La culpabilité est-elle naturelle, incontournable, inévitable, inhérente en somme à notre condition humaine ?

 « La culpabilité est une expérience émotionnelle désagréable, caractérisée par un sentiment de tension, d’anxiété et d’agitation, écrit Laurent Bègue, psychologue social. Mais, bien avant de constituer une manifestation inadaptée, elle est un signe de bonne santé psychologique. » Elle nous signale que nous avons mal agi, transgressé nos valeurs, nos principes moraux.

Cette sensation, nous pouvons l’avoir grâce à un acquis de l’évolution : notre cerveau moral et religieux.

Une émotion universelle

Il n’est pas question de valoriser l’absence totale de culpabilité, caractéristique du psychopathe, pour qui l’autre n’est qu’un objet. Selon le psychanalyste Jacques Lacan, comme la colère ou la joie, elle appartient aux affects les plus universels et les plus archaïques, ceux qui apparaissent de façon presque innée. D’après la psychanalyste Melanie Klein, l’une des principales spécialistes de la petite enfance, elle se manifeste dès les premiers mois de la vie et résulte de l’ambivalence des sentiments éprouvés pour la mère : l’enfant s’en veut de détester cet être par ailleurs adoré.

En raison de nos tendances à nous perdre entre réalité et imaginaire, nous sommes tous condamnés à la culpabilité, y compris pour des actes que nous ne commettrons jamais (tuer notre père, notre mère, les voisins ou les collègues de bureau qui nous dérangent), y compris en prêtant aux autres des sentiments qu’ils n’éprouvent peut-être pas. Une vision de nous-même trop idéalisée nous pousse aussi à ressentir nos échecs comme des fautes morales : « Je m’en veux, car je ne suis pas aussi bien que je le devrais. » Pire : nous pouvons être torturés par une culpabilité inconsciente que nous ne percevons pas, mais qui nous entraîne vers des conduites d’échecs ou qui nous rend malades. Pas question, dans l’affaire, de compter sur le surmoi, la conscience morale intériorisée, pour servir de repère. En effet, généralement trop sévère, il nous demande toujours plus – « Renonce à tes plaisirs », « Pense aux autres avant de penser à toi », « Tu aurais dû réussir beaucoup mieux », « Tu te complais dans ta médiocrité », etc.

Selon Jacques Lacan, certains d’entre nous vont jusqu’à commettre des petits délits (griller un feu rouge, voler au supermarché…) pour avoir enfin une bonne raison de se sentir fautifs. Et la preuve a contrario existe. La culpabilité est si prompte à surgir en chacun de nous que la culpabilisation est l’un de nos meilleurs outils pour influencer l’autre et l’amener à agir comme nous le souhaitons : « Tu n’as le temps de venir me voir ? Ce n’est pas grave. Tu viendras quand je serais morte », soupire cette grand-mère à l’adresse de sa petite-fille.

Un sentiment trompeur

Pour autant, s’estimer coupable ne prouve jamais que ce soit justifié. Entre la culpabilité selon le droit et celle ressentie se tient un monde. Pour preuve, la fameuse culpabilité du survivant : « Je suis vivant alors que tous les autres passagers de l’avion ont péri », « Je suis en pleine santé alors que mon enfant est malade ». La mère qui confie son bébé à une nounou pour aller au cinéma se sent parfois plus mal que l’automobiliste qui a accidentellement renversé un piéton ou que le tueur en série qui a égorgé cinquante femmes.

Pourquoi cette palette de ressentis devant l’action ? Parce que rien n’est plus compliqué que de délimiter la frontière qui sépare bonnes et mauvaises conduites. Ainsi, selon le philosophe Emmanuel Kant, le mensonge est toujours un mal. Or, mentir pour sauver des innocents, comme l’ont fait les Justes pendant la Seconde Guerre mondiale, n’était-il pas au contraire un acte respectable ? Et nous aimons croire qu’une partie de ceux qui se sont empressés de collaborer ont été torturés par la culpabilité. D’ailleurs, se comporter en accord avec la loi ne nous protège même pas du malaise intérieur, physique, de cette boule dans la gorge que crée ce sentiment.

