Nous vivons nécessairement dans une réalité fictive, construite, imaginaire mais elle est souvent traversée par des lassitudes (à quoi bon se décarcasser puisque c'est l'argent, le pouvoir et le sexe qui gouvernent le monde !) ou, au contraire, hantée par l'utopie volontariste des y a qu'à ! Comme s'il suffisait de...
Tout système de pensée est en réalité une fatale imperfection: 
Le fait que nous vivions dans une réalité imaginaire qui ne peut que structurer l'irrationnel exige l'abandon de toute prétention à détenir la vérité dernière. " Il n'y a pas d'idée plus meurtrière que la conviction aberrante et partagée par toutes les idéologies d'être en possession de la solution définitive (p.149)." L'idéologue crée en fait un paradoxe du type « Soyez spontanés ». Il crée avec habileté l'impression qu'un enthousiasme (ou le bon sens) réellement passionné bouillonne en chacun, et quiconque n'en est pas habité fait mieux de reconnaître que quelque chose ne tourne pas rond chez lui... (p.215). » Mais comme il se heurte à l'inertie des réalités imaginaires de chacun et comme il ne peut renoncer à se faire l'avocat de sa propre réalité imaginaire, il doit recourir à des moyens de pression, prôner la perfection spontanée, démystifier, faire apparaître objectivement les insuffisances et les dénoncer, ou même cacher ses propres insuffisances dans un humour qui les nie et qui fait qu'on ne peut en tout cas pas lui en tenir rigueur, il doit en fait recourir à la manipulation, céder à la tentation de contraindre pour convaincre tout en le niant.

         Toute idéologie qui se fixe des buts utopiques, qui vise la perfection d'un état idéal définitif, n'arrive en fait qu'à lutter pour se débarrasser des douleurs de la déception liée à notre imperfection. "Si audacieux, fort et beau soit-il, et si fermé sur lui-même qu'il paraisse, un système n'en est pas moins une fatale imperfection (une éternelle approximation) : il ne peut lui-même prouver sa propre logique et cohérence (p.195). "
 
In Une logique de la communication, éd. du Seuil, 1979, Paul Watzlawick, Janet Helmick Beavin , Donald De Avila Jackson. 

En voici un exemple parlant: Mo Gawdat la formule du bonheur

De quoi s'agit-il?

Mo Gawdat vient de démissionner de Google X, le laboratoire secret de Google, pour se consacrer à sa mission quasi messianique : rendre un milliard de personnes heureuses. Cet Egyptien de 50 ans prétend en effet avoir trouvé l’équation du bonheur. Une formule mathématique, qui n’a rien de magique, et qu’il propage de part le monde. Son livre, La formule du bonheur qui vient de paraître en français est dédié à son fils Ali, décédé en 2014. Forbes France a rencontré Mo Gawdat lors de son passage à Paris.

C’est un homme souriant à l’accent anglais roulant comme une pierre dans une cascade. Mohammad Gawdat, dit « Mo », est un ingénieur Egyptien de cinquante ans à la lointaine ressemblance avec Gandhi. Après dix ans passés chez Google, il annonce aujourd’hui sa démission du poste de Chief Business Officer de Google X, le laboratoire secret du géant américain qui développe les innovations de rupture, dont les voitures autonomes. Mo Gawdat prétend avoir découvert la formule du bonheur et veut consacrer le reste de sa vie à rendre les autres heureux. Un milliard, c’est l’objectif.

Dans La Formule du bonheur (Ed. Larousse), son livre inspiré par la sagesse de son fils Ali, décédé en 2014, Mo Gawdat, en ingénieur, y dévoile la formule du bonheur.

Le bonheur est supérieur ou égal à votre perception des événements de la vie moins vos attentes quant au déroulement de votre vie.

Une formule simple, voire simpliste, mais qui fonctionne à chaque fois nous explique Mo Gawdat.

Pourquoi démissionnez-vous de Google X pour vous consacrer au bonheur ?

Mo Gawdat : « L’intelligence artificielle va arriver. Les ordinateurs, un jour ou l’autre, seront plus intelligents que l’humain. Ils vont résoudre des problèmes, créer, inventer et prendre des décisions. Comment assurons-nous qu’ils prendront alors des décisions qui seront favorables à l’homme ? On peut mettre en place tous les garde fous possibles, si la machine devient plus intelligente que l’homme, elle les fera tomber. L’idée n’est donc pas de se concentrer sur les mesures de sécurités à prendre pour faire en sorte de canaliser la machine, l’idée est de montrer autre chose à la machine. L’IA aujourd’hui apprend comme un enfant. Et elle apprend de ce qu’elle voit. Or, nous lui montrons des choses terribles : la compétition, la jalousie, la violence. Dans dix ans, les IA vont donc être compétitives.

