L’illusion du hasard

« Le hasard n’est que la mesure de notre ignorance ! » Henri POINCARÉ. Pour illustrer cette affirmation du plus grand mathématicien français, les BOGDANOV s’appuie sur la métaphore de la roulette de casino. Devant le tapis vert, nous avons en effet « l’impression » que la boule s’arrête « au hasard » sur un numéro ; Cette illusion du hasard provient du fait que nous ne connaissons pas tous les paramètres qui définissent la seule trajectoire possible de la boule. Si, comme le démon de LAPLACE, nous connaissions toutes les lois de la mécanique sur le bout des doigts, la vitesse de la boule, celle du plateau, la forme du croupier… nous pourrions calculer la trajectoire de la boule et en déduire son point d’arrivée. C’est parce que nous ignorons ces éléments que nous avons l’illusion du hasard.

Une autre illusion du hasard

Les jumeaux ont identifié, au cœur de mathématiques, un autre exemple : la suite vertigineuse des décimales de PI. Elles s’égrènent à l’infini, sans jamais se répéter, sans motif apparent… Deux athlètes japonais des mathématiques ont calculé la 10 milliardième décimale (c’est un 5). Mais, là encore, cette file de chiffres refuse de donner son secret. Elle semble surgir du hasard. Et pourtant, PI donne le rapport entre le périmètre d’un cercle et son rayon ! Le hasard ne peut logiquement surgir d’un objet aussi bien défini ! La nature, avec PI, donne donc l’illusion du hasard. Cette illusion provient du fait que nous n’avons pas encore percé le secret de PI. Il en est de même pour la suite des nombres premiers ou celle des décimales de racine de 2. Lorsque dans la nature nous croyons voir du hasard, la nature nous trompe donc.Pi est rigoureusement ordonné, déterminé, jusqu’à l’infini. La centième décimale de Pi est un 9. De même, la millième décimale est encore un 9. Tout comme la milliardième. Plus surprenant encore : à partir du 762e chiffre après la virgule, on trouve 999999, soit six 9 d’affilée. Pourquoi ? Mystère !

Quand le hasard devient improbable
Les auteurs nous en donnent quelques exemples parlants:

  • Par exemple, la gravitation est 10 puissance 40 fois plus faible que la force électromagnétique. Un véritable gouffre ! Que pouvons-nous en tirer ? Qu’au moment du Big Bang, l’Univers n’avait qu’une seule chance sur 10 000 milliards de milliards de milliards de milliards de tomber juste sur la bonne valeur !
  • Il existe des dizaines de nombres purs, de paramètres cosmologiques, de constantes fondamentales qui encadrent d’une main de fer, sans laisser la moindre prise au hasard, la naissance de notre Univers, il y a 13 milliards 820 millions d’années.
  • Le célèbre « boson de Higgs » détermine la masse de toutes les autres. Elle qui, par exemple, fait que l’électron est 1 835 fois plus léger que le proton. Et c’est encore et toujours le boson de Higgs qui fait que le photon n’a pas de masse.
  • Le satellite Planck a sondé pendant quatre ans la première lumière émise par l’Univers, tout juste 380 000 ans après le Big Bang. Or là encore, l’image qu’il est parvenu à extraire de l’énigmatique « rayonnement cosmologique » – débouche sur tout autre chose que le hasard. D’abord parce que la température de cette première lumière ne varie que d’un cent millième de degré d’un point à un autre, si bien qu’elle semble fantastiquement bien « réglée ». Mais surtout, les analyses fines qui ont été menées montrent que ce qu’on appelle la « complexité » de ce rayonnement est, en réalité, extrêmement basse. En d’autres termes (de l’avis même des experts de la mission Planck) le hasard joue un faible rôle au sein de ce rayonnement primordial.

Le vrai hasard, le hasard pur existe-t-il ? Et si oui, où se cache-t-il ? Selon les experts des sciences de l’infiniment petit, la réponse se trouve dans le monde étrange, insaisissable, des atomes. Là, au cœur de ce qu’on appelle « le monde quantique », règne un principe tout-puissant – le principe d’incertitude. Sous son emprise, tout devient irréductiblement flou. Impossible de connaître à la fois la vitesse d’un photon (un grain de lumière) et sa position dans l’espace. Impossible de dire à quel moment telle particule va se désintégrer. La source du hasard pourrait donc bien se trouver là. Au cœur de l’infiniment petit.

