Dès que nous avons l'âge de raison, nous comprenons que la mort est au bout du chemin même si nous n'en connaissons ni le jour ni l'heure. Nous réalisons aussi que tout peut arriver dans une vie: le pire et le meilleur ! Cela nous rend profondément insastifaits ! G.van der Leeuw, dans son étude de la phénoménologie de la religion, l’atteste : 

il y a chez l’humain un désir profond de ne pas accepter simplement la vie qui lui est donnée ;

il y a donc recherche de puissance – et surtout de sécurité - pour avoir une vie plus riche, plus profonde, plus ample  dans une quête du tout tantôt accessible tantôt inatteignable; une quête permanente de sécurité matérielle et affective, une quête de puissance, de gloire, de jouissances et d'épanouissement personnel que nous conjuguons de diverses manières par l'usage de la ruse, de la manipulation, de l'imposition, du chantage, de la dette imposée, du mensonge ou de la séduction. Tout est égocentré, rapporté à soi, à ses intérêts, ses aises et plaisirs. 
Si cette quête est centrée uniquement sur la satisfaction des besoins, elle se condamne à la fuite en avant car un besoin une fois satisfait en laisse très vite surgir un autre lui aussi à satisfaire...
 Ce besoin de ne pas accepter la vie qui  nous est donnée est l'un des soubassements important de la quête humaine et religieuse. Elle nous place aussi sous le règne de l'angoisse.

L'angoisse de la mort, de l'inconnu, de l'inconnaissable:

Pour le philosophe Martin Heidegger, exister, c'est être constamment impliqué dans un affairement c'est à dire une projection vers le futur. Toutefois, ce mouvement de se projeter n'est pas infini : il rencontre sa limite propre avec la mort. « Possibilité de l'impossibilité », la mort constitue la limite toujours imminente, constamment présente dans tout projet de l'être-au-monde. Une limite que nous tentons de fuir, de dépasser ou de canaliser sans pouvoir y arriver vraiment, car dans la mort, la réalité humaine n'est pas achevée, ni simplement évanouie, ni moins encore définitivement apprêtée ou complètement disponible comme un ustensile. Elle est l'inconnu et l'inconnaissable. Et pourtant là : "Dès qu'un humain vient à la vie, déjà il est assez vieux pour mourir". Elle suscite la crainte de ce rien, l'angoisse de ce nulle part. Elle nous fait prendre conscience que l'existence est absurde c'est à dire privée d'un sens évident : rien ne peut être défini comme suffisamment acceptable ! L'humain fuit dès lors cette angoisse tout en voulant l'oublier.
Nous tentons confusément de la combattre en ajoutant de la valeur à la vie. Si j'ai / si je suis ceci ou cela, alors ma vie n'aura pas été vaine...et je ne serai pas un "LOSER", un perdant ou un paumé. Cette angoisse nous fait bien souvent tomber dans la vantardise, dans ce besoin impérieux de faire étalage de nos succès, dons, compétences, de nos richesses matérielles, etc. Un besoin actuellement amplifié par les réseaux dits sociaux, nos smartphones, par les People...Faire étalage rassure bien entendu. Cela divertit aussi. Certain-es toutefois n'ont pas une vie suffisamment bonne pour jouer à ce petit jeu. Ils peuvent en nourrir de la colère qui s'est exprimée notamment dans le mouvement des Gilets Jaunes. Nous avons toutes et tous besoin de reconnaissance juridique, affective, sociale, économique ou politique: quand elle fait cruellement défaut, il y a risque de violences sociales mais aussi risque de dépression : le dernier rapport de l'OMS révèle que la dépression constitue la principale cause de morbidité et d’invalidité chez les garçons et les filles de 10 à 19 ans, alors que les accidents de la route, le VIH/sida et le suicide sont les 3 grandes causes de mortalité dans ce groupe d’âge.
Quand cette reconnaissance juridique, affective, sociale, économique ou politique manque la personne peut vouloir combattre par  l’avidité du pouvoir ou la volonté de détruire ; elle s’attache aux choses sans doute, mais surtout à autrui où elle projette ses déceptions et ses rancœurs. " L’être humain est alors l’être qui massacre. Il dépouille, il tue à défaut d’être parce qu’il y trouve la justification de son moi dans l’appropriation, l’exploitation ou l’abolition de ce qui s’y oppose (J.-M.Delassus)."

Dans son expression plus passive, cette violence peut se retourner contre la personne elle-même. Se muer en une tristesse infinie d'être né ! Qui va se décliner - dans sa version active - en élans narcissiques, sadiques ou masochistes, en soif permanente de liberté ( à vouloir vivre dans l'insouscience du moment), de maîtrise (en la volonté de tout diriger et contrôler) ou de sainteté (dans l'oubli de soi).

