Comment concilier au mieux la science, la connaissance, la technologie et la sagesse?
La démarche vaut la peine d'être découverte. Voici quelques idées phares:

Le but du livre est de fournir un aiguillon pour avancer vers une écologie qui ne soit pas une punition; il faut pour cela dépasser les fausses alternatives (nature ou emplois, il faut choisir! Produire ou s'épanouir, il faut choisir!), dépasser aussi l'écologie punitive ou l'humanisme moralisateur. Une écologie positive partira de ce principe: sauver le monde c'est se sauver soi-même. L'âge de la connaissance suppose une interaction entre connaissance et usage de la terre dans une écologie positive adaptée. Il importe de réaliser que les civilisations meurent notamment quand elles ne respectent plus leur terre. D'autre part, l'étude des cités prospères met en évidence un savoir-faire, une plus-value, une mixité culturelle et une collaboration qui permettent de trouver de meilleures solutions aux défis du moment.

Big Data is Big Business: GIGAFUCK en sont aujourd'hui les géants: Google, IBM, General Electric, Amazon, Facebook, Uber, Cloudera et Kaggle. Le défi sera d'articuler correctement l'information, plus volatile, la connaissance au demeurant reproductible, la compréhension - qui englobe la connaissance, l'innovation et la liberté - et la sagesse comme connaissance de soi. Pour Asimov une civilisation qui produit beaucoup de connaissances et peu de sagesse est vouée à l'échec! Nous sommes pourtant à un nouveau tournent: la 2è Renaissance. La 1ère, située en 1492, réinvente l'imprimerie: La seconde en 1992 invente internet. La 1ère, en médecine notamment, se développe à partir de l'expérience. La seconde se développe à travers les neurosciences. La 1ère redécouvre les Amériques, la seconde l'espace. Après l'héliocentrisme, nous découvrons Laniakéa cet amas de  100 000 galaxies dont fait partie la nôtre attirées par un mystérieux Grand Attracteur. Notre place est ainsi apparue encore plus dérisoire et plus rare: à chaque naissance d'un humain, il naît 11 477 étoiles ! Il s'agira d'aller plus avant vers une économie de la connaissance basée sur le biomimétisme, une Blue Economy donc qui s'efforcerait de produire comme la nature.

Toutes les révolutions passent par 3 étapes: elles sont jugées ridicules, puis dangereuses, enfin évidentes. CF. Le vote des femmes, la Terre est ronde,  la souris pour les ordinateurs, etc. Pour qu'elle soit adoptée, il faut qu'elle cesse de faire peur, et soit donc dans la mignonitude tout en étant une innovation puissante. La connaissance doit toutefois être modulables en collection infinie de présuppositions vraies et démontrables en mathématique du moins. En matière d'innovation, l'échec est inévitable: c'est en réalité un diplôme ! Vers la réussite ensuite notamment à travers l'amour, la passion de son projet. Et surtout aussi beaucoup de persévérance dans cette capacité à se renforcer dans l'adversité. Le succès sera aussi lié au principe de subsidiarité  qui donne la priorité au local, refuse les hiérarchies, les centralisations ou les politisations inutiles. Pour éveiller le potentiel humain, chacun devra oser être ridicule, dangereux et évident…ou, pour le dire autrement, être original, rassurant et innovant. En économie, il s'agit de dépasser les problèmes par du développement durable et adapté au pays, aux régions, etc.

Le poète persan Rumi le disait: "La Vérité est un miroir brisé, et chacun en possède un petit morceau." Il faut décentraliser la connaissance, en démocratiser l'accès. Elle doit être partout et pas seulement dans les universités. Le rêve de Jimmy Carter est devenu réalité à travers la Silicon Valley qui incarne désormais l'idée de la création d'un complexe mondial pacifico-industriel basé sur la connaissance et sur une usage civile de la technologie développée. Il faut travailler à des autoroutes de l'information comprenant: des échanges à valeur positive, des échanges non instantanés (puisque seule l'innovation apporte une valeur ajoutée), des combinaisons de savoir non linéaires où l'ensemble vaut plus que la somme des parties, l'importance du temps - qui peut se convertir en argent mais pas l'inverse ! - et de l'attention (concentration intense) qui ne peut être capitalisée ou épargnée; il faudra y ajouter la force du jeu (le plaisir de jouer, d'entreprendre), savoir corriger ses erreurs sans culpabiliser, faire circuler les savoirs s'est fait de multiples manières (Internet, Wikipédia, les ordinateurs, etc.), faire confiance à l'amour (l'excellence n'est pas liée à la souffrance !) en privilégiant la précision, la persévérance et la prise de risque qui vont être traduites par une chimie (dopamine et  ocytocine qui a le pouvoir de transformer du stress en une expérience agréable et gratifiante) CF. l'ikigai japonais dont le concept signifie raison d'être:

Chacun devrait pouvoir tendre à son ikigai à travers la matrice du Love Can Do qui associe la compétence l'attachement et la gratification émotionnelle. Toutefois, l'éan porteur incite au management suprarationel, à l'instar de Tesla qui va ouvrir ses brevets en Open Source pour éviter que d'autres standards ne viennent lui faire concurrence. Ce type de management devra aussi veiller à faire simple tout en considérant que le monde est le changement: la vraie vacuité en recherche d'existence merveilleuse comme l'illustre Wallace Chan qui révolutionna l'art de la pierre précieuse. La productivité seule est sans âme…Le Poé (produire ou s'épanouir) est donc une fausse alternative. Qu'en est-il du Noé: nature ou emploi, il faut choisir?

Le biomimétisme sera à la seconde renaissance, ce que l'humanisme fut à la première. Dans la nature, la transmission de connaissances se fait en boucle positive pour solutionner un problème, ou par la reproduction, ou encore par la transmission intergénérationnelle. Par ses produits et ses procédés, la nature est toujours la meilleure !

Chaque fois que l'humanité est confrontée à un problème, il y a fort à parier que la nature l'ait résolu bien avant. En nous en inspirant, nous pourrions même résoudre des problèmes géopolitiques: en dessalant l'eau de mer par exemple en utilisant la technique des arbres et des feuilles, ou encore utiliser le Bacillus pasteurii pour solidifier les dunes et y construire des habitats durables. Nous pourrions nous inspirer de la structure des os, comme ce fut fait pour la Tour Eiffel. Appliquer ce modèle pour des pneus imprimables en 3D - Michelin l'a fait - dans la science des mousses métalliques ou fabriquer des coques plus légères. S'inspirer des soies de vers ou d'araignées pur produire des tissus très solides; ou produire des soies améliorées par génie génétique; produire du fil imputrescible à partir du byssus de moule; utiliser les bivalves pour assainir nos ports et nos fleuves. Tout intérêt à nous inspirer des polymères de bactéries, des oiseaux pour développer nos avions et nos véhicules; nous inspirer de la coloration structurelle des papillons qui réfléchit al lumière sans avoir besoin de pigments; nous inspirer des éponges, de leur fabuleuse capacité à concentrer le silicium des océans en des squelettes complexes, légers et résistants, pour fabriquer nos fibres optiques; copier la manière dont les éponges apportent protection et lumière au phytoplancton; nous avons déjà emprunté au corail un ciment osseux synthétique et nous pourrions nous en inspirer pour réguler, comme il le fait, la croissance bactérienne; nous inspirer des denticules de la peau de requin qui le nettoie quand il bouge tout en empêchant aux microorganismes de s'y incruster, ce qui serait un bienfait pour les coques de navires ou pour les supports médicaux; utiliser les ampoules de Lorenzini disposées autour de leur gueule et de leurs yeux pour en tirer un électromoteur à protons, apprendre à utiliser les anticorps de requin pour passer la barrière hémato-encéphalique du cerveau; Les enjeux collectifs seront dans la domestication des turbulences, des problèmes posés à empoigner en covoiturage: la bio-inspiration peut s'inspirer des bactéries, des insectes ,etc., pour nous aider à résister au froid, au chaud, soigner le diabète et la maladie d'Alzheimer avec l'insuline produite par un petit ver - le Aerinocal marina. La nature est une bibliothèque dont on a brûlé les livres, il est temps de le réaliser…et de nous en inspirer en informatique, en mathématique. Dans la nature, il n'y a ni bien ni mal: juste une adaptation. L'élan vital est d'être pour faire, pour avoir, et non comme pour les humains d'avoir pour faire et pour être. C'est l'arrogance de noter civilisation industrielle qui nous fait passer à côté de l'enseignement du vivant. L'auteur a fondé la fondation Bioniria et la société General Bionics pour encourager le monde à traiter la connaissance de la nature avec une déférence industrielle, économique et politique. Il s'agit de produire comme la nature d'où le concept de Blue Economy qui devra inclure nécessairement le traitement responsable de nos déchets. 

L'auteur nous invite en conclusion à imaginer: 1) Une économie dont la ressource est infinie car elle serait maximisée par l'échange de connaissances à même de réconcilier l'épanouissement personnel et la productivité. 2) Que la nature soit notre plus gros gisement en connaissance. Un monde sans déchet mais rentable.
Cette approche très fouillée et détaillée décrit indiscutablement ce qui nous permettrait d'assurer la renaissance 2, une évolution indispensable. 
Je regrette personnellement l'absence de référence au vide quantique appelé aussi le champ, la Matrice, Dieu, d'où est issu le 95% de la matière et de l'énergie. Son existence est largement attestée...( CF. Philippe Guillemant et Nassim Haramein). Nous aurions tout intérêt à y puiser de l'énergie propre.

       

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