Mais est-ce vraiment certain ? Dans l'infiniment petit aussi, des faits viennent contester le hasard:

  • Selon Gamow (qui a publié en 1954 une surprenante découverte sur le code génétique), il était impensable que la vie ait pu apparaître par hasard sur la Terre. Pour en convaincre son entourage, il répétait ce chiffre à qui voulait l’entendre : la probabilité selon laquelle la molécule d’ADN se serait assemblée « par hasard » est de 1 sur 10 puissance 40 000. C’est-à-dire 1 suivi de 40 000 zéros ! Ce chiffre est tellement immense qu’il n’a évidemment plus aucun sens physique (surtout si l’on se souvient, avec Eddington, que le nombre total de particules élémentaires dans tout l’Univers n’est « que » de 10 puissance 80).
  • C’est d’ailleurs dans le même sens que le biologiste américain Richard Dawkins (bien connu, cependant, pour ses positions évolutionnistes) reconnaît que la probabilité pour qu’une simple molécule d’hémoglobine s’assemble d’elle-même, par hasard, est de 1 contre 10 puissance 190 ! 
  • Depuis qu’il neige sur notre monde (c’est-à-dire des milliards d’années) il n’y a jamais eu deux flocons identiques. Et pourtant, tous ces cristaux de neige, sans aucune exception, forment une figure à six sommets. Jamais cinq ou sept. En somme, une sorte d’étrange « programme » impose mystérieusement la même structure géométrique à chacun de ces milliards de flocons qui tombent sur un paysage, tout en laissant apparaître, d’un cristal à l’autre, les variations infinies qui les rendent tous différents et uniques. De la même manière, en été, ce sont les fleurs qui nous intriguent : le nombre de leurs pétales est rigoureusement déterminé, sans la moindre erreur possible, par une constante mathématique qu’on appelle le nombre d’or. Une marguerite peut avoir 5, ou 8 ou encore 13 pétales. Mais jamais 10 ou 11.
    Comment est-ce donc possible ?

L’idée que tout est déterminé n’est pas partagée par tout le monde. Pour appuyer leur thèse, les BOGDANOV convoquent EINSTEIN (« Dieu ne joue pas aux dés »). Mais on ne peut inviter l’inventeur de la théorie de la relativité, sans traîner, dans son sillage, son pire ennemi (et donc celui des deux frères) : Niels BOHR (« Cher Albert, ne dites pas à Dieu ce qu’il a à faire ! « ) et sa cohorte de physiciens de la mécanique quantique : car, au royaume de l’infiniment petit, il semble bien que le hasard soit roi : on ne peut déterminer la position d’un électron autour de son noyau. Seule sa probabilité de présence (Schrödinger) est calculable. Pire ! Si on tente d’améliorer notre connaissance de sa position, on dégrade notre connaissance de sa vitesse (principe d’incertitude d’Heisenberg) ! On ne sait pas non-plus dire à quel moment un noyau radioactif va se désintégrer… Alors ? Le hasard existe-t-il au royaume quantique ?

Le mot de la fin pour Gödel

Ce génial mathématicien a montré qu’à l’intérieur d’un système logique, il existe des propositions vraies que l’on ne peut pas démontrer. Ce principe est énoncé dans son célèbre théorème d’incomplétude. C’est ainsi la fin du rêve du mathématicien David HILBERT qui, au début du vingtième siècle, voulait achever les mathématiques.

EINSTEIN va utiliser ce théorème pour démonter les arguments de BOHR : le système de la mécanique quantique tombe dans le champ du théorème de Gödel ! Certaines propositions sont vraies, mais il nous est impossible de les démontrer ! Il existe des variables cachées, des lois, auxquelles obéissent les particules quantiques, mais que nous ne voyons pas et que nous ne verrons jamais. Notre aveuglement conduit à l’illusion du hasard.
A la question de David Hilbert, existe-t-il des propositions vraies que l’on ne peut pas démontrer ? La réponse de Turing éclate comme un coup de tonnerre : oui, de telles propositions existent. Dans la foulée, il fait un clin d’œil à cet immense expert de la théorie des nombres qu’est Hilbert en démontrant qu’il existe des nombres réels qui ne sont pas calculables. Ce résultat n’est pas anodin. D’abord, il s’emboîte à merveille dans le stupéfiant théorème d’incomplétude, publié en 1931 par le logicien de Vienne, Kurt Gödel. Mais surtout il nous montre, pour la première fois, qu’il peut exister des choses réelles, parfaitement définies, mais que nous ne pouvons pas – ne pourrons jamais – connaître. Est-ce que ça veut dire que ces choses sont livrées au hasard ? Bien sûr que non ! Simplement, elles sont inconnaissables et nous échappent à jamais.  Ainsi, lorsqu’on examine de près la suite des décimales de Pi, on s’aperçoit que même si elles n’apparaissent pas au hasard, elles semblent se succéder de manière désordonnée. Un 5 ici. Un 3 là. Un 8 plus loin. Autrement dit, Pi n’obéit pas au hasard et pourtant, il l’imite à la perfection. Il le simule ! Pour certains mathématiciens, Pi est donc une clef qui pourrait nous permettre de comprendre l’Univers entier.

