Trouver le courage de désarmer: en quoi est-ce nécessaire ou pertinent?

De quoi faudrait-il se libérer en somme: du passé? De nos élans narcissiques, sadiques ou masochistes? De nos instincts primitifs? De nos addictions diverses (argent, alcool, drogue, sexe, jeux, pouvoir, gloire, etc.)? De nos représentations du monde dépassées et archaïques?
         Il y a en premier lieu la nécessité de quitter l'illusion et le mensonge du déterminisme
        Il y a nécessité de quitter notamment:
  • la référence à un univers-machine qui serait juste bon à combiner les possibles en fonction de lois connues ou inconnues, du hasard ou de coïncidences heureuses
  • à l'inverse, la référence à un univers magique qui nous comblerait de bienfaits si on y croit suffisamment
  • la référence à une destinée nécessairement tragique sans vraie liberté
  • la référence à un inconscient dominant ou à des pulsions de vie et de mort dont nous subissons les effets
  • la référence au surhomme en lutte permanente pour sa survie qui justifierait le transhumanisme
  • La référence unilatérale à la Raison et à la Causalité comme seule manière d'aborder le réel
  • La référence darwinienne à la loi des plus forts et des plus adaptés
  • La référence à la violence religieuse campée dans le sacré et le communautarisme
  • La référence de l'homo oeconomicus aliéné au grand tout et au grand rien de la jouissance consumériste

  • Nous aurons aussi à
    Il serait bon de redéfinir le divin
    Croire en Dieu ne peut se faire sans aimer ! Ni sans avoir désarmé:
    Ce qui est bon, vrai, réel est appelé à devenir le meilleur. On peut renoncer à tout comparer, à être sur la défensive, en méfiance ou en défiance. On n'est plus dans la convoitise ou la rivalité. Alors la peur s'en va...Surtout quand on réalise que l
  • ’amour de l’égo pour lui-même est le miroir inversé de l’amour Divin pour sa création ! Symboliquement, cela signifie que la condition première de tout un chacun est de pouvoir se mouvoir et de grimper, de s’élever afin d’atteindre des sommets dans l’illumination et la compréhension du divin. Cela signifie aussi que nous sommes capables intrinsèquement de remplir notre vie, de faire vivre le royaume de Dieu en nous et autour de nous.

    Le Royaume des cieux ressemble à une personne qui se rend compte qu'elle ne viendra jamais à bout de ce qui pèse - la convoitise, la rivalité, la faute, la culpabilité et le perfectionnisme -, qu'elle n'atteindra jamais une image idéale d'elle-même qu'elle croyait nécessaire pour se rendre acceptable et aimable. Elle accueille alors son impuissance radicale; elle s'ouvre ainsi à l'avenir, à la nouveauté, à  l'autre/au divin avec confiance; elle renonce à expier son malheur par une vie de fuite, d'hypocrisie, de devoir ou de mensonge. Ici, la dynamique de guérison est bien une résurrection: laisser venir le courage d'oser être soi-même avec ses ombres et ses lumières en faisant face aux autres. Nous voici libérés de notre passe-temps favori qui consiste à tout idéaliser ou à tout diaboliser, à vomir les autres ou à les dévorer ! Une manière de se laisser dominer tantôt par le désespoir-force en sa volonté de tout maîtriser, tantôt par le désespoir-faiblesse qui cherche le salut dans la fuite. Nous pouvons voir notre aveuglement s'en aller, le laisser partir avec l'aide de Dieu. Apprendre à nous aimer sans enflure ni tristesse, sans tout ramener à soi. Et retrouver foi dans la joie de donner et de recevoir gratuitement, sans chagrin ni contrainte qui est la dynamique privilégiée du Royaume.
    Bienheureux celles et ceux qui auront su se désarmer, ils connaîtront la joie de savoir donner et recevoir de bon coeur sans chagrin ni contrainte.

     

       

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