Le New Age: entre rêve et réalité.

Pour le New Age, il n’y a qu’une réalité, la grande énergie cosmique d’essence divine, tout le reste est illusion. L’enjeu majeur est d’y croire, et donc de faire un travail important et régulier sur soi-même. Toute la vie intérieure est soumise à une entreprise de reconstruction visant à décoincer nos idées nées d’un rationalisme mutilant qui nous fait vivre dans un monde désenchanté et desséché, qu’il est bon de dépasser par la connaissance ou l’illumination intérieure, le tout teinté de subjectivité. Importent surtout le contenu de l’inconscient, le ressenti ou encore le divin qui est en nous. Il s’agit essentiellement d’assurer son épanouissement psychique personnel pour qu’il se traduise en termes de santé corporelle dans l’harmonie avec le Tout divin. Comment réaliser ce tour de force ? Les recettes abondent, c’est à chacun de voir ce qui lui convient le mieux. Il s’agit encore et toujours de croire à une magie en dehors de toute approche rationnelle. Même si la subjectivité est notre vérité terrestre, il n’est pas bon de congédier la raison ou le savoir scientifique. La question de savoir si l’on peut imaginer « reprogrammer » notre entité biologique corps-conscience, changer simplement et facilement de conditionnement pour obtenir une réponse positive de l’Univers demeure pertinente. Ce d’autant plus que le département génétique de l’Université de Genève vient d’annoncer avoir découvert que nos traumatismes sont mémorisés par un gène et qu’ils se transmettent de surcroît aux descendants sur trois générations. Cela devrait nous inciter dans un premier temps à la prudence, pour aller ensuite si possible vers une clarification des enjeux et des moyens d’y remédier.

Neale Donald Walsch

Voici par exemple ce qu'il nous dit: 

En ce jour de votre vie, je crois que Dieu souhaite que vous sachiez …que vous avez été créé pour créer, pas pour réagir.

La création est la forme la plus élevée de la Divinité, et c’est un droit de naissance. En vérité, vous êtes en train de créer tout le temps. La question cruciale dans votre vie est de savoir si vous le faites consciemment ou inconsciemment.

La création consciente est requise maintenant.

Arrêtez ces pensées négatives. Faites avec ! Demain attend de voir ce que vous avez décidé qu’il sera.

Menez votre barque ! Faites ce qu’il faut ! Vous êtes aux commandes ! Avec tout mon amour, votre ami …Neale

Il y a une invitation à la pensée magique. "Rien ne se produit dans ta vie — rien — qui ne soit d’abord une pensée. Les pensées sont comme des aimants qui attirent des effets vers toi. La pensée n’est peut-être pas toujours évidente, ni clairement causale, comme dans «Je vais contracter une terrible maladie». La pensée peut être (et est habituellement) beaucoup plus subtile que cela. («Je ne suis pas digne de vivre».) («Ma vie est toujours gâchée.») («Je suis un perdant.») («Dieu va me punir.») («Je suis écoeuré de la vie!»)

Les pensées sont des formes d’énergie très subtiles mais extrêmement puissantes. Les paroles sont moins subtiles, plus denses. Les actions sont les plus denses. L’action, c’est de l’énergie sous une forme physique lourde, en mouvement lourd. Quand tu penses, parles et agis à partir d’un concept négatif, tel que «Je suis minable», tu mets en mouvement une incroyable énergie créatrice. Pas étonnant que tu attrapes un rhume. C’est la moindre des choses.

Il est très difficile de renverser les effets de la pensée négative lorsqu’ils ont pris une forme physique. (Conversations Avec Dieu volume 1 Page 102 Editions Ariane)." Il suffit de le vouloir intensément semble-t-il: 

"Toute action entreprise par les êtres humains est fondée soit sur l'amour, soit sur la peur, et cela ne se limite pas aux relations personnelles. Les décisions qui affectent le commerce, l'industrie, la politique, la religion, l'éducation de vos jeunes, les programmes sociaux de vos pays, les objectifs économiques de votre société, les choix concernant la guerr, la paix, l'attaque, la défense, l'agression, la soumission, la décision de convoiter  ou de donner, d'épargtner ou de partager, d'unir ou de diviser, chacun des choix que tu fais librement, tout cela vient de l'une des deux seules pensées possibles : une pensée d'amour ou une pensée de peur.   

