Carpe diem est une locution latine extraite d'un poème de Horace que l'on traduit en français par :
« Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain », littéralement « et <sois> le moins crédule <possible> pour le <jour> suivant » (
wikipedia) .
Le présent est la seule réalité à notre portée : le passé nous a échappé et le futur ne nous appartient pas. Or, nous passons beaucoup de temps à regretter l’un et à appréhender l’autre. Ne pas vivre le moment présent, c’est donc tout simplement vivre dans une illusion. Être dans « l’ici et maintenant », ce n’est pas se voiler la face devant l’avenir ou agir comme si le passé n’avait pas été. C’est avoir conscience de ce qui se passe en soi et hors de soi, revenir à ses sensations et à ses émotions, savourer la vie et ne pas fuir systématiquement en cas de gêne ou de douleur… Adopter cette façon d’être au monde est l’une des meilleures solutions pour se protéger du pessimisme ambiant et apaiser ses propres angoisses personnelles. Et, ainsi, plus présent à soi et aux autres, pouvoir sans culpabilité ni complaisance se retourner sur son passé et se projeter dans l’avenir de manière à la fois sereine et réaliste (In www.psychologie.com).

Pour Frédéric Lenoir, cette quête s'est amorcée dans les années 50/60: elle tend à l'accomplissement de soi, à la recherche du sens de la vie, d'une sagesse sans absolu; c'est un travail sur soi pour être mieux ou bien, pour aller vers ce qui est juste, plus vrai, pour grandir et s'appuyant sur les qualités de l'être humain. La recherche personnelle s'appuie sur les éléments pratiques de la spiritualité sans les éléments théologiques; c'est une quête au plus profond de soi; elle est donc fluctuante, tantôt mystique mais volontiers apophatique (en théologie = une approche qui préfère insister sur ce que Dieu n'est pas) car on a beaucoup trop parlé de Dieu au lieu d'en faire l'expérience…

André Comte-Sponville (L’esprit de l’athéisme. Introduction à une spiritualité sans Dieu. Albin Michel 2006) plaide pour une approche sans dieu,  en faveur de " Moments de grâce dans un présent neuf qui échappent à l’engloutissement dans l’avenir ou dans le passé ; seul le présent existe et tout y est : nos pensées, nos mensonges, nos vérités, nos idées ou nos connaissances" ; tout est à mettre entre parenthèses pour que cessent nos conditionnements nés des bonnes mœurs, des bonnes manières ou de la politesse. Tout est revisité, mises entre parenthèses des dogmes des églises, des règles, des commandements, des partis politiques, des idéologies, etc. L’indépendance est le vrai visage de la spiritualité. Elle n’a toutefois rien à voir avec le libre arbitre, car pour le philosophe nous ne pouvons être (vouloir ou faire) autre chose que ce que nous sommes.

Être bien présent à soi comme aux autres, sans culpabilité ni complaisance, sans être prisonnier de son passé tout en pouvant se projeter dans l'avenir est une quête louable pour bien s'adapter à notre réalité. Mais c'est loin d'être simple à réaliser ! Frédéric Fanget psychiatre le dit en ces termes: " Rêver d’un avenir meilleur nous désenglue de notre histoire et nous pousse vers l’avant. Mais à l’inverse, tout miser sur le futur rend le présent infertile. A tout remettre à plus tard, nous ne construisons rien. C’est ce que l’on appelle la procrastination. Elle est le propre des grands angoissés qui redoutent les conséquences de leurs décisions. Ils ne se marient pas parce que ce n’est pas le partenaire idéal, ne font pas d’enfant parce qu’ils ne sont pas prêts, refusent du travail parce qu’ils n’ont pas trouvé leur voie… En ce sens, ils sont très proches des perfectionnistes, mais leur incertitude les paralyse. Or le bonheur n’advient pas tout seul, il faut le bâtir pas à pas, par améliorations successives. Réfléchir à la direction que l’on donne à sa vie est indispensable pour ne pas être dans l’errance. Mais parfois, il faut aussi savoir arrêter de se poser des questions pour vivre, tout simplement. Instant après instant, pas à pas..."