En réalité, c’est parce que nous ne connaissons pas exactement toutes les conditions initiales qu’il nous est impossible de prédire l’évolution des systèmes. On sait aujourd’hui qu’en dépit des colossales capacités de calcul dont disposent les ordinateurs modernes affectés aux prévisions météo, il est impossible de prévoir le temps de manière fiable au-delà d’une dizaine de jours. Pourquoi ? Parce que les conditions initiales ne sont pas toutes connues et que celles qui sont restées dans l’ombre provoqueront, quelques jours plus tard, une évolution imprévisible. Ainsi Edward Norton Lorenz l’un des pères fondateurs de la météorologie contemporaine va découvrir l’effet papillon.
Existe-t-il 
une contrainte profonde à laquelle obéissent les phénomènes apparemment chaotiques ? Y aurait-il de mystérieux attracteurs ? Tout se passe comme si « quelque chose », situé hors de l’espace-temps ordinaire, déterminait le comportement de phénomènes qui, à notre échelle, nous semblent aléatoires. Très mystérieusement, depuis l’Univers invisible d’où ils agissent sur le monde, ces « attracteurs étranges » structurent et informent donc à notre insu et sans que nous puissions réellement les comprendre, les événements qui nous semblent chaotiques et indéterminés : une fois de plus, le hasard se trouve mystérieusement encadré, structuré, organisé, programmé. En fait, la Nature est bel et bien « écrite dans une langue mathématique », si ce langage mathématique représente bien l’essence même du réel, alors le hasard ne peut y jouer que le rôle d’un figurant : tout comme le nombre Pi « fait semblant » d’égrener ses décimales au hasard, la nature elle-même simule et imite si radicalement les phénomènes aléatoires qu’elle crée une illusion presque parfaite du hasard.


Peut-on produire du hasard?
János von Neumann, à qui l’on doit l’invention de la RAM, est obsédé par la question de savoir si l’on peut inventer une machine à produire du hasard.
Puisqu’il s’avère donc impossible de produire mécaniquement du hasard, puisqu’il n’existe aucune machine capable de créer des événements vraiment aléatoires, ne pourrait-on alors se tourner vers ces systèmes abstraits que sont les mathématiques ? Ne serait-il pas envisageable d’engendrer mathématiquement le hasard ?

Ce soir-là, avalant café après café, von Neumann va donc tenter d’inventer une méthode. Mais rien n’y fait ! la nature ne serait qu’une approximation d’un ordre mathématique profond. Mais, le fait que des événements aléatoires puissent être décrits mathématiquement signifie qu’ils sont de nature déterministe et donc, dès lors, théoriquement prévisibles...

En bons mathématiciens, William Jaggers et Edward Thorp ont donc compris qu’il était possible de systématiser les probabilités rencontrées dans les jeux de hasard et de les transformer en « coups gagnants ». Sans le savoir, Jaggers, Thorp et d’autres mathématiciens ont construit la théorie des jeux. Du point de vue mathématique, les jeux de hasard doivent être considérés comme une série d’expériences susceptibles de générer différents types d’événements aléatoires dont la probabilité peut être calculée en utilisant les propriétés de certaines lois appliquées à un nombre fini d’épisodes.

En fait, les mathématiques sont donc capables de mettre le hasard en échec. Pourquoi ? Parce que, en fin de compte, elles sont de la même nature que lui : le hasard est mathématiquement programmé. 

Reste pourtant un dernier problème. Qu’il s’agisse de von Neumann ou de Thorp, tous les scientifiques de cette époque connaissaient évidemment cette science de l’infiniment petit qu’on appelait un peu partout « mécanique quantique ». Ils étaient au courant des travaux de Max Planck, de Niels Bohr, ou de Werner Heisenberg sur le monde fascinant des particules élémentaires. Et surtout, ils savaient bien que pendant le cinquième Congrès Solvay, Einstein n’avait pas vraiment réussi à convaincre ses collègues que le hasard n’existe pas au pays des atomes. Serait-ce donc dans l’univers quantique, celui des atomes et des particules élémentaires, qu’il nous faudrait rechercher le « vrai » hasard ? Le hasard pur ?

