Damien Carême, né le 16 novembre 1960 à Jœuf, est un homme politique français. Membre du Parti socialiste puis d'Europe Écologie-Les Verts, il est maire de Grande-Synthe de 2001 à 2019 puis député européen depuis mai 2019. 

Si on refait complètement le transport sur une agglomération pour mettre 80% de la population à moins de 300 m d'un arrêt de bus, où les bus passent toutes les 10-15 minutes, que l'on met toujours le même temps pour aller au centre de l'agglomération, que l'on décide la gratuité des transports, alors on réduit le nombre de voitures, on remet la nature en ville, on redonne du pouvoir de vivre aux habitants qui prennent le bus. On amène la mobilité aux habitants qui n'avaient pas beaucoup de moyens, parce que pour moi, la mobilité est un bien commun aujourd'hui. Il y a donc des choix qui doivent être faits au niveau local comme au niveau national. Et tout est affaire de courage, d'audace, de choix politiques de nos gouvernants.

Ça ressemble à quoi, pour vous, une vraie ville verte ?

On y explore toutes les politiques locales. C'est une ville où l'habitat est passif [avec une très basse consommation énergétique au m2]. C'est une ville où la nature est présente en ville. Nous [à Grande-Synthe], on avait 127 m2 d'espaces verts par habitant. 95% de la population vit à moins de 300 m d'un espace naturel. C'est de la mobilité douce. On oublie souvent la marche à pied, mais c'est agréable de se promener sur des trottoirs où il y a des arbres qui nous protègent, où c'est beau. C'est la pratique du vélo sur des pistes cyclables avec une aide à l'achat de vélos. C'est une politique de transports en commun sur l'agglomération et sur la place de la voiture. C'est une politique énergétique. C'est être une ville où il y a 100% d'électricité renouvelable et 75% de gaz renouvelable. En 2021 [à Grande-Synthe], ça sera 0% de gaz renouvelable, et uniquement de la récupération de chaleur du gros groupe industriel ArcelorMittal, qui est derrière, pour chauffer tous les équipements de la ville, des logements sociaux, la polyclinique de la ville. C'est 200 000 euros d'économies sur le budget de la ville, c'est 5 600 tonnes de CO2 qu'on ne relâchera pas dans l'atmosphère. C'est une politique culturelle qui émancipe les habitants, qui les sort du système dans lequel on est, avec la culture et l'éducation populaire. Avec ces deux outils-là, c'est aussi une sensibilisation, un accompagnement de la population vers ce nouveau monde. C'est une ville qui lutte contre les perturbateurs endocriniens partout, en forçant les habitants à se préparer des produits ménagers, des cosmétiques à base de produits naturels. C'est du 100% bio dans les cantines, mais du 100% bio local, avec des maraîchers qu'on implante à la lisière de la ville, qui fournissent l'alimentation pour la restauration scolaire et pour les habitants. 

"La société écologique est sociale et empathique. C'est de l'empathie avec la nature, avec son semblable." Damien Carême à franceinfo

C'est mettre en place l'économie du partage et de la fonctionnalité avec un petit local qu'on appelle le "Troc Et Co", où les gens, plutôt que de s'acheter une perceuse, par exemple, la partagent. On achète là parce que c'est moins de consommation, c'est moins de matières premières, c'est moins de matériaux rares, c'est moins de consommation d'eau, de pétrole pour construire ces choses-là. Donc c'est une revisite de la politique de consommation. C'est aussi porter un autre regard sur l'autre. On ne peut pas travailler sur un secteur et pas un autre. Il faut qu'on soit sur tous les champs des politiques de la collectivité.


       

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