Entre le surhomme et Sisyphe

Pour Nietzsche, «Tout ce qui ne tue pas rend plus fort». Laissons-le donc tuer nos illusions, car c’est toujours pour nous rendre à notre véritable puissance…

Sachons surmonter la mort de Dieu

« Dieu est mort » : cette célèbre phrase est avant tout le diagnostic d’une époque, la nôtre. Dieu mort n’est que la projection par l’homme d’une autorité transcendante chargée de garantir la morale, les valeurs, le sens. Sa mort signifie que « les valeurs supérieures se déprécient, les fins manquent ; il n’est pas de réponse à cette question : à quoi bon ? » C’est le temps du nihilisme. Mais Nietzsche ne prône aucun retour en arrière. La mort de Dieu, si nous la surmontons, est l’occasion de devenir créateur d’une nouvelle humanité.

Laissons déborder notre puissance

La volonté de puissance n’a aucun rapport, chez Nietzsche, avec la "lutte pour la vie" d’inspiration darwinienne. Elle n’est rien d’autre que la volonté de créer. Le créateur, c’est « l’homme en qui la puissance déborde ». Tout en nous désire aller au-delà de ses limites. Etre puissant, c’est-à-dire créateur, c’est se dépasser sans cesse en direction de possibilités inexplorées, de perspectives inconnues. C’est ce que Nietzsche appelle la « grande santé ». Mais la volonté de puissance peut aussi être malade. Ce désir se transforme alors en ressentiment : culpabilité, haine de soi, haine de l’autre.

Lâchons l’illusion d’être un moi cohérent

« Tous nos motifs conscients sont des phénomènes de surface. Derrière eux se déroule la lutte de nos instincts et de nos états : la lutte pour la puissance. » La volonté de puissance est également le nom que Nietzsche donne à l’inconscient ! En cela, il devance les recherches les plus modernes : l’être humain est composé d’« une pluralité de forces quasi personnifiées dont tantôt l’une, tantôt l’autre se situe à l’avant-scène et prend l’aspect du moi ». Nous ne sommes pas un "sujet", mais un champ de bataille, le lieu où se rencontrent une multiplicité de perspectives sur le monde et la vie.

Soyons dionysiaques : célébrons la vie !

La grande santé, c’est accueillir cette multiplicité qui nous compose, accueillir la contradiction, en un mot : le tragique de l’existence. Trop souvent, nous voulons le bien sans le mal, la lumière sans les ténèbres… Le dieu grec Dionysos symbolise pour Nietzsche l’homme qui accueille inconditionnellement, en lui comme hors de lui, les polarités opposées : le bien et le mal, la vie et la mort, la création et la destruction… Au-delà de ces polarités s’offre la joie tragique, celle de la lucidité et du oui à la vie.

Redevenons enfants

Amor fati : amour de la destinée. Cette expression issue du stoïcisme n’invite pas à la résignation, mais à une acceptation joyeuse : « Je veux apprendre toujours plus à voir dans la nécessité des choses, le beau : je serai ainsi un de ceux qui embellissent les choses. Je ne veux pas faire la guerre au laid. Je ne veux pas accuser, même pas les accusateurs. Que regarder ailleurs soit mon unique négation ! Je veux, en toutes circonstances, n’être plus qu’un homme qui dit oui ! » Telle est la figure du "surhomme" : non la brute blonde encensée par les nazis, mais l’homme dionysiaque, qui a su redevenir enfant : jeu et nouveau commencement.

 <http://www.psychologies.com/Culture/Maitres-de-vie/Friedrich-Nietzsche>

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Nous sommes dans la pure célébration de l'effort volontariste: à nous de lutter contre tout ce qui s'opposerait  au plaisir de notre puissance, du moi cohérent dionysiaque et enjoué. Un travail titanesque en réalité car nos conditionnements malheureux son multiples. Le surhomme sera forcément une sorte de Sisyphe. Il a été par ailleurs récupéré par l'économie capitaliste qui prône l'idéologie de la liberté à travers le grand tout et le grand rien de l'épanouissement personnel et de la consommation matérielle.

Au cœur du malentendu

Quiconque veut s’en tenir uniquement à l’immanence devra faire sienne tout ou partie de la pensée de Camus. La conscience de l’absurde conduit à sa transgression en une révolte, une lucidité, un défi permanent mais néanmoins responsable. C’est une attitude exigeante doublée d’une tâche infinie qui va nécessiter le soupçon à l’encontre de l’habitude, des préjugés ou des convenances dont nous sommes esclaves. L’idéal de l’homme absurde se vit entre la certitude du non-sens et la révolte lucide sans la résignation qui devrait l’accompagner. Un projet noble impossible pourtant à garantir, car la nausée existentielle stimulante peut aussi devenir un désespoir paralysant.

