Il y a beaucoup de chemins possibles, sans doute autant que d'humains. Le mien invite à aller plus loin en lien avec le divin, mais y chercher de beaux discours qui évitent de penser serait un malentendu…

Croire, la belle affaire ! Il y a tant de croyances douteuses: ceux qui croient que la Terre est plate, les créationnistes, les adeptes des théories du complot, les partisans de l'astrologie, etc. Franchement, il y aurait plutôt à douter de la santé mentale des humains. Mais, si tout est subjectif et relatif, si nous vivons dans une fiction imaginaire et construite, alors nos lectures seront nécessairement des convictions.
Peut-on mettre en évidence un dénominateur commun ?
Pour intéressante qu'elle soit, l'approche de Maurice Bellet reste très marquée par la doctrine freudienne : la Source noire fait référence au mortifère, à la pulsion de mort qui s'exprime en autant de pulsions narcissiques, sadiques ou masochistes.

La notion de pulsion de mort traduit l’échec du principe du plaisir, et la compulsion de répétition . Elle est liée à la puissance des traumatismes, à l’inexorabilité de la répétition sur les voies qui mènent à la souffrance. C'est une force-fascination qui entraîne l'humain vers le mal et la douleur. Elle englobe aussi le principe d'inertie - Nirvana- de retour à indifférencié.

Que la pulsion de mort soit innée et que le rejet éventuel ne fasse que la renforcer, ou qu’elle résulte en totalité des commandements mortifères de la mère, c’est là une alternative dont l’importance peut sembler relative, puisqu’elle n’aura pas beaucoup de conséquences cliniques. En effet, il n’existe pas d’amour intégral et non ambivalent, et la pulsion de mort trouvera toujours un terrain favorable pour se constituer par identification avec l’hostilité de l’adulte qui s’éternise dans le surmoi. Elle sera liée à une vocation pour le pire et le sacrifice…désespérance et désenchantement, peur, tristesse, colère, frustration, angoisse, honte, dégoût, dépit, etc. Ce sont donc des boucles de rétroactions négatives ou encore des stratégies inadaptées, compulsives et répétitives pour arriver à une fin.

Mais il peut aussi sombrer dans la violence pour d'autres raisons: « Car l’homme qui ignore le sens de son être ne pourra que ressentir une insatisfaction profonde qui le ronge. Sauf à se soumettre pour n’être qu’un automate intégré aux institutions régnantes, il la combat par l’avidité du pouvoir et la volonté de détruire ; il s’attache aux choses sans doute, mais surtout à autrui où il projette ses déceptions et ses rancœurs. L’être humain est alors l’être qui massacre. Il dépouille, il tue à défaut d’être parce qu’il y trouve la justification de son moi dans l’appropriation, l’exploitation ou l’abolition de ce qui s’y oppose . » Jean-Marie Delassus, Neurologie de l'être humain, de la structure à l'existence, éd. Encre Marine, p.322.

Se référer à cette pulsion de mort au sens freudien n'est pas la seule manière d'aborder nos affects négatifs ou notre
fascination pour la violence (CF le menu désir et violence pour une approche plus complexe).

Nous percevons le monde de manière subjective à travers nos filtres d'encodage de la réalité qui dépendent bien entendu de nos expériences de vie, positives et négatives. La source noire expriment nos boucles de rétroactions négatives issues de nos traumatismes, déceptions, frustrations, colères, ressentiments, angoisses, hontes, dégouts, haines, etc., dont il n'est pas si aisé à sortir ! Mais nous aurons à le faire, dans un chemin vers soi et vers l'autre, dans une quête qui réconforte et nourrit, donne sans imposer, se refuse à céder à la violence. L'effort sera évidemment de conscience et d'ajustement à ce qui se présente. Sortie des fascinations modernes pour le jeunisme, la consommation ou encore la réussite personnelle ! Il s'agit d'aller vers cette vie bonne, désencombrée de ses pesanteurs douteuses et idéologiques. Cette vie bonne réclame de voir le bien et le beau là où il est, déjà présent ou en potentialité. De le concevoir et d'y consentir. Nous aurons ici à refuser les idées toutes faites des idéologies.

Cette fatale imperfection concerne aussi la Bible ou tout autre livre sacré prétendument divinement inspiré. Mais elle concernera aussi la science déterministe. Un aveu s'impose: nous souffrons de nos représentations de la réalité traversées par nos soifs et nos faims d'absolu.

Ce qui peut nous y aider
Maurice Bellet refuse toute idéologie, toute approche dogmatique ou religieuse, car tout a été contaminé par la source noire de nos pulsions mortifères. Nous récusons partiellement cette approche car elle contient une chaîne de présupposés dogmatiques liés à la pulsion de mort freudienne dont l'existence - à ma connaissance - n'a jamais pu être confirmée par la neuroscience. Freud fut également un personnage ambigu tout comme son approche ( CF. le mensonge freudien). Ce qui compte, par contre, c'est la sortie de toutes les formes de violence, de malfaisances et autres maltraitances ! Là dessus nous sommes d'accord. Toutefois, l'effort volontariste a des limites:
Une vie de fuite, d'hypocrisie, de devoir ou de mensonge qui génère forcément une violence adaptative, obsessionnelle ou réactionnelle. Ici le chemin sera le but: ne rien espérer ni attendre de ce qui est pris / obtenu par la force, la ruse, la séduction, la soumission, le mensonge, la fuite ou la manipulation. Toute vie compte. Toute vie a ses forces et ses fragilités:

Dans cette concilience nécessaire, il est possible d'aller vers une évolution sensée:
La concilience sera prise en compte de la globalité:
Cette Source  nous offre des moments d'inspiration, d'intuition, de prémonition, des heureux hasards, des coïncidences et de synchronicités. Elle le fait toujours dans le principe du libre arbitre qui privilégie le libre choix, la non ingérence et la non imposition. Nous pouvons librement l'utiliser, nous y référer ou pas (CF. pour en savoir plus les approches de Philippe Guillemant et celle de Nassim Haramein.)


       

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