Les approches religieuses n'échappent pas à ces soubassements de l'être. Elles sont en revanche une manière particulière, spécifique de répondre à l'angoisse de la mort, de l'inconnu et de l'inconnaissable, une tentative aussi à canaliser ce besoin de ne pas accepter la vie qui nous est donnée en le rapportant à Dieu, à son amour, à sa providence, etc. Cette démarche assure la mutation du besoin en désir d'une vie plus riche et plus ample vécue non plus sans Dieu mais en sa présence. Il y a là une guérison qui ne peut toutefois se faire, se vivre sans passer par des stades divers et variés: la colère, la tristesse, le marchandage, la révolte et finalement l'acceptation.

 Accepter l'inaceptable, penser l'impensable ne peut se faire sans affronter lucidement l'angoisse de la mort, de l'inconnu et de l'inconnaissable.

Car en réalité, tout peut arriver dans une vie: le pire et le meilleur. Nous pouvons être au mauvais endroit au mauvais moment ; contracter des maladies, tomber en dépression, etc. Chacun-e fait de son mieux pour remédier à cette fragilité ontologique en s'affairant, en se projetant vers le futur. On est vivant tant qu'on est fort, capable d'y remédier. Même masquée ou divertie, cette angoisse fondamentale demeure en arrière-fond: elle ne disparaît pas ! Et elle ressurgit par conséquent au gré des circonstances.

Nous sommes ainsi face à cette angoisse de la mort, de l'inconnu, de l'inconnaissable dans une tension de fascination et de répulsion, une tension duelle et contradictoire qui nous pousse tantôt à vouloir rester maître du jeux, tantôt à en comprendre la vanité ! Toujours à vouloir fuir ou combattre cette vanité des vanités par un affairement incessant qui toutefois ne saurait nous éloigner bien longtemps de notre angoisse ontologique. Nous avons bien entendu toutes et tous de nombreuses stratégies pour la combattre ou l'ignorer, la divertir ou la fuir, la canaliser ou lamuseler. Cela bien entendu en fonction de nos caractères, de nos dons et compétences individuelles. Nos efforts sont tantôt comiques tant ils sont naïfs, tantôt tragiques tant ils sont illusoires ! Ils seront d'ailleurs aussi indluencés par notre lieu de vie, notre milieu socio-économique, etc.

Peut-on y échapper ? Par la seule volonté ou par un meilleur ajustement permanent au monde certainement pas ! Comme le dit le dicton à vouloir chasser le naturel, il revient au galop ! L'angoisse ontologique émane de notre entité corps-conscience; elle est vie qui veut vivre malgré la mort ou les incertitudes, l'inconnu et l'inconnaissable ; elle se déclie en une projection permanente vers le futur. 
Il y a néanmoins une catégorie bien précise de personnes qui ne souffrent plus de cette angoisse ontologique: ce sont les persoones qui ont fait une expérience positive de mort imminente (EMI/NDE). Nombre d'entre elles expliquent ne plus avoir peur de la mort ni de ce qui peut arriver dans leur vie. Elles sont totalement sereines, persuadées que seul l'amour est la clé de tout, en somme le chemin, la vérité et la vie. Leur rencontre avec la Lumière divine si accueillante, non-jugeante et bienveillante les a flashés : leur angoisse ontologique a disparu. La mort a perdu son aiguillon, elle n'est plus l'inconnu et l'inconnaissable à la foisobsédant et détesté. Elle est remplacée (combattue, entravée, empêchée) par le souvenir ineffaçable d'un amour inconditionnel omniprésent qui nous accueillera à notre mort tout en étant déjà là dans notre vie de tous les jours. L'expérience de mort imminente a permis une réconciliation avec la Lumière divine. L'ultime n'est plus l'inconnaissable: il n'est pas non plus ce terrible jugement à craindre ! Beaucoup ont ressenti au contraire SA bienveillance infinie. Et ce ressenti les accompagne chaque jour de leur nouvelle existence.
Cela dit à quel point une guérison est nécessaire. Qui va nous demander un aveu, celui de reconnaître combien nous sommes fâchés, tristes ou déçus, en inimitié avec Dieu !

En inimitié...

Sur ce point,nous sommes toutes et tous athées, prompts à projeter au Ciel nos insatisfactions et nos frustrations, nos refus de certaines figures de Dieu. La vie n'est-elle pas trop dure ? Pourquoi devoir endurer tant de malheurs pour si peu de bonheurs ? À quoi bon souffrir ? Pourquoi tant de violences ? De maladies ? S'il y avait un dieu juste tout irait beaucoup mieux sur Terre, assurément ! Nous sommes toutes et tous hostiles et fâchés. Même les croyants le sont: ils tentent simplement d'amadouer leur puissance supérieure en s'y confirmant de leur mieux. Ils onst ainsi postulé le péché, une justice rétributive en fonction de nos fautes et de nos insoumissions...

