La rétro-causalité, appelée aussi Causalité descendante, Double causalité: mythe ou réalité?

Depuis 2011 des scientifiques anglosaxons ont commencé à publier assez massivement des résultats d'expérimentations et des modèles théoriques qui réaffirment la validité du concept de rétrocausalité(retrocausation en anglais), initialement proposé par le français Olivier Costa de Beauregard pour interpréter la fameuse expérience EPR d'Alain Aspect (1982).

Il y a eu tout d’abord cette expérience menée en 1909 par le physicien Geoffrey Ingram Taylor dont les résultats furent confirmés régulièrement depuis. Il avait découvert qu’un électron traversait sans problème une barrière quand une seule ouverture était disponible. Par contre, quand deux fentes étaient offertes, l’électron choisissait comme par magie de traverser les deux en même temps en devenant une onde. Comment pouvait-il s’adapter sinon parce qu’il recevait l’information de l’observateur de l’expérience ? Il devenait ainsi impossible d’observer le réel sans l’influencer.

Depuis les années 1970, la physique quantique est confrontée au théorème de Bell qui énonce, en une preuve mathématique vérifiée, que si les théories de la physique sont exactes, alors l’univers n’est pas ce qu’il est. Il ne peut en être autrement. Ainsi par exemple, le postulat voulant que rien ne puisse de déplacer dans l’univers plus vite que la lumière est sans doute faux. La physique quantique a dû reprendre et développer l'idée introduite par De Broglie voulant que les particules puissent être en même temps des ondes et des corpuscules simultanément tout en étant mutuellement exclusifs. Or, ces deux aspects ne peuvent être observés simultanément. Si nous observons une propriété ondulatoire, l'aspect corpusculaire disparaît et réciproquement. Se pose alors la question d’un transfert supraluminique d’information. Il se ferait justement à travers ces ondes quantiques par lesquelles nos esprits et le monde physique seraient connectés, et les particules le seraient d’une façon qui transcende l’espace et le temps. De quoi donner le vertige ! Tout devient imaginable.

Une autre série d’expériences menée par le physicien Alain Aspect en 1982 a permis de fonder le principe de non-séparabilité des particules. Dans cette interprétation, deux photons, même séparés volontairement, sont en contact permanent. Ils n’ont pas besoin d’échanger d’information à l’aide d’un moyen classique limité par la vitesse de la lumière. Lorsque l’un est détecté, l’autre le sait de façon instantanée. Les deux particules ont la capacité d’apparaître dans des directions opposées sans se consulter au préalable. Elles ne peuvent donc être décrites comme des entités totalement indépendantes, mais doivent parfois être considérées comme des éléments d’un tout.

La reprise de ces expériences fut menée à Genève plus récemment, entre 1998 et 2001, par le physicien Antoine Suarez ; la non localité des particules a été confirmée mais elle induisait aussi à penser que des phénomènes en mécanique quantique pouvaient être indépendants de l’espace. Même avec des variantes plus récentes testées entre 2010 et 2012, le même constat s’imposait aux scientifiques : il fallait totalement réviser notre conception du temps et donner raison à ce qu’écrivait Einstein à son ami Bosso : « La distinction entre passé, présent et futur n'est qu'une illusion, aussi tenace soit-elle. Le temps n'est pas ce qu'il semble être. Il ne s'écoule pas dans une seule direction, et le passé et le futur sont simultanés. » Fallait-il alors privilégier le chaos ?

La théorie du chaos est une théorie mathématique qui montre que, dans le cas général, un système physique bien que purement causal est imprévisible. Le sens ordinaire de déterminisme au contraire confond causalité avec prévisibilité. En conséquence, une réflexion courante sur la question est que, pour qu'un système soit imprévisible, il faut nécessairement une part de hasard, c'est-à-dire de non-causalité (si toutefois le hasard a bien ce sens). C'est confondre contingence, le fait d'une chose peut ou non se produire, et telle qu'elle se produit, et hasard. La théorie du chaos montre que confondre contingence et hasard relève de l'erreur, il s'agit d'une croyance héritée de l'histoire des sciences occidentales.

