Le philosophe Emanuele Severino, qui s'exprimait dans Philosophie magazine no 125, dénonce l'obsession du néant qui serait l'extrême folie humaine. L’homme craint la mort avant tout. Cela a toujours été comme ça . Il n'y a pas de doute. Mais le philosophe poursuit: "La peur vient de loin, depuis le début. Si la mort est la menace ultime adressée à Adam par l'Ancien Testament, s'il doit manger de l'arbre de la connaissance, cela signifie que Dieu sait que la mort est ce que Adam craint le plus. Mais une fois sorti du paradis terrestre, c'est comme si l'homme avait oublié le châtiment qui lui avait été infligé. Considérez la mort comme quelque chose de non naturel, d’accidentel - par exemple comme l’effet d’une malédiction, d’hostilité de la part de forces humaines, démoniaques et divines ".
La résurrection des corps et de la chair, annoncée par le christianisme, est certainement une caractéristique du masque: pour ressusciter, la chair ne doit plus être devenue. La résurrection est un enfant légitime de la piqûre mortelle."
Ce positionnement lui vaudra l'excommunication de l'église catholique romaine...

Pour le philosophe, ce qui est éternel, c'est notre folie de croire  au devenir et à la mort de ce que nous ne sommes pas en mesure de voir. Chacun croit individuellement pouvoir faire en sorte que les choses deviennent autres qu'elle ne sont; nous croyons avoir le pouvoir de les faire sortir du néant, de les créer ou de les ramener à rien, de les détruire. La volonté a son fondement métaphysique dans cette folie, dans la conviction que les choses sortent du néant et qu'elles y retournent; c'est elle qui pousse l'être humain à définir les bonnes choses, les mauvaises étant celles qui diminuent sa puissance. Ainsi, la volonté n'est jamais rassasiée. Elle ouvre un cycle de violences sans fin; elle est toujours en quête d'un plus qui se traduit aussi par les massacres et les horreurs dans l'Histoire. Dans notre lutte contre la mort, nous croyons pouvoir faire alliance avec une Puissance supérieure, hier Dieu, aujourd'hui la technologie. Le transhumanisme en est l'expression. L'histoire de la volonté est celle des remèdes imaginés par l'humanité pour se sauver de l'anéantissement. Nombre d'idéologie utilisent la technologie comme moyen pour réaliser leurs buts. Elle est devenue notre dernier dieu, notre seigneur et maitre !

Cette approche singulière questionne nos a priori et nos modes de pensées. Que devient la création ex nihilo: faut-il l'abandonner ? Comment l'articuler correctement sans qu'elle nous conduise à cette ultime folie ?