D'où vient-il ?

Cette insécurité fondamentale (ontologique) demande compensation : la crainte du rien, de la mort, de l’échec ou de la vanité des vanités doit être combattue ou du moins dérivée. Nous le faisons à travers le besoin impérieux de confort matériel, de sécurité, de pouvoir, de gloire, d’épanouissement personnel et de jouissances à tout-va. Ce besoin nous dresse évidemment les uns contre les autres puisqu’il habite chacun-e ! Il instaure la rivalité, la compétition, la convoitise, les alliances, la dynamique du désir mimétique cher à René Girard. Le besoin éperdu se sécurités matérielles ou spirituelles va devoir aussi se confronter à nos peurs humaines toujours présentes dans tout ce que nous faisons ou disons : il s’agit de la peur de l'inconnu, du rejet, de se tromper, de l'échec, la peur de réussir, du changement, de l'engagement, du pire, du ridicule, de la souffrance et de la mort. Il y a toujours lutte ouverte, des choix à faire pour se dégager de leur emprise. 

Comme le signale très justement l’auteur, les sociétés hypermodernes exacerbent la nécessité de s'affirmer comme individu autonome pour se conformer à l'idéologie de la réalisation de soi-même. Beau paradoxe puisque chacun doit cultiver son identité personnelle en se conformant à l'injonction d'être un sujet responsable de lui-même, de ses actes, de ses désirs, de son existence sociale. Mais que signifie vouloir être soi-même ?
             Le JE pose la question de l'assujettissement comme soumission ou comme libération. Thème qui va se poursuivre à travers la question de l'individuation via le singulier, le régulier, le remarquable ou l'ordinaire, des forces interpersonnelles ou déterministes qui débordent le moi. Avec la globalisation, il n'y a plus de vrai et de faux mais beaucoup de débordements pulsionnels, culturels et sociaux. La religion ne fait plus sens, la science n'est plus synonyme de progrès, la politique est décriée ; le recours à la raison devient alors irrationnel ou paradoxale; l'individu ne peut plus fonder ses valeurs propres dans l'autonomie en hétéronomie avec les pressions sociétales. Tout s'effectue pour une bonne part à l'insu du sujet (volonté involontaire), dans le refus d'assujettissement et la volonté d'être. Le sujet advient dans la négation de ce qu'il est. Il lui faut rompre avec une partie de ce que l'histoire fait de lui pour se lancer dans le désir de faire société qui s'exprimera en affirmation de soi ou en inhibition.

            Le sujet individuel et collectif peut être créateur et destructeur de vie. La tension entre le moi et l'idéal du moi peut conduire à la dépression. L'idéologie de la réalisation de soi-même renvoie à l'obligation de se faire une place, de réussir, ce qui charge cette tension. Quand elle s'emballe, le sujet peut, n'étant pas reconnu par ceux qui représentent le pouvoir, la notabilité ou la considération vouloir les détruire. Le sujet ne pouvant se réaliser du côté de l'Eros cherche une issue du côté du Thanatos, dans le refus d'être rien ou moindre et le désir de puissance.

Pour y échapper, le sujet a besoin de reconnaissance juridique, affective, sociale et cognitive (être reconnu dans sa compréhension de soi-même), qu'elles soient reconnues par d'autres.

Pour Paul Ricoeur, la souffrance est une impuissance à dire, à faire, à raconter, à s'estimer, donc une impuissance à s'affirmer comme sujet. Mais il y a danger dans le renoncement à penser, à choisir, à lutter, à prendre en compte son passé et son avenir en voulant vivre dans le présent pour ne plus se poser de questions.