L’idée est de leur montrer autre chose : être heureux, pas seulement pour moi-même, mais aussi faire en sorte, par empathie, que les autres soient heureux. Comment a commencé le printemps arabe ? Comment a été élu Donald Trump ? Le pouvoir n’est plus dans les mains des grands, mais dans les mains de chacun d’entre nous.

Et le bonheur est une question de choix. Combien d’entre nous prennent une heure dans la journée pour réfléchir au bonheur ? Je propose un exercice : faire une liste des choses qui nous rendent heureux. J’ai découverts qu’une tasse de café me rendait heureux. J’en prends donc trois par jour, avec quelqu’un que j’aime ou seul, sans regarder mes e-mail, sans être pressé.

Pourquoi le bonheur se résume-t-il à une formule, celle que vous souhaitez diffuser auprès d’un milliard de personnes ?

Notre cerveau est une machine de survie. L’équation du bonheur c’est le fait que votre cerveau regarde tout ce qu’il y a autour de vous et commence à dire: je compare les événements à mes attentes. Si mes attentes rencontrent ces événements, je suis heureux. Le problème vient quand les événements ne sont pas à la hauteur des attentes. Cela provoque une alerte dans le cerveau qui provoque elle-même une émotion : inquiétude, tristesse, etc. Et ce sont ces émotions qui vous rendent malheureux.

Notre cerveau est fait pour trouver ce qui ne va pas. Parce que ce qui va bien n’est pas important pour votre survie. Prenez l’exemple du tigre. C’est un animal magnifique. Mais le cerveau va se concentrer sur les dents du tigre et nous pousse à nous enfuir. 60 à 70% du temps, le cerveau humain repère ce qui ne va pas.

Il suffirait donc d'apprendre à percevoir les événements  survenant dans notre vie comme étant égaux ou supérieurs à nos attentes réalistes, à la liste de ce qui nous rend heureux, pour l'être suffisamment, ce qui par contagion invitera les autres à être heureux eux aussi.

Pourquoi le malheur est-il si répandu dans nos sociétés modernes ?

Cela commence avec la société et puis cela devient de notre responsabilité. Pour commencer, l’école nous rend malheureux. Un enfant de trois ans qui s’assoie pour la première fois à l’école s’entend dire « maintenant, assez de joie et d’amusement, l’école, c’est du sérieux ». Certains vont résister un peu, mais nous finissons tous par intégrer le fait que notre succès est plus important dans la vie que notre bonheur. Et donc que faisons-nous à partir de là ? Nous commençons à faire des choses qui nous permettront de réussir dans la vie. Or, le problème est que les choses qui nous permettent de réussir ne nous rendent pas heureux. Mais l’inverse est vrai. Attention, il y a une vraie différence entre le fun et être heureux. Quand on fait des choses sympas, ce ne sont pas des choses qui nous font réussir, en revanche, quand nous faisons des choses qui nous rendent vraiment heureux, nous réussissons car nous effectuons alors nos meilleures performances, nous sommes alors à notre meilleur niveau. Les meilleurs écrivains sont des personnes qui aiment écrire, les meilleurs musiciens sont ceux qui aiment jouer.

Il y a une incompréhension dans notre monde moderne entre la douleur et le malheur. La douleur vient de l’extérieur et même si nous la détestons, la douleur est bonne. Le malheur, c’est très différent. C’est le fait de régénérer la douleur à la demande, un peu comme Netflix. Votre petit ami vous dit quelque chose qui vous blesse le vendredi, et vous vous levez les jours suivant en vous disant, qu’il a dit cela parce qu’il ne vous aime plus. Et vous y pensez sans cesse. Sans agir.

Si l’on y pense d’un point de vue de l’ingénierie, pourquoi laissons-nous notre cerveau nous laisser endurer cela ? Je donne souvent cet exemple : imaginez que vous avez une amie, Jacqueline, qui vous dit « viens, je vais te faire sentir mal, je vais te faire souffrir pendant des heures, et ensuite je vais disparaître ». Allez-vous aimer Jacqueline ? C’est ce que nous laissons faire à notre cerveau.

