La Théorie de la Double causalité (TDC) confirme certaines intuitions fondamentales de la tradition judéo-chrétienne. Vous pouvez le découvrir d'une manière approfondie dans le menu « articles ». Vous familiariser surtout avec la pratique de la TDC.
Elle nous parle de ce merveilleux pouvoir de magicien lié à l'aide divine;

Cet enchantement passe nécessairement par l'ouverture à la transcendance, à cet Au-delà de l'immanence: nous ne sommes pas de simples robots biologiques sophistiqués mais conditionnés! 

Il y a en la Seconde Causalité, une influence du futur, une aide de Dieu qui se matérialise dans notre univers, notre vie pour autant que nous sachions nous y ouvrir. 
Jésus disait ainsi aux siens en Matthieu 6:8 "Ne faites pas comme eux (les païens), car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez." Cette aide merveilleuse toutefois répond à deux principes majeurs: le libre arbitre et la non-ingérence. Dieu nous laisse le choix, il n'est pas interventionniste, encore moins punisseur. Il est fondamentalement l'amour impersonnel et universel, celui précisément dont Jésus disait "qu'il fait lever son soleil sur les mauvais et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes (Mt 5,45)."
L'ouverture au divin ne peut dès lors se faire et se concevoir que dans le libre-choix d'une libre-réponse.
Jésus nous y invite en ces termes: "Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement (Mt 10,8)." Nous voilà invités à donner ...et à demander:
"7 Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. 
 8 Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira.
 9 Si son fils lui demande du pain, quel est parmi vous celui qui lui donnera une pierre ?
 10 Ou bien, s’il demande un poisson, lui donnera–t–il un serpent ?
 11 Si donc vous, tout en étant mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera–t–il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ! (Mt7)". 
Pour Jésus toute demande adressée avec foi est suivie d'effet:
"Jésus leur dit : Amen, je vous le dis, si vous avez de la foi et si vous n’hésitez pas, non seulement vous ferez ce qui a été fait à ce figuier, mais quand vous direz à cette montagne : « Ote–toi de là et jette–toi dans la mer », cela se fera. Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez (Mt 21,21-22)."

Nous retrouvons ici le merveilleux pouvoir de magicien dont nous parle la TDC, ce pouvoir, qui fait de nous des observateurs-capteurs-acteurs du divin, toujours centrés sur le libre arbitre, le nôtre comme celui de notre Âme-Esprit ou encore celui de notre entourage.


Si Dieu est uniquement lumière, alors nous devons admettre les principales conséquences suivantes parce qu’elles ont toutes une part de ténèbres :

