Les thèmes associés sont des sujets abordés directement ou indirectement par la Bible.
Nous les traiterons succinctement sur cette page en donnant la possibilité d'ouvrir un dossier plus étoffé en format PDF.
Sommaire: La révélation; Dieu et la Shoah; le dieu pervers ; sacré/saint, moyens/fins; la non-violence; la bienveillance; la culpabilité; la paix: un soin mutuel; la bénédiction; quelle obéissance? ; le péché; la translation; 

>>>>Pour aller plus loin: la non-violence chez Jésus et Martin Luther King. Notre foi en l'humain de Maurice Bellet; un Jésus à 2 visages: la pacifique et le violent. Sortir de la violence: un défi spirituel; le dieu pervers de Maurice Belletla paix dans l'Ancien et le Nouveau Testament

La révélation: Le mot « révélation » se rencontre une cinquantaine de fois dans la Bible et sert de titre à l’un de ses livres, l’Apocalypse. Le verbe grec apocaluptein, utilisé par le Nouveau Testament, signifie « découvrir », « dévoiler ». On l'emploie, par exemple, quand on tire le rideau d'une scène de théâtre au début d'une pièce, ou qu’on ouvre le couvercle d'une boite pour voir ce qu’il y a dedans, ou, encore, lorsqu’on enlève le masque placé sur un visage. Révéler consiste à rendre visible ce qui ne l’était pas, à exposer au regard ce qui auparavant était dissimulé. Certaines choses ont-elles été rendus visibles dans la Bible? A-t-elle été dictée par Dieu ou un ange? Ou faut-il considérer - avec Paul Ricoeur - que l’idée de révélation porte atteinte au préjugé de l’autonomie radicale du sujet pensant? >>>> Pour approfondir

Dieu et la Shoah

La question plus douloureusement encore s'est aussi posée après les terribles événements de la Shoah. Hans Jonas (1903 - 1993) est un historien du gnosticisme et un philosophe allemand. Il fut élève de Husserl, Heidegger et Bultmann avec Hannah Arendt. Jonas met en avant l'impossibilité de lier ensemble simultanément trois concepts en Dieu : sa toute-puissance, sa bonté suprême et sa compréhensibilité. Il s'agit donc de savoir quelles propriétés sont nécessairement liées au concept de Dieu. Autrement dit, de quelle propriété peut-on se passer pour poser le concept de Dieu, surtout après les horreurs de la Shoa ? Il est nécessairement bon. Cette propriété est inaliénable.  En ce qui concerne sa connaissabilité, elle est certes limitée, mais ne peut être abandonnée : le caractère totalement énigmatique de Dieu est inconciliable avec la Torah, qui insiste sur le fait qu'on peut connaître Dieu, une part de sa volonté et même de son essence (il y a eu révélation). Le judaïsme ne peut admettre un Dieu inintelligible. Sur ce point, Jonas reste fidèle à sa tradition religieuse. Dieu est donc absolument bon et connaissable. Par conséquent, Il ne peut pas être tout puissant. « Après Auschwitz, nous pouvons affirmer, plus résolument que jamais auparavant, qu'une divinité toute-puissante ou bien ne serait pas toute bonne, ou bien resterait entièrement incompréhensible (dans son gouvernement du monde, qui seul nous permet de la saisir). Mais si Dieu, d'une certaine manière et à un certain degré, doit être intelligible (et nous sommes obligés de nous y tenir), alors il faut que sa bonté soit compatible avec l'existence du mal, et il n'en va de la sorte que s'il n'est pas tout-puissant. C'est alors seulement que nous pouvons maintenir qu'il est compréhensible et bon, malgré le mal qu'il y a dans le monde ».
Jonas s'empresse d'ajouter alors que cette puissance limitée ne l'est pas selon le bon-vouloir de Dieu de manière révocable : Dieu ne peut pas retrouver sa toute-puissance et modifier le cours des choses, il n'y a pas de miracle : « pendant toutes les années qu'a duré la furie d'Auschwitz, Dieu s'est tu ». Les seuls « miracles » ont été humains. Et si Dieu n'est pas intervenu c'est parce qu'il ne le pouvait pas. Encore une fois, le divin ne s'est pas retenu lors de la création, il s'est totalement abandonné. Le concept développé par Jonas est donc celui d'un « Dieu qui donc répond au choc des événements mondains contre son être propre, non pas « d'une main forte et d'un bras tendu» - comme nous le récitons tous les ans, nous les juifs, pour commémorer la sortie d’Égypte – mais en poursuivant son but inaccompli avec un mutisme pénétrant». Ici, Jonas rompt donc avec la tradition juive. Dieu veut le bien mais n'est pas tout-puissant, le mal vient de l'homme (Jonas critique le manichéisme, qui attribue le bien et le mal à deux puissances antagonistes). La liberté humaine atteste bien du renoncement à la toute-puissance. Jonas parle par la suite de la création comme « acte d'autodépouillement divin ». Dieu s'est entièrement dépouillé de sa puissance dans le fini à qui Il confie son sort

       

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