            La pensée de Camus s’appuie sur un matérialisme érigé en savoir indépassable. Nous sommes au cœur du malentendu. L’humain ne peut être que sa propre et unique fin : là-dessus les tenants du déterminisme seront d’accord. Pourtant, dans ce cas de figure, il se pourrait bien – comble de l’absurde ! – que notre entité corps-conscience n’ait même pas réellement la possibilité, les moyens de sa rébellion, tant elle est sous l’influence de la chimie de notre corps et de notre cerveau. Nous pourrions, en réalité, en être les esclaves plus ou moins conscients. Une suspicion de plus à ajouter à la longue liste des pesanteurs de l’habitude, des préjugés ou des convenances. De quoi, bien sûr, renforcer encore la nausée existentielle tout en fragilisant la révolte ou le défi contre la résignation qui devrait l’accompagner. Peut-on – et faut-il alors – s’accrocher à la maxime disant qu’il faut désespérer de tout sans relâche? Et si oui, au nom de quel savoir ? Rien en ce domaine ne pourra avoir valeur de certitude, sinon justement que tout est incertain, relatif, subjectif, etc. L’un des pôles de référence de Camus, le savoir, s’en trouve déjà fortement fragilisé, en tous les cas compromis. Reste indubitablement la conscience, même partielle ou instinctive, de la double expérience de l’autonomie et de la confiance, de la liberté et de l’amour. 

Une quête éperdue

Comme l'a démontré G.van der Leeuw, dans son étude de la phénoménologie de la religion, il y a chez l’humain un désir profond de ne pas accepter simplement la vie qui lui est donnée ; il y a donc recherche de puissance – et surtout de sécurité - pour avoir une vie plus riche, plus profonde, plus ample  dans une quête du tout tantôt accessible tantôt inatteignable ; elle est expérience particulière, éprouvée, vécue mais aussi révélation jamais entièrement expérimentée dans la vie, référence à quelque chose d'étranger ou d’absurde qui traverse le chemin de notre humanité en venant contester nos raisons de vivre et nos attentes. Face aux aléas de la vie, aux drames et aux pertes, nous recherchons un Ce sans quoi nous serions livrés au néant justement.  Un Ce par quoi nous parvenons à contenir nos ténèbres et la fascination pour le chaos de la violence. 

Notre présent est toujours traversé par des peurs, des doutes, des angoisses, des appréhensions, des certitudes ou des convictions intimes. Il est donc fonction de notre passé par l'encodage de la réalité via les ondes gamma: « Nous avons découvert l'existence d'ondes gamma rapides et lentes, venant de différentes zones du cerveau, exactement comme des stations de radio émettant sur des fréquences distinctes », explique Laura Colgin, auteur principal de l'étude et réalisant un post-doctorat au Kavli Institute for Systems Neuroscience and Centre for the Biology of Memory en Norvège. « Lorsque les cellules nerveuses veulent se connecter, elles synchronisent leur activité », poursuit Mlle Colgin. « Littéralement, elles accordent leur longueur d'onde. Nous avons notamment étudié le rôle des ondes gamma dans la communication entre des groupes de cellules dans l'hippocampe, et avons découvert ce qui peut être décrit comme un système de radios dans le cerveau. Les basses fréquences transportent la mémoire des expériences passées, les plus hautes véhiculent ce qui se passe sur le moment. » Pour être au présent, il faut donc s'être libéré de son passé ! Du moins y travailler: mais comment?