- Le Jugement dernier avec toutes ses images d’enfer, de diable, de résurrection des justes uniquement, le paradis terrestre ou céleste, sont des représentations douteuses .
- Le seul jugement qui demeure est celui prononcé dans l’Évangile de Jean : le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde illumine tout homme. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu (Jn 1,9-10).
- Il ne peut y avoir de monde meilleur, de paradis, établi sans nous, les humains, ou contre notre volonté.
- Il ne peut y avoir de destin fixé d’avance, ni prédestination, simple ou double, le libre arbitre l’interdit.
- Il ne peut y avoir d’élection sans double consentement humain et divin. Personne n’est témoin ou prophète malgré lui.
- La mort n’est pas le salaire du péché, la maladie n’est pas une punition divine.
- Le péché « originel » n’existe pas, il est simple refus de la transcendance, volonté d’en rester à l’immanence, une auto-punition choisie en somme.
- Il ne peut y avoir un Dieu des armées, ni une puissance occulte qui punit les méchants et récompense les bons.
- Il n’y a pas de délai avant que Dieu ne fasse le ménage.
- Dieu ne nous demande pas d’œuvrer pour sa gloire, de nous soumettre à des injonctions stupides et barbares (le célibat, la pauvreté, la mortification de la chair, les péchés véniels ou capitaux, etc.) ou encore à des rituels de purification d’un autre âge. Nous n’avons pas à concilier notre nature pécheresse avec la perfection divine.
- Tout n’est pas écrit dans le Grand Rouleau : nous sommes coassociés en notre rôle d’observateurs, d'acteurs et de capteurs du divin.
- Il ne s’agit pas de se vider de notre humanité, de tout attachement mondain ou terrestre.
- Dieu ne s’est pas incarné en Jésus pour laver nos péchés ni même pour nous racheter ou nous piéger.
- Le péché consiste à passer à côté de l'Amour-lumière-volonté en laissant notre ego régir tout ce qui émerge de notre corps-conscience biologique auquel nous restons fortement attaché, ce qui a pour conséquence d'empêcher notre être intérieur de nous aider. Le péché toutefois ne porte pas atteinte à la gloire de Dieu; il ne déclenche aucune punition divine, aucun courroux céleste. Nous nous infligeons à nous-mêmes une séparation, un assèchement préjudiciable. Nous nous coupons de la Source et dès lors l'Univers ne peut pas nous être favorable.
- L'Amour-lumière ne nous impose rien; nous n'avons pas à Lui obéir mais à l'accueillir! Il ne s'agit pas de se soumettre à une Volonté suprême. Notre liberté est entière, notre libre arbitre une réalité. Dieu ne nous impose rien, il n'est pas interventionniste...
- La virginité de Marie est une fiction. Jésus n'est pas le fils biologique de Dieu.
Jésus est « fils de Dieu » de par son ouverture radicale à Lui. Il est le Génie de l’Amour.
- Le Saint Esprit n’est pas une entité séparée de Dieu. Le Christ n’a pas besoin d’intercéder pour nous auprès du Père, du moins pas pour apaiser son courroux.
- Tout anthropomorphisme, dont la volonté de faire de Dieu une «personne», une sorte de perfection humaine projetée au ciel, est suspect.
- Les théophanies, comme expression d’une volonté divine de se manifester pour nous en mettre plein la vue, où nous contraindre à quoi que ce soit, sont des légendes.
- Israël n’est pas le peuple saint, le peuple élu. Aucune religion ne peut se prétendre révélée, au-dessus des autres. Il n’y a pas de Terre Sainte…
- Toute légitimation ou recours à la violence est illégitime.
- Tout recours à la contrainte, aux pressions pour (s’)obliger à croire est illégitime, même, et soi-disant , pour gagner son salut.
- Se vider de tout pour ne plus être réincarné est une violence.
- Se réfugier dans des sensations mystiques à des fins de jouissance personnelle est illusoire.
- La sexualité n’est pas mauvaise, mais elle peut le devenir quand elle est habitée par la violence. Elle n’a pas à se vivre uniquement dans le mariage; elle est simplement appelée à se vivre sans violence, dans la conjugalité et le respect mutuel. A cette condition, l’homosexualité n’est pas une tare, au contraire de la pédophilie.
- Nul ne peut contraindre Dieu, pas même par des prières, des sacrifices, des rituels ou des exercices spirituels. À l’inverse, et bien évidemment, Dieu ne nous contraint à rien. Nous sommes réellement libres de faire notre bonheur et notre malheur.
- Il n’y a pas d’essence divine que nous pourrions atteindre par nos seuls forces et mérites personnels.
- La foi n’est pas un talisman pour l’au-delà : nous irons tous « au paradis ».
- Seule compte l’universalité de l’Amour comme expression du divin. Lui seul fait écho à cette loi qui émerge du cosmos et du vivant : l’équilibre dans la complexité (du plus simple au plus compliqué) et dans la diversité.
- Rien ni personne ne peut être déclaré supérieur à… (hommes, femmes, « races », pays, nations, dons, aptitudes, etc.)
- La création ne s’est pas faite en sept jours !
- L’Univers n’est pas une machine infernale sans pilote qui répondrait aux lois du hasard, de la nécessité et des coïncidences heureuses !
- Pour autant, la création, à vues humaines, reste « imparfaite » : elle peut au mieux être qualifiée de suffisamment bonne.
- L’humain n’est pas simplement une machine biologique perfectionnée.
- L’évolution est une réalité mais elle n’est pas aveugle. Elle a une direction et nous contribuons à son orientation.
À la suite de Jésus toutefois, une question cruciale se pose: N’y a-t-il pas une spiritualité nouvelle à penser qui soit en même temps un pour soi et un pour tous ? Jésus, le Génie de l’Amour, en a été le messager ; il y a lieu, à mon sens, de le reconnaître ouvertement.
 