Le concept de création ex nihilo renvoie à une réalité permanente, telle qu’il n’y ait aucun moment où elle n'était présente nulle part et sous aucune forme ne pourrait pas être décelée comme créée. Il s’agirait alors de s’assurer, au moyen d’une analogie, que le concept est libre de contradiction, et qu’on peut, par un passage à la limite, concevoir que toute entité naturelle  doive, en définitive,  son existence à un agent surnaturel qui n’opère pas sur un substrat préalable. S’il y a un Dieu défini comme  bon, tout-puissant et omniscient, il aura ainsi des raisons de produire un monde dans lequel la régularité des lois régissant le comportement des objets à notre échelle permet l’anticipation des effets, la responsabilité de l’action…et l'existence d'un dieu personnel exerçant une providence. Ici, une précision s'impose. Comme le fait très justement remarquer Laurent Gagnebin, « affirmer que l’Éternel est une énergie et un dynamisme créateurs, est-ce pour autant prétendre que Dieu est « impersonnel » ? N’y-a-t-il pas là une confusion entre la personne et l’individu ? » Ce dernier désigne surtout notre corps-conscience biologiquement conditionné. « La personne, elle, n’est pas un être déterminé ; elle est spirituelle. Elle se crée et représente un dessein à réaliser, une liberté. On est un individu par la force des choses – celle de la nature, de l’histoire, de la société – qu’on le veuille ou non. On devient une personne ; celle-ci ne saurait exister sans la rencontre et l’amour, sans un acte inventif et créateur. La mort de l’individu, c’est sa mort naturelle ; celle de la personne, c’est l’égocentrisme absolu. Nous sommes à la fois un individu et une personne. Dieu, assurément, n’est pas un individu, mais les traits retenus ici pour caractériser la personne correspondent justement à ceux que nous utilisons pour qualifier Dieu : Esprit, liberté, élan créateur, amour [http://www.evangile-et-liberte.net]. »
Cette création ex nihilo ne s'est pas faite à partir de rien, mais elle est ce qui n'était pas encore apparu. Le surgissement venu  d'ailleurs a au moins deux conséquences: 1°) il ne confond pas l’explication théiste, avec une explication des sciences de la nature (elle fait intervenir la causalité d’une personne divine, sans prétendre inférer l’intervention divine des énigmes ou trous temporaires de la connaissance scientifique) et 2°) il s’offre à une discussion argumentée, qui fait échapper la question du créateur à la sphère de la mythologie privée ou de l’appartenance confessionnelle.
Ces deux conditions sont remplies par la physique de Philippe Guillemant et celle de Nassim Haramein. Elles sont étayées également par le cas de Nicolas Fraisse étudié de manière scientifique. Nous ne sommes plus ici dans la sphère de la mythologie privée ni dans une appartenance confessionnelle.
L'extrême folie humaine est dans la négation, le refus de ce surgissement venu d'ailleurs ou de son ignorance par méconnaissance. Elle est aussi foi démesurée en la technologie.
La technique et l'argent sont nos nouveaux dieux, assurément. Nous créons à travers eux des choses non naturelles. Qu'en est-il du savoir de la vie ? Paradoxalement, le pouvoir de faire surgir quelque chose "du néant" n'est pas insensé.
La peur obsédante du néant se cache dans la course effrénée à la satisfaction de nos besoins...
La mort de la personne est dans la réduction au Seul, au Soi, à sa petite vie. L'athéisme contemporain nous y convie quand il postule que l'univers est une gigantesque et effrayante machine à combiner les possibles en fonction de lois connues - ou encore à découvrir - du hasard et de coïncidences heureuses, car il  affirme aussi que les humains sont un accident de parcours et que l'univers de toute façon retournera au chaos. Dès lors, les humains sont leur propre finalité ! Ils ont le droit d'assurer leur vie comme bon leur semble...
La mort de la personne n'est toutefois pas une fatalité; elle peut être vaincue par une approche spirituelle, explicitée dans des témoignages crédibles, d'expérience particulière:
C'est le pouvoir de l'amour qui nous encourage à sortir du mortifère et de l'égocentrisme.
Dans la barbarie humaine ordinaire aussi, c'est-à-dire dans ces boucles de rétroactions négatives que sont nos frustrations, nos peurs, tristesses, colères, amertumes, ressentiments, hontes, haines et autres dégoûts qui nous écrasent et nous accablent. Nous aurions tout intérêt à prendre de la hauteur.
Thomas Benedict Mellen nous y invite avec ces affirmations étonnantes:

  • Nous avons tous un Soi le plus élevé connecté à la Source; nos Soi s'y connectent. A tous les niveaux, les plus hauts ou les plus bas, sous quelque forme que nous soyons, nous sommes UN et c'est magnifique.
  • Dans la Source, le fleuve de lumière est la rivière de la vie. Tout l'univers déborde de formes de vie.
    Dans le toujours du Tout, la création se régénère elle-même. C'est sans début ni fin et il se crée des univers indéfiniment et simultanément. En fait, le Vide est moins que le Rien, et cependant plus que le Tout. Le Vide est le Zéro Absolu ; c’est du chaos que toutes les possibilités surgissent. C’est la Conscience Absolue, qui est bien plus que l’Intelligence Illimitée.
    Le Vide est le néant entre toutes les manifestations physiques : l’ESPACE entre les atomes et leurs composants; il est le Point zéro plein d'énergie. 
  • Le Vide lui-même est dénué d’expérience. C’est la pré-Vie, avant la première vibration. Dieu est plus que la Vie et la Mort. Donc il y a plus que la Vie et la Mort à expérimenter dans l’Univers ! Dieu est le Grand Soi, la Conscience absolue.
  • Les trous noirs sont les traiteurs ou les recycleurs de l’Univers. Toute énergie, de ce côté du Big Bang est lumière. Chaque sous-atome, atome, étoile, planète, même la conscience elle-même est faite de lumière et a une fréquence et/ou une particule. La Lumière est une substance vivante. Tout est fait de lumière, même les pierres. Donc tout est vivant. Tout est fait de la Lumière de Dieu. Tout est très intelligent.
  • La mort n’existe pas. Nous sommes immortels. Nous avons déjà été vivants pour toujours ! Nous sommes une partie de la nature, de ce système vivant qui se recycle lui-même indéfiniment .Parce que Tout contribue au Grand Tableau, à la plénitude de la Vie. Chacun de nous littéralement est Dieu, Dieu s’explorant lui-même dans une Danse de Vie infinie. notre unicité contribue à l’accroissement du Vivant.
  • L'Enfer est un monde de misère humaine, d’ignorance, une éternité misérable dans la nuit de l’inconnaissance où les gens sont consumés par leurs propres chagrins, leurs traumatismes et leurs misères. 
  • Tout découle du fleuve infini de la Vie, tout y retourne, et tout en renaît…