Boris Cyrulnik, (In de chair et d’âme, éd.Odile Jacob,2006) nous donne quelques repères. Pour lui,

  • Nos chemins de vie se situent sur une crête étroite, entre toutes les formes de vulnérabilités, génétiques, développementales, historiques et culturelles, et les mécanismes de protection, de dépassement mis en place. À l'évidence, pour résilier un malheur passé, il faut justement avoir été vulnéré, blessé, traumatisé, affecté, déchiré...
  • Il y a résonance, interaction entre l'hérédité et le milieu : nos transactions, au fil de notre développement, sont de moins en moins biologiques et de plus en plus affectives et culturelles.
  • Le gène du surhomme correspond au chromosome 17 responsable du transport de la sérotonine par la protéine 5-HTT  longue ou courte à travers laquelle l'humeur sera plutôt gaie ou dépressive ; il ne s'agira que d'un facteur parmi des milliers d'autres car il est impossible d'affirmer qu'un comportement soit codé par un gène.
  • La biologie de l'attachement montre que nos formes de développements se font selon notre enveloppe sensorielle unique composée par les figures d'attachement spécifiques (donneurs de soins, personnages signifiants, institutions et récits culturels). Un même événement peut ainsi provoquer une catastrophe dans un certain contexte et aucune réaction à un autre moment.

Le bonheur est une idée récente née au 18 e s. mais elle est à inscrire en fonction de la notion corollaire du malheur ; le tout est en fait coloré par notre cerveau d'un sentiment correspondant. Une lésion dans l'hémisphère gauche provoque régulièrement des accès de mélancolie ; une représentation anticipée par un sentiment éveillé va solliciter des zones spécifiques ; certains neurologues déterministes ont voulu réduire nos comportements via l'ocytocine et la vasopressine. Mais en réalité, les conditions du lien associent aussi bien la souffrance du manque avec le plaisir des retrouvailles, le bonheur et le malheur, la peur et la sécurité, l'attachement avec l'angoisse, l'apaisement avec l'alerte, à travers tous les couples opposés imaginables ! Le couplage de la peur et de l'euphorie favorise des comportements ambivalents destinés à favoriser des événements euphorisants dans une triste existence.

Un toilettage de nos affects, de la mémoire du passé est donc indispensable pour cueillir le jour présent sans se soucier du lendemain, pour être plus présent à soi et aux autres, pouvoir sans culpabilité ni complaisance se retourner sur son passé et se projeter dans l’avenir de manière à la fois sereine et réaliste.

Vers une lucidité sereine et une sérénité lucide

Notre passé est fait d'une quête obsessionnelle de sécurité (matérielle et existentielle), d'épanouissement personnel, de puissance, de gloire et de jouissances. Nous aspirons à une vie plus ample, plus riche, en refusant d'accepter notre finitude. Nous en voulons au divin de nous avoir libérés de l'instinct animal, de nous avoir donné la conscience, la pensée de l'éternité, sans les moyens d'assurer pleinement notre félicité. Notre inimitié envers Dieu est réelle, qui nous fait tenter de l'abattre, et tous les cas de le rejeter. Toutefois, comme l'écrivait Raoul Follereau, "L'être humain n'est complet, créateur et intelligent que s'il a reconnu sa source, son plan d'origine, l'énergie qui le soutient, le remplit, l'appelle infiniment. Et il n'est intelligent que s'il a retrouvé la bonté en lui." L'homme est créé bon, mais il chute dans l'état d'aliénation existentielle. Il a laissé le fondement créateur de l'être pour reposer sur lui-même, afin d'être une liberté finie. Il est à l'extérieur de la vie divine dans la liberté actualisée, dans une existence qui n'est plus unie à l'essence, bien qu'elle n'en soit pas séparée totalement. Il est dans un état de contradiction par rapport à Dieu, par rapport à lui-même et par rapport aux autres. C'est là le point le plus mystérieux de l'existence humaine: «La condition de créature dans son plein développement est la condition de créature déchue. (Paul Tillich)»
Comme l'explique fort bien le philosophe Pierre-André Stucki:

« Dans mon passé, j’étais prisonnier de moi-même. Je vivais angoissé sans me rendre compte de cette angoisse qui avait prise sur toutes mes attitudes. Par lâcheté ou par paresse je refusais de me prendre pour ce que je suis, je refusais d’être moi-même, de m’accepter. Et ce refus quant à moi était du même coup le refus de la possibilité que Dieu m’offrait d’une liberté authentique. Ou bien par présomption je m’affirmais moi-même dans une mauvaise foi, une inauthenticité que je ne comprends que maintenant. Dans l’un et l’autre cas j’étais prisonnier des attitudes que j’avais moi-même posées et cette captivité ne m’était connue que par sa saveur écœurante.» (Pierre-André Stucki, Le christianisme et l’histoire d’après Kierkegaard, 1963, Verlag für Recht und Gesellschaft AG Basel, p.162.)

