L'UNIVERS N'EST PAS ALÉATOIRE 

Nassim Haramein et Amira Val Baker ont calculé, il y a quelques années que la probabilité de formation d'un organisme monocellulaire avec des interactions électro-chimiques aléatoires (qui est le modèle dominant) est d'1 chance sur ~10^8000 (1 suivi de 8000 zéros), c'est à dire, quasiment nulle. 

La vie cherche son chemin : vers quoi ? Elle a été d’abord l’organisation de la matière, elle fut biologique ensuite avec l’émergence de la vie, de la diversité biologique, du cerveau reptilien, ensuite surgit celui des mammifères et le néocortex en fin de chaîne évolutive. Est-ce le but ultime de l’évolution sur notre planète ?

L’évolution de l’homme s’inscrit dans la durée, comme celle de la plupart des autres mammifères. Les premiers primates anthropoïdes, les plus anciens représentants de sa lignée, proviennent d’Asie et remontent à 45 millions d’années. Au cours de cette longue évolution, deux stades se sont révélés très importants : leurs débuts et l’émergence des hominidés, autour de 7 millions d’années. Ces deux périodes critiques sont évoquées ici, avec de nouvelles preuves de l’origine asiatique de notre rameau, puis sa dispersion vers l’Afrique, entre 45 et 40 millions d’années, qui a conduit à l’émergence précoce des premiers hominidés, représentés par trois formes distinctes, dont Toumaï, qui apparaît comme le plus ancien et le plus engagé en direction de la lignée humaine. Des paléoanthropologues viennent de découvrir des fossiles d'Homo sapiens vieux de 300 000 ans au Maroc, alors qu'on le croyait originaire d'Afrique de l'Est. Avant de s'aventurer hors d'Afrique et de coloniser la planète, l'Homo sapiens archaïque a donc sûrement exploré de long en large son continent, alors que le Sahara n'était encore qu'une savane herbeuse. Il aurait même pu y croiser d'autres espèces humaines comme l'Homo Naledi en Afrique du Sud, dont les fossiles ont récemment été datés d'environ 300 000 ans.

Nous sommes une espèces à part qui partage néanmoins 50% de gênes avec la banane et 98% avec certains singes ; il nous faut 9 mois de gestation, nous aurons besoin de 25 ans pour finir notre développement – c’est l’âge ou l’os de la clavicule se soude -, notre néocortex va pourvoir interagir pleinement à partir de l’âge de 17 ans ! Cette articulation à 3 cerveaux nécessite nombre d’adaptations.

Au cours de notre évolution, le cerveau s'est développé en trois parties qui gèrent des domaines différents 

* Le reptilien : 400 millions d'année ; les instincts, le corps 

* Le limbique : 65 millions d'années ; les émotions. les ressentis 

* Le cortex : 3 à 6 millions d'années ; la conscience, le rationnel 

Selon le moment, nous fonctionnons avec l'une ou l'autre de ces parties, ou leur combinaison. Pour mûrir. ces trois modes de fonctionnement doivent être coordonnés et équilibrés. 

Quelques faits 

* Le cerveau humain est la structure la plus complexe de l'univers avec ses dix, puissance dix-neuf, branchements. Il contient 100 milliards de neurones. chacun relié à 7000 autres. Pas étonnant que le cerveau ait une capacité colossale de mémorisation. 

* À travers les cinq sens, le cerveau peut recevoir en moyenne par seconde, 20 millions d'informations inconsciemment et dans le corps, contre 20 seulement consciemment. 

* Le cerveau pense en images. De celles que nous percevons du monde extérieur, sont stockées dans la conscience et dans le subconscient. 

* Le cerveau associe et interprète les informations qu'il a reçues consciemment et inconsciemment et en fait la synthèse. Des chercheurs en chimie médicale ont découvert que lorsque nous sommes face à un problème le cerveau élabore en moyenne douze solutions et tait une sélection. 

Notre héritage sous toutes ses formes et notre vécu forgent la personnalité. L'ego — le centre de la conscience mais pas sa totalité — mature au travers d'expériences positives et négatives au sein de la famille, de récole, du travail, et de la société.