Nous désirons fondamentalement toutes et tous une vie plus ample, plus agréable, plus facile et plus riche. Pourquoi ne l'avons-nous pas ? À qui la faute ? Qui peut-on incriminer: notre nature humaine, la vie, nos sociétés, nos modes de vie ? Pour une part, certainement, mais au bout du compte tout découle d'une nature avec laquelle nous devons faire. Le coupable est dès lors tout désigné: Dieu ! Il sera tantôt accusé d'être trop absent de la conduite des affaires du monde, trop éloigné de ses créatures, ou trop exigeant envers elles. De quoi définitivement le déclarer mort ou inexistant, un simple fantasme humain...dont il est temps de se débarrasser.
Nous voilà totalement réduits à devoir en découdre avec la Nature, si belle et si cruelle, confrontés aussi à sa phénoménale complexité guère rassurante. Elle sera alors, comme l'angoisse ontologique, à la fois fascinante et inquiétante...

Nos projections inconscientes

Nous sommes un véritable miracle...

La science traditionnelle explique ce qu'elle postule à savoir que tout se gère à travers nos gènes, mais elle est loin d'en avoir apporté la preuve ! Un changement de paradigme devient nécessaire. 

Une approche plus holistique du vivant nécessite de postuler – selon Rupert Sheldrake - l’existence de champs de résonance morphique qui ne sont ni au niveau de l’énergie ni au niveau physique. Ce sont des champs qui s’organisent an niveau quantique autour de chaque élément spécifiques dans l’espace-temps. Le champ morphogénique est la mémoire : il crée un schéma organisationnel qui attire les systèmes en développement vers les attracteurs morphiques. Ce sont de possibilités quantiques qui s’influencent les uns les autres. Les lois de la nature sont en réalité les lois de l’habitude à laquelle il faut ajouter la mémoire spécifique. Nous n’avons pas besoin de postuler un champ akashique comme un disque dur : nos informations peuvent être situés dans un champ de probabilités, d’habitudes ou de tendances qui sont des ondes de possibilités. Plus globalement, selon D. Böhm – tout émerge d’un ordre explicite qui se traduit en un ordre implicite. 

L’évolution marque la tension entre cet ordre de l’habitude et la créativité de la nouveauté. Ce n’est pas une suite de mutations aléatoires, c’est un principe organisateur au sein des champs morphiques. Cette approche modifie notre compréhension de l’ADN : le modèle standard affirme que 75% de l’hérédité seraitt déterminée par les gènes mais le modèle de résonance le conteste ; il y a bien une mémoire évolutive. 

Tout est donc à revoir...SUR D'AUTRES BASES. Sur celles notamment d'un Univers vivant évoqué par Max Planck: "Ayant consacré toute ma vie à la science la plus rationnelle qui soit, l'étude de la matière, je peux vous dire au moins ceci à la suite de mes recherches sur l’atome : la matière comme telle n'existe pas ! Toute matière n'existe qu'en vertu d'une force qui fait vibrer les particules et maintient ce minuscule système solaire qu'est l'atome. Nous pouvons supposer sous cette force l'existence d'un Esprit intelligent et conscient. Cet Esprit est la matrice de toute matière."

Un esprit intelligent et conscient, vraiment ? Origine et principe de TOUT, à l'oeuvre dans la Nature ? Peut-être mais cela n'empêche pas les décès de 56,9 millions de personnes  survenus dans le monde en 2016, dont plus de la moitié (54%) est due aux 10 causes suivantes :
Dans les autres causes de mortalité, il y a bien sûr la violence: les homicides et les guerres. Au Brésil, en 2015, ce sont 58.400 personnes qui sont décédées de façon violente. Le quotidien brésilien "Folha de São Paulo" qui en a publié la statistique dans son édition du 28 octobre 2016 a fait un comparatif des "morts par violences intentionnelles", de 2011 à 2015, en Syrie et au Brésil. Pour la période considérée, le nombre de victimes enregistrées serait de 256 000 en Syrie; et de 279.000 au Brésil.

868 millions de personnes, soit 12,5% de la population mondiale, souffrent de malnutrition. C'est affligeant sachant que l'humanité aurait les moyens de venir à bout de la faim ! Tout comme elle pourrait se donner les moyens d'une meilleure justice sociale avec un meilleur respect de l'environnement. Les solutions existent, un tel changement est possible, mais il requiert l'abandon du libéralisme économique mondialisé bâti sur le gaspillage des ressources planétaires, les profits à courts termes et l'obsolescence programmée. Honnêtement, qui rêve encore d'un monde meilleur venu du libéralisme économique ? Ce modèle économique a montré ses failles et faiblesses: il est temps d'en changer. Partout dans le monde, des manifestations de rue demandent des changements pour le bien de toutes et tous. Un nouveau monde est à construire sur d'autres bases plus fraternelles, moins centrées sur la compétition ou l'égocentrisme; tout est à construire y compris dans le domaine scientifique car notre savoir dépassé repose sur les dogmes du déterminisme étroit qui est dans l'impasse et nous conduit droit dans le mur : l'urgence réclame le partage de l'abondance.  Il doit y en avoir assez pour chacun-e !

       

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