En fait, l'immense majorité des systèmes, bien que purement causaux, sont imprévisibles, et ceux utilisés comme exemples par les sciences dites « dures » sont des exceptions. Toutefois il faut noter qu'en science de nombreux systèmes comme le système solaire sont à la fois chaotiques et prédictibles ; la prédictibilité n'est donc pas incompatible avec le chaos et devient dépendante de l'échelle considérée. De plus, un système ordonné peut justement en quelque sorte « convertir » du hasard (une influence externe de « bruit ») en ordre interne. 

Si rien ne distingue le passé, le présent et l’avenir, si les particules peuvent être séparées ou réunies, cela
mène-t-il ? Philippe Guillemant décrit la situation ainsi sur son site internet : « étant donné que le hasard indéterministe, considéré seul, produit des effets qui sont inconcevables en terme de désordre infligé en permanence dans le processus de réarrangement perpétuel du futur de l'univers, il est absolument nécessaire de trouver une sorte de mécanisme régulateur qui va l'éviter. Sinon on voit mal comment notre futur pourrait être autre chose qu'une bouillie infâme devant laquelle on comprendrait alors encore plus mal comment il parviendrait malgré tout à se dessiner devant nos pas.

Je pose en conséquence l'hypothèse suivante : il existe un mécanisme régulateur du futur de l'univers qui est tout simplement notre conscience à travers laquelle va pouvoir s'exprimer notre libre arbitre. (…) Pour ce faire, on peut parfaitement imaginer que l'univers ne se structure pas d'un seul coup, instantanément, mais seulement petit à petit. Nos consciences n'auraient pas un effet immédiat, nos intentions ne s'y imprimeraient pas "comme par magie", il y aurait cependant un effet immédiat qui consisterait, métaphoriquement parlant, à poser des pierres. Une vague intention poserait de la poussière, une intention déterminée et bien focalisée poserait une vraie pierre. La prière serait justifiée. Le futur serait en formation de la même façon qu'un organisme, et l'univers recevrait ses informations de l'ensemble des êtres qui le composent, à différents degrés dépendant de la conscientisation de leur libre arbitre. (…) L'essence du moteur du libre arbitre serait alors l'Amour. »           

Si la flèche du temps est en partie déterminée par le passé, quelque chose nous vient aussi du futur. Avec ce postulat désormais incontournable d’une seconde causalité, appelée aussi causalité « descendante » non soumise aux lois de notre univers, des connexions plausibles peuvent désormais se faire entre le plan divin et la réalité multidimensionnelle du Tout. L’enjeu est si important qu’il pourrait réhabiliter Dieu sous forme d’énergie, de principe créateur, d’information pure, etc. Les tenants du déterminisme ont bien senti le danger, et c’est la raison pour laquelle sans doute, l’illustre physicien Stephen Hawking, dans son livre « Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ? », paru en 2010, s’emploie-t-il en tout cas à nier l’existence de Dieu d’une façon qui fort heureusement s’avère très provocante et maladroite, et ouvre après examen toute grande la porte à une argumentation inverse. Le scientifique va tout d’abord donner son aval à certains présupposés théoriques :

1. Nous créons la réalité par notre observation,

2. Cette création est plus exactement une sélection parmi toutes les réalités possibles,

3. Toutes les réalités possibles sont créées automatiquement par l'univers,

4. L'histoire vécue se crée du présent vers le passé, et non du passé vers le présent,

5. La théorie du multivers (des univers parallèles) est la meilleure interprétation de la Mécanique Quantique,

6. La théorie des cordes M est la meilleure théorie de grande unification.

Malgré cette ouverture d’esprit courageuse, l’auteur va s’empresser de fermer la porte entrouverte. Philippe Guillemant le démontre en écrivant : « à la fin de son livre, la démonstration de Stephen Hawking se présente comme un véritable sophisme - voire une imposture intellectuelle - puisque ses conclusions (nul besoin de Dieu) sont déjà contenues dans ses hypothèses (le déterminisme qui exclut toute intervention divine).

