L'hydrogène verte: Une ressource aux multiples intérêts

Pour simplifier, lorsqu'on fait passer un courant électrique dans de l'eau, cela fait des bulles : les molécules d'eau (H2O) sont 'cassées' en deux, avec d'un côté de l'hydrogène (H2) et de l'autre de l'oxygène (O2).

Et si l'électricité utilisée dans l'électrolyse de l'eau est renouvelable (éolienne, solaire...), l'hydrogène a un bilan carbone très faible. C'est cet hydrogène renouvelable, ou "vert", qui "retient toutes les attentions" actuellement

Ce gaz pourrait également avoir d'autres usages. "L'hydrogène peut être utilisé dans une pile à combustible pour produire à nouveau de l'électricité", explique l'ingénieur de l'Ademe. Une propriété particulièrement intéressante dans la mesure où l'électricité est difficile à stocker, alors que l'hydrogène peut être liquéfié ou comprimé et mis en bouteille. Les "excédents de la production électrique, éolienne et photovoltaïque" (pendant les heures creuses, par exemple) pourraient ainsi servir à produire ce gaz, qui serait "reconverti en électricité" plus tard.

Associée à des panneaux solaires, cette technologie pourrait être utilisée pour fournir un immeuble en électricité. "La pile à combustible produit également de la chaleur, ce qui permettrait d'alimenter le réseau de chauffage d'une habitation, ajoute Daniel Hissel. L'avantage, c'est que la production d'hydrogène peut-être locale, tant qu'on dispose d'eau et d'électricité."

Pas la peine pour autant d'imaginer un futur où tout le monde se déplacerait grâce à l'hydrogène. "Dans la perspective de parvenir à une mobilité totalement électrique à moyen ou long terme, les véhicules à hydrogène sont complémentaires de ceux à batteries", nuance Daniel Hissel. Les seconds sont adaptés pour les zones urbaines, quand les premiers sont plus pratiques pour les longues distances et les transports ayant besoin de plus de puissance. "L'hydrogène permet de dépasser les limites actuelles de la batterie pour les camions, les bus, mais aussi les trains et les bateaux", énumère Luc Bodineau.


Active dans le stockage d’énergie, une start-up suisse mise tout sur l’hydrogène. Elle s’appelle GRZ Technologies et elle est issue de l’EPFL Valais. Le stockage d’énergie, notamment sous forme d’hydrogène, est une des technologies les plus prometteuses.

Deux constats. Le premier, l’énergie, qu’elle soit solaire, éolienne ou hydraulique, ne produit pas toujours de l’électricité lorsqu’on en a besoin, pour faire tourner une pompe à chaleur, une machine ménagère ou recharger une voiture électrique. Le deuxième, les batteries standards sont coûteuses et polluantes à fabriquer.

Le défi, dès lors, est de trouver un moyen meilleur marché de stocker de manière plus écologique et durable tout excès d’énergie. Pour ce faire, l’excès d’énergie est transformé en hydrogène. Hydrogène qui est ensuite stocké, dans un réservoir par exemple. Il peut alors être injecté dans un réseau et être utilisé directement sous forme de carburant. Il peut aussi être reconverti en électricité au moyen d'une pile à combustible. L’énergie peut ainsi être utilisée la nuit ou en hiver. Le hic, stocker de l’hydrogène à haute pression dans une bonbonne est à la fois volumineux et dangereux.

GRZ Technologies a élaboré une nouvelle façon innovante de stocker l’hydrogène : lier l’élément chimique à de la poudre métallique.

Les émissions de CO2 des poids lourds pourraient être réduites de 90%, selon un concept breveté par des chercheurs de l'EPFL. Capturé à même le pot d'échappement, le gaz serait stocké sous forme liquide à bord du véhicule, avant d'être retransformé en carburant.

       

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