Dans mon livre intitulé « La Route du Temps – Théorie de la Double Causalité », paru en 2010, les conséquences d’une seconde causalité, qualifiable de « rétrocausalité macroscopique », sont analysées en profondeur pour en déduire comment le libre arbitre de l’homme pourrait s’exercer dans un futur déjà réalisé (quoique non figé). En ce sens, il s’agit d’une théorie métaphysique car, pour qu’elle soit recevable en physique moderne, elle exige d’ouvrir une autre porte qui ne soit pas des moindres : rendre acceptable l’hypothèse que le libre arbitre pourrait s’exercer au moyen d’une influence de nos intentions sur les probabilités d’occurrence de certains futurs plutôt que d’autres ! Tous nos futurs existeraient ainsi à l’état de potentiels latents, c’est-à-dire déjà déployés, mais non encore vécus, et ils seraient directement modelables au niveau de leurs probabilités par le biais de nos intentions libres. Considérée d’un point de vue logique, si effectivement nos futurs probables sont déjà actuels, alors cette idée est imparable : si nous décidons aujourd’hui de changer d’orientation pour notre avenir, les probabilités d’occurrence de l’avenir que nous privilégions seront instantanément augmentées au moment même où notre libre arbitre s’exerce, donc bien avant que cet avenir ne commence vraiment à se préparer, ne serait-ce que par « hasard ». Le problème est que nous avons du mal à imaginer par quel biais notre changement d’intention pourrait se traduire instantanément en modifications physiques de la structure probabiliste de nos avenirs potentiels déjà déployés. Mais dans une physique moderne en pleine mutation, où la théorie des univers parallèles apparaît comme la plus cohérente pour expliquer les observations, et où l’on est forcé d’introduire des dimensions supplémentaires à l’espace pour y parvenir (qui plus est, des dimensions qualifiables d’« intérieures » car extrêmement petites et repliées sur elles-mêmes), n’y aurait-il pas enfin une place pour héberger cette structure intemporelle de notre esprit que l’on appelle l’âme, et qui se définirait fort justement comme cette partie de nous-mêmes douée du libre arbitre authentique, c’est-à-dire capable de privilégier certains futurs indépendamment de tout conditionnement causal ?

Cette Théorie de la Double Causalité peut paraître audacieuse, mais son côté le plus respectable (et qui la rend en effet crédible) est son immense atout d’être productive, au point d’être potentiellement démontrable expérimentalement, car elle permet en effet d’expliquer, entre autres, le mécanisme des synchronicités, ces coïncidences remarquables qui représentent un défi à la science. En bref, l’explication donnée est que l’omniprésence de notre futur a pour conséquence qu’il est possible de remodeler celui-ci au moyen de notre libre arbitre et que ce réarrangement, ainsi produit, agit comme une source de potentialités accrues ayant pour effet d’augmenter les probabilités de tous les chemins pouvant mener à la réalisation de nos choix/intentions, et ce, par rétrocausalité. Il ne reste plus qu’à attendre de rencontrer l’événement susceptible de nous faire bifurquer vers un tel chemin choisi. Si le seul chemin possible est mû par un événement dû au « hasard », alors on ne parle plus vraiment de hasard car les probabilités de ce hasard seront accrues et la rencontre pourra se faire même si sa probabilité était initialement infime, car cette dernière aura été amplifiée par l’intention accompagnée des vertus qui en maintiennent les effets dans le futur : l’attention, la foi et la confiance. A condition, toutefois, de demeurer sincère (dans la prière ou toute autre méthode adressant l’être intérieur) au sens du « Deviens ce que tu es » de Nietzsche ! 

La Théorie de la double causalité (TDC)

 Voici comment le site newsoftomorrow.org en parleL’homme prisonnier du temps est victime d’un désenchantement, et d’une perte de ses facultés créatrices. Il perçoit le temps comme une contrainte immuable et fixe, qui l’emporte froidement vers une destinée inconnaissable. Il peut toutefois s’agiter et prendre de-ci de-là les réjouissances d’une vie humaine, lorsque de temps à autres s’effacent les contraintes et tensions de la vie quotidienne.

