Les triangulations: Elles sont omniprésentes dans notre vie, tantôt banales, tantôt lourdes de sens et de significations. Ainsi:

 
Le ça, le moi et le surmoi Le paradis, la terre, l’enfer Le père, le fils, le st-esprit
Le créateur, la créature, le diable Les dimensions rationnelles, émotionnelles et relationnelles Le corps, le cœur, l’esprit.  
L’avoir, le paraître, l’être La liberté, la maîtrise, la sainteté. La communication, la relation, les valeurs
Le subconscient, le conscient et le supra conscient Le cerveau reptilien, celui des mammifères et le néocortex La communication digitale, analogique et la métacommunication
La hauteur, la largeur et la longueur La thèse, l’antithèse et la synthèse Le chaud, le froid et le tiède
Ce qui protège, entoure, différencie La victime, le bourreau, le sauveur Vomir les autres, les dévorer, les ignorer
La force, la faiblesse, la fuite Le déni, l’oubli, le mensonge La tristesse, la joie, l’apathie
Le monde minéral, végétal, animal Le bon, la brute et le truand Le dit, le non-dit, le mensonge
le passé, le présent, le futur L’anima, le moi, le soi Créer, attirer, repousser
Fuir, affronter, se révolter Le corps, l’âme et l’esprit L’égo, le mental, l’animal (instinct)
 
La vie nous demande de faire des choix, de nous positionner au sein des triangulations inévitables. C'est une forme de jeu incontournable.
 
Ainsi, Stephen KARPMANN illustre les jeux se jouant à partir de certains rôles favoris, que les joueurs assument de manière inconsciente. Nous pouvons alors rencontrer la tristesse ou la confusion de la "Victime", la colère ou le triomphe du "Persécuteur", ou encore l’inquiétude ou la pitié du "Sauveteur" ou "sauveur". En regardant ces trois différentes positions, il faut s’imaginer que chaque personne répond à la situation en ignorant la réalité de ce qui se passe et de ce que l’autre personne éprouve; elle tient compte seulement de sa propre perspective et de ce qui se passe dans sa tête. Elle fait ainsi de lourdes méconnaissances sur les capacités de chacun à réagir à cette situation. C’est ainsi que Persécuteur et Sauveteur méconnaissent les capacités et la valeur d’autrui en le disqualifiant, et que la Victime se disqualifie toute seule face aux autres. On est donc là en présence de relations symbiotiques du style "Occupe-toi de moi" (Victime) ; "T’es vraiment un incapable" (Persécuteur) ou "Je vais le faire à ta place, tu n’y arriveras jamais ! " (Sauveteur). Comme on peut le voir dans le Triangle dramatique présenté ci-dessous, les rôles sont interchangeables. C’est Fanita ENGLISH qui disait que les individus ne commencent à jouer que quand ils ne reçoivent plus assez de signes de reconnaissance, ou que l’autre refuse de continuer. Ainsi, la " tactique " utilisée est de changer de position dans ce triangle. Prenons par exemple quelqu’un qui commencerait dans une position de Victime, pleurant et gémissant que la vie est dure et lui-même se trouvant impuissant. Tant que l’auditeur sympathise, cette interaction peut continuer indéfiniment. Quand l’interlocuteur se fatigue des plaintes de l’autre et décide de le laisser tomber, la Victime peut alors se transformer en Persécuteur et reprocher de l’indifférence à son partenaire ! Ainsi, en changeant de position dans le triangle, une personne reçoit de nouvelles attentions et peut-être amène son interlocuteur à continuer. Cependant il demeure important de noter que si la position Persécuteur est relativement facile à détecter, la position de Sauveteur l’est beaucoup moins du fait de sa popularité : C’est tellement gentil de toujours vouloir aider ! Ainsi, le Sauveteur n’en est plus un du moment où il sort de sa position symbiotique " je vais t’aider ", en attendant que son partenaire fasse une demande claire d’aide. De même, une victime n’est pas à confondre avec une Victime : Il est tout à fait permis de se laisser vivre une situation difficile avec les émotions qui y sont relatives. Cependant LA Victime est la personne qui reste dans une position symbiotique où sa demande est " occupe-toi de moi, sans que je n’aie rien à demander ni faire ". Position dans laquelle elle « s’incapacite » et demande un "remplaçant" à son propre poste !
Pour Paul Ricoeur, la souffrance est une impuissance à dire, à faire, à raconter, à s'estimer, donc une impuissance à s'affirmer comme sujet. Mais il y a danger dans le renoncement à penser, à choisir, à lutter, à prendre en compte beaucoup trop son passé, à s'inquiéter pour son avenir ou à vouloir vivre dans le présent pour ne plus se poser de questions.
 