Le cerveau gère toutefois notre interprétation du réel qui sera forcément subjective, dépendante de nos vécus et de notre milieu de vie. Comme le fera remarquer l’Ecole de Palo Alto, la question du sens de la réalité est très exactement le serpent qui se mord la queue : attribuer un sens à la réalité revient à construire une réalité fictive, imaginaire, qui donne signification et valeur à ce qui nous entoure, à ce que nous vivons. On peut dire que le sens donné est la réponse à la question du sens qui elle-même ne se poserait pas si nous n'étions pas aptes à structurer notre environnement (principe de réflexivité et de circularité). Chaque individu se définit ainsi par rapport à son entourage dans des relations de symétrie et de complémentarité, non pas dans une causalité linéaire mais dans une causalité circulaire, par des boucles de rétroaction positives ou négatives, avec des changements, des adaptations, des consensus stables ou fluctuants. Les relations symétriques se définissent par une compétition, une concurrence ouverte entre deux ou plusieurs personnes : elle peut être reconnue sur le principe d'alternance, sur celui de reconnaissance mutuelle, vécue dans le conflit, dans l'escalade symétrique. Elle dépend largement des fictions individuelles, donc de la façon dont chacun ponctue la séquence des faits (voit la réalité). Les relations complémentaires sont d'un autre ordre : elles délimitent les positions "hautes" et "basses", le dominant et le dominé, le maître et l'esclave. Elle peut être acceptée, tolérée, nécessaire, fonction des compétences et des aptitudes individuelles, etc. Notre environnement étant changeant, tout système tend à définir consciemment ou non des filtres, par exemple de ce qui est considéré comme important, ces filtres étant le résultat imprévisible d'une myriade d'événements aléatoires survenus au cours du développement de chaque individu et de chaque système. « Dans une perspective constructiviste, on dirait que la tentative d'établir un monde dépourvu de toute perturbation engendre une réalité au plus haut point perturbée (p.157). Ou pour le dire autrement que celui qui souffre mentalement ne souffre pas de la réalité "réelle" mais de sa conception de la réalité (p.165 In Une logique de la communication, éd. du Seuil, 1979, Paul Watzlawick, Janet Helmick Beavin , Donald De Avila Jackson.) »

Le saut évolutif a eu plusieurs conséquences importantes : il a fait sauter le verrou de l’instinct qui régit le monde animal, celui lié également à la reproduction – la sexualité peut être de tous les instants ! – , il a permis l’émergence de l’esprit et il nous a doté de la capacité de comprendre notre environnement, d’agir sur lui en le modifiant, de construire des outils et des machines, etc. Il nous a offert une conscience accrue de nos forces et fragilités comme de notre mortalité, ce qui a induit une évolution culturelle.

L’homéostasie du vivant.

À la fin des années 90, le neurologue Antonio Damasio établissait ce paradoxe : sans émotions, on déraisonne. Tout se joue dans le cortex préfrontal ventromédian là précisément où la logique et l’émotion se rejoignent. Au moment de prendre une décision, des « marqueurs somatiques » récapitulent l’expérience acquise dans une situation comparable et nous aiguillent vers un comportement adapté. Une atteinte à cet endroit du cerveau nous rend incapables de prendre une décision appropriée et altère profondément nos relations sociales. Cela nous permet de passer d’un affect à un autre tout en étant très impliquée dans le sentiment de plaisir et de renforcement positif. En poursuivant ses recherches, Antonio Damasio s’est demandé quels sont les ressorts profonds de nos sentiments et de nos pensées qui nous aident à rechercher cet état d'accomplissement sans lequel la vie n'est guère supportable. Damasio se réfère à l’homéostasie – cette capacité d’un système vivant à maintenir son équilibre intérieur - pour expliquer la force qui régule toutes les manifestations du vivant. Il constate que l’émergence de l’esprit s’est faite avec celle des sentiments qui jouent le rôle de valence entre ce qui est bon ou mauvais, agréable ou désagréable, etc. La culture s’est développée en réponse à la tyrannie des sentiments. Les plus négatifs ont joué un rôle protecteur (peur, colère, rejet de l’inconnu). Mais la culture permet une diminution de ces sentiments négatifs primaires, elle favorise une homéostasie positive. « Les humains voulaient trouver le remède aux tourments de leur cœur ; réconcilier les contradictions générées par la souffrance, la peur, la colère et la poursuite du bien-être. Ils se sont donc mis en quête de source d’émerveillement et de sensations fortes. Ils ont découvert la musique, la danse, la peinture et la littérature. Ils ont poursuivi leurs efforts en élaborant les tumultueuses épopées que sont les croyances religieuses, les questionnements philosophiques, la gouvernance politique –et bien d’autres inventions encore. C’est ainsi que notre esprit créateur de culture s’est perpétuellement adapté à la dramaturgie humaine, de la naissance jusqu’à la mort. »

C’est un véritable outil de décodage et d’encodage de la réalité dont l’évolution nous a fait cadeau. Elle a été rendue possible à travers un outil absolument génial:

L'ADN / ARN

On ne le dit pas assez mais tout est miraculeux : l’univers comme la vie. Dans cette approche, l’humain n’est pas simplement un robot biologique sophistiqué ! Et l’univers n’est pas non plus une gigantesque machine à combiner les possibles en fonction de lois connues, encore à découvrir, du hasard ou de coïncidences heureuses ! En fait, l’idée que « l’ordre règne dans l’Univers » semble tellement évidente qu’elle devrait être simplement acceptée par tous, sans discussion. Il ne s’agit pas d’une supposition, encore moins d’une croyance, mais d’un fait observé et largement étayé. Cependant, à notre grande surprise, certains s’acharnent encore à voir dans le cosmos et la réalité qui nous entoure une sorte d’immense chaos au sein duquel les choses, les fleurs, les galaxies, les hommes et les étoiles existent par hasard. Or si l’Univers était vraiment chaotique, comment expliquer alors qu’il soit possible de le décrire par des lois qui nous permettent de prédire son comportement ? Si l’Univers était réellement livré au hasard, comment expliquer qu’une formule aussi puissante que E = MC2 ait pu le décrire avec une si étonnante précision ? En fait, si l’Univers avait été livré aux forces du chaos, il n’aurait jamais évolué. De même, la science n’aurait jamais pu le décrire ni prédire le moindre phénomène issu de ce chaos par essence imprévisible. Si les chercheurs font des découvertes sur l’Univers, c’est bien parce qu’il est prévisible et donc ordonné ; si le réglage de l’Univers n’avait pas été aussi finement ajusté, la vie n’aurait jamais pu apparaître. Par exemple, si le seuil d’excitation des noyaux de carbone (c’est-à-dire leur degré d’agitation interne) ne s’était pas situé très précisément au niveau de 7,653 millions d’électrons-volts au-dessus de leur état normal, ces mêmes noyaux n’auraient jamais pu être synthétisés et le carbone ne se serait jamais formé. Sans carbone, pas de chimie organique possible, donc pas de vie, pas de fleurs.
Pour Anthony Zee et Sydney Coleman, il faut rechercher « quelque chose » qui pourrait être une sorte de « message », de code, enfoui depuis des milliards d’années au cœur du rayonnement fossile. Ce qui s’annonce est la fin du hasard. Si nous acceptons l’idée que l’Univers est un message secret, qui a composé ce message ? Si l’énigme de ce code cosmique nous a été imposée par son auteur, nos entreprises de déchiffrement ne forment-elles pas une sorte de trame, de miroir de plus en plus net, dans lequel l’auteur du message renouvelle la connaissance qu’il a de lui-même?
Il y a un ordre qui préside à l’univers et qui favorise son équilibre : il suffit d’une particule de plus de matière que d’antimatière sur 1 million pour que ce miracle puisse avoir lieu...
Dans le domaine du vivant, cet ordre fabuleux a été apporté par l’ADN qui fait notamment que tout ce qui en émerge est dans la majorité des cas un exemplaire unique. Ainsi, nous sommes toutes et tous uniques ! Par nos gènes et par nos expériences de vie qui vont différencier des parfaits jumeaux par exemple.
L'acide désoxyribonucléique (ADN) est le support universel de l'information génétique chez les êtres vivants. Il est constitué de deux chaînes enroulées en double hélice. Les deux brins de l'ADN sont l'assemblage de molécules élémentaires : les nucléotides. Chaque nucléotide comprend un sucre, le désoxyribose, un résidu phosphate et une des 4 bases azotées : adénine, guanine, cytosine, thymine.
Les ADN sont les plus grosses molécules du monde vivant : l'ADN d'une cellule humaine, totalement déroulé, mesure 2 mètres de long.
Le séquençage du génome humain a été développé depuis 1990. L'enchaînement des trois milliards de "lettres" qui constituent la séquence du génome humain est désormais connu avec précision. Ce résultat marque l'aboutissement d'un projet qu'on a parfois qualifié, du fait de son ampleur, de "projet Apollo de la biologie". Sur les quelque 30'000 gènes qui nous constituent, 1485 d’entre eux sont reliés à des maladies. Le séquençage va devenir de plus en plus une activité lucrative. Mai 2011, le nord de l’Europe est frappé par une vague d’intoxications alimentaires provoquée par une variante particulièrement virulente de la bactérie E. coli. Les malades tombent comme des mouches. En trois mois, 53 personnes meurent. Un échantillon de la bactérie est envoyé chez Beijing Genomics Institute (BGI), une firme chinoise. En trois jours, elle séquence son génome et poste les résultats sur Twitter et sur Internet, en accès libre. Des chercheurs du monde entier se penchent dessus et identifient les antibiotiques les plus efficaces contre cette bactérie. L’épidémie est stoppée.
Il y a en réalité un autre enjeu majeur expliqué ainsi par le Dr. Deepak Chopra en 2016 : « L'ADN sait exactement quelle information utiliser et quel procédé adopter pour s'exprimer chimiquement. Il sait non seulement se construire lui-même mais aussi former l'ARN, l'acide ribonucléique. Ce dernier, tout en étant presque identique à l'ADN, en est la contrepartie active. La mission de l'ARN est de s'éloigner de l'ADN pour produire les protéines, au nombre de deux millions au moins, qui sont les véritables bâtisseurs et réparateurs de l'organisme. L'ARN est un savoir actif, alors que l'ADN possède l'intelligence silencieuse. L'ADN ne se contente pas de faire du par cœur n. Il peut inventer à volonté de nouvelles substances chimiques (par exemple, un nouvel anticorps lorsque l'organisme est attaqué par un virus grippal qu'il ne connaît pas). On ne connaît pas exactement la nature du processus, bien que les biologistes moléculaires aient découvert les intervalles séparant les différents « mots » génétiques, ou génomes. On sait également que seul 1 % du matériel génétique de l'ADN est utilisé dans les processus de codage, de réparation et de fabrication de l'ARN; la science ne peut rendre compte de l'activité des 99 % restants. »
L’histoire de la vie est fondamentalement liée à celle de l’ADN-ARN. Nous pouvons désormais nous en faire une idée à travers le développement du fœtus.
L’évolution a privilégié l’émergence d’un cerveau doté de précieuses capacités évolutives justement. 
Sa plasticité est étonnante. Elle nous permet de mieux nous adapter à des environnements divers et changeants. Ainsi, quand le nouveau-né voit le jour, son cerveau compte cent milliards de neurones qui cessent alors de se multiplier pour laisser place à une autre étape de développement, celle des connexions entre les neurones, ou synapses ; seulement 10 % d’entre elles sont présentes à la naissance. Cela signifie que la majorité des connexions entre les neurones se fabriquent à partir du moment où le bébé commence à interagir avec le monde extérieur. Chez le chaton, entre dix et trente jours, on passe de cent à douze-mille synapses par neurone. Ce nombre est encore plus important dans le cerveau humain : au total, chez l’adulte, on estime à un million de milliards le nombre de synapses ! Or, pour atteindre ces chiffres astronomiques, seulement six mille gènes interviennent dans la construction du cerveau. Pas assez pour contrôler la formation de chacun de nos milliards de synapses. En réalité. le devenir de nos neurones n’est pas directement dépendant du programme génétique. C’est l’interaction avec le monde extérieur qui joue un rôle majeur dans le câblage des neurones, le développement du cerveau mais aussi bien évidemment toutes les autres fonctions qu’elles soient sensorielles, motrices ou cognitives. L’expérience précoce des interactions sociales est indispensable à un développement cognitif harmonieux. Les enfants sauvages et les orphelins roumains laissés à l’abandon souffraient tous de handicaps mentaux majeurs.

La plasticité cérébrale confirmée

Grâce à l’IRM, on peut désormais voir le cerveau se modifier en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue. Par exemple, dans le cerveau de musiciens, on observe des modifications du cortex cérébral liées à la pratique de leur instrument. Des expériences ont été réalisées chez des pianistes professionnels qui avaient commencé le piano à l’âge de six ans. L’IRM a révélé un épaississement du cortex dans les zones spécialisées dans la motricité des mains et l’audition. Ce phénomène est dû à la fabrication de connexions supplémentaires entre les neurones. Un point fondamental de cette étude est que les modifications cérébrales sont proportionnelles au temps consacré à la pratique du piano pendant l’enfance. Ce résultat montre l’impact majeur de l’apprentissage sur la construction du cerveau des enfants dont les capacités de plasticité sont particulièrement prononcées.
La plasticité cérébrale est à l’œuvre également pendant la vie d’adulte. Une étude par IRM chez des chauffeurs de taxi a montré que les zones du cerveau qui contrôlent la représentation de l’espace sont plus développées, et ce proportionnellement au nombre d’années d’expérience de la conduite du taxi. L’apprentissage de notions abstraites peut aussi entrainer des modifications cérébrales. Chez des mathématiciens professionnels, on trouve un épaississement des régions impliquées dans le calcul et la représentation géométrique. Un autre exemple éloquent de plasticité cérébrale a été décrit chez des sujets qui apprennent à jongler avec trois balles. Après trois mois de pratique, l’IRM montre un épaississement des régions spécialisées dans la vision et la coordination des mouvements des bras et des mains. Et, si l’entrainement cesse, les zones précédemment épaissies rétrécissent. Ainsi, la plasticité cérébrale se traduit non seulement par la mobilisation accrue de régions du cortex pour assurer une nouvelle fonction, mais aussi par des capacités de réversibilité quand la fonction n’est plus sollicitée.
La plasticité du cerveau est donc le reflet de l’histoire vécue d’une personne comprenant de l’inné et de l’acquis. Il serait vain ici de vouloir opposer nature et culture puisque l’interaction avec l’environnement est la condition indispensable au développement et au fonctionnement du cerveau.
Elle va se faire à travers des neurones particuliers découverts il y a quelques années.

L’importance des neurones miroirs

« Les neurones miroirs sont des neurones qui s'activent, non seulement lorsqu'un individu exécute lui-même une action, mais aussi lorsqu'il regarde un congénère exécuter la même action. On peut dire en quelque sorte que les neurones, dans le cerveau de celui/celle qui observe, imitent les neurones de la personne observée; de là le qualitatif 'miroir' (mirror neurons).
C'est un groupe de neurologues italiens, sous la direction de Giacomo Rizzolati (1996), qui a fait cette découverte sur des macaques. Les chercheurs ont remarqué - par hasard - que des neurones (dans la zone F5 du cortex prémoteur) qui étaient activés quand un singe effectuait un mouvement avec but précis (par exemple: saisir un objet) étaient aussi activés quand le même singe observait simplement ce mouvement chez un autre singe ou chez le chercheur, qui donnait l'exemple (http://www.automatesintelligents.com.). » Cette découverte valide pour une part la théorie de René Girard relative au désir mimétique, mais nous indique aussi plus largement la nature paradoxale de toute imitation humaine qui peut être aussi bien une source d’intelligence ou d’empathie, donc de progrès, de facilitation de la vie, qu’un basculement vers la rivalité et la destruction. Cette découverte devrait nous inciter à prendre plus au sérieux l’apprentissage mimétique. Mais ce n’est pas tout.
« Une équipe dirigée par le docteur Cheng Ya-Wei de l'hôpital de la ville de Taipei a réussi, à l'aide d'une magnéto-encéphalographie, à démontrer l'existence d'une activité empathique dans le cerveau humain. L'aire qui contrôle l'empathie serait proche de celle qui contrôle le langage. Cette découverte pourrait aider à la création de traitements pour les patients autistes.
Les recherches ont été effectuées sur les neurones miroirs qui, lorsque l'on voit une action, réfléchissent une action identique dans notre cerveau afin de comprendre son comportement ou son état. L'expérience consistait à montrer deux images différentes, une personne agressée au couteau et une personne épluchant des légumes, à plusieurs patients. A la vue de la première image, leurs cerveaux réagissaient plus fortement qu'à la vue de la seconde. Cette activité a permis de localiser la zone empathique dans le cerveau. Dans le même temps la même expérience avec des patients autistes a généré des réactions du cerveau beaucoup moins importantes.
Les résultats de ces recherches ont été sélectionnés parmi les dix meilleures publications par l'Organization for Human Brain Mapping en 2007[http://www.techno-science.net.]. »
Ainsi, nous apprenons et nous ressentons par mimétisme. D’où l’importance capitale des personnes qui vont prendre soin des enfants ! Et de tout ce qui permet et favorise au mieux un apprentissage. Car cette fonction demeure fragile et peut être entravée par d'autres aptitudes du cerveau ou notamment aussi par nos traumatismes émotionnels.
       

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