Par ailleurs, sa théorie présente un défaut majeur : elle ne dit aucun mot sur la question fondamentale de savoir quels sont les observateurs-acteurs de l'univers qui créent la réalité (hommes ? animaux ? plantes ? cailloux ? machines ? ...). Or il est facile de comprendre pourquoi Stephen Hawking esquive cette question : lui apporter une réponse reviendrait à faire la différence entre les objets de l'univers qui ont le statut d'observateur-acteur et ceux qui ne l'ont pas, et ce serait aussi inconcevable pour lui que de faire la différence entre les objets de l'univers qui ont un libre arbitre et les autres. Inconcevable, car cela briserait son dogme déterministe qui oblige à considérer tous les êtres humains comme des machines biologiques. » 

Avec la Double Causalité , quelque chose résiste obstinément à toute réduction déterministe. Dans son dernier livre Philippe Guillemant plaide pour une physique de la conscience ; il tire les conséquences métaphysiques des anomalies constatées depuis des décennies par les recherches scientifiques diverses. Il nous invite ainsi à revoir notre conception de la réalité en la replaçant dans un univers d’infirmations étendu, en lien avec le vide quantique, dans un espace-temps global comprenant onze dimensions : les trois de notre univers, six autres mettant en lien notre âme avec le vide quantique, une pour le temps illusoire spatialisé et la dernière pour y inscrire le temps réel.

Ce modèle permet, selon son auteur, de s’affranchir de la recherche de nouvelles particules fantômes pour expliquer notamment la matière et l’énergie noires : tout résulterait de ce qui bouge dans les 11 dimensions de l’univers au sein d’une Conscience globale qui permettrait d’ailleurs de mieux expliquer l’évolution orientée des espèces, les synchronicités, les guérisons spontanées, les effets placebo, le chamanisme, les perceptions extrasensorielles, les EMI, etc., tout cela sans avoir besoin de récuser la théorie de la relativité ou celle de la physique quantique.

Avec l’existence probable d’une Seconde causalité, la question d’un Dieu créateur revient en force en définissant de nouveaux liens possibles, via le libre arbitre, entre notre conscience et le vide quantique où tout se régule : le passé-présent-futur de l’univers, le nôtre aussi. Le Tout y serait régi par les fluctuations et les vibrations de l’espace à l’échelle quantique qui seront plus importantes dans l’infiniment petit, très faibles et homogènes dans l’infiniment grand. Nous y avons part via notre Âme-Esprit. Ainsi, la frontière si fortement tracée par le déterminisme entre le rationnel et l’irrationnel est en passe de se réduire considérablement, le mur se lézarde inéluctablement, même s’il faudra encore beaucoup d’efforts et de courage pour en venir à bout. Mais si les humains ne sont plus à considérer comme des machines biologiques, et si le libre arbitre est bien la signature du divin, où cela mène-t-il ?

Du bon usage du libre arbitre
Voici quelques schémas extraits du site de Philippe Guillemant pour avoir un rapide aperçu:

  

  

 Il faut évidemment apprendre à sortir de nos conditionnements, de nos approches répétitives: du mental bien sûr toujours omniprésent, de l'égocentrisme, des peurs comme des boucles de rétro-actions négatives. Nous ne sommes pas nos pensées, nos sentiments, nos sensations, nos succès ou nos échecs; tout comme nous ne sommes pas des robots biologiques sophistiqués ! 

Nous pouvons apprendre à confier nos attentes, besoins, souhaits désintéressés et généreux à notre Âme-Esprit, à incarner le changement que nous voudrions voir venir en nous tournant vers l'action ; cela permet une consolidation de nouveaux futurs encore fragiles...

La pensée positive aide bien sûr, surtout quand elle est une forte conviction intime. Mais la persévérance est elle aussi nécessaire et utile...

Pour qu'il y ait rétro-causalité, il faut nécessairement une conscience non-localisée à notre cerveau. Une nouvelle approche du réel est indispensable.


       

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