Heureusement, il y a la Théorie de la Double Causalité (TDC) qui expose le problème ainsi : lorsque notre esprit est fermé à la magie du monde, et n’observe pas les synchronicités qui parsèment notre vie, il se restreint de plus en plus à une seule direction, une seule branche dans l’Arbre de tous les possibles. Comme l’homme ne se connaît pas, il n’est pas attentif à ses rêves profonds ( sa destinée ), et ne peut donc pas choisir la ligne de vie qui lui correspond mieux. Son conditionnement social l’amène à prendre une voie qui lui est fixée d’avance, au lieu de sortir des sentiers battus. Il n’est donc pas maître de sa vie, et il n’émane d’aucun amour autour de lui. L’amour éclot lorsque l’être admire l’univers lequel, en retour, lui apporte ce dont il a besoin. Cet échange dynamique ouvre les possibilités d’un enrichissement personnel véritable. nous ne sommes les véritables créateurs de nos vies que si nous sommes mus par l’amour, l’amour en tant qu’énergie qui anime cette part d’esprit qui en nous-mêmes est réellement dotée de libre arbitre. Car nous ne sommes nous-mêmes, nous ne développons notre esprit que si ce dernier est réellement mû par notre réalité intemporelle, cette lumière intérieure qui s’étend dans les dimensions supplémentaires de l’espace, en un mot : notre âme. Point de salut – de vie aboutie - dans les trois premières dimensions déterministes, là-dessus point de souci pour obtenir l’accord de la science.

Plus concrètement, la TDC nous donne des clés pour « développer » notre âme, et ces clés sont les éléments du cycle de l’Amour conçu comme moteur du libre arbitre : le don de soi d’une part, qui représente un élan pour faire circuler l’amour d’une phase à la suivante (désir -> intention -> attention -> foi –> confiance…), et le détachement d’autre part, qui représente l’accompagnement de cet élan par l’Esprit. Dans chaque élan l’amour subit des transmutations et peut ainsi sembler disparaître, mais c’est aussi parce qu’il faut laisser au temps le soin de faire son oeuvre. Cette apparence de disparition peut incliner le mental à reprendre le dessus (anxiété, peur, soucis, calculs), c’est pourquoi la phase de détachement la plus importante que doit gérer l’Esprit est celle du lâcher prise, ce retrait mental intérieur purifiant et favorisant l’action.

Immédiateté 

L’univers est immédiatement réalisé dès qu’il est pensé, car chaque intention projetée crée un univers potentiel. La sélection de l’univers ne se fait qu’au moment de l’observation, permettant ainsi son actualisation. Et comme nous le faisons tout le temps, nous ne percevons pas les différences infimes quand nous changeons de dimension. L’existence de dimensions parallèles réelles est avancée par la théorie de Kaluza-Klein ou même la théorie des cordes.

Comme nous actualisons le futur indéterministe, il n’y a pas de vrai hasard. Nous ne créons pas non plus l’univers par la pensée ou la conscience, nous ne faisons que choisir une possibilité parmi une infinité de possibilités qui s’avancent à nous. Nous sommes tel un rameur affrontant une rivière, et nous allons vers la source ou sommes entraînés par la puissance du courant. Ce n’est pas parce que nous vivons les événements et « qu’ils disparaissent dans le passé » qu’ils sont « perdus » ; au contraire, ils sont toujours « là » car le passé, le présent, et le futur sont simultanés. En choisissant par notre libre-arbitre notre chemin de vie, nous informons le futur. Ainsi, lorsque nous rencontrons des coïncidences, elles nous avertissent d’un futur que nous avons choisi et qui se manifeste à nous dans le présent, futur que nous acceptons si nous faisons attention aux signes, et que nous refusons si nous ne les voyons pas. C’est pourquoi l’état de conscience, laréceptivité, est la seule façon d’acquérir un réel libre-arbitre

Libre-arbitre 

La TDC définit le libre-arbitre comme l’association de l’intention et de l’observation. Le monde n’est pas solide, mais en perpétuel changement : « on ne se baigne jamais dans la même rivière » disait Héraclite. Cela rejoint la physique quantique, où la Théorie de la Décohérence stipule qu’avant l’observation, plusieursbranches de vie sont possibles. Seule l’observation fige ensuite la particule ( et donc la situation ) dans un état ou un autre.

Ordre et chaos 

Pour la TDC, le temps n’est pas une force uniquement entropique, qui détruit au fur et à mesure les systèmes. En effet, intervient une seconde force, la Loi de Convergence des Parties, qui produit de l’ordre. Le hasard seul, sans la conscience, produirait un monde de plus en plus diversifié, incohérent et désordonné, se détruisant lui-même comme le cancer son hôte. Le caractère magique de certains événements prouve qu’il existe une force d’attraction, semblable à la Gravité, qui donne à vivre ce qui a déjà été pensé, renforçant ainsi la conscience d’un être qui, confiant en l’univers, n’est plus dans une optique de possession, et se libère de la peur.

Ainsi, plus la conscience discute avec l’univers, plus elle grandit et plus il se produit de synchronicités. Celles-ci sont appelées dans la TDC informations non-causales. Les ignorer nous plonge dans le courant de la vie, qui finit par nous détruire en nous jetant dans la mer du chaos. Pour se libérer, il faut donc volontairement résister au flux excessif d’informations causales que produit la vie quotidienne, tout en laissant l’univers prendre soin de nous. Pour quitter une vie routinière et exaspérante, il faut être attentif à tout signe permettant d’en sortir, et d’oser les suivre s’ils nous évoquent quelque chose. L’auteur mentionne une expérience intéressante : perdu dans la montagne, juste avant la nuit, il décida de suivre un animal sauvage qui lui fit retrouver le bon chemin.

Le YCYOR du New Age et l’Entropie 

Dans un autre ordre d’idées, le fonctionnement de la TDC poussé à l’extrême permet d’expliquer la magie : désirer fortement un futur permettrait de le faire survenir. Il suffirait pour cela de lancer sa projection dans le futur, puis d’attendre que la situation se matérialise. C’est l’idée nous créons le monde par la pensée, c’est le «You Create Your Own Reality (YCYOR) » du New Age.

C’est sans tenir compte d’un problème : se focaliser sur les désirs entraîne un excès d’intellect et de calcul qui referme l’esprit, l’exclut de l’univers, le maintient hors de portée de toutes les possibilités qui s’offrent à lui. En effet quand la tête s’occupe du futur, nous essayons en quelque sorte de « contraindre Dieu ». Lorsqu’il existe une telle séparation entre la pensée et l’univers, provoquée par exemple par un mécanisme psychologique de déni, il ne subsiste qu’un rêve qui dépend de la force de création des rêveurs qui croient en ce rêve, dépensant leur énergie en l’actualisant sans cesse. Ne serions-nous pas d’ailleurs emprisonnés dans le rêve d’un autre ? L’humanité et la civilisation n’a-t-elle pas tant de mal à changer et évoluer, à s’adapter et se développer harmonieusement ? La peur ( un sentiment d’insécurité profonde ) engendre ce désir entropique de « contraindre l’univers ».

Les traces de la Conscience 

L’auteur de la TDC explique qu’il existe une attitude opposée, d’observation et d’éveil, où l’être confiant reconnaît, dans les signes et coïncidences qui lui correspondent, les serrures dont il a les clefs. Le libre-arbitre peut alors engendrer un véritable effet papillon. Nous en sommes capables, car pour nous aider, nous pouvons créer un « ange gardien » agissant comme une entité médiatrice entre le futur et le présent. C’est en quelque sorte une version de nous dans le futur avec laquelle nous pouvons discuter, et qui agit à notre place. C’est aussi une sorte d’ancre lancée dans l’indéterminé, qui peu à peu nous rapproche de nous-mêmes et de l’univers. Nous pourrions voir cette entité comme appartenant au monde spirituel, par opposition à notre conscience actuelle en prise avec le matériel.

Mais la TDC explique pourquoi il n’est pas possible de séparer la conscience de la matière, de même qu’il n’est pas possible de séparer le futur du présent. Nous comprenons comment cette nouvelle perspective qui, alliant science et religion, permet de redécouvrir une pratique spirituelle telle que la prière. L’émergence du spirituel est rendue possible par la seconde causalité, car elle démontre le bien-fondé et la réalité du lâcher prise, de l’acceptation, du détachement, et de ce que nous associons à l’amour en général.

La première causalité, à l’inverse, engluée dans un temps linéaire rigide, accentue et propage la peur, le contrôle, le calcul, la possession, et le matérialisme en général. C’est un système fermé, valable seulement pour des êtres sans conscience, des robots, auxquels il manque l’indétermination. C’est justement cette indétermination qui est la source de toute créativité, et que l’homme porte en lui grâce au libre-arbitre. Nous comprenons ainsi comment l’homme possède une force infinie, mais qui reste à l’état latent. La liberté se loge ainsi dans l’espace étroit et oublié du libre-arbitre. En dévoilant les mensonges du rêve collectif qui nous est imposé, en refusant les conventions établies et le conditionnement social, en aimant et respectant notre être, en nous battant pour le nourrir et l’éveiller, nous lui préparons un futur ouvert et devenons ( ou redevenons ? ) les créateurs que nous sommes vraiment.

Tout cela bien évidemment demande à être étudié plus en détails...


       

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