Dans l'acceptation de la foi, le Royaume des cieux ressemble à une personne qui se rend compte qu'elle ne viendra jamais à bout de ce qui pèse - la convoitise, la rivalité, la faute, la culpabilité et le perfectionnisme -, qu'elle n'atteindra jamais une image idéale d'elle-même qu'elle croyait nécessaire pour se rendre acceptable et aimable. Elle accueille alors son impuissance radicale; elle s'ouvre ainsi à l'avenir, à la nouveauté, à  l'autre/au divin avec confiance; elle renonce à expier son malheur par une vie de fuite, d'hypocrisie, de devoir ou de mensonge. Ici, la dynamique de guérison est bien une résurrection: laisser venir le courage d'oser être soi-même avec ses ombres et ses lumières en faisant face aux autres. Nous voici libérés de notre passe-temps favori qui consiste à tout idéaliser ou à tout diaboliser, à vomir les autres ou à les dévorer ! Une manière de se laisser dominer tantôt par le désespoir-force en sa volonté de tout maîtriser, tantôt par le désespoir-faiblesse qui cherche le salut dans la fuite. Nous pouvons voir notre aveuglement s'en aller, le laisser partir avec l'aide de Dieu. Apprendre à nous aimer sans enflure ni tristesse, sans tout ramener à soi. Et retrouver foi dans la joie de donner et de recevoir gratuitement, sans chagrin ni contrainte qui est la dynamique privilégiée du Royaume, l'alpha et l'omega.

L'essence du moteur du libre arbitre serait alors l'Amour.

Pour Philippe Guillemant. « La question reste ouverte concernant l'action de la conscience ou le pouvoir de l'intention. Je pressens néanmoins qu'il doit s'agir d'une action électromagnétique, car si l'on considère la capacité de la nature à faire émerger toute la complexité et l'organisation du vivant, en comparaison avec la pauvreté de notre technologie pour ce qui est de fabriquer des systèmes artificiels de type humanoïde par exemple, il est légitime de se demander si dame nature ne maîtrise pas beaucoup mieux que nous la communication électromagnétique et tout ce qui s'en suit. (…) il n'est pas inconcevable que cette information puisse jouer un rôle déterminant et structurant sur nos lignes temporelles.

L'amour dont il est question ici n'est pas l'amour au sens où on l'entend habituellement ni au sens "new-age". Il n'est pas un produit de l'activité cérébrale, contrairement au désir. Il est une essence fondamentale de l'espace intérieur, au même titre que la lumière dans l'espace extérieur. Il s'agit de l'essence du (moteur du) libre arbitre. Si le libre arbitre définit un archétype vers lequel on tend, il faut encore définir la puissance (ou l'intensité) avec laquelle on tend vers la réalisation de cet archétype. C'est ce que j'appelle l'amour, faute de trouver une meilleure appellation, car on tend vers ce que l'on aime, tout simplement. L'amour et le libre arbitre sont indissolublement liés, tout comme une forme (un contenant) est indissolublement liée à son contenu. Cela n'a rien à voir  avec l'amour au sens du désir par exemple, car le désir a plutôt l'effet contraire. »

« A ce sujet, j'ai de plus en plus tendance à croire que l'amour peut être puisé dans un immense réservoir d'énergie qui se trouve tout autour de nous et je me demande même s'il ne s'agirait pas de l'énergie du vide, en tout cas je le ressens comme une source de lumière intérieure. Pour accéder à ce réservoir, je suis certain qu'il faut passer par le canal de l'être intérieur ou âme, ce qui nécessite tout d'abord une prise de conscience que nous sommes des machines organiques et que nous sommes à ce titre perpétuellement conditionnés par nos pensées, nos émotions et nos sensations. Notre ego essaie de gérer seul toute cette mécanique, et en le laissant faire continuellement nous faisons une erreur, car ainsi l'ego ne fait que se renforcer et empêcher l'esprit de parvenir à la conscience. » Notre malheur résulte bien logiquement d’une déconnexion entre notre conscience-cerveau et l’Esprit ; l’organisme est alors soumis à la loi de l’entropie qui le fait se dégrader – ou dysfonctionner - puisqu’il n’est plus (pas ou pas assez) régénéré par l’amour. Nous fonctionnons essentiellement à travers nos conditionnements: nos peurs, nos addictions, nos intérêts, nos calculs, nos mensonges, nos négligences, nos croyances, nos angoisses, nos attachements à notre petite personne, etc., tout cela tue, étouffe inexorablement l'amour divin. Pour être en son être véritable, il faudra bien se désencombrer. Apprendre à interagir avec la Source, le vide, la matrice, le champ, Dieu: Aller vers cet Ailleurs !