IL NE PEUT Y AVOIR QU’UNE SEULE VÉRITÉ crue, expérimentée, vécue: CELLE DE L’AMOUR…
 « Nous sommes faits pour être harmonisés, en paix, créateurs et heureux. Nous sommes faits pour apprendre à aimer, nous sommes des centres d’amour et de compassion encore peu dégrossis, manquant de constance et de rectitude. La vie nous engage à aimer, elle ne fait que cela vraiment (Placide Gaboury). »
Là encore, nous sommes invités à faire état d’une métaphysique conséquente. Remplir nos vies de bric et de broc revient à sanctifier l’ego, à se pétrifier dans l’extériorité de la course à la satisfaction des besoins matériels. Nous plonger avec délice dans les méandres de la subjectivité en quête de sensations mystiques, de lieux où tous les besoins sont apaisés, revient à se dissoudre dans le Tout en se coupant des autres, ou encore en se détachant de tout ce qui fait notre singularité et notre humanité profonde. Car nous sommes des être en relations, certains disaient même des animaux sociaux. Il se peut d’ailleurs que nous devions en partie le formidable développement de notre cerveau à cette particularité. En tous les cas, nous ne pourrions savoir qui nous sommes sans le regard des autres et la confrontation avec eux. Il n’y a de Je que face à un Tu humain ou divin. Une relation Je-Je sera forcément boiteuse. La Double Causalité nous invite d’ailleurs clairement à postuler une relation Je-Tu particulièrement avec notre Esprit-Âme. C’est la porte étroite qui mène à l’Amour, à la Vérité de tout ce qui est, était et sera, principe et origine de toute chose. Une porte ouverte pour tous sans distinction. Ainsi l’a voulu le Créateur. En y entrant, nous ferons forcément l’expérience d’un Éveil.
Philippe Guillemant le dépeint en ces termes :
« A ce sujet, j'ai de plus en plus tendance à croire que l'amour peut être puisé dans un immense réservoir d'énergie qui se trouve tout autour de nous et je me demande même s'il ne s'agirait pas de l'énergie du vide, en tout cas je le ressens comme une source de lumière intérieure. Pour accéder à ce réservoir, je suis certain qu'il faut passer par le canal de l'être intérieur ou âme, ce qui nécessite tout d'abord une prise de conscience que nous sommes des machines organiques et que nous sommes à ce titre perpétuellement conditionnés par nos pensées, nos émotions et nos sensations. Notre ego essaie de gérer seul toute cette mécanique, et en le laissant faire continuellement nous faisons une erreur, car ainsi l'ego ne fait que se renforcer et empêcher l'esprit de parvenir à la conscience. »
 Faire l’expérience de la lumière intérieure par notre être intérieur mène tout droit à un changement de polarité du négatif au positif. Précédemment, comme tous les humains, nous étions des êtres séparés de la Source : et nous faisions alors l’expérience du non-amour (ou de peu d’amour) ; cela orientait notre quête du matin au soir jusqu’en nos cauchemars nocturnes. Nous vivions sous la loi de l'hostilité, sous le signe de la séparation, emprisonnés dans nos peurs ataviques qui nous poussaient à devoir agir et réagir pour asseoir un minimum de sécurité. Cette quête était sans fin et toujours précaire, semée inévitablement de doutes, de craintes et d’embûches. Avec l’Éveil, ce climat négatif a changé de polarité : nous savons, pour l’avoir vécu, que l’Amour est garanti, et cela change tout, du tout au tout. Nous pouvons le perdre, et nous le perdrons, tant notre ego est prégnant, mais nous savons aussi comment le retrouver. Et à chaque fois que nous le faisons, nous ré-agençons notre passé en le guérissant de ses tourments et de ses obsessions.
Ce changement de polarité nous rend moins furieux, moins crispés sur nos désirs et besoins, plus enclins à vivre le moment présent en le savourant. Alors s’opère un bienheureux détachement : notre bonheur, notre tranquillité, notre contentement ne dépendent plus de qui nous sommes, de ce que nous avons ou de nos succès mondains, mais du fait que nous sommes habités ou non par cette lumière intérieure. Elle seule peut réellement combler nos attentes et nos besoins, nous ouvrir pleinement à l’instant présent. Jésus le disait en ces termes en Jean 8:32 « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » Mais libre de quoi, pour qui et pour quoi faire ? Pour jouir des cadeaux de l’Univers ? Pour mieux savourer la vie ? Ou pour rendre témoignage à la Lumière ?
C’est à cette dernière tâche que nous sommes conviés à œuvrer en ce monde, dans les limites de nos forces et de nos moyens, et dans le respect absolu de notre libre-arbitre. Mais nous aurons à coup sûr à batailler avec notre ego, à nous en libérer : c’est la première manière de rendre témoignage à la Vérité. A le faire non dans la défiance, la méfiance ou le soupçon, mais bien plutôt dans une infinie compassion. Si d’aventure nous y arrivions pleinement, alors nous aurions certainement part à la puissance du Christ. Nous ferons plus probablement une expérience moins élevée qui devrait justement nous inciter à faire preuve de compassion, pour nous-mêmes, et pour tous ceux qui restent prisonniers du non-Amour. Nous savons à quel point c’est une souffrance réelle, à quel point c’est un maître tyrannique, à quel point il est bon de s’en être même partiellement débarrassé. N’avons-nous pas à en rendre témoignage ? Et si ce n’est pas nous, qui le fera ? Il ne peut en vérité y avoir d’Eveil que pour soi…La Vérité est faite pour être dite, vécue et partagée, ce qui ne va pas se faire sans nous, ni se faire sans accrocs ni pétulance. Elle est le questionnement de tous les instants, qui ne doit être ni dramatisé ni minimisé, à entendre comme une question impertinente venue d’En-Haut : ce que tu fais, vis, dis, penses ou ressens, est-il inspiré, en phase avec l’Amour, ou cela ressort-il des fureurs et férocités induites par l’ego et par le non-Amour ?
Si personne, en dehors de Dieu, ne détient la Vérité, gageons que cette dernière nous rencontre sans cesse, mais dans le respect de notre libre arbitre, comme dans celui des autres, y compris dans les banalités de tous les jours ou à travers nos prochains connus ou inconnus. Elle se veut encore et toujours une invitation, une incitation personnelle et collective à oser l’impensable, à nous laisser tomber en Dieu, dans sa Lumière-Amour, parfois même avec crainte et tremblement. Nous la rencontrons dans la dialectique de l’engagement et du dégagement : comme saut dans la Plénitude de l’Amour qui est et se veut en même temps dépassement des fascinations de l’ego. Un consentement et une transgression rendues effectives par nos ajustements et nos choix. Donc par un témoignage, doublé parfois d’une prise de risque dont la portée demeure fondamentalement polémique pour quiconque n’ose envisager de lâcher le non-amour. À l’inverse, nous ne pouvons que bénir celles et ceux qui nous rappellent l’aliénation de la soumission au mental comme à l’immanence : ne sont-ils pas nos professeurs indirects et nos frères ? Alors, dans cette conscience ultime, le pour soi de l’Eveil devient réellement un pour tous. Nous pouvons librement rendre témoignage à la Lumière sous toutes ses formes, dans son absence comme en sa présence, la célébrer dans notre vie à titre personnel ou en groupe, en posant, selon les mots de Philippe Guillemant, les poussières ou les briques du futur de l’Univers.
Plus nous serons à le faire et mieux ce sera…

L'un des défis majeur sera aussi de consentir à un sérieux toilettage de dogmes ou d'affirmations du christianisme séculaire. La TDC nous y contraint en quelque sorte. Ainsi, nous est-il dit en 1 Jean 1:5 "Le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a pas en lui de ténèbres."

       

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