Comme aimait à le dire Einstein : « Dieu est subtil. Mais il n’est pas malicieux. » Une autre façon de répéter que le Créateur ne joue pas aux dés. Mais avec le principe d’incertitude formulé par Heisenberg, il est radicalement impossible de connaître en même temps la position d’une particule et sa vitesse. Pour enfoncer le clou, les congressistes font désormais bloc autour des idées folles selon lesquelles, entre autres, il est impossible de prévoir à quel moment une particule va se désintégrer, ou encore pourquoi un grain de lumière – un photon – passe par un chemin plutôt que par un autre. Dans ses profondeurs, au niveau de ce qu’on appelle l’échelle quantique, il n’y a plus que le hasard pour expliquer ce qui se passe. La nature ? Inutile de chercher plus loin : elle est totalement, irréductiblement, indéterminée ! Le sujet va encore se complexifier avec Kurt Gödel et son fameux théorème : tout système logique est inéluctablement incomplet ! Sous ses airs inoffensifs, cet énoncé a des effets ravageurs. Entre autres, il met brutalement fin à des siècles de tentatives pour faire des mathématiques un système complet, capable de résoudre tous les problèmes qui peuvent se poser un jour ou l’autre. Pire que tout, les mathématiciens du monde entier réalisent (parfois avec horreur) qu’il existe des choses vraies qu’il sera à tout jamais impossible de démontrer ! Cet apport inattendu vient combler Einstein. Avec deux de ses collègues, Boris Podolsky et Nathan Rosen, Einstein publie donc un paradoxe qui va rapidement devenir célèbre sous le titre de « paradoxe EPR ». Sans entrer dans les détails, signalons simplement que pour Einstein, existe l’état d’une particule avant toute mesure alors que ce n’est pas possible pour Bohr et pour tous ceux qui croient dur comme fer que la nature est indéterminée. A partir de là, l’argument d’Einstein est simple : notre connaissance de la nature est incomplète et on doit tenir compte de ce qu’il appelle sans cesse des « variables cachées ». Autrement dit, à ses yeux, une particule a beau donner l’impression qu’elle se comporte « au hasard », en réalité, elle obéit à des lois que nous ne connaissons pas. En somme, des « variables cachées ». Le débat est relancé. Mais il manque 2 éléments : Von Neumann précisera le hasard doit être vu comme une sorte d’incomplétude essentielle. John Wheeler avait s’est demandé s’il pouvait exister un lien entre incertitude et incomplétude. Mais ici surgit une nouvelle question, tout aussi passionnante que celle qui précède : quelle est la source profonde de cette incomplétude ? Leonid Levin répondra ainsi : le hasard est un simple reflet dans le monde physique de quelque chose qui est inscrit dans ce monde indépendant – transcendant – qu’est le monde mathématique. Il vient d’un Ailleurs, de l’espace-temps ; Or par définition, cet Ailleurs ne contient ni matière ni énergie. Et justement : nos propres travaux semblent indiquer que la seule chose qui subsiste « là-bas », c’est, bien sûr, l’Information. Quelque chose d’immatériel, qui n’existe pas dans le temps réel. Les « inégalités de Bell » nous disent en gros, qu’il existe une frontière au-delà de laquelle les notions pourtant si banales d’« ici » et de « là-bas » s’effondrent. Autrement dit, deux particules matérielles que l’on pourrait croire séparées l’une de l’autre sont, en réalité, mystérieusement « reliées ». Par quoi ? Justement, par cette chose somme toute étrange que, faute de mieux, on appelle « Information ».
Tout est là : alors que, visiblement, les particules sont bel et bien éloignées les unes des autres, en réalité, l’Information qui les caractérise (et détermine ce qu’elles sont) les relie instantanément, par-delà l’espace et le temps. Et les expériences d’Alain Aspect viendront le démontrer.

Reste la douloureuse question de la constante cosmologique
C’est Alexander Friedmann qui va débarrasser les équations d’Einstein de la constante cosmologique, ce qui va permettre d’imaginer un début et une fin à l’univers. Il n’en fallait pas davantage pour que dans la grisaille de cette lointaine Russie soviétique, la vision fulgurante de George Gamow débouche sur le Big Bang et la trace qu’il a laissée derrière lui, trace que bien plus tard on appellera le « rayonnement fossile ». Gamow arrive à cette conclusion à partir de ses travaux sur le zéro absolu effectués par Landau. Landau a découvert cette stupéfiante mutation lorsqu’il a refroidi de l’hélium à 269 degrés au-dessous de zéro. A cette très basse température, le gaz est devenu liquide et a semblé se mettre à bouillir. Mais le phénomène devient proprement stupéfiant lorsqu’on descend plus bas encore. En effet, à – 271 degrés, le liquide change à nouveau d’état et cesse d’être en ébullition. Alors apparaissent çà et là des endroits plus ou moins « épais ». Le liquide cesse d’être parfaitement uniforme.

Que s’est-il passé ?