La peur est l'énergie qui contracte, referme, attire, court, cache, entasse et blesse.

L'amour est l'énergie qui s'étend, s'ouvre, envoie, reste, révèle, partage et guérit.

La peur enveloppe nos corps dans les vêtements, l'amour nous permet de rester nus.

La peur s'accroche et se cramponne à tout ce que nous avons, l'amour donne tout ce que nous avons.

La peur retient, l'amour chérit.

La peur empoigne, l'amour lâche prise.

La peur laisse de la rancœur, l'amour soulage.

La peur attaque, l'amour répare. "

"Les pensées enracinées dans la peur produiront telle sorte de manifestation sur le plan physique. Les pensées enracinées dans l'amour produiront telle autre sorte. Les maîtres sont ceux qui ont choisi l'amour. À chaque instant. À chaque moment. Dans toutes circonstances."

"Tu expérimenteras ce que tu crains le plus. La peur l'attirera à toi comme un aimant."

"La première loi , c'est que tu peux être, faire et avoir tout ce que tu imagines. La deuxième, c'est que tu attires ce que tu crains. L'émotion est la force qui attires. Ce que tu crains fortement, tu en feras l'expérience. Un animal (que tu considères comme une forme de vie inférieure, bien que les animaux agissent avec plus d'intégrité et de cohérence que les humains) sait immédiatement si tu as peur de lui. Les plantes (que tu considères comme une forme de vie encore plus inférieure) réagissent bien mieux à ceux qui les aiment qu'à ceux qui ne s'en soucient guère. Rien de cela n'est une coïncidence. Il n'y a aucune coïncidence dans l'univers : il n'y a qu'un grand dessein.

L'émotion est de l'énergie en mouvement. Quand tu fais bouger de l'énergie, tu crées un effet. Si tu fais bouger suffisamment d'énergie, tu crées de la matière. La matière est de l'énergie agglomérée, brassée, tassée. Si tu manipules de l'énergie suffisamment longtemps, d'une certaine façon, tu obtiens de la matière. Tout Maître comprend cette loi. C'est l'alchimie de l'univers. C'est le secret de toute une vie.

La pensée est de l'énergie pure. chaque pensée que tu as, que tu as jamais eue et que tu n'auras jamais, est créative. L'énergie de la pensée ne meurt jamais. Jamais. Elle quitte ton être, s'éloigne dans l'univers et s'étend à jamais. Une pensée est éternelle.

L'énergie attire de l'énergie semblable et forme (pour parler en termes simples) des "bouquets" d'énergie semblable. Lorsqu'un nombre suffisant de "bouquets" d'énergie semblable se croisent (se rencontrent), ils "collent" les uns aux autres (pour utiliser un autre terme simple). [...] tu devrais maintenant mieux comprendre comment les personnes d'esprit semblable peuvent travailler ensemble pour créer une réalité choisie. Bien entendu, lorsque des sociétés entières pensent d'une certaine façon, il se produit très souvent des choses étonnantes, qui ne sont pas toutes nécessairement désirables. Par exemple, très souvent (en fait, inévitablement) une société vivant dans la peur donne forme à ce qu'elle craint le plus.

De même, de grandes communautés et congrégations trouvent souvent un pouvoir miraculeux dans l'amalgame de la pensée ou dans ce que certaines personnes appellent la prière commune.

Et il doit être clairement établi que même les individus, si leur pensée (prière, espoir, souhait, rêve, peur) est extrêmement forte, peuvent, à eux seuls, produire de tels résultats. Jésus le faisait courramment. Il savait comment manipuler l'énergie et la matière, comment la réarranger, comment la redistribuer, comment la contrôler de façon absoluie. Bien des Maîtres l'ont su. Beaucoup le savent, à présent. TU peux le savoir. Tout de suite.

À partir de l’adresse <http://www.au-coeur-de-soi.net/article-neale-donald-walsch-conversations-avec-dieu-99353988.html> ) 

L'Univers est-il cette machine qui répond à nos désirs et nos peurs? Le doute est permis ! 

Compte-tenu de la floraison d’articles New Age vantant les mérites de la visualisation, il importe de clarifier un tant soit peu ce thème en le liant au questionnement de la physique contemporaine. Tout ne peut pas être  affirmé au nom d’une approche subjective ; la « magie » de l’Univers ne peut non plus être évoquée à propos de tout et de rien. Pour y voir plus clair, il convient tout d’abord de revoir les enjeux de cette fameuse cosmologie descendante.

LA COSMOLOGIE DESCENDANTE

Toute une partie de la Théorie de la Double Causalité repose sur une interprétation spéculative et métaphysique du principe de causalité inversée constatée dans le domaine de la physique. Philippe Guillemant fait ainsi remarquer :

     « La Théorie de la Double Causalité (TDC) vient de recevoir un soutien très inattendu de la part d'un physicien de renom - Stephen Hawking - qui dans son dernier livre "The Great Design" traduit en français sous le titre "Y a-t-il un grand architecte dans l'univers?" reprend tous ses arguments de base, y compris celui qui pouvait sembler le plus stupéfiant: le concept de déterminisme inversé, qui s'avère tout à fait équivalent à la Cosmologie Descendante - ou Cosmologie Top-Down - avancée par Stephen Hawking, puisqu'il écrit page 171:

     « En cosmologie, il faut renoncer à voir l'histoire de l'univers selon une approche ascendante supposant une histoire unique avec un point de départ et une évolution, mais au contraire adopter une approche descendante en remontant le cours des histoires possibles à partir du présent.... Voilà qui nous conduit à une conception radicalement différente de la cosmologie et de la relation de cause à effet car les histoires qui contribuent à la somme de Feynman n'ont pas d'existence indépendante: elles dépendent de ce que l'on mesure. Ainsi, nous créons l'histoire par notre observation plutôt que l'histoire nous crée ».

     Stephen Hawking ne se contente donc pas de parler d'une création de l'histoire par notre observation, il reconnaît que cela entraîne la nécessité de revoir notre conception de la relation de cause à effet, s'agissant de remonter le temps en faisant dépendre les causes de leurs effets, ce qui n'est pas autre chose qu'un déterminisme inversé.

     Mais ce n'est pas tout ! Non seulement Stephen Hawking met en avant cette idée fondatrice de la TDC, mais pour alimenter sa propre théorie il avance presque toutes les autres interprétations des résultats de la recherche sur lesquelles la TDC est fondée :

1.       nous créons la réalité par notre observation.
2.      cette création est plus exactement une sélection parmi toutes les réalités possibles, 
3.      toutes les réalités possibles sont créées automatiquement par l'univers,
4.      l'histoire vécue se crée du présent vers le passé, et non du passé vers le présent,
5.      la théorie du multivers (des univers parallèles) est la meilleure interprétation de la Mécanique Quantique,
6.      la théorie des cordes M est la meilleure théorie de grande unification.

     Malgré ces 6 points de convergence, Stephen Hawking aboutit à des conclusions opposées à la Théorie de la Double Causalité authentique (celle qui explique les synchronicités) car il postule un véritable dogme en sciences: LE DETERMINISME qui, contrairement à ce que l'on pense, n'est pas scientifique, mais seulement indispensable à la science actuelle (à cause des équations déterministes sur lesquelles elle est fondée). C'est la raison pour laquelle Monsieur Hawking est contraint de nier l'existence du libre arbitre ainsi que l'existence de Dieu.

Pour sauver l’a priori déterministe, Hawking est ainsi contraint à inventer une catégorie nonscientifique à côté du hasard et de la nécessité : celle des coïncidences heureuses qui ne peuvent être expliquées ni par les équations de la science ni même par une approche hypothétique rigoureuse. Le raisonnement simple – et simpliste ! – consiste à dire : puisque nous constatons ces étranges coïncidences, c’est qu’elles pouvaient émerger des possibles de l’Univers même si les probabilités favorables sont infinitésimales. Ce tour de passe passe connu renvoie à une évidence trop peu soulignée, signalée par Christian Magnan dans son livre intitulé « Et Newton croqua la pomme » :

« Au fond si elle daigne l'avouer, la science ne connaît pas le temps - transcendant, extérieur, parfait, établi, absolu - mais seulement l'instant - immanent, incarné, fini, fugitif, provisoire, relatif, fabriqué. » 

Pourtant, il y a bien une nécessité à postuler un déterminisme inversé: quelque chose indéniablement vient du futur, des univers parallèles, d’une réalité qui n’est pas sous l’influence du hasard ni des lois connues de notre univers. Techniquement, même s’il est possible de postuler encore une forme de déterminisme dans les univers parallèles, rien ne l’indique et plus largement nous n’en savons rien. Et plus grave, comme le faisait remarquer Philippe Guillemant à propos du livre de M. Hawking : «  Par ailleurs, sa théorie présente un défaut majeur: elle ne dit aucun mot sur la question fondamentale de savoir quels sont les observateurs-acteurs de l'univers qui créent la réalité (hommes ? animaux ? plantes ? cailloux ? machines ? ...). Or il est facile de comprendre pourquoi Stephen Hawking esquive cette question: lui apporter une réponse reviendrait à faire la différence entre les objets de l'univers qui ont le statut d'observateur-acteur et ceux qui ne l'ont pas, et ce serait aussi inconcevable pour lui que de faire la différence entre les objets de l'univers qui ont un libre arbitre et les autres. Inconcevable, car cela briserait son dogme déterministe qui oblige à considérer tous les êtres humains comme des machines biologiques.

     En vérité je vous le dis, ce statut d'observateur-acteur de l'univers enfin reconnu par la science s'accompagnera bel et bien de la propriété de libre arbitre - sans laquelle il ne pourrait y avoir d'observateur agissant par réduction de la superposition d'états ». 

Le principe de la Double Causalité, descendante et montante, veut que nos lignes temporelles coexistent simultanément en passé et futur. Le présent peut être alors le résultat de deux mécanismes distincts : il peut émerger de notre passé en l’adaptation faite par l’égo de ce qui émerge en notre corps-conscience. Mais il peut aussi naître du futur comme mécanisme quantique de réduction d'états déclenché par notre libre arbitre via notre Esprit-Âme. Cette aide de Dieu toutefois n’est pas entièrement de notre ressort : nous pouvons la présupposer, lui confier nos désirs, nos besoins de création et d’accomplissement, mais la réponse matérialisée viendra de l’Amour, dans la mesure où notre environnement le permet. Le cadre est ainsi posé clairement. Voyons-en les conséquences pratiques et logiques.


La volonté de « reprogrammer » notre entité corps-conscience n’est aucunement illégitime. Nous avons suffisamment dit le poids de l’égo, de la peur, de nos volontés de maîtrise et puissance qui le traversent et l’habitent, avec pour conséquence de tuer l’Amour. Nous avons mis en évidence aussi la réalité crainte du non-Amour en l’expérience d’être jetés dans un monde hostile, absurde, cruel, froid, calculateur et sans pitié qui aliment largement nos peurs, tristesses et colères légitimes. Tant que nous restons prisonniers de ces deux réalités, dont les généticiens nous disent maintenant qu’elles s’inscrivent sur un gène, nous nous coupons de la magie de l’Univers. C’est évident. De même, nous pouvons dire tout aussi nécessairement que le divin va représenter l’opposé du non-Amour : une dimension symétrique en somme, à définir comme accueillante, sensée, tout en bonté, en pardon, en non-jugement et non-violence, le lieu de toute création et de tout accomplissement. Les psychothérapies vont s’occuper essentiellement d’un recadrage de notre entité corps-conscience, concerner surtout une réadaptation à ce que réclame la réalité. Elles peuvent aider à dénouer notre attachement viscéral à qui nous sommes (ou croyons être !), à prendre du recul, à desserrer même l’étreinte de l’égo et des peurs. Le succès d’une telle approche dépend  souvent de la volonté du patient à jouer le jeu, de sa capacité à se mettre à nu, à ne rien cacher en laissant parler sa mémoire implicite, et bien sûr aussi, de l’autre côté, de la perspicacité du thérapeute. Cette mise à nu est aussi impérative devant Dieu. En bonne spiritualité, tout ce qui nous habite, nous pèse, nos délires comme nos fantasmes sont exposés en transparence totale, si possible même sans culpabilité ni honte au Père dont nous attendons l’absolution, c’est-à-dire la sensation d’être accueilli, objet d’une compassion infinie, enveloppé d’une tendresse inouïe. Cette sensation particulière – largement attestée dans les récits d’EMI/NDE-, mène aussi au sourire intérieur, au bonheur d’être rendu à la capacité de vivre en toute conscience le moment présent. Elle a pour effet concret du suspendre le poids du non-Amour, de la faute ou de la culpabilité liées à de mauvais choix. Dans la foi chrétienne, ce sourire se densifie en joie imprenable car en vérité rien- ni personne – ne peut nous séