L'Univers nous a doté d'un fabuleux cerveau à l'étonnante plasticité. Notre capacité d'apprentissage est facilité par les neurones miroirs tout comme nous est donnée l'empathie. Il y a malheureusement aussi l'envers du décors car nous demeurons toutes et tous à des degrés divers vulnérables à nos émotions.
D'après les chercheurs de l'Institut Karolinska, l'agressivité serait mise en place par un groupe de cellules cérébrales rarement étudiées, présente dans le noyau pré mamillaire ventral (PMv) de l'hypothalamus. 
L'irritation a besoin d'un marqueur stressant: atteintes à l'orgueil, les trahisons, les peurs, tristesses, colères, frustrations, les ressentiments, angoisses, la honte ou le dégoût qui peuvent être vecteurs de violence qui vont prendre le pas sur le cerveau moral. Nous serons ainsi souvent confrontés à des boucles de rétroaction négatives, à ces états affectifs déplaisants qui vont forcément se traduire par des réactions chimiques dans notre organisme.
Comme le fait judicieusement remarquer le philosophe Martin Heidegger, exister, c'est être constamment habité par une projection vers le futur, un Pas-encore pourtant déjà déterminé par sa fin: la mort. Rien d'acceptable ne peut venir lever cette douloureuse conscience, cette angoisse devant le vide et le rien que nous fuyons. Le souci et l'être-pour-la-mort nous caractérisent mais nous les fuyons dans l'affairement et surtout dans une quête éperdue de sécurité, de confort, de pouvoir, de gloire, de jouissances multiples jamais assouvie ni garantie: tout peut arriver dans la vie, le meilleur comme le pire. Tout incertain. Nous vivons entre le plaisir et la peur.

La peur est une émotion normale de l'organisme au même titre que peuvent l'être la joie ou la tristesse. Son rôle est de nous protéger plaçant notre corps en alerte lors de la réception d'un stimulus extérieur tel qu'un bruit ou image...L'amygdale semble en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie. Ceux qui nous avertissent d'un danger imminent sont donc des stimuli très importants pour l'amygdale, mais également ceux qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, d'enfants en détresse, etc.

En effet dans cette partie du cerveau les souvenirs émotionnels sont stockés sous deux formes. L’une consciente appelée mémoire explicite épisodique, gérée par l’hippocampe fait resurgir tout le film du souvenir et rappelle la date, les circonstances et les conséquences de l’événement. L’autre inconsciente appelée mémoire émotionnelle produite par l’amygdale face à un objet ou un endroit lié à une expérience effrayante peut faire battre le cœur, transpirer, accélérer la respiration…

Nous savons ainsi ce que produit la peur:

 On sait maintenant que le cerveau comprend plusieurs types de mémoires. L'hippocampe et le cortex rendent possible une mémoire consciente explicite. De son côté, l'amygdale permet l'une des formes de nos mémoires implicites, la mémoire émotionnelle reliée à la peur.

Différents aspects reliés à une situation particulièrement émotive comme un accident seront donc pris en charge à la fois par l'hippocampe et l'amygdale, les deux systèmes fonctionnant en parallèle. Grâce à l'hippocampe, vous vous souviendrez avec qui vous étiez, ce que vous avez fait, et le fait que c'était une situation particulièrement pénible. Toutefois, c'est par l'entremise de l'amygdale que le rappel de l'événement vous rendra les mains moites, augmentera votre fréquence cardiaque et feront se tendre vos muscles.
Néanmoins, tout peut se dérégler.

L'hypervigilance

 Normalement, notre instinct nous pousse à rechercher la sécurité, le contentement en évitant la douleur ou les situations à fort risque d’échec. Cette quête « instinctive » est fonction de nos vécus : elle est donc unique. Elle peut aussi, en cas de trauma grave ou de choc post-traumatique, s’inverser, sombrer dans l’hypervigilance au point que la personne se sent en permanence menacée et inquiète. Elle subit alors un cortège de réactions émotionnelles et neurovégétatives très handicapantes : souffle court, mains moites, transpiration subite, arythmie cardiaque, nausée existentielles, détresse respiratoire, irritabilité, troubles du sommeil, colère, phobies ou détachement envers autrui. Tout est susceptible de raviver les souvenirs douloureux. Une récente étude de l’Université de Porto Rico, parue dans la revue Nature de janvier 2015, a démontré que le rappel de souvenirs traumatiques empruntait des circuits cérébraux différents ; un souvenir simple passe par l’hippocampe, transite par l’amygdale puis par le thalamus. La réactivation d’un souvenir douloureux, sept jours après l’événement, passe par le cortex préfrontal qui contrôle les émotions, puis par le thalamus - qui est en quelque sorte « le cerveau dans le cerveau » ou si on préfère une gare de triage neurosensorielle gérant nos sensations, nos capacités motrices, les états de conscience, de vigilance et de sommeil – pour être ensuite traité par l’amygdale qui gère les réactions émotionnelles, en particulier la peur. Nous ne sommes donc pas égaux devant nos traumas. Celles et ceux qui en souffrent ont grand besoin que nous en ayons conscience, et plus encore que leurs souffrances soient reconnues. 

Oublier un événement traumatisant, ou vivre avec normalement, n’est pas évident. On estime que près de 10 % de la population souffrira d’un syndrome de stress post-traumatique au cours de sa vie. La peur associée à la situation de stress reste alors si forte que le souvenir devient une obsession, même quand la menace a disparu, ce qui peut provoquer anxiété, dépression ou autres troubles psychiques. Les médicaments sont rares et les thérapies pas toujours efficaces. Xin-Yun Lu, de l’École de médecine de l’Université du Texas, et ses collègues viennent de montrer qu’une hormone produite par les cellules graisseuses, l’adiponectine, suffit à « éteindre » la peur. Elle pourrait représenter un traitement potentiel.

Les chercheurs ont conditionné des souris à une situation traumatisante : elles recevaient un choc électrique dans une pièce donnée, si bien que le lendemain, elles évitaient ce lieu. Puis ils ont réhabitué les rongeurs à cette pièce en les y plaçant tous les jours, sans choc électrique. Au bout de quelques temps, les souris n’étaient plus effrayées et exploraient spontanément l’endroit. Mais certaines souris génétiquement modifiées pour ne plus produire d’adiponectine ou l’un de ses récepteurs continuaient à avoir peur de la pièce où elles avaient subi des chocs électriques, comme si elles restaient « prisonnières » de leur premier souvenir. Et en leur injectant de l’adiponectine dans une région particulière de l'hippocampe, un des centres de la mémoire, les chercheurs sont parvenus à les « libérer » de leur peur.

Si l'on transpose à l'homme, les personnes plus sujettes au traumatisme psychique présentent peut-être des concentrations sanguines et cérébrales en adiponectine plus faibles que les autres ou un défaut d’expression de ses récepteurs. Cette molécule, naturellement produite par les cellules graisseuses, pourrait les aider à oublier la peur. 

Peur et plaisir

En situation normale, le plaisir et la peur s’avèrent être des émotions bien plus proches que ce que l’on croyait. L’hebdomadaire italien L’Espresso rapporte que des chercheurs de l’université de Californie à San Diego viennent de découvrir que la dopamine est, en plus d’être “l’hormone du plaisir”, aussi celle de la peur. Cette découverte permet d’expliquer la corrélation entre des dysfonctionnements du système dopaminergique et la schizophrénie ainsi que certaines phobies.

La dopamine agit sur le noyau accumbens, un amas de neurones situé dans une zone sous-corticale du cerveau, en activant le “système de récompense” et déclenche des sensations de plaisir. Des recherches précédentes avaient déjà établi que la zone associée à la peur est voisine de celle associée au plaisir. Mais ce que révèle cette dernière étude, c’est que la dopamine a un effet différent selon la partie du noyau accumbens sur laquelle elle agit.


Notre striatum peut vite devenir " ce nain ivre de pouvoir, de sexe, de nourriture, de paresse et d’ego" qui ne semble pas en mesure d'être muselé par notre cortex, notamment la partie qui gère, modère et planifie nos tentations. Se priver provoque souvent d'ailleurs un effet rebond comme l'atteste les régimes minceurs. Il faudrait oser une autre stratégie à travers la méditation en pleine conscience par exemple qui permet d'être présent à ce que nous faisons, ce qui stimule la production de dopamine, un plaisir obtenu différemment, un autre moyen de solliciter notre striatum. On peut aussi y lier le plaisir lié à une valorisation sociale. Apprendre surtout à décoder nos émotions et nos sentiments plaisants ou déplaisants.

La contagion émotionnelle

Pour l'auteur , de nombreuses études en psychologie et en neurologie montrent qu'une émotion, qu'elle soit positive (joie, enthousiasme, bienveillance, espoir...) ou négative (peur, colère, jalousie, tristesse...), se propage en un battement de cils: il suffit de 21 millisecondes pour qu'elle transite entre deux individus, ce qui se manifeste aussi bien par une synchronisation des mouvements que par des ressentis. Des recherches ont constaté qu'avoir un ami ou un proche déprimé augmente de 30 à 40% le risque de se sentir soi-même dans cet état et que ce danger augmente encore si vous vivez avec cette personne. De même, selon qu'une réunion de travail se passe bien ou mal et que l'équipe est exposée à des manifestations émotionnelles intenses, constructives ou toxiques, l'ambiance du bureau s'en ressentira nettement. La contagion par nos émotions est un phénomène naturel qui survient très tôt dans la vie. 

Grâce à toutes sortes d'expériences et de mesures, on sait maintenant que les émotions se transmettent déjà pendant la grossesse, via des «échanges» hormonaux, les fœtus s'imbibent des états émotionnels de leur mère. Ensuite, dès la naissance, les nouveau-nés réagissent de manière automatique à leur environnement: ils reproduisent les mimiques qu'on leur fait (sourire, sourcils froncés...) ou, s 'ils entendent un nourrisson pleurer, ils répondent à la "douleur» qu'ils perçoivent dans ces cris en hurlant aussi! Ce de type de comportement est dû à notre « inconscient d'adaptation»: cette composante fondamentale des rapports humains est basée sur l'imitation. Ainsi, au cours d'une conversation, on adoptera le langage corporel, les expressions faciales, les postures ou le ton de la voix de notre interlocuteur. 

Ce faisant, on active notre «cerveau émotionnel» , grâce auquel on ressent l'émotion de l'autre comme si c'était la nôtre. Cela nous permet d'améliorer nos interactions, de nous faire accepter et de nous en sentir plus proches. Mais être contaminé par l'anxiété, le stress, la colère ou la tristesse des autres est toxique quand cela nous vide et biaise nos propres émotions. 

D'abord, il s 'agit de déterminer par quelle émotion on est touché. Cela parait évident, mais pour 25% des gens, ça ne l'est pas, puisqu'ils n'arrivent à définir ce qu'ils ressentent que lorsqu'ils sont au bord de l'explosion... voire après. En fait, il faut se demander: "A qui appartient cette émotion: est-ce vraiment la Mienne.  Ou celle de quelqu'un d 'autre que j'ai absorbée?», puis: "Pourquoi suis-je contaminé et qu'est- ce que cela remue en moi?» Ensuite, pour échapper à la contagion émotionnelle d'un proche, par exemple, il faut lui permettre d'évacuer ses tensions par la parole. Il va donc falloir le faire parler... et l'écouter «pour de vrai », sans oublier que si l'on peut se laisser émouvoir par la détresse de l'autre, on ne doit pas la porter à sa place. Par ailleurs, sans le culpabiliser, il est aussi utile de le rendre conscient des effets qu'ont ses états d'âme sur vous, la famille, les collègues. Parallèlement, pour diminuer nos propres manifestations émotionnelles dues à une contagion, il vaut la peine de prendre un petit moment à soi, respirer profondément et faire des exercices de micro-relaxations. Pour contrer les émotions toxiques, il y a différentes étapes - qui impliquent notamment de réfléchir sur soi et d'évaluer les situations avec autant d'objectivité que possible, car même des émotions comme la peur ou la colère peuvent s'avérer utiles dans certaines circonstances. Pour faire le point et, le cas échéant, s'éloigner des gens trop toxiques. il est nécessaire de prendre un peu de recul : une mise au vert mentale peut passer par des exercices de respiration et de relaxation, mais aussi par la méditation, du yoga, du sport et, surtout, par une reconnexion avec ses valeurs refuges (dont la famille) et la nature: balades, grand air, contact avec les animaux...

Travailler nos peurs

Les 8 peurs les plus courantes sont :

>>>> La peur de l’inconnu : L’être humain a une tendance naturelle à préférer ce qu’il connaît. 

La peur du rejet : C’est la peur d’être ridiculisé, ignoré ou mis de côté. Le besoin d’être accepté par son groupe est un besoin vital. Cette peur d’être exclu est profondément ancrée dans notre inconscient du fait qu’autrefois la survie d’un individu reposait sur son appartenance au groupe (nourriture, territoire, etc.)

>>>> La peur de se tromper : Il arrive souvent que nous évitons d’agir ou de prendre une décision parce que nous doutons de la pertinence de nos choix. 

>>>> La peur de l’échec : Elle est très liée avec la peur de se tromper. Cette peur est omniprésente et très forte dans nos sociétés occidentales où règne une délétère dictature de la performance. Elle est moins présente dans les sociétés qui donnent plus de place et d’importance à la spiritualité.

>>>> La peur de réussir : Oui de réussir, vous lisez juste ! Elle semble paradoxale mais cette peur n’est pourtant pas rare. 

>>>> La peur du pire : Une phrase absurde dit « espérer le meilleur et se préparer au pire ».  Depuis tout petit nous sommes conditionnés à imaginer le pire et à le craindre pour l’éviter. 

>>>> La peur du changement : Le changement est naturel chez l’être humain. On apprend à lire, marcher, etc., de manière à devenir plus indépendant. Mais il est courant de céder à la tentation de privilégier la sécurité. 

>>>> La peur de l’engagement : Elle est souvent associée aux relations amoureuses. Or, elle peut concerner les différents autres aspects de votre vie comme le travail, la famille. 
>>>>  Nous pourrions ajouter à ces 8 peurs celle de souffrir et la peru de la mort.

En réalité, toutes ces peurs sont des ajustements à nos environnements et des réponses fictives à une réalité imaginée. Nous aurons forcément à nous confronter à nos plus grandes peurs, à ce que Gregg Braden appelait la Nuit de l'âme. Elles forment des boucles de rétroactions négatives car elles engendrent des frustrations, du ressentiment, de l'angoisse, de la colère, etc, ce qui crée à nouveau d'autres boucles.

Nos peurs ne sont pas aussi anodines que nous pourrions le penser. Selon une étude publiée par la revue "Neuron", les traces laissées dans le cerveau par la peur sont susceptibles de se former dans l'hypothalamus, mettant en évidence son rôle dans la régulation de la mémoire de la peur.

Les traces laissées dans le cerveau par la peur sont susceptibles de se former dans l'hypothalamus, selon une étude publiée par la revue Neuron, qui pourrait ouvrir des perspectives pour soigner certaines peurs pathologiques. Cette étude publiée le 16 mai est le fruit du travail d'une équipe internationale coordonnée par Alexandre Charlet de l'Institut des neurosciences cellulaires et intégratives de Strasbourg et Valery Grinevich de l'université d'Heidelberg, en Allemagne. Ses auteurs démontrent que des engrammes, ensembles de cellules formant la base de la trace mémorielle enregistrée par le cerveau, peuvent se former dans l'hypothalamus, mettant en évidence son rôle dans la régulation de la mémoire de la peur.

"Les engrammes sont bien connus mais uniquement dans les structures corticales supérieures. Là, l'originalité c'est de montrer que cela peut aussi exister dans des structures évolutivement anciennes, comme l'hypothalamus", explique Alexandre Charlet. "À ce jour, le dogme prédominant veut que la mémoire soit encodée dans l'hippocampe pour être ensuite stockée dans le cortex. Cette vision limitée ne prend que peu en considération les autres structures cérébrales", selon un communiqué diffusé par l'université de Strasbourg.

Ces découvertes pourraient "permettre l'émergence de nouvelles stratégies thérapeutiques"

Grâce à une nouvelle méthode de ciblage génétique, permettant de toucher spécifiquement les neurones activés lors d'une réaction de peur, les chercheurs ont découvert "la formation d'engrammes hypothalamiques dont la manipulation altère drastiquement l'expression et le souvenir d'une peur", poursuit le communiqué. Ils sont parvenus à gommer ou au contraire à faire persister l'expression de la peur en intervenant sur les neurones produisant l'ocytocine, l'hormone dite "de l'amour", fortement impliquée dans la régulation des émotions.

"On montre une communication entre l'hypothalamus, les neurones qui produisent de l'ocytocine et l'amygdale (une partie du cerveau qui gère les émotions comme la peur et le stress, ndlr)", résume Alexandre Charlet. Ces recherches nous permettent de mettre le doigt sur des circuits spécifiques et maintenant qu'ils sont identifiés, on peut très bien chercher des agents pharmacologiques qui vont pouvoir les inhiber ou les activer de manière précise, conclut-il. Ces découvertes pourraient "permettre l'émergence de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment quand la peur devient pathologique, comme dans le cas des troubles de stress post-traumatiques", précise le communiqué de l'université.

Sur le plan physiologique, l'adaptation de l'homéostase au stress se traduit par:

• une augmentation de la fréquence cardio-respiratoire, une vasodilatation dans les tissus musculaires et une augmentation de la tension artérielle (système sympatho-surrénalien)

• une analgésie

• une mobilisation d'énergie (glucocorticoïdes):

○ augmentation du captage du glucose par les muscles et accroissement de la force musculaire

○ augmentation de la néoglucogénèse (foie), d'acides aminé (muscles) et d'acides gras libres (tissus adipeux)

○ baisse de synthèse des acides gras

• une inhibition des voies anaboliques (glucocorticoïdes):

○ ralentissement de la digestion et de la croissance

○ baisse de l'immunité et de la reproduction.

Quelque chose manque cruellement : nous avons toutes et tous besoin de reconnaissance juridique, affective, sociale et cognitive (être reconnu dans sa compréhension de soi-même), qu'elles soient reconnues par d'autres. Quand cette reconnaissance fait défaut, la souffrance devient une impuissance à dire, à faire, à raconter, à s'estimer, donc une impuissance à s'affirmer comme sujet. Alors, il y a danger dans le renoncement à penser, à choisir, à lutter, à prendre en compte son passé et son avenir en voulant vivre dans la violence ou dans le présent pour ne plus se poser de questions.

Six émotions primaires forment le socle de nos réactions à un stimulus extérieur : la colère, le dégoût, la joie, la peur, la surprise et la tristesse. Impossible donc de séparer la subjectivité de la raison, le conscient de l’inconscient. Nous ne pouvons correctement raisonner sans liens avec nos émotions. Une figure émerge toujours sur un fond : l’une et l’autre se conditionnent mutuellement dans une imbrication permanente. Lorsque la pensée (tête) et l’émotion (ventre) n’en font plus qu'un dans le cœur (milieu), nous créons un sentiment dans notre corps. Et leur diversité positive ou négative est énorme :Jean-Philippe Faure en a répertorié 879 répartis dans dix catégories : Tranquillité (151), Joie (148), Colère (142), Coupure avec ses émotions (137), Tristesse (117) Surprise (82), Peur (82), Dégoût (9), Terreur (9), Fureur (8).

Le problème des convictions intimes.

La fusion de la pensée, de l’émotion, de la sensation ou des sentiments forment le socle des convictions intimes. Elles peuvent être positives ou négatives. la science appelle cela l’effet placebo et nocebo. Deux histoires véridiques l’attestent : L’état général d’un patient hospitalisé dans un hôpital régional autrichien se dégrade. Les médecins ne comprennent pas pourquoi. Ils annoncent qu’ils vont soumettre son cas à un professeur venu de Vienne. Le jour arrive ; les médecins présentent au malade le professeur qui consulte le dossier en prononçant tout doucement « moribundus ». Le malade a entendu vaguement et se dit alors que le fameux professeur a trouvé ce qu’il avait. Son état s’est très vite amélioré et bientôt il fut guéri. Que se serait-il passé s’il avait compris qu’en réalité le médecin avait dit « moribond » ?

C’est l’effet placebo. À l’inverse, une peur panique ou une très forte conviction intime peut conduire à la mort. Un journaliste américain voulait faire un reportage sur les conditions dans lesquelles les mexicains traversent la frontière américaine en utilisant les trains de marchandises. Il se rend donc à la frontière ; on était en novembre, il faisait déjà froid. À la gare frontière, il fallait se faufiler entre les policiers, les chiens, les rails. Notre journaliste se risque de nuit ; il parvient de justesse à se faufiler dans un wagon sans se faire attraper. Il referme la porte sans vérifier s’il pouvait la réouvrir. Peu à peu le froid devient intense. Le journaliste entend un bruit inquiétant comme s’il s’était enfermé dans un wagon congélateur. La panique le saisit. Il tente d’ouvrir la porte : impossible. Il est prisonnier. Il va écrire sur les murs du wagon son agonie et sera retrouvé mort de froid. Pourtant, ce qu’il avait entendu était un simple ventilateur !

Oui, nous pouvons mourir de peur !

Les convictions intimes se construisent tout au long de notre vie et elles nous accompagnent en orientant nos décisions : elles fonctionnement comme des filtres autonomes ou des algorithmes spécifiques. Certaines personnes sont intimement convaincues d’avoir de la chance, d’être nées sous une bonne étoile ; d’autres seront tout aussi intimement persuadées d’avoir la poisse ! Il suffit que le hasard ou des coïncidences heureuses ou malheureuses se reproduisent plusieurs fois dans notre vie à des moments importants pour que nous soyons tentés d’en faire une loi. Notre cerveau recherche une intention cachée et s’y accroche : c’est ce qu’on appelle le biais d’intentionnalité qui s’accompagne souvent du désir de reproduire l’élément favorable ou du besoin de fuir le mauvais œil, avec toujours la même névrose, la même stratégie : il suffit d’insister ! Méfions-nous de ces convictions intimes inlassablement ressassées : elles sont entravantes et empoisonnantes, surtout quand elles montent en intensité, quand elles sont traversées par de fortes émotions. Cette confusion produit des situations d’une extrême complexité ainsi que des distorsions à la relation aux autres et à soi-même.  Les conflits internes et externes qui en résultent rendent souvent impossible la satisfaction des besoins fondamentaux au profit d’une recherche chimérique qui produit des besoins compulsifs et des stratégies de compensations issus de convictions intimes enfantines : je suis incorrect (e), je suis imparfait (e), je suis pourri(e), je ne suis pas ce que je devrais être… ; je suis sans valeur, je ne vaux rien…; je ne suis pas capable de faire, je suis affectivement et émotionnellement vide… ; je suis nul(le) je suis inadéquat(e), je n’ai pas de la place, je suis abandonné(e), « l’Univers » m’a abandonné(e) ; je n’existe pas, les autres peuvent épuiser mon existence s’ils s’approchent trop ; je manque de consistance, je manque d’êtreté… je suis seul(e) et séparé(e) dans un monde hostile, dans un monde menaçant, dans un monde qui me disqualifie, dans un monde imprévisible… je suis incomplet(e), je suis insuffisant(e) ; je suis impuissant(e) et démuni(e) ; je suis sans amour. Il n’y a pas d’amour… Ma mère ou mon père ne m’a pas aimé(e). L’amour est localisé dans une personne qui ne va jamais m’aimer, etc. 
Nos convictions intimes sont imbriquées dans l'ego et le mental.

Être ou ne pas être

Comme aime à le dire Eckart Tolle, « la structure même du soi égotique comporte un besoin d’opposition, de résistance et d’exclusion destiné à maintenir le sentiment de séparation dont le soi égotique dépend pour sa survie. C’est donc « moi » contre « l’autre », « nous » contre « eux ». L’ego a besoin d’un conflit avec quelque chose ou quelqu’un. Cela explique pourquoi on recherche la paix, la joie et l’amour, sans pouvoir les tolérer très longtemps. On prétend vouloir le bonheur, mais on est accroché au malheur. En définitive, votre malheur ne vient pas de votre condition de vie, mais du conditionnement de votre esprit. Le mental humain, dans son désir de connaître, de comprendre et de contrôler, prend ses opinions et points de vue pour la vérité. Il dit : c’est ainsi que cela fonctionne. Vous devez dépasser la pensée pour vous apercevoir que, peu importe comment vous interprétez « votre vie », celle d’un autre ou son comportement, et peu importe le jugement que vous portez sur une condition, ce n’est qu’un point de vue parmi maintes possibilités. Ce n’est qu’un amas de pensées. Mais la réalité est un ensemble unifié dans lequel tout est entrelacé, où rien n’existe en soi ni isolément. La pensée fait éclater la réalité ; elle la découpe en fragments conceptuels. Le mental, cet instrument utile et puissant, devient fort contraignant s’il s’empare totalement de votre vie, si vous ne voyez pas qu’il constitue un aspect négligeable de la conscience que vous êtes. MAIS, je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la vie. Je suis l’espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je Suis. Lorsque vous savez qui vous êtes vraiment, un sentiment de paix durable et vivant s’installe. On pourrait l’appeler la joie, car c’est bien la nature de celle-ci : une paix vivante et vibrante. C’est la joie de reconnaître en soi l’essence de la vie, celle qui précède la forme. C’est la joie d’Être - d’être qui on est vraiment. La vie de la plupart des gens est menée par le désir et la peur. Le désir, c’est le besoin de vous donner quelque chose qui vous permettra d’être davantage vous-même. Toute peur est celle de perdre, donc de subir une diminution, d’être amoindri. Ces deux mouvements occultent le fait que l’Être ne peut ni s’ajouter ni se soustraire. L’Être dans sa plénitude est déjà en vous, maintenant. » Quand on parvient à le réaliser une libération s’opère : plus besoin d’être davantage ! On peut voir ce qui se présente dans le moment présent, ce qu’il contient de beau, de bon, d’utile, de nécessaire ou d’agréable, voir cela aussi dans les autres rencontrés. De quoi entraîner une spirale positive : Ainsi la dopamine, qualifiée d'hormone de l'action, intervient dans l'anticipation, la motivation, la projection d'émotions positives et nous pousse à positiver, à avancer. Un bon niveau de dopamine encourage l'activité, trop de dopamine incite à rechercher des situations à risque, mais à l'inverse, un déficit de cette substance (ce qui est une caractéristique de la maladie de Parkinson) trouble les mouvements et rend léthargique.

Autre vaccin anti chagrin : la sérotonine. Ce neurotransmetteur fabriqué dans des neurones du tronc cérébral est indispensable pour réguler nos humeurs. Stimulé par la passion amoureuse, les relations sociales, les pensées positives, les contacts physiques, il agit comme un euphorisant. On observe un déficit important de sérotonine chez les personnes en dépression ou simplement malheureuses parce que séparées d'un être aimé. Citons également les endorphines et enképhalines, bien connues des sportifs sous le nom d'hormones du plaisir. Ces substances produisent un effet euphorique, anxiolytique et antalgique. Elles modulent le message douloureux, inhibent sa transmission dans le cerveau et provoquent une sensation de bien-être immédiat lors de leur réception par les cellules nerveuses. Leurs fluctuations régulent les états de stress et d'anxiété.
L'ego a besoin de se s'affirmer, s'opposer et de s'approprier pour être, le mental a besoin de tout contrôler.

Le désir mimétique

René Girard note en premier lieu dans le comportement humain (et même animal) une dimension imitative, c'est-à-dire une volonté d'imiter son semblable. Cette mimésis est indispensable à l'homme pour être homme justement. Il apprend à parler, à marcher, à se conformer à des lois, à s'intégrer dans une culture. René Girard fait une distinction entre la mimésis d'apprentissage et la mimésis de rivalité, source de tous nos conflits.
La mimésis de l'antagoniste.
L'homme est gouverné principalement par ce que René Girard appelle le désir mimétique. C'est parce que quelqu'un d'autre désire un objet que nous désirons cet objet (primitivement femme, nourriture, territoire). " Seul l'être qui nous empêche de satisfaire un désir qu'il nous a lui-même suggéré est vraiment objet de haine. Celui qui hait se hait d'abord lui-même en raison de l'admiration secrète que recèle sa haine. Afin de cacher aux autres, et de se cacher à lui-même, cette admiration éperdue, il ne veut plus voir qu'un obstacle dans son médiateur. Le rôle secondaire de ce médiateur passe donc au premier plan et dissimule le rôle primordial de modèle religieusement imité. Dans la querelle qui l'oppose à son rival, le sujet intervertit l'ordre logique et chronologique des désirs afin de dissimuler son imitation. Il affirme que son propre désir est antérieur à celui de son rival ; ce n'est donc jamais lui, à l'entendre, qui est responsable de la rivalité : c'est le médiateur. (Mensonge romantique et vérité romanesque, Pluriel, p 24-25) ".
Cet aspect du désir mimétique peut prendre une forme réelle ou symbolique comme par exemple une idéologie, une imagerie, un discours véhiculé par la société. Cela peut se jouer aussi entre deux personnes car si la seconde a dans la tête un idéal d'homme ou de femme, elle préférera fuir la première et se réfugier vers une personne qui se conformera à son imagerie (ou l'imagerie en vogue) plutôt que de reconnaître son désir envers la première. Et là, la vanité va jouer un rôle immense dans cette non-reconnaissance du réel, d'autrui pour ce qu'il est, par rapport à la représentation, au modèle que l'on imite à notre insu. C'est en somme le mythe de Narcisse qui préfère rester amoureux de son image sans le savoir plutôt que d'aller vers Echo. Désirant ce même objet, une rivalité, un violent conflit s'instaure, menaçant la cohésion du groupe, ou la société toute entière. Ce conflit sera résolu par le sacrifice d'une victime innocente, un meurtre donc, c'est-à-dire quand deux ou plusieurs individus s'entendront pour désigner un seul et même coupable (personne ou ethnie) responsable de ce conflit. Cette victime passera pour sacrée, car elle est responsable du retour au calme aussi bien que du désordre. "Le sacré, c'est la violence. (Des choses cachées depuis la fondation du monde, p.49)" nous dit René Girard.
Ce qui pourrait sembler anecdotique éclaire la quasi-totalité des comportements individuels et collectifs (de la simple jalousie jusqu'à l'holocauste) et ceci depuis l'aube de l'humanité jusqu'à nos jours.
Les premières sociétés ont résolu ces crises mimétiques en prenant une victime innocente - un bouc émissaire- et en la chargeant de tous les maux et péchés du groupe puis en la sacrifiant. Progressivement, des simulacres ont remplacé les meurtres réels: ainsi sont nés les rites des religions primitives païennes. Si de nos jours, les hommes n'ont plus recours aux sacrifices rituels, ils se sont toujours entendu pour trouver des boucs émissaires (colonialisme, nazisme, stalinisme, la guerre en Bosnie...) et la violence n'a jamais cessé.
Elle se nourrit de nos rivalités et de nos convoitises incessantes. Elle éclate quand nous n'arrivons pas ou plus à trouver un apaisement:


Ainsi, le mal et le malheur, la violence et l'agressivité surviennent quand nous sommes insécurisés, en déficit de confiance en soi et d'estime de soi, un peu comme  le froid qui vient quand il n’y a aucune chaleur ou l’obscurité qui vient quand il n’y a aucune LUMIERE. 

Il s'agira en fait et en réalité de consentir à notre double nature : à cette humanité fragile, faillible et mortelle d'où surgit souvent un cloaque d'iniquités. Et se risquer pourtant à mieux, au plus humain de l’humain. 
Par quels moyens ? Une approche est souvent pratiquée:

La méditation en pleine conscience

Le psychiatre Christophe André s’en est fait l’ardent défenseur. Cette pratique quotidienne apporte à son avis l’apaisement dans la gestion du stress, une meilleure régulation de nos émotions positives ou négatives. Elle nous permet de mieux comprendre le fonctionnement de notre esprit et de notre être au monde, de gagner en lucidité ce qui n’est pas toujours agréable. Elle nous aide dans l’acceptation de nos échecs comme dans le décodage de nos souffrances. Sa pratique va modifier certaines zones cérébrales impliquées dans la capacité de contextualiser ou la gestion émotionnelle (cortex préfrontal, l’amygdale et l’hippocampe par exemple), diminuer les méfaits du stress et améliorer les défenses immunitaires.
Elle se décline généralement en 4 étapes : 1) Arrêter toute activité pour être pleinement attentif à l’instant présent.
2) Respirer en étant attentif au souffle inspiré et expiré.
3) Ressentir tout ce qui se passe, son corps, ses pensées, etc.
4) Cultiver et travailler les ressentis, les valider pour les amener en pleine lumière, à la bienveillance, à l’altruisme...
Le moment peut se terminer par une déclaration de pleine conscience : « Après l’exercice, je garderai en moi cet exercice amical de curiosité et de bienveillance, mais aussi de prudence et de distance avec mes pensées. Les automatismes de mon esprit peuvent à la fois nous aider ou nous tromper. Je vais juste m’efforcer d’être plus souvent dans la conscience de cela. » (Pour en savoir plus ).
D’une manière générale, « on commence à décrypter les conséquences cérébrales des pratiques de méditation. C’est le cas notamment de l’équipe de Richard Davidson, à l’Université du Wisconsin-Madison qui travaille depuis de nombreuses années avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard. Ils ont montré que les personnes devenues expertes de la méditation, après plusieurs milliers d’heures de pratique, ont une réaction cérébrale très spécifique en EEG : leurs ondes gamma sont beaucoup plus intenses que celles des sujets non entraînés. Ces ondes gamma s’accompagnent d’une meilleure synchronisation de l’ensemble de l’activité électrique du cerveau et l’augmentation de leur intensité montre que ces personnes sont extrêmement vigilantes lors des exercices de méditation soutenue. Elles témoignent aussi probablement d’une augmentation de la neuroplasticité, c’est-à-dire de la propension des neurones à établir davantage de connexions.
En IRM fonctionnelle, les experts en méditation présentent non seulement une activité faible du réseau du mode par défaut qui sous-tend les ruminations, mais aussi une activité importante dans les régions du cerveau social participant à l’empathie : l’insula et la jonction temporo-pariétale. L’épaisseur de certaines régions corticales (cortex préfrontal, gyrus temporal supérieur, insula) peut même être augmentée sous l’effet de la méditation, là aussi parce que les neurones sont davantage connectés. Et le volume de l’insula augmente avec le nombre d’heures passées en méditation.
D’autres études ont montré que la pratique de la méditation, même sur une courte période (huit semaines), engendre une diminution du volume de certaines parties de l’amygdale, impliquées dans la production de l’anxiété et activées par les événements stressants. Enfin, les exercices de méditation modifieraient le métabolisme cérébral, en diminuant l’activation des structures du réseau du mode par défaut associées aux risques de rumination. Ainsi, ces effets neuronaux des pratiques de pleine conscience expliquent les résultats favorables obtenus sur l’humeur et le bien-être.[ http://www.organize.ch/savoir-etre/40-le-cerveau-heureux] »
À certains égards, le pouvoir de la méditation – ou celui de l’esprit, de la foi - peut se révéler tout simplement miraculeux. Certaines guérisons miraculeuses l’attestent. « L'ouvrage raconte l'histoire de Phakyab Rinpoché, un moine tibétain d'une quarantaine d'années qui s'est confié à Sofia Stril-Rever, présentée comme indianiste, écrivain et biographe du dalaï-lama, qui enseigne la méditation et le mantra yoga.
Le 16 novembre 2003, il prend la décision la plus importante de sa vie. Alors qu'il est pris en charge gratuitement à New York, à l'hôpital Bellevue, dans le cadre du programme des survivants de la torture géré par le ministère américain de la Santé, il décide d'arrêter les soins. Et pourtant, il souffre d'une "nécrose destructrice" à la cheville droite liée à des brutalités policières. Selon le diagnostic, le processus de décomposition du cartilage, des os et des tissus est irréversible, trop avancé pour envisager une chirurgie conservatrice. Tous les médecins consultés insistent sur l'urgence de l'amputer, pour éviter une infection généralisée fatale. De plus, une tuberculose osseuse ronge ses vertèbres.
Impossible d'accepter l'amputation
S'il prend cette décision ce 16 novembre, c'est qu'il vient de recevoir une réponse du dalaï-lama en personne au courrier qu'il lui avait adressé en lui demandant de l'aider dans son choix. Il faut savoir qu'il n'a jamais accepté l'idée d'une amputation. "Couper n'est pas soigner", martèle-t-il régulièrement, déçu par cette solution proposée par les médecins d'une nation si puissante. "Je préfère rester un lama à patte d'éléphant (en raison de l'œdème monstrueux de sa jambe, NDLR), plutôt qu'à patte de souris (la taille de la prothèse, NDLR)", fait-il dire à son interprète.
"La mutilation physique est invalidante", ajoute-t-il. En plus, "couper une partie de ma jambe, c'est également détruire le support physique du système nerveux qui lui correspond. Plus tard ce sera un obstacle dans mes pratiques de yoga de l'énergie interne, car, aux stades avancés, ils requièrent de pouvoir faire circuler le principe vital à travers un corps physique complet." Et cette intégrité est aussi importante après la mort, a fortiori pour un moine bouddhiste.
Trois années de méditation
Alors la réponse du dalaï-lama vient le conforter dans sa décision : "Pourquoi cherches-tu la guérison à l'extérieur de toi ? Tu as en toi la sagesse qui donne la force de guérir. Une fois guéri, tu enseigneras au monde comment guérir." Il faudra trois années de méditation très intense à cet homme initié dès l'âge de 16 ans pour que sa cheville se régénère et qu'il puisse à nouveau marcher sans béquille et sans souffrir. Les comptes rendus médicaux sont éloquents. Les médecins qui l'ont suivi parlent de "guérison inexpliquée", voire "miraculeuse". Lui regrette que ces hommes de science restent aussi hermétiques aux possibilités de la méditation, de la puissance de l'esprit sur le corps. Mais une chose est certaine : bien peu de personnes dans le monde peuvent atteindre le niveau de spiritualité de Phakyab Rinpoché. »
Les interventions esprit-corps (MBI) telles que la méditation, le yoga et le tai chi ne nous détendent pas simplement ; elles peuvent "inverser" les réactions moléculaires de notre ADN qui provoquent la mauvaise santé et la dépression, selon une étude des universités de Coventry et de Radboud.
La recherche, publiée dans la revue frontières in immunologie, passe en revue plus d'une décennie d'études analysant la manière dont le comportement de nos gènes est affecté par différentes MBI, y compris la pleine conscience et le yoga.
En réalité, cela va plus loin encore:«  La méditation - nous dit Nassim Haramein - est faite pour améliorer et augmenter la capacité de déplacer l’information depuis le vide jusqu’à Singularité individuelle. Il existe un lieu physique à l’intérieur de notre cœur et de sa Singularité. Notre cœur a une petite cavité, entre ses deux ventricules. Et cette petite cavité a le champ électromagnétique le plus important de tout notre corps ! Il peut être perçu et mesuré à plus de 2,5 m. C’est la batterie de la vie qui maintient notre cœur en fonctionnement.  Et quand on meurt, cette Singularité n’est plus présente, c’est sans doute une des raisons pour laquelle il y a une légère perte de poids qu’on ne peut justifier.
Si vous dirigez toute votre attention vers la singularité (zone de calme) qui est en votre centre, toute l'information contenue dans l'Univers est à votre disposition car l'Univers est un champ unifié holofractographique scalaire infini où toute l'information est présente en chaque point (singularité).  
Vous attirez, créez, rejetez ce qui est autour de vous. Vous pouvez aussi comprendre qu'en fonction de votre chemin, de vos pensées, de vos valeurs, de vos émotions, vous attirerez forcément autour de vous d'autres personnes qui sont sur le même chemin, qui ont des pensées, valeurs et émotions similaires... 
Ce n'est qu'en décidant de vous soigner que vous soignerez le monde autour de vous, d'abord votre monde immédiat, puis un monde plus large, et ainsi de suite. C'est une erreur de vouloir guérir le monde des fléaux qui l'habitent puisqu'en vous concentrant dessus, vous vous y attachez davantage... Si vous voulez vivre dans un monde libre, de paix, d'amour, de joie et de bonheur, alors faites-le déjà en vous, puis dans votre entourage immédiat, et ainsi de suite. La plus petite colère en vous participe aux traumatismes planétaires; la plus petite dose d'amour en vous participe à l'harmonie de la planète et de tous les êtres vivants qui y vivent. Alors choisissez en pleine conscience le monde dans lequel vous voulez vivre .» 
Ainsi, la spiritualité est dans la matière ; quand nous méditons, nous allons à l'intérieur ; ce qui fonde pour Nassim Haramein la vision à distance, la télépathie, etc. Nous sommes tous connectés à la même énergie qui est accessible à tout moment au niveau de Planck. N’est-ce pas totalement insensé ?
Nous aurons l'occasion d'y revenir plus en détails...


       

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