Quelque chose de très profond, qui nous fait toucher à un phénomène qui, en un certain sens, reproduit exactement ce qui se passe juste après le Big Bang. Qu’est-ce que Gamow découvre dans ses calculs ? Que plus la matière primordiale est chaude, plus elle gagne en « symétrie ». Pour prendre une image, disons qu’elle devient de plus en plus uniforme, de plus en plus « lisse », un peu comme une soupe qui, une fois chauffée, cesse d’avoir des grumeaux. D’après le modèle progressivement élaboré par celui qui, désormais se fait appeler « Géo » par tout le monde, quelques instants après le Big Bang, la matière ultra chaude du début (des milliards de degrés) refroidit rapidement. Or plus elle refroidit, plus elle perd cette uniformité – cette symétrie – des débuts ; c’est justement ce que devient l’hélium une fois refroidi à 271 degrés au-dessous de zéro. Ici, soyons attentifs car dans ce nouvel état superfluide, la matière cesse radicalement de se comporter « normalement » et présente des propriétés à couper le souffle (c’est pour les avoir découvertes que Landau a obtenu le prix Nobel en 1962).

Ce qu’a constaté Landau, à son immense surprise, c’est que les électrons composant les atomes d’hélium se « rangent » sagement deux par deux ! En somme, les particules cessent d’aller et venir de manière désordonnée, comme une foule dans une pièce, mais se mettent « en rang », comme des soldats le jour d’un défilé. Comment comprendre ce phénomène surprenant ? Tout simplement comme un gain d’information. En refroidissant, la matière a changé d’état et est devenue plus « informée » ! Pourquoi ? A cause de la singularité cosmologique. Friedmann a montré que la solution des équations d’Einstein nous amène à conclure qu’à l’origine de l’Univers, celui-ci est réduit à un point. Un point « singulier » qui n’est autre que la singularité initiale. Représentons-nous bien ce point. Il n’existe pas dans l’espace-temps mais « au-dehors ». En d’autres termes, la singularité initiale (si, comme nous le pensons, elle existe) se trouve avant le Big Bang ! En fouillant les équations d’Einstein, Landau prouve que plus on s’approche de l’instant zéro, plus le contenu en matière de l’Univers devient petit par rapport à son contenu géométrique. Et à l’instant zéro, la matière a totalement disparu ! A la place, il n’y a plus que la géométrie, autrement dit, car ce mot n’existait pas encore à l’époque, de l’information. 

On peut alors risquer l’image assez parlante selon laquelle il existera peut-être à l’horizon du temps, dans un avenir extrêmement lointain qui se compte en milliards de milliards d’années, un état « superfluide » de l’Univers, où toute l’information initiale du commencement se sera convertie, au cours de la phase matérielle ordinaire, en une information finale. Un ordre finalisé au zéro absolu – c’est-à-dire hors de l’espace-temps –, sorte d’image miroir de l’ordre initial qui régnait avant la naissance de la matière. Avant le Big Bang. Dans cet autre « en dehors de l’espace-temps » qu’est la singularité initiale, là où le hasard n’est encore qu’une suite numérique au sein de l’information originelle.

Mais ici se pose une nouvelle question. Cet ordre pur – cet antihasard – qu’a découvert Landau dans la matière superfluide (et qui correspond, justement, à ce qui se passera pour notre Univers dans un avenir immensément lointain), cet ordre donc, n’est-il pas l’image en miroir de ce qui a pu se passer au tout début ? Lorsque, là également, régnait la symétrie pure dont a jailli la matière ?

Et la question de l'expansion de l'univers

A en croire nos équations, non seulement l’expansion de l’espace-temps n’aurait pas de fin, mais de surcroît, le phénomène irait croissant ! En d’autres termes, notre Univers ne pouvait pas se dérober à une force très mystérieuse, une énergie énigmatique qui poussait le tissu même de l’espace-temps à grandir de plus en plus vite. C’était bien la première fois qu’une telle hypothèse – à l’époque très peu vraisemblable – apparaissait dans des calculs qui n’avaient rien à voir avec la question de l’expansion proprement dite. A l’automne 1998, deux équipes d’astronomes venaient de conclure, indépendamment l’une de l’autre, qu’à l’inverse de tous les modèles, l’Univers subissait une expansion de plus en plus rapide. Il grandissait de plus en plus vite. Cette découverte spectaculaire venait d’être établie à la faveur d’observations de ces étoiles géantes en train d’exploser, appelées supernovae. Elle serait liée à l’« énergie noire ». Elle aurait commencé à faire sentir ses effets environ 5 milliards d’années après le Big Bang ; cette fameuse énergie noire est la force qui régit la vitesse à laquelle l’Univers tout entier se dilate. D’après les dernières estimations du satellite Planck, cette énergie représenterait 69,4 % du contenu total de l’Univers (la matière ordinaire qui nous entoure ne représentant à peine que 4,8 % de l’ensemble).

La première forme du temps, c’est celle dont nous faisons l’expérience à chaque instant, le temps de chez nous. Il est en profondeur lié à l’existence de l’énergie dans notre monde. C’est ce qui fait que les choses bougent, explosent, se transforment, etc. Sans le temps, pas d’énergie !