Dès lors, pour Maurice Bellet, la Voie est sans voie ; elle est le feu qui veut la Vie, l'expérience de pouvoir vivre sa vie. Chemins différents, inédits et multiples forcément ; chemin transcendant car toujours dans la transgression de l'ordre du monde. L'absolu relationnel sera maintien de tout dans la foi, l'espérance et la charité ; lutte pour sauver le désir, la patience et refuser le désespoir ; aimer comme on peut, comme on sait en essayant de ne détruire en rien ni autrui, ni soi-même ; et se garder de toute haine. Refus d'entrer dans cette violence absolue qui détruit tout, gâche le meilleur, corrompt la vérité ; nous lui préférerons l'impalpable lumière de la joie paisible et forte qui survivra à tout, qui sera encore là par-dessous les effondrements, les détresses apparemment absolues. Joie décontaminée de la destruction. Quand l'esprit et le Christ coïncident, quand ici et maintenant se joue la relation vive et humble qui nous rend proches, paix, parole, naissance en liberté. Tout doit s'effacer de la tristesse de mort, de cette propension à crucifier la vie en sanctifiant le néant d'au au-delà fantasmé ou imaginaire.

Il faut donc apprendre à penser, ressentir autrement en laissant venir l’Inouï : nous sommes UN. L’Univers faisant l’expérience de lui-même, l’Absolu qui se connait dans le moindre : littéralement Dieu fait homme ! Pour être plus présent à soi et aux autres, pouvoir sans culpabilité ni complaisance se retourner sur son passé et se projeter dans l’avenir de manière à la fois sereine et réaliste, il faudra se désencombrer, quitter le mortifère, la convoitise et la rivalité du désir mimétique, oser rechercher ce temps neuf où la vraie Vie peut éclore dans le soin, l'accueil, l'écoute, la réciprocité, l'amour fraternel et le respect mutuel. 

Dieu ne cherche rien d'autre qu'à nous toucher : notre coeur endurci et pétrifié ne pourrait-il s'attendrir, et le rigorisme de notre jugement moral ne pourrait-il faire place à un peu plus d'humanité et de bonté ? 

C'est chaque fois un cri pour davantage d'humanité, de réalisme, de vérité ; contre les règlements inhumains, injustes, aliénants. Car " Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres (Nelson Mandela)."

Lâcher prise (laisser partir) et laisser venir

Pour y arriver, nous aurons à changer notre représentation du Réel. Oser un passage spécifique: Passer du besoin au désir, du charnel au spirituel, c'est aller vers la joie de tout l'être et non pas vers la satisfaction d'un besoin partiel. Pour cela, il faut quitter le jeu des identifications stériles à la vie des autres ou à leur personne. S'identifier plutôt à l'immense intelligence à l'oeuvre dans l'Univers. Ressentir combien elle nous respecte infiniment, dans une ouverture absolue, inconditionnelle, sans partage ni dégoût. Exactement comme nous ne saurons jamais le faire !

La métaphore de l'Univers connecté

    "Il a été démontré que cette chose que nous appelons "le vide de l’espace" est en fait remplie d’énergie. La géométrie en parfait équilibre d’une infinité scalaire de cuboctaèdres est la raison pour laquelle l’énergie infinie du vide (le plénum, l’éther, l’énergie de point zéro, la mousse quantique, l’espace, le champ source, Dieu, la conscience cosmique, l’amour universel, ou appelez-le comme bon vous semble) nous apparaît comme quasi nulle car l’énergie est dans un état d’équilibre parfait à toutes les échelles .

