Dieu, nous le savons, c'est le mot le plus chargé de tous les mots humains ! Le plus débattu, défini, dénaturé, instrumentalisé, sali, trahi, etc. Comment s'y retrouver quand sa seule existence ne peut ni être prouvée ni être infirmée?

Dans l'approche d'une science de l'existence, il convient de l'aborder par un autre biais, par une fonction, autrement dit par ce qu'il est censé apporter. Nous dirons ainsi avec Maurice Bellet qu'il sera l'ineffable:

La fonction Dieu dans notre vie sera alors l'opposé du chaotique et du mortifère, éloignement désiré de nos pulsions narcissiques, sadiques ou masochistes si dommageables ! Sortie aussi de l'obsession du Seul, de ce besoin de tout ramener à Soi. Le contraire de vivre en circuit fermé, de posséder pour soi: richesse, savoir, pouvoir. Et ne rien espérer de ce qui est pris / obtenu de force ou par ruse, chantage, manipulation, mystification, dette imposée, etc.

L'insaisissable toutefois ne doit pas conduire aux représentations d'un dieu pervers ou encourager à se replier sur un attentisme paresseux. La vie nous situe dans la tension entre l'utopie et la responsabilité, donc en tension aussi entre l'absolu et le relatif, l'exagération et la banalisation, le trop et le pas assez, le matériel et le spirituel, l'accueil ou le rejet de l'autre, le péché ou la grâce, la liberté ou l'aliénation, l'immanence ou la transcendance, etc. En quête d'un tiers inclus: il n'y a pas seulement la nécessité et le hasard, il y a aussi " cet Esprit intelligent et conscient qui est la matrice de tout (Max Planck)." Pas seulement le sens, la vérité et la destinée, mais aussi la providence;  toute loi, toute énergie ou matière découle de l'information qui pré-existe. Pas seulement le corps, l'esprit ou la conscience biologiquement déterminés mais aussi une Conscience cosmique en lien avec tout dans un univers holographique...
La fonction Dieu sera de nous guider et de nous inciter sans nous contraindre d'aucune manière car elle sera nécessairement à lier avec le libre arbitre:

Ce que nous dirons de la fonction Dieu sera forcément provisoire et révisible, en évolution permanente et en débats interdisciplinaires:
La fonction Dieu sera point d'appui et d'interrogation, invitation et stimulation, libre consentement et apport concret, ici et maintenant et non uniquement dans un avenir rêvé ou encore dans un au-delà érotisé. La fonction Dieu ne conduira pas non plus à crucifié la vie en sanctifiant le néant...Elle sera ancrée dans anthropologie moderne - constamment revue et corrigée - et une pratique spirituelle à définir clairement en dehors d'un référentiel New Age  magique ou infantile. La fonction Dieu devra aussi être compatible avec des hypothèses méta-empiriques de types scientifiques. La fonction Dieu devra surtout faire apparaître une nouvelle conscience de soi et dessiner de nouveaux projets d'existences. Elle sera un presque rien - dont on peut se passer - qui fait néanmoins la différence quand il est bien utilisé ou bien pensé ! Un presque rien donc qui peut tout changer...mais qui nous échappe toujours parce qu'il vient du futur comme un cadeau accordé en retour, comme une réponse à nos dépôts d'intentions et demandes désintéressées.
Un presque rien qui maintient le mystère, l'ineffable insaisissable tout en définissant de possibles conditions de surgissement, de possibles interactions et des gains concrets partiellement vérifiables car les résultats obtenus vont dépendre de la puissance de nos convictions intimes aux effets placébo et nocébo. Demeurera ce presque rien qui nous contraint à repenser les acquis de la modernité comme les représentations ancestrales à dépasser...Car le presque rien sera de fait un plus que nécessaire pour sortir de la puissance du chaotique toujours présent et menaçant dans les forces de la nature évidemment, mais aussi dans la barbarie humaine qui n'en finit pas de renaître de ses cendres. Nous aurons à préciser comment cela se peut.
Ainsi va la Route du temps...


       

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