Chacun vit dans son monde intérieur, dans une réalité construite et fictive. " Cela signifie que dans notre monde intérieur, non seulement les objets (au sens large) persistent comme telle, mais aussi la signification et la valeur qu'on leur a données. De ce point de vue, nous vivons dans une réalité imaginaire qui toutefois de façon étonnante, nous permet de prendre des décisions concrètes et d'agir (p.125 Les citations sont issues du livre Une logique de la communication, éd. du Seuil, 1979, Paul Watzlawick, Janet Helmick Beavin , Donald De Avila Jackson)".
 
" Par définition, puisque chacun vit dans une fiction, le contexte relationnel est prédominant.
 
 La question du sens de la réalité est très exactement le serpent qui se mord la queue : attribuer un sens à la réalité revient à construire une réalité fictive, imaginaire, qui donne signification et valeur à ce qui nous entoure, à ce que nous vivons. On peut dire que le sens donné est la réponse à la question du sens qui elle-même ne se poserait pas si nous n'étions pas aptes à structurer notre environnement (principe de réflexivité et de circularité).
 « Dans une perspective constructiviste, on dirait que la tentative d'établir un monde dépourvu de toute perturbation engendre une réalité au plus haut point perturbée (p.157). Ou pour le dire autrement que celui qui souffre mentalement ne souffre pas de la réalité "réelle" mais de sa conception de la réalité (p.165). »
 
Chaque individu se définit ainsi par rapport à son entourage dans des relations de symétrie et de complémentarité, non pas dans une causalité linéaire mais dans une causalité circulaire, avec des changements, des adaptations, des consensus stables ou fluctuants. Les relations symétriques se définissent par une compétition, une concurrence ouverte entre deux ou plusieurs personnes : elle peut être reconnue sur le principe d'alternance, sur celui de reconnaissance mutuelle, vécue dans le conflit, dans l'escalade symétrique. Elle dépend largement des fictions individuelles, donc de la façon dont chacun ponctue la séquence des faits (voit la réalité). Les relations complémentaires sont d'un autre ordre : elles délimitent les positions "hautes" et "basses", le dominant et le dominé, le maître et l'esclave. Elle peut être acceptée, tolérée, nécessaire, fonction des compétences et des aptitudes individuelles, etc. Mais elle n'est jamais une simple causalité linéaire. Cependant, pour qu'une fiction puisse fonctionner, il faut principalement qu'elle réponde à la loi de la diversité suffisante, que sa complexité soit au moins égale à celle de son environnement. Si la fiction est trop simple, trop statique ou simplement mal adaptée, l'individu s'engage dans une régression infinie ; il se condamne à répéter sans cesse ses règles de fonctionnement, à faire donc plus de la même chose. Car tout système est une fatale imperfection, une approximation et une interprétation de la réalité. Le fait que nous vivions dans une réalité imaginaire qui ne peut que structurer l'irrationnel exige l'abandon de toute prétention à détenir la vérité dernière. " Il n'y a pas d'idée plus meurtrière que la conviction aberrante et partagée par toutes les idéologies d'être en possession de la solution définitive (p.149)." L'idéologue crée en fait un paradoxe du type « Soyez spontanés ». Il crée avec habileté l'impression qu'un enthousiasme (ou le bon sens) réellement passionné bouillonne en chacun, et quiconque n'en est pas habité fait mieux de reconnaître que quelque chose ne tourne pas rond chez lui... (p.215). »
 
Ainsi, entre MOI, LES AUTRES et LA RÉALITÉ, il y a essentiellement des fictions, des manières personnelles et différentes d'interpréter toute chose et de réagir.
Nos chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilités, génétiques, développementales, historiques et culturelles, et les mécanismes de protection, de dépassement mis en place. À l'évidence, pour résilier un malheur passé.

La communication gamma

  1. Une récente étude de la neurologue Fabienne Picard permet de supposer que l'insula serait impliquée dans un mécanisme de prédiction de la façon dont le corps va se sentir quelques instants plus tard. C’est elle qui nous indiquerait que faire si l’environnement a changé. Si la prédiction est correcte ou l’erreur négligeable, alors nous nous sentons bien. Dans le cas contraire, nous ressentons un malaise qui stimule une nouvelle recherche d’adaptation. La comparaison entre la prédiction et la réalité est donc permanente. L'insula est impliquée dans nombre d'émotions de base: la souffrance, l'injustice, la colère, la peur, le dégoût, le bonheur et la tristesse. C'est elle qui établit une carte du corps en temps réel.
  2. À travers les ondes gamma, il y a bien un au-delà à l’immanence, à la simple conscience ancrée dans notre corps; l’équipe de Jimo Borjigin de l’université du Michigan a ainsi montré une forte augmentation durant trente secondes des oscillations gamma même après l’arrêt du cœur  des animaux. Quelque chose excite des millions de neurones simultanément dans de nombreuses zones différentes du cerveau même après la mort cérébrale!
  3. «Nous avons découvert l'existence d'ondes gamma rapides et lentes, venant de différentes zones du cerveau, exactement comme des stations de radio émettant sur des fréquences distinctes», explique Laura Colgin, auteur principal de l'étude et réalisant un post-doctorat au Kavli Institute for Systems Neuroscience and Centre for the Biology of Memory en Norvège. «Lorsque les cellules nerveuses veulent se connecter, elles synchronisent leur activité», poursuit Mlle Colgin. «Littéralement, elles accordent leur longueur d'onde. Nous avons notamment étudié le rôle des ondes gamma dans la communication entre des groupes de cellules dans l'hippocampe, et avons découvert ce qui peut être décrit comme un système de radios dans le cerveau. Les basses fréquences transportent la mémoire des expériences passées, les plus hautes véhiculent ce qui se passe sur le moment.» 
  4. Notre cerveau est programmé, selon la Pr Sharot, pour nous aider à voir la vie en rose: « Nous avons découvert que le biais d’optimisme se maintient quoi qu’il arrive, car les gens corrigent plus sensiblement leurs prédictions en réponse à des informations positives concernant le futur qu’en réponses aux informations négatives. » 

 Il y a donc toujours - en temps réel - comparaison entre nos souvenirs dominants (heureux ou traumatiques) et la réalité rencontrée. En fait, dans ce cas de figure, le passé -présent - futur n'existe pas vraiment puisque tut est lu, scanné en fonction du passé qui sert de base pour nous adapter au présent et au futur via une prédiction qui sera automatiquement corrigée si elle ne correspond pas à nos attentes. Nous fonctionnons avec ce mécanisme automatique inconscient sensé évidemment nous éviter d'avoir toujours à peser le pour et contre, à faire des choix incessants. Toutefois, ce mécanisme inconscient limite très clairement l'adaptation au Futur. La plupart du temps nous vivons dans une sorte de remake du passé adapté au présent. Pour avoir un véritable choix, il faut oser se dégager du fonctionnement automatique, voire même le re-conditionner autrement.

Philippe Guillemant qui décrit ainsi sur son site internet notre lien avec l’Univers : " étant donné que le hasard indéterministe, considéré seul, produit des effets qui sont inconcevables en terme de désordre infligé en permanence dans le processus de réarrangement perpétuel du futur de l'univers, il est absolument nécessaire de trouver une sorte de mécanisme régulateur qui va l'éviter. Sinon on voit mal comment notre futur pourrait être autre chose qu'une bouillie infâme devant laquelle on comprendrait alors encore plus mal comment il parviendrait malgré tout à se dessiner devant nos pas.

Je pose en conséquence l'hypothèse suivante: il existe un mécanisme régulateur du futur de l'univers qui est tout simplement notre conscience à travers laquelle va pouvoir s'exprimer notre libre arbitre. (…) Pour ce faire, on peut parfaitement imaginer que l'univers ne se structure pas d'un seul coup, instantanément, mais seulement petit à petit. Nos consciences n'auraient pas un effet immédiat, nos intentions ne s'y imprimeraient pas "comme par magie", il y aurait cependant un effet immédiat qui consisterait, métaphoriquement parlant, à poser des pierres. Une vague intention poserait de la poussière, une intention déterminée et bien focalisée poserait une vraie pierre. La prière serait justifiée. Le futur serait en formation de la même façon qu'un organisme, et l'univers recevrait ses informations de l'ensemble des êtres qui le composent, à différents degrés dépendant de la conscientisation de leur libre arbitre. Un homme mu par son ego n'aurait ainsi aucune action, puisque son fonctionnement serait mu par l'ego, c'est à dire déterministe. L'ensemble de l'univers serait un organisme en croissance. Le libre arbitre serait assorti d'une intensité, d'une amplitude mesurant sa capacité d'œuvrer directement sur le futur. Cette capacité, cette intensité, cette amplitude, ce serait tout simplement l'Amour. L'amour serait une réalité fondamentale au même titre que la lumière, l'énergie ou la matière, si ce n'est plus fondamentale encore.

L'essence du moteur du libre arbitre serait alors l'Amour.

La question reste ouverte concernant l'action de la conscience ou le pouvoir de l'intention. Je pressens néanmoins qu'il doit s'agir d'une action électromagnétique", les ondes gamma justement. 

Il y a donc rétro-causalité, une influence sur le futur et sur le passé beaucoup plus forte si nous faisons le choix de sortir de nos conditionnements, de l'archaïque (nos peurs, notre égo, la convoitise, la rivalité, nos besoins de sécurité, de confort, de pouvoir, de gloire, d'épanouissement et de jouissance) pour oser nous exiler du côté de l'Amour. Il s'agit clairement ici de quitter le chaotique et le destructeur...

Fuir / affronter / se révolter. 

C'est un autre de nos dilemmes courant. Nos choix passés comme nos valeurs et nos traumas conditionnent le présent en limitant le futur. Nos convictions intimes deviennent de puissants moteurs de boucles de rétro-actions négatives traduites en peurs, craintes, appréhensions, angoisses, prédictions (ça ne marchera jamais, je vais encore me faire avoir, etc.).

En fait, le chemin de guérison passe par le désespoir confiant. Le Royaume des cieux ressemble à une personne qui se rend compte qu'elle ne viendra jamais à bout de ce qui pèse - la convoitise, la rivalité, la faute, la culpabilité et le perfectionnisme -, qu'elle n'atteindra jamais une image idéale d'elle-même qu'elle croyait nécessaire pour se rendre acceptable et aimable. Elle accueille alors son impuissance radicale; elle s'ouvre ainsi à l'avenir, à la nouveauté, à  l'autre/au divin avec confiance; elle renonce à expier son malheur par une vie de fuite, d'hypocrisie, de devoir ou de mensonge. Ici, la dynamique de guérison est bien une résurrection: laisser venir le courage d'oser être soi-même avec ses ombres et ses lumières en faisant face aux autres. Nous voici libérés de notre passe-temps favori qui consiste à tout idéaliser ou à tout diaboliser, à vomir les autres ou à les dévorer ! Une manière de se laisser dominer tantôt par le désespoir-force en sa volonté de tout maîtriser, tantôt par le désespoir-faiblesse qui cherche le salut dans la fuite. Nous pouvons voir notre aveuglement s'en aller, le laisser partir avec l'aide de Dieu. Apprendre à nous aimer sans enflure ni tristesse, sans tout ramener à soi. Et retrouver foi dans la joie de donner et de recevoir gratuitement, sans chagrin ni contrainte qui est la dynamique privilégiée du Royaume. L'acte de foi est avant tout prise de conscience de l'impossibilité de trouver la paix par nos seuls moyens humains. Il faut au contraire se laisser tomber en Dieu: laisser son Amour nous justifier sans nous juger ni rien exiger en retour. Nous en imprégner avec gratitude, joie, émerveillement, dans cette connaissance toute neuve: l’éternel semble exister… de toute éternité. N'est-ce pas extraordinaire?

L'univers est un champ d'énergie holographique sans limite infiniment incorporé qui ne cesse d'en apprendre plus sur lui-même par la résonance de la seule chose qui relie toutes choses : l'ESPACE. Nous y avons part et nous y jouons notre rôle... Nous sommes l'univers qui apprend sur lui-même. Et Nassim Haramein nous dit:

" Vous faites partie de ce canal de l'information du vide qui passe d'infiniment grand à infiniment petit à travers vous et comme il passe à travers vous il choisit votre interprétation spécifique de l'univers et le nourrit à l'infini de toutes les choses afin que votre participation soit comptée... Vous commencez à avoir un sens de votre responsabilité ? (Nassim Haramein)"

Si vous voulez vivre dans un monde libre, de paix, d'amour, de joie et de bonheur, alors faites-le déjà en vous, puis dans votre entourage immédiat, et ainsi de suite. La plus petite colère en vous participe aux traumatismes planétaires; la plus petite dose d'amour en vous participe à l'harmonie de la planète et de tous les êtres vivants qui y vivent. Alors choisissez en pleine conscience le monde dans lequel vous voulez vivre, ce qui n'est pas vain, violent, futile ou mesquin! Nos choix, nos pensées, nos valeurs, nos émotions, nos convictions intimes surtout, tout est en lien avec la Singularité, ce qui attire, crée ou rejette. Il s'agit de reconnaître et d'expérimenter qu'il y a là quelque chose de plus grand que soi-même, une transcendance, une merveilleuse dynamique d'un amour divin qui nous accueille de manière inconditionnelle." 

Le poète nous dit autrement cette félicité:

" voir un monde dans un grain de sable
Et un paradis dans une fleur sauvage,
Maintenez l'infini dans la paume de votre main
Et L'éternité dans une heure."- William Blake 


       

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