Cela se fait malheureusement aussi par la quête d’un moi idéalisé.

Ici le chemin sera le but et le courage de s’exercer sera la récompense car "Seul l'être humain, de toutes les créatures de l'univers, peut changer sa manière d'être. Seul l'être humain peut être l'architecte de sa destinée. La plus grande découverte de notre génération est que l'être humain peut modifier les dimensions extérieures de sa vie en changeant les attitudes intérieures de son esprit. William James "

Sous le signe de l’angoisse.

Elle fait partie intégrante de notre condition humaine. Nous ne pouvons ni la fuir totalement – ce serait mensonge plutôt comique – ni prétendre ne pas y être sujet, ce serait une illusion tragique. Sommes-nous dès lors condamnés à la subir ? La tradition chrétienne nous propose plutôt de la vivre dans le tragi-comique du croyant à la fois juste et pécheur. Voici pourquoi.

Pierre Bühler – ancien professeur de théologie à l’université de Zürich -rappelle avec raison que nous sommes tous placés sous le signe de l'angoisse qui est fondamentalement ce vertige qui me saisit devant l'incertitude et la fragilité de la vie : tout est possible, tout peut arriver, rien n'est garanti. Rien n'est absolument sûr ; l'avenir est inconnu : suis-je en conséquence irrémédiablement livré au néant ? Naît alors, de ce questionnement douloureux, une double angoisse : celle de la faute – de mal faire - et celle du possible – de mal choisir - qui toutes deux engagent ma responsabilité. Avec pour conséquence la tentation de se perdre dans une résignation fataliste ou dans une culpabilité pesante, dans l'illusion de pouvoir y échapper ou dans celle de les maîtriser. De les fuir ou de les subir.

Fondamentalement, la structure de la vie est celle de l'appel-réponse ; le croyant est à l'image de Dieu dans la mesure où il faut faire correspondre sa vie à l'instance dernière.

Nous sommes fondamentalement notre relation au monde et aux autres ; ma qualité d'humain se joue  dans une existence toujours engagée concrètement dans des relations multiples : en relation avec soi-même, les autres et le monde ; et mon identité m'est donnée dans une adéquation aux relations vécues, dans cette compréhension globale qui me permet de m'adapter à ma réalité quotidienne. Le mal va se définir ici comme inadéquation - et non pas seulement comme un acte mauvais - car je reste redevable de la prise en charge de mon attitude fondamentale devant le monde et devant Dieu comme instance suprême. L'existence en forum conduit à l'existence en procès : ma conscience morale est sollicitée même si je peux refuser le questionnement, le nier ou le contourner. Revendiquer mes errances ou les minimiser. Dans l'activité et la passivité qui pourtant se situe face à l'angoisse du bien et du mal, dans une fascination-répulsion, dans une activité passive et une passivité active, dans un mensonge illusoire et une illusion mensongère. Pour sortir de ce cadre normatif, la foi chrétienne nous propose de désespérer de tout, de nous défaire de nos attaches et même du désespoir auquel nous aimerions nous accrocher. Le salut devra venir de l'extérieur. Le péché va donc ici se définir comme refus de Dieu comme instance dernière de jugement, comme désespoir devant Lui, refus de toute relation : c'est l'insubordination et l'incroyance. Avec Luther il convient de reconnaître notre situation : " Nous concluons donc que Dieu ne peut devenir sage, juste, vrai, fort, bon, etc. que si, croyant en lui et lui faisant place, nous confessons que nous sommes insensés, injustes, menteurs, faibles, mauvais. C'est pourquoi l'humilité et la foi sont nécessaires (commentaire aux Romains, p. 218)." Quand je le reconnais, je suis reconnu, quand je justifie Dieu, je suis justifié. Quand je fais place à Dieu, le péché est vaincu ; je suis mort avec le Christ et ressuscité, justifié en lui. Je reçois un nouveau lieu d'existence qui me permet de vaincre l'illusion du péché, d'une existence assumée sans Dieu. C'est en lui et par lui que je peux être sage, juste, fort, bon, dans cette reconnaissance toujours à refaire dans la conscience simultanée de la puissance du péché et de celle de la grâce ; je suis à la fois juste et pécheur, condamné et sauvé, etc. Dès lors, nous n'avons pas à sauver le monde mais à lui tenir tête, en accomplissant ce qui s'impose comme évidence éthique et politique. La foi ne supprime pas le péché : elle le pardonne, et rend par-là possibles de nouveaux choix. Tout particulièrement dans la reconquête d’un rapport harmonieux de soi à soi. Dans le pardon divin, une nouvelle reconnaissance est possible. N’est-ce pas dans mon identité profonde que je demande à être reconnu ? Et si par bonheur, il m’arrive de l’être, ma gratitude va vers ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont reconnu mon identité en me reconnaissant.

