification. « Finalement, finalement, vous ne devez, nous ne devons craindre qu'un ennemi, un seul ennemi : la sombre tristesse qui envahit tout et défait le lien merveilleux qui nous donnait d'être un en nous-mêmes et un avec nos proches, jusqu'à l'infini. Un seul ennemi : cette tristesse de ténèbre, cette amertume qui hait la naissance et la vie ; car c'est de ce gouffre que sortent les cruautés, les abandons, les replis, les angoisses. De là sort l'extrême, l'inhumain— l'inimaginable froideur des organisateurs de massacres. »

L’humaine tendresse n’a pas pu se dire ; elle ne s’est pas incarnée pour libérer du jugement et devenir cette douce présence qui nous fait sortir de l’enfermement.  « En vérité, toujours demeure en l'homme (en vous comme en moi) puisqu'il vit, au moins une légère trace, un reflet de ce don qui précède tout et qui fait que malgré tout nous pouvons nous réjouir d'être nés.

Heureuse rencontre, d'une parole qui nous éveille là! Cela est vrai de toute vie, même si nous ne savons pas comment, même si celui qui la vit est jour après jour dans la ténèbre (M.Bellet). »

Une parole nous y a éveillé à travers de nombreux sages, certains l’ont entendue d’autres non, mais elle est désormais à découvrir dans cet Esprit intelligent et conscient qui est la Matrice de TOUT, dans notre lien avec la Conscience qui en émerge avec laquelle nous sommes en lien permanent, même si c’est de manière inconsciente, donc involontaire très souvent...

La danse fractale de l’Univers

(CF. https://ma-vie-quantique.com)

Il importe de bien comprendre ce lien avec le vide quantique et la mémoire de l’espace-temps car c’est en elle que nous est donné ce lien, cette osmose corps-esprit et cette Conscience non localisée distincte de notre mental.

1. La géométrie du Principe Féminin Sacré est celle du cuboctaèdre. C’est le seul solide géométrique dont tous les vecteurs sont égaux. Il est en équilibre parfait. Douze vecteurs partent des sommets et convergent vers un 13ème , la singularité au centre de la structure.

2. Le Principe Masculin Sacré génère des limites, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Chaque dimension créée illustre, à des échelles différentes, comment le fini contient l’infini. La géométrie du Principe Masculin Sacré est celle de l’ étoile tétraédrique. Cette structure géométrique n’a pas de centre. Cependant, elle contient la géométrie du cuboctaèdre, qui elle est centrée.

Les deux dimensions se complètent parfaitement : 

                     Cuboctaèdre                  le tétraèdre             les 2 ensemble + les voxels de Planck.

                                                                                                                             Ce qui donne en 2D le motif de la Fleur de Vie 

3. Chaque structure – cuboctaèdre et étoile tétraédrique – grandit grâce à l’autre, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Comme une danse fractale du Féminin et du Masculin Sacrés, dans laquelle l’ensemble du motif se répète à l’infini à toutes les échelles. Tout est en mouvement tout le temps : c’est la danse fractale de l’Univers comme du Vivant un peu comme un cœur qui bat en faisant alterner les expansions et contractions.

4. Ainsi, la dynamique de la structure du vide, présente en toute chose, est un échange simultané entre ces deux mouvements. L’information échangée se transmet de proche en proche par ces mouvements qui grandissent de manière fractale, de l’infiniment petit à l’infiniment grand. Au centre, tous les mouvements s’annulent : c’est l’immobilité, la singularité depuis laquelle nous observons l’Univers.

5. Toute forme est créée dans la matière, dissoute dans le vide, recréée, dissoute à nouveau, etc. Et ce, continuellement, à la vitesse de la lumière. Ainsi, le retour d’information entre la matière et le vide est tel qu’à notre échelle, nous avons l’illusion d’expérimenter chaque forme dans une continuité. Le fait que toute forme soit recréée suffisamment rapidement et soit suffisamment proche de la précédente nous procure cette perception illusoire.

6. Le cœur incarne la singularité gravitationnelle de la biologie : c’est par le cœur que nous accédons au champ d’information du vide quantique. Ainsi, le cœur a toujours accès à l’information avant n’importe quel autre organe du corps, le cerveau y compris. C’est en fait l’unique organe qui envoie davantage d’informations au cerveau qu’il n’en reçoit.

7. La conscience que nous avons de nous-même repose sur un feedback d’information entre le vide quantique et la matière. Plus nous sommes capables d’aller profondément à l’intérieur de nous pour accéder au champ quantique, plus notre rayonnement dans la matière sera important. En effet, il existe une relation directe entre l’effondrement gravitationnel et l’expansion du champ électromagnétique.

8. Nassim Haramein a pris le parti d’ajouter les forces de torsion et les effets Coriolis aux équations de champ d’Einstein. Il décrit alors un espace-temps qui ne fait pas simplement que courber : il « tombe » vers son centre, la singularité, en tournant sur lui‐même comme un vortex. Comme deux vortex, en fait, car il s’enroule vers la singularité à partir de deux directions polarisées opposées. 

Plus l’espace-temps descend vers la singularité, plus sa vitesse approche celle de la lumière. Cela génère d’énormes forces centrifuges qui provoquent un mouvement d’expansion. Lequel se trouve tôt ou tard freiné par la force de gravité, qui le canalise alors à travers les pôles des vortex pour le ramener vers la singularité. C’est à nouveau comme un cœur qui bat... 

9. Les trous noirs tapissent l’espace-temps de minuscules points, de sorte que celui-ci ressemble à une mer d’énergie dynamique, d’information pixellisée par de minuscules trous noirs, qui communiquent entre eux par intrication grâce à des trous de ver sans avoir à voyager. Dès qu’une information change – ce qui se produit constamment – elle apparaît instantanément dans tout l’Univers. Indépendamment donc de la vitesse de la lumière.

Cette mer d’énergie spatio-temporelle existe au niveau le plus fin qui soit significatif pour définir notre relation à l’univers : le champ de Planck. Autrement dit, l’espace-temps est quantifié en minuscules vibrations au niveau quantique. Nassim Haramein les appelle Unités Sphériques de Planck (tout en sachant qu’elles sont en fait toroïdales).

Ces sphères tournent depuis le niveau quantique, entraînant la rotation de tous les objets dans l’univers. Ainsi, la matière tourne car l’espace-temps qui définit la matière tourne à la base. Au fur et à mesure que la matière est manifestée, l’information dont elle est porteuse s’encode sur la structure de l’espace. On pourrait dire aussi que l’information s’encode progressivement, à mesure que l’expérience se manifeste, à tous les niveaux dans l’Univers. Cet encodage témoigne en quelque sorte du chemin parcouru. Il s’inscrit dans l’espace sous forme de coordonnées spatio-temporelles. L’espace-temps est donc en réalité l’espace-mémoire disponible instantanément de manière holographique. Tout en découle en vérité et tout y retourne pour y être stocké sous forme d’information qui devient disponible. L’inconscient collectif, l’intelligence collective ou encore le champ morphique sont liés à l’espace-mémoire qui ne peut que grandir : c’est l’explication, pour Nassim Haramein, de l’expansion de l’univers. Et cela permet aussi de mieux comprendre certains mystères de l’évolution, les adaptations au milieu ou les mutations.

L’adaptation des plantes aux rayons du soleil en est un exemple parlant : L'équipe du Pr. Roman Ulm, du Département de botanique et de biologie végétale de l'Université de Genève, vient de comprendre comment les plantes se sont protégées des rayons UVB. C'est une protéine (baptisée UVR8) qui, sous l'action du soleil, déclenche une cascade de réactions chimiques dont des antioxydants et des composés qui absorbent les UV comme une crème solaire. Ce mécanisme a permis aux plantes, sorties de l'eau, de s'adapter à un monde hostile, à une époque où la couche d'ozone était en formation. Le mécanisme UVR8 semble avoir été transmis d'un seul coup à l'ensemble du monde végétal.

En fait, tous les systèmes, y compris notre corps, sont connectés à ce champ d'information et la conscience en est le passage; elle est une expression de ce champ électromagnétique à la base de la réalité. En tournant nos sens vers cette information, nous avons une influence y compris à distance en vertu du principe d'intrication. Nous sommes ainsi reliés à nous-mêmes et les uns aux autres, pour le meilleur et pour le pire !

Nous informons en permanence la mémoire de l’espace-temps en lui disant qui nous sommes et ce à quoi nous aspirons : nous la nourrissons ainsi de tout notre monde intérieur, de nos joies certes mais aussi de nos frustrations, de nos colères, de nos ressentiments, de nos angoisses, etc. Tout y est stocké, ça l’analogie avec le disque dur en informatique nous permet aisément de le comprendre. Cela va-t-il plus loin ? Que recevons-nous en retour de l’espace mémoire ? Comment d’autres informations sont-elles associées à notre signalétique individuelle et si elles le sont en fonction de quels critères ? Le risque ici est grand de réintroduire une mémoire machine automatique qui associerait nos états d’âme avec des informations correspondantes sans autre fonction que d’être un relais.

                  Que penser alors de la loi d'attraction?

       

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