Le monde moderne nous apprend que c’est ok d’être malheureux. On croit qu’il est plus important de montrer que nous sommes beaux, que tout va bien, que nous voulons gagner plus. Nous ne pensons pas au bonheur, nous n’en parlons pas. Nous ne faisons pas du bonheur notre priorité. Si votre priorité est de rester mince, vous n’allez pas manger des baguettes toute la journée. Si vous succombez à la nourriture, vous n’allez pas restée mince. C’est la même chose dans le monde moderne, notre objectif est le succès et pas le fait d’être heureux. »

Mo Gawdat s'est fixé pour objectif de diffuser la formule du bonheur auprès d'un milliard de personnes...


Rappelons-nous le constat de l'École de Palo Alto: Toute idéologie qui se fixe des buts utopiques, qui vise la perfection d'un état idéal définitif, n'arrive en fait qu'à lutter pour se débarrasser des douleurs de la déception liée à notre imperfection. Nous pouvons certes éduquer notre cerveau, refuser d'être bêtement malheureux, se discipliner pour se débarrasser des grandes illusions, des angles morts et s'accrocher aux grandes vérités, notre effort va se heurter à nos multiples conditionnements sociaux, culturels, familiaux, économiques, biologiques, etc. Qui pourrait prétendre sans rire en avoir fait le tour? Ou s'en être écarté? Qui peut affirmer avoir fait le tour de son subconscient ? Avoir dépasser ses conditionnements et autres addictions ?

Rien n'est simple malheureusement

On peut bien sûr affirmer:
- Que nous souffrons parce que nous sommes bien trop attachés au monde et aux gens. Donc y a qu'à s'en détacher...
- Que nous sommes sous l'emprise de nos besoins compulsifs de sécurité, de confort, de gloire, de pouvoir, de sexe et de jouissances: donc y a qu'à desserrer ce noeud...
- Que nous sommes sous l'emprise d'un mécanisme cérébral à reprogrammer pour apprendre à percevoir les événements  survenant dans notre vie comme étant égaux ou supérieurs à nos attentes réalistes: donc il suffit de mieux se positionner...
- Que nous aurions avantage à mieux concilier rêves et réalités, devoirs et libertés, joies et peines en recherchant toujours le bien présent ou à venir...
- Que rien ne pourra se faire sans un équilibrage  de nos dimensions intellectuelle, sensuelle, émotionnelle, relationnelle et spirituelle...
- Que toute transformation doit être individuelle et collective et qu'elle doit donc englober une utopie et éthique de l'engagement responsable...
- Que la question derrière toutes les autres est celle de la pacification du coeur humain sans laquelle nous sommes livrés à nos pulsions narcissiques, sadiques et masochistes...

Toutes ces affirmations ont un fond de vérité. Mais pour qu'il y ait libération, il faudra nécessairement les confronter avec notre individuation car chacun est une entité unique avec son capital génétique et son histoire personnelle, ses ombres et ses lumières, ses capacités et ses doutes, etc.

L'aventure sera spirituelle

Notre esprit peut de grande chose: de nombreuses études scientifiques l'attestent, des témoignages le disent aussi, mais rien ne peut être généralisé, tout doit être adapté à chacun-e. Aucune méthode ne sera infaillible ! Rien se sera obtenu sans effort ni travail sur soi-même : si c'était le cas, ça se saurait, non ? Les y a qu'à sont bien souvent des illusions mensongères...que nous appelons communément des idéologies.
Cela étant, il serait faut de sous estimer le potentiel spirituel ou même aussi certaines capacités de notre centre neuro-cardio-vasculaire lié au champ magnétique du coeur par lequel nous sommes en lien avec le champ cosmique. Ainsi, pour se re-sourcer, pour se ré-orienter, mieux vaut se tourner vers le cœur, notre centre neuro-cardio-vasculaire qui est en lien avec le divin par feedback entre nos convictions – sensations – émotions profondes et la Singularité: par ces aller-retour nous créons, attirons et rejetons toute chose avec (ou sans) l’aide divine… Voici comment le physicien Philippe Guillemant schématise les enjeux: 

Les interventions esprit-corps (mbi) telles que la méditation, le yoga et le tai chi ne nous détendent pas simplement ; elles peuvent "inverser" les réactions moléculaires de notre ADN qui provoquent la mauvaise santé et la dépression, selon une étude des universités de Coventry et de Radboud.

« Voici 5 effets positifs de la méditation sur l’espérance de vie et le cerveau[1].

1. La méditation garde l’hippocampe sain et améliore l’apprentissage et la mémoire.

L’hippocampe est une petite région du cerveau profondément enfouie sous le cortex. Elle joue un rôle important dans l’apprentissage, la régulation des émotions et aide à la consolidation de l’information de la mémoire à court terme vers la mémoire à long terme.