Toutefois, bien évidemment, ce pardon ne dure pas: nous le perdrons forcément au gré des rencontres ou des circonstances; nous devons alors le redemander...

Nous vivons tous sous l'emprise de la faute, de la culpabilité et du perfectionnisme. Cela semble venir de notre besoin de sécurité et d'harmonie qui dépend pour une grande part de notre adaptation au milieu et des liens noués avec les autres. Notre passe-temps favori, de ce à quoi nous tenons tant, vient du désir féroce de s'auto-justifier, d'assurer ce qui ne peut l'être.   Nous voici en prise avec la morsure du Néant, à situer entre cette quête d'idéal et le besoin de se rendre acceptable.

Une tension d'où surgissent la dramatisation ou la banalisation: la faute, l'auto-flagellation, la culpabilité mortifère, le besoin d'en faire des tonnes pour attirer l'attention, le perfectionnisme de la sériosité ou de la rivalité; dans ce piège, il n'y a pas de liberté: il y a des mythes (sociaux, familiaux, religieux), des attentes et décrets intériorisés, des vouloir et des devoirs être; des peurs, des craintes, des tristesses, des frustrations, des ressentiments, des colères, des hontes, des gènes, des dégoûts, des blessures de n'avoir pu combler les attentes narcissiques de nos parents, celles des personnes qui comptent pour nous, pour qui nous aurions tant aimé compter. Le désir mimétique nous pousse à désirer ce que l'autre a/ est, ou à entrer en rivalité ; en somme à dévorer ou vomir dans une quête de maître ou d'esclave. S'aimer sans fureur ni férocité devient ici impossible : tout est à vif !

Ainsi, plus nous vivons dans une quête idéale de soi, plus nous cherchons à nous rendre acceptables par tous les moyens: la ruse, la force, le chantage, la dette imposée, la séduction, la manipulation, la victimisation, etc.

Mais on en revient toujours à l'autre /Autre diabolisé ou idéalisé ! Avec une seule stratégie, celle du "il suffit d'insister". Nous souffrons de nos attentes excessives, idéalisées, comme de notre besoin d'être respecté, apprécié, estimé, aimé. La faute réelle ou imaginaire, banalisée ou exagérée, est notre dénominateur commun qui se condense en boucles de rétroactions négatives : nous luttons contre le problème en insistant, en cherchant dans la mauvaise direction. La tension confine à l'inavouable. Elle conduit selon Kant au mal radical dans le mensonge à soi, à sa propre conscience, dans la mauvaise foi. Il s'agit d'une tentative désespérée - et désespérante ! - de masquer le déplaisir ou l'échec, mais elle contamine toute la relation interpersonnelle. La quête se tourne vers un dieu arrangeant, une raison explicable et rassurante, vers un gain souhaitable, donc vers un moindre mal excusable. Mais cela reste une profonde aliénation....

Un saut qualitatif est nécessaire

Le saut qualitatif de la foi dans la confiance est en même temps aveu d'impuissance radicale : personne ne peut se rendre acceptable par une image idéale de soi! C'est impossible, ça ne marche pas! Ça conduit à une vie de mensonge, de devoir ou d'imposition…Le choix est plutôt à faire dans le dégagement de la Plainte, de la Menace vers la Grâce. Avoir une image idéale, la chercher, se la donner, la construire, la fourguer dans l'espoir de se rendre acceptable, c'est la figure cachée du désespoir campée dans le mensonge ou l'imposition…

Le Royaume des cieux ressemble à une personne qui se rend compte qu'elle ne viendra jamais à bout de ce qui pèse - la faute, la culpabilité et le perfectionnisme -, qu'elle n'atteindra jamais une image idéale d'elle-même qu'elle croyait nécessaire pour se rendre acceptable.

Elle accueille alors son impuissance radicale ; elle s'ouvre ainsi à l'avenir, à la nouveauté, à l'autre/Autre avec confiance ; elle renonce à expier son malheur par une vie de devoir ou de mensonge. Ici, la dynamique de guérison est bien une résurrection : laisser venir le courage d'oser être soi-même avec ses ombres et ses lumières en faisant face aux autres. Nous voici libérés de notre passe-temps favori, de ce à quoi nous tenons tant : la faute, la culpabilité, le perfectionnisme issu du désir féroce de s'auto-justifier par le méritant-méritoire.  Nous avons à entendre pourtant que notre culpabilité est relâchée, congédiée, que nous pouvons la laisser partir et du coup faire de même envers les autres. Mais cela réclame de se dé-centrer en réponse à une autorité supérieure…L'autre, mon semblable, n'est plus TOUT : il est faillible comme moi! Prisonnier du mensonge ou de l'imposition, en quête d'une sécurité illusoire car l'amour fraternel est cadeau, don, jamais il ne peut être obtenu par une obligation!

Oser être soi-même avec ses ombres et ses lumières, sans rien vouloir imposer à l'autre/Autre, c'est un état de grâce et de liberté retrouvé. Une vibration fondamentale qui nous redit : Il est bon que chacun-e soit né-e!

Cette vibration fondamentale fait écho à toutes celles bien présentes dans nos vies et dans l'Univers:
L'approche de Nassim Haramein est de nature à tout changer. Si tout se présente sous forme de vibration, d'énergie et d'information, alors nos états d'âme, comme nos ressentis, nos convictions intimes, nos ressassements, nos ressentiments, nos frustrations, nos peurs, nos tristesses, nos colères, nos angoisses, nos dégoûts, nos hontes, etc. vont trouver en notre corps une formidable caisse de résonance. Leurs effets répétés  pourraient bien  être dommageable pour l'individu et aussi pour l'humanité entière ! Le tableau du Dr Hawkins en illustre les enjeux:

Hawkins établit une classification des niveaux de conscience de -20 à 1000 qui est fascinante. -20, le niveau le plus bas, est celui de la honte, suivi de la culpabilité (-30), de l’apathie (-50) … de la peur (-100), etc. Tous ces niveau sont dans le négatif, le noir. Le seuil entre le négatif et le positif est à 200 (le courage)… avec toute une série de niveaux qui passent par l’acceptation (+350), l’amour (+500), la joie (+540), la paix (+ 600) pour aboutir à l’illumination (+850 à +1000). Il s’agit d’une échelle logarithmique, à savoir que le courage (200) est beaucoup plus avancé que deux fois 100 (la peur). Selon la dernière évaluation avant de nous quitter en 2002, Hawkins estimait que le niveau de conscience terrestre était de 209. Au niveau 500 et surtout 540 (l’amour inconditionnel), le champ énergétique de l’individu devient permanent. Il ne fluctue plus, il ne demande plus rien, surtout pas des autres, car il repose en lui-même, dans sa plénitude d’être.
Il est donc essentiel de se désencombrer de nos états vibratoires les plus nocifs: la culpabilité en fait partie !

La méditation en pleine conscience peut nous y aider tout comme la prière ou des activités sportives intensives. Toutefois, une changement de vision du monde serait sans doute plus efficace.
L'Univers connecté de Nassim Haramein nous permet d'aborder la culpabilité autrement. Dans cette approche, nous sommes en liens permanent avec la Source, la  Mémoire de l'espace-temps, l'Esprit intelligent et conscient, la Matrice, ou l'Information. Tout y est toujours présent, tout en provient, tout y retourne, tout en découle et tout est disponible à tout instant ! Ici, mal faire, mal agir, se tromper va surtout concerner l'importance que nous donnons à certains états émotionnels très souvent négatifs, l'importance que nous donnons aussi à nos convictions intimes. Ici tout dépend de nos états vibratoires, de la manière dont nous les provoquons ou les maintenons en nous identifiant à eux.

Comme aime à le dire Eckart Tolle, « la structure même du soi égotique comporte un besoin d’opposition, de résistance et d’exclusion destiné à maintenir le sentiment de séparation dont le soi égotique dépend pour sa survie. C’est donc « moi » contre « l’autre », « nous » contre « eux ». L’ego a besoin d’un conflit avec quelque chose ou quelqu’un. Cela explique pourquoi on recherche la paix, la joie et l’amour, sans pouvoir les tolérer très longtemps. On prétend vouloir le bonheur, mais on est accroché au malheur. En définitive, votre malheur ne vient pas de votre condition de vie, mais du conditionnement de votre esprit. Le mental humain, dans son désir de connaître, de comprendre et de contrôler, prend ses opinions et points de vue pour la vérité. Il dit : c’est ainsi que cela fonctionne. Vous devez dépasser la pensée pour vous apercevoir que, peu importe comment vous interprétez « votre vie », celle d’un autre ou son comportement, et peu importe le jugement que vous portez sur une condition, ce n’est qu’un point de vue parmi maintes possibilités. Ce n’est qu’un amas de pensées. Mais la réalité est un ensemble unifié dans lequel tout est entrelacé, où rien n’existe en soi ni isolément. La pensée fait éclater la réalité ; elle la découpe en fragments conceptuels. Le mental, cet instrument utile et puissant, devient fort contraignant s’il s’empare totalement de votre vie, si vous ne voyez pas qu’il constitue un aspect négligeable de la conscience que vous êtes. MAIS, je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la vie. Je suis l’espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je Suis. Lorsque vous savez qui vous êtes vraiment, un sentiment de paix durable et vivant s’installe. On pourrait l’appeler la joie, car c’est bien la nature de celle-ci : une paix vivante et vibrante. C’est la joie de reconnaître en soi l’essence de la vie, celle qui précède la forme. 

C’est la joie d’Être - d’être qui on est vraiment. La vie de la plupart des gens est menée par le désir et la peur. Le désir, c’est le besoin de vous donner quelque chose qui vous permettra d’être davantage vous-même. Toute peur est celle de perdre, donc de subir une diminution, d’être amoindri. Ces deux mouvements occultent le fait que l’Être ne peut ni s’ajouter ni se soustraire. L’Être dans sa plénitude est déjà en vous, maintenant. » 

Quand on parvient à le réaliser une libération s’opère : plus besoin d’être davantage ! On peut voir ce qui se présente dans le moment présent, ce qu’il contient de beau, de bon, d’utile, de nécessaire ou d’agréable, voir cela aussi dans les autres rencontrés. De quoi entraîner une spirale positive : Ainsi la dopamine, qualifiée d'hormone de l'action, intervient dans l'anticipation, la motivation, la projection d'émotions positives et nous pousse à positiver, à avancer. Un bon niveau de dopamine encourage l'activité, trop de dopamine incite à rechercher des situations à risque, mais à l'inverse, un déficit de cette substance (ce qui est une caractéristique de la maladie de Parkinson) trouble les mouvements et rend léthargique.