Le travail d'Haramein montre que tout dans l'univers est connecté, de l'échelle la plus grande à la plus petite, grâce à une compréhension unifiée de la gravité. Il démontre que c'est l'espace qui définit la matière et non la matière qui définit l'espace. "Rappelez-vous que la matière est faite de 99,9 % d'espace"- dit Haramein - La théorie du champ quantique expose que la structure même de l'espace-temps, à un niveau extrêmement petit, vibre avec une énorme intensité. Si nous pouvions extraire un infime pourcentage de toute l'énergie contenue au sein des vibrations se trouvant dans l'espace de l'un de vos doigts, cela représenterait assez d'énergie pour alimenter les besoins mondiaux pendant des centaines d'années.  Cette nouvelle découverte a le potentiel d'ouvrir un accès à l'exploitation de cette énergie comme jamais auparavant, ce qui révolutionnerait la vie telle que nous la connaissons aujourd'hui". Ici, l'indépendance, nos moments de grâce dans le présent, la mise entre parenthèses pour que cessent nos conditionnements nés des bonnes mœurs, des bonnes manières ou de la politesse, tout est en lien justement avec le libre arbitre, avec cette transcendance obligée par laquelle nous interagissons avec l'Univers (le champ, la matrice, Dieu comme nous pouvons aussi l'appeler). 

Nous échangeons en permanence de l’information : C'est une nécessité car nous sommes faits de quelque 100 trillions de cellules et chacune d'entre elles est constituées d'environ 100 trillions d'atomes, qui furent à l'origine créés au sein d'une étoile. Les atomes de votre main peuvent très avoir été créés dans une autre étoile que ceux de votre pied, donc, par définition, nous sommes des êtres galactiques puisque les structures mêmes qui composent nos corps viennent de partout dans l'univers...Le modèle de la division cellulaire en Biologie correspond à la structure fondamentale du tissu de l'Espace (cosmologie) au sein duquel il se divise. Une chance, sinon nous ne serions probablement pas en mesure de coordonner les quelque 100-200 TRILLIONS de réactions chimiques qui se produisent chaque SECONDE au niveau cellulaire à l'intérieur du corps humain !

Toute l'information est holographique ; elle passe par les molécules d'eau qui structure ensuite l'ADN, et non l'inverse ; si l'on retire les 10 couches d'eau présentent dans la structure de l'ADN, plus rien ne se passe ! C'est aussi le cas pour la conscience ou le corps : les cellules s'organisent de façon très complexe à travers le champ d'informations par des feed-back avec l'eau. La même chose se produit avec le spin, le vortex : le tourbillonnement est là où se trouve notre singularité ; au centre se trouve la quiétude et plus on l'atteint plus la dynamique tourbillonnaire du spin augmente autour de nous et avec elle l'inspiration ou l'influence autour de nous. Tout cela même à la conscience que nous sommes UN ; c'est la plus haute connaissance, celle qui va nécessité de chacun-e des choix qui vont avoir un impact sur le champ morpho-génique; cela se fera par feedback successifs: nous donnons au champ de nouvelles informations dont il va tenir compte et nous donnant de nouvelles informations, etc. C'est dans l'énergie du vide que tous se trouve, notre lumière intérieure comme la force, le courage, la volonté, l'amour...

Nous serons co-créateur d'une humanité nouvelle, sans cesse en direction de possibilités inexplorées, de perspectives multiples, sans culpabilité, haine de soi, haine de l’autre, sans nous pétrifier dans trop de cohérence, de pertinence ou de rigueur mais sans nous laisser dissoudre dans une subjectivité exacerbée; en attente et à l'écoute de ce que le divin peut nous donner : par des intuitions, des moments d'inspirations, des prémonitions, des heureux hasards, des coïncidences et des synchronicités. Une chose importe ici : l'interaction avec le divin (le champ, la matrice, le vide quantique, etc.) via notre Conscience cosmique qui fonctionne comme une antenne et les ondes gamma. Nous échangeons en permanence de l'information; nous disons continuellement au divin qui nous sommes et ce que nous désirons vivre, être, connaître, expérimenter. Mieux vaut en être conscient car nous disons par nos convictions intimes tout, y compris ce qui selon nous ne peut pas changer (nos maladies, nos chagrins, no blessures narcissiques et symboliques) ! Et si nous n'y croyons pas, ou si nous refusons d'interagir avec le divin, alors ce dernier va devoir nous respecter infiniment et ne pourra nous être favorable que de manière très limitée.


       

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