En 2011, des chercheurs de Harvard ont été parmi les premiers à prouver que seulement huit semaines de pratiques méditatives de la Pleine Conscience entraîneraient l’augmentation significative de l’épaisseur de l’hippocampe.

2. La méditation signale à l’amygdale de se détendre et aide à faire baisser le niveau de stress.

La même équipe de chercheurs de Harvard a aussi découvert que la méditation attentive diminuait le volume des cellules du cerveau dans l’amygdale, la partie de notre cerveau responsable de la peur, de l’anxiété et du stress.

Ces changements correspondent aux données déclarées par les participants sur leur niveau de stress, ce qui prouve de quelle façon les changements dans le cerveau sont en corrélation avec la perception subjective.

3. Influence de la méditation : elle crée un cortex frontal plus rapide, plus gros et plus en forme, favorisant l’amélioration de la concentration et de l’attention.

Etant donné que focaliser notre attention sur un objet (ex: respiration ou mantra) est l’une des pratiques centrales de la méditation, il n’est pas étonnant que la méditation contribue à améliorer notre capacité à nous concentrer et à être moins sensibles aux distractions.

L’amélioration de la concentration et de l’attention est l’un des avantages les mieux étudiés de la méditation.

La façon dont cela se produit est en réalité assez simple. Lorsque nous concentrons notre esprit, nous activons le cortex frontal et nous augmentons le flux sanguin vers cette zone. Si nous faisons cela suffisamment de fois, nous commençons à voir que l’activité de la circulation sanguine devient plus stable. Cette activité mène à la croissance de la matière grise (connue sous le nom Épaississement cortical) observée dans le cerveau des méditants.

4. La méditation augmente la matière grise et allonge les télomères qui aident à ralentir le vieillissement.

Le cerveau humain diminue de volume et de poids lorsque nous vieillissons, en revanche, les méditants ont, à plus long terme, un cerveau en meilleure condition que les non-méditants et un volume plus grand de matière grise.

La méditation aide également à protéger nos télomères, les capuchons de protection à la fin de nos chromosomes. Les télomères sont plus longs lorsque nous sommes jeunes et se raccourcissent naturellement quand nous vieillissons. Les télomères plus courts sont associés au stress et à un risque plus élevé à développer de nombreuses maladies, dont le cancer. Ils dépendent de l’enzyme télomérase qui leur permet de se reconstruire et de se réparer.

Des chercheurs de l’Université de Californie ont été les premiers à prouver que les méditants ont une activité de télomérase significativement plus élevée que les non-méditants. Leurs conclusions ont depuis été répliquées.

5. La méditation active l’insula, renforçant ainsi l’empathie et la compassion.

L’empathie est la capacité à comprendre les sentiments des autres. La compassion est quelque chose de différent – c’est la préoccupation pour la souffrance d’un autre ou de soi-même.

Une décennie de recherches a montré de façon constante que la méditation améliorait ces deux qualités à la fois. Ces avantages sont attribués à une région du cerveau appelée l’insula.

L’insula a un rôle majeur dans la conscience de soi. Elle nous permet d’être conscient de nos propres réactions émotionnelles, ainsi que de mieux lire et comprendre celles des autres.

Les méditant montrent une activité accrue de l’insula et une plus grande épaisseur corticale dans cette région. Des études plus récentes ont aussi démontré que la méditation augmentait les réponses de compassion à la souffrance des autres. »

[1] À partir de l’adresse <http://www.conscience-et-eveil-spirituel.com/influence-de-la-meditation.html>

 Une évolution spirituelle est à faire...

Vous pourrez la découvrir dans les différents menus et articles .
Un toilettage des références chrétiennes sera nécessaire évidemment;
Laurent Gagnebin nous le dit ainsi:

« Le centre de gravité de la foi chrétienne n’est pas le drame rédempteur de notre dogmatique, mais la venue du Royaume de Dieu en notre cœur et dans le monde. »

Pour moi, le St Esprit c’est d’abord la réalité de cette force divine qui nous inspire et nous habite, nous anime et nous porte, pour construire ce Règne de Dieu en nous orientant vers demain et non vers un passé centré sur une Croix dépassée.

Le Saint Esprit, c’est Dieu en nous et dans ce « nous », je suis prêt avec Schweitzer à voir non seulement les humains, mais aussi le monde minéral, animal, végétal ; un monde cosmique. Ce Dieu en nous c’est l’au-delà (dans l’espace et le temps) du Dieu avec nous, Emmanuel.

       

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