A présent voyons la deuxième forme possible du temps : le temps imaginaire. Plus exactement, imaginaire pur (souvenez-vous : il est mesuré par les nombres imaginaires). A la différence du temps réel – toujours en mouvement d’un instant à l’autre – le temps imaginaire ne s’écoule pas. Un peu comme la bobine d’un film, dont l’histoire est comme gelée. Dans le temps imaginaire, l’énergie ne peut donc pas exister. Qu’allons-nous y trouver à la place ? Ce que les spécialistes, depuis quelques années, appellent l’information.

De quoi s’agit-il ? En fait, de la même chose que l’énergie mais dans le temps imaginaire. Au lieu de parler de grammes (pour une cerise) ou de kilomètres-heure (pour une voiture) on va chercher à décrire ces mêmes objets par la quantité d’information qu’ils contiennent. Une information mesurée en bits (un mot rassurant, que vous connaissez bien). Ainsi, comme nous l’avons vu, ce fauteuil, les lunettes ou les vêtements que vous portez, la maison dans laquelle vous vivez se réduisent, in fine, à de l’information pure. On commence désormais à mesurer (plus ou moins grossièrement) le degré d’information de tel ou tel objet et à le comparer à tel autre. Le temps complexe, en mathématique, résulte de l’addition du temps réel et du temps imaginaire pur. Et tout s’éclaircit : le temps imaginaire pur existe lorsque le temps réel, lui, n’existe pas encore, autrement dit : à l’instant zéro. Vous pouvez donc sans effort en déduire avec nous qu’à l’instant zéro – au moment où l’Univers n’existe encore qu’en temps imaginaire – ce que nous appelons dans notre monde « énergie » n’existe pas non plus. Et qu’y a-t-il à la place ? Tout naturellement, de l’énergie imaginaire ! Cette chose vous paraît sûrement des plus étranges. Pourtant, elle est bien connue des physiciens, pour lesquels elle est presque banale. Elle ne varie pas (puisque le temps réel n’existe plus) et se réduit à ce qu’en mathématiques on appelle un « champ scalaire », c’est-à-dire un nuage de nombres. 
Nous tenons donc les deux «bouts » de l’Univers : à l’échelle zéro le temps imaginaire et l’information, à l’échelle de Planck le temps réel et l’énergie. Et entre les deux un mélange d’informations et d’énergie. D’où vient le Big Bang ? Finalement, nous touchons peut-être ici à une réponse. La source de la colossale énergie qui, en quelques fractions de seconde, jaillit en torrents furieux du néant pourrait bien être l’information primordiale, minutieusement codée à l’instant zéro. Très étrangement, il semblerait que l’ensemble des lois qui « codent » la réalité matérielle dans laquelle nous sommes plongés formerait un extraordinaire « nuage d’informations », une sorte de cloud cosmologique situé « de l’autre côté » de notre monde : hors de notre espace-temps, inaccessible à nos sens et à notre expérience quotidienne, ce mystérieux cloud cosmologique, riche de l’information infinie de l’avant Big Bang, viendrait donc organiser tous les phénomènes physiques qui émergent sous une forme sensible dans notre univers. l’Univers et tout ce qu’il contient n’est ni le résultat d’un accident imprévu, ni la conséquence d’une coïncidence fortuite : il manifeste clairement, au niveau cosmologique le plus profond, la fin du hasard ; plus un système est « informé », moins le hasard intervient. Au contraire, plus un système est « désinformé » (c’est le cas de la roulette), plus le hasard se manifeste. 
En fait, l’idée que « l’ordre règne dans l’Univers » semble tellement évidente qu’elle devrait être simplement acceptée par tous, sans discussion. Il ne s’agit pas d’une supposition, encore moins d’une croyance, mais d’un fait observé. Cependant, à notre grande surprise, certains s’acharnent encore à voir dans le cosmos et la réalité qui nous entoure une sorte d’immense chaos au sein duquel les choses, les fleurs, les galaxies, les hommes et les étoiles existent par hasard. Or si l’Univers était vraiment chaotique, comment expliquer alors qu’il soit possible de le décrire par des lois qui nous permettent de prédire son comportement ? Si l’Univers était réellement livré au hasard, comment expliquer qu’une formule aussi puissante que E = mc2 ait pu le décrire avec une si étonnante précision ? En fait, si l’Univers avait été livré aux forces du chaos, il n’aurait jamais évolué. De même, la science n’aurait jamais pu le décrire ni prédire le moindre phénomène issu de ce chaos par essence imprévisible. Si les chercheurs font des découvertes sur l’Univers, c’est bien parce qu’il est prévisible et donc ordonné ; si le réglage de l’Univers n’avait pas été aussi finement ajusté, la vie n’aurait jamais pu apparaître. Par exemple, si le seuil d’excitation des noyaux de carbone (c’est-à-dire leur degré d’agitation interne) ne s’était pas situé très précisément au niveau de 7,653 millions d’électrons-volts au-dessus de leur état normal, ces mêmes noyaux n’auraient jamais pu être synthétisés et le carbone ne se serait jamais formé. Sans carbone, pas de chimie organique possible, donc pas de vie, pas de fleurs.

Pour Anthony Zee et Sydney Coleman, il faut rechercher « quelque chose » qui pourrait être une sorte de « message », de code, enfoui depuis des milliards d’années au cœur du rayonnement fossile. Ce qui s’annonce est la fin du hasard. Si nous acceptons l’idée que l’Univers est un message secret, qui a composé ce message ? Si l’énigme de ce code cosmique nous a été imposée par son auteur, nos entreprises de déchiffrement ne forment-elles pas une sorte de trame, de miroir de plus en plus net, dans lequel l’auteur du message renouvelle la connaissance qu’il a de lui-même ? 

L'Univers connecté de Nassim Haramein est le digne successeur d'Einstein, un univers qui devient holographique.

Le 7 mai 2013 a éclaté une petite bombe dans le domaine des sciences: Nassim Haramein, directeur de recherche à l'Institut de Physique Unifié d'Hawaï, a écrit un article intitulé "Gravité quantique et masse holographique", qui a été validé et publié dans le journal Physical Review and Research International. Cet article faisant état de la théorie d'Haramein sur "l'univers connecté", offre par des formules algébriques et des équations géométriques une nouvelle vision alternative de la gravité. La démarche est novatrice et ambitieuse car elle permet de réconcilier de manière inattendue la physique d’Einstein et celle des quantas. Elle se présente donc comme la théorie unifiée du Tout qui nous manquait depuis bientôt cent ans.

Cette théorie particulière décrit une forme géométrique de base qui est "la brique" d'espace-temps permettant de construire tout le reste. Cette structure géométrique se retrouve étrangement dans le savoir ancestral de nombreuses religion du monde et sur de nombreux artefacts liés à la connaissance.

Parmi les découvertes fondamentales de N. Haramein figurent :

  • Le fait que les trous noirs répondent à une distribution fractale : ils sont répartis depuis l’infiniment petit (distance de Planck) jusqu’à l’échelle cosmologique (l’univers, qui est lui-même un trou noir). Les galaxies et les étoiles contiennent un trou noir en leur centre (ce qui a été vérifié scientifiquement depuis).
  • La matière noire nexiste pas, cest une commodité inventée par la communauté faute de pouvoir en donner une explication satisfaisante. Les 95% de matière manquante de l’Univers s’expliquent par l’incomplétude des équations d’Einstein qui ne prennent pas en compte la torsion de l’espace-temps.
  • Il ny a pas 4 interactions fondamentales, mais 2. Les interactions nucléaires fortes et faibles n’existent pas, et n’ont été inventés que pour convenir de la non-prise en compte de la distribution fractale des trous noirs, qui suffit à assurer les cohésions que devaient prendre en charge les interactions nucléaires.
  • La gravitation est non seulement compatible avec la mécanique quantique (ce sur quoi la science s’est toujours cassé les dents), mais elle en est la continuité.
  • Le vide a une structure, et l’énergie du vide (dont l’équivalent-masse du volume d’un proton est exactement celui de la masse de l’univers) assure la cohésion de l’Univers.
  • L’énergie noire nexiste pas, laccélération de l’expansion trouve son pendant dans l’effondrement du vide sur lui-même, conformément à la loi fondamentale de la physique « Action-Réaction ».
  • La structure du vide se réduit à un modèle de 64 tétraèdres construits en symétrie inversée. Ce modèle nous a été laissé par d’anciennes civilisations datant d’au moins 10.000 ans et se retrouve sous forme du symbole nommé Fleur de Vie sur toute la planète (Égypte, Chine, Amérique Centrale, …). 

 

Le travail d'Haramein montre que tout dans l'univers est connecté, de l'échelle la plus grande à la plus petite, grâce à une compréhension unifiée de la gravité. Il démontre que c'est l'espace qui définit la matière et non la matière qui définit l'espace. "Rappelez-vous que la matière est faite de 99,9 % d'espace"- dit Haramein - La théorie du champ quantique expose que la structure même de l'espace-temps, à un niveau extrêmement petit, vibre avec une énorme intensité. Si nous pouvions extraire un infime pourcentage de toute l'énergie contenue au sein des vibrations se trouvant dans l'espace de l'un de vos doigts, cela représenterait assez d'énergie pour alimenter les besoins mondiaux pendant des centaines d'années. 

 Cette nouvelle découverte a le potentiel d'ouvrir un accès à l'exploitation de cette énergie comme jamais auparavant, ce qui révolutionnerait la vie telle que nous la connaissons aujourd'hui".

La base de la recherche d'Haramein est une prédiction audacieuse sur le rayon de charge du proton. Moins d'un mois après l'envoi de son article à la Bibliothèque du Congrès, l'Institut Paul Scherrer de Suisse a publié une nouvelle mesure sur la taille du proton, confirmant la prévision du physicien."Il a été démontré que cette chose que nous appelons "le vide de l’espace" est en fait remplie d’énergie. La géométrie en parfait équilibre d’une infinité scalaire de cuboctaèdres est la raison pour laquelle l’énergie infinie du vide (le plénum, l’éther, l’énergie de point zéro, la mousse quantique, l’espace, le champ source, Dieu, la conscience cosmique, l’amour universel, ou appelez-le comme bon vous semble) nous apparaît comme quasi nulle car l’énergie est dans un état d’équilibre parfait à toutes les échelles .

Le travail d'Haramein montre que tout dans l'univers est connecté, de l'échelle la plus grande à la plus petite, grâce à une compréhension unifiée de la gravité. Il démontre que c'est l'espace qui définit la matière et non la matière qui définit l'espace. "Rappelez-vous que la matière est faite de 99,9 % d'espace"- dit Haramein - La théorie du champ quantique expose que la structure même de l'espace-temps, à un niveau extrêmement petit, vibre avec une énorme intensité. 

Si nous pouvions extraire un infime pourcentage de toute l'énergie contenue au sein des vibrations se trouvant dans l'espace de l'un de vos doigts, cela représenterait assez d'énergie pour alimenter les besoins mondiaux pendant des centaines d'années.  Cette nouvelle découverte a le potentiel d'ouvrir un accès à l'exploitation de cette énergie comme jamais auparavant, ce qui révolutionnerait la vie telle que nous la connaissons aujourd'hui". Ici, l'indépendance, nos moments de grâce dans le présent, la mise entre parenthèses pour que cessent nos conditionnements nés des bonnes mœurs, des bonnes manières ou de la politesse, tout est en lien justement avec le libre arbitre, avec cette transcendance obligée par laquelle nous interagissons avec l'Univers (le champ, la matrice, Dieu comme nous pouvons aussi l'appeler) la création étant à jamais liées instantanément par intrication. L’astrophysique vient de confirmer la présence d’un trou noir au centre de chaque galaxie observable. La matière visible est donc une émanation de l’énergie du vide inversement corrélée à son double informationnel. L’expansion de l’univers visible a pour pendant la contraction du champ informationnel. 

Ce double mouvement inversé et superposé établit de façon synchrone la création de tout ce qui est, de l’univers visible d’une part (le côté radiatif, le champ électromagnétique) et le feedback informationnel d’autre part (le côté contractif, le champ gravitationnel). Ce double tore est présent en toute chose, de la galaxie au quark en passant par les êtres vivants. C’est ce double mouvement de création et de feedback informationnel, intimement corrélé, qui permet la conscience qui ne peut être, par nature, que réflexive. La conscience n’est donc pas un épiphénomène mais découle de la nature même du processus de création de la réalité à partir de l’énergie infinie du « vide ». Comme cet espace que l’on qualifie faussement de « vide » représente 99.99999% du tout, cette énergie est partout, en toute chose, en tout être et disponible de façon illimitée (Erik Gruchet). » Ainsi, nous apparaissons et nous disparaissons sans arrêt à un rythme très rapide et à la vitesse de la lumière. La moitié du temps, nous sommes issus du vide...et l'autre, nous informons le vide. C'est aussi le mouvement de la conscience qui est en lien avec tout et nous informe par rétroaction que nous existons. C'est la structure du double tore qui le permet. C'est un échange permanent d'informations qui nous affecte, du dedans vers l’extérieur et de l’extérieur vers le dedans : nous cocréons en permanence la réalité. Apparaître hors du vide et disparaître en lui est comme une respiration : cela se fait même si nous n'en avons pas conscience. Nous sommes tous en lien avec le vide, la Source, Dieu, que nous soyons athées, agnostiques ou croyants. Nassim Haramein nous dit : Vous pouvez aussi comprendre qu'en fonction de votre chemin, de vos pensées, de vos valeurs, de vos émotions, vous attirerez forcément autour de vous d'autres personnes qui sont sur le même chemin, qui ont des pensées, valeurs et émotions similaires... Ce n'est qu'en décidant de vous soigner que vous soignerez le monde autour de vous, d'abord votre monde immédiat, puis un monde plus large, et ainsi de suite.

Nous attirons, nous créons, nous repoussons en partie ce qui advient dans notre réalité.

Toute l'approche du Réel est à revoir... CF. les menus Philippe Guillemant, tout est UN ou la 5e dimension.

       

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