Autre vaccin anti chagrin : la sérotonine. Ce neurotransmetteur fabriqué dans des neurones du tronc cérébral est indispensable pour réguler nos humeurs. Stimulé par la passion amoureuse, les relations sociales, les pensées positives, les contacts physiques, il agit comme un euphorisant. On observe un déficit important de sérotonine chez les personnes en dépression ou simplement malheureuses parce que séparées d'un être aimé. Citons également les endorphines et enképhalines, bien connues des sportifs sous le nom d'hormones du plaisir. Ces substances produisent un effet euphorique, anxiolytique et antalgique. Elles modulent le message douloureux, inhibent sa transmission dans le cerveau et provoquent une sensation de bien-être immédiat lors de leur réception par les cellules nerveuses. Leurs fluctuations régulent les états de stress et d'anxiété.

Si nous sommes - et demeurons - conscients de notre connexion permanente avec l'Univers, alors nous pouvons retrouver la joie d'être qui est l'essence de la vie. Nous connecter à la Source en nourrissant des sentiments de confiance et de reconnaissance. Y déposer bien sûr aussi nos attentes, nos besoins, nos demandes spécifiques; si nous parvenons à demander sans motif caché, avec le coeur, de tout coeur pour le bien de toutes et tous, quelque chose devrait nous être donné en retour : très souvent sous forme de prémonition, d'intuition, d'inspiration, de heureux hasard, coïncidence ou de synchronicité. Ces cadeaux nous diront à quel point il est bon d'être né ! Une vibration merveilleuse qui va alimenter en boucles rétroactives positives la production de neurotransmetteurs bénéfiques. Influer aussi sur notre environnement, l'inconscient collectif appelé aussi le champ morphique.
Le lien quotidien, permanent avec l'Univers est donc primordial: tout peut semble-t-il  y être puisé, même si cela nous semble impensable. Bien sûr, si une personne est majoritairement tournée vers l'extérieur, allergique à toute forme d'introspection ou de méditation, alors sa conscience sera réduite aux fonctions automatiques du corps, réduite à une rétroaction très limitée. Mais il y a de toute façon rétroaction: un va-et-vient permanent de perceptions- sensations du monde qui affecte mon espace-mémoire lié à mon identité, mon champ vibratoire.

Nassim Haramein précise les choses ainsi: " Il est vraiment important de se souvenir que l'information est comme ancrée dans la structure de l'espace-temps; toutes vos générations, toutes vos mémoires, absolument tout  s'y trouve comme dans un archiveur ou un disque dur; toutes ces informations sont ensuite échangées avec les structures biologiques au fur et à mesure que vous déposez de l'information sur la structure de l'espace-temps le long de de votre ligne de vie, et donc vos gènes ne sont qu'une expression de l'information qui se trouve aux coordonnées de l'espace-temps où elle réside. Votre mémoire ne se trouve pas dans votre cerveau; c'est vous qui accédez à ces coordonnées de l'espace-temps. Et donc c'est intéressant parce que vous pouvez commencer à penser à des choses comme déposer de l'information aux coordonnées de l'espace-temps en avance de là où vous vous trouvez, pour quelque chose que vous voulez réaliser dans votre vie ou que vous voulez dans votre vie, et donc c'est comme l'autoriser, et si vous faites cela, ça va avoir une répercussion en sens inverse dans la structure de l'espace-temps jusqu'à votre présent, et donc cela va commencer à faire de vous la personne que vous devez être afin que ces événements aient lieu. Et donc, si vous réussissez à suivre cette ligne d'information alors vous obtiendrez le résultat escompté. C'est comme projeter, vous savez, des bulles de réalité dans votre futur avec l'idée de les rattraper."

A nous de voir et de savoir si le jeu en vaut la chandelle...


       

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