Nous sommes dieu faisant l'expérience de lui-même sous une forme moindre (non absolue, imparfaite)...ce qui ne veut pas dire que nous serions abandonnés à notre triste sort ! La Source est Danse de la Vie, en soutien si nous le voulons bien. Et si nous acceptons d'apprendre les règles du jeu, notamment la loi du libre arbitre ou la loi de l'attraction. La grande rupture avec le monde n'est pas au moment de la mort corporelle mais au moment où l'homme accepte la réalité de la Présence de Dieu avec lui. À cet instant, l'Emmanuel (" Dieu avec nous ") naît dans le coeur, unit les deux natures (divine et humaine) séparées et opère une re-création de tout l'être. Elle se fera par l'apprentissage de la gratitude.

Remercier c’est apprécier la vie.
Nous devons être connectés avec le présent, et décider de le vivre intensément grâce à la gratitude. En outre, la gratitude peut parfois être repayée en chemin, car selon les experts, l’acte de remercier nous enveloppe d’énergie, nous fait nous sentir vivants, et contribue à nous rendre plus heureux. Par conséquent, si nous nous entraînons à remercier la vie et les autres, nous renforcerons notre bonheur, tout en apprenant à donner de la valeur à ce que nous possédons.

Vivre de façon automatique fait que nous vivons anesthésiés, en hibernation, sans donner de valeur à ce qui nous arrive ou sans dénier le reconnaître, et en cherchant toujours ce qui nous manque. Toutefois, si nous faisons preuve de gratitude, nous devenons plus sensibles aux petits plaisirs de la vie, profitant de chaque instant pendant que nos regrets mettent les voiles.

En effet, les regrets et les remords ne mènent à rien. C’est bien souvent le manque de gratitude qui entraîne de la culpabilité, et nous maintient prisonniers du passé.

La souffrance vient du refus de la Danse de la Vie.
La raison pour laquelle la Vie nous demeure insaisissable et incompréhensible, c’est qu’elle n’est jamais à l’extérieur des choses, des êtres et des événements, mais qu’elle fait toujours corps avec eux. De toute façon, il n’est pas nécessaire de la comprendre ; il suffit de reconnaître qu’elle ne vient pas de nous, il suffit de la recevoir, de la laisser couler en nous et de remercier. Accueillir et s’émerveiller.
La Vie est l’énergie divine elle-même, qui n’est réductible ni au souffle ni aux corps vivants, car sa présence seule est créatrice de vie. C’est l’Électricité universelle et infinie – ce que la sagesse de l’Inde appelle prana – qui s’exprime par le souffle mais qui est en même temps plus que celui-ci. 
Si vous voulez vivre dans un monde libre, de paix, d'amour, de joie et de bonheur, - disait Nassim Haramein - alors faites-le déjà en vous, puis dans votre entourage immédiat, et ainsi de suite. La plus petite colère en vous participe aux traumatismes planétaires; la plus petite dose d'amour en vous participe à l'harmonie de la planète et de tous les êtres vivants qui y vivent. Alors choisissez en pleine conscience le monde dans lequel vous voulez vivre, ce qui n'est pas vain, violent, futile ou mesquin! Nos choix, nos pensées, nos valeurs, nos émotions, nos convictions intimes surtout, tout est en lien avec la Singularité, ce qui attire, crée ou rejette. Il s'agit de reconnaître et d'expérimenter qu'il y a là quelque chose de plus grand que soi-même, une transcendance, une merveilleuse dynamique d'un amour divin qui nous accueille de manière inconditionnelle.
Un double mouvement émerveillé de confiance ( par le souffle expiré) et de gratitude (par le souffle inspiré) peut alors s'ouvrir comme un double vortex en lien avec la Source (le vide quantique, la matrice, le point zéro, Dieu). Nous sommes en réalité un vrai miracle auquel nous avons part et pouvons prendre une partie plus active.
Nous sommes assurément un miracle:
Nous informons en permanence la Source:
Nous attirons, nous créons, nous repoussons en co-création avec la Source qui nous offre notamment en retour ces intuitions, inspirations, prémonitions, coïncidences et synchronicités.
Voilà ce qui a pouvoir - et vocation - de nous faire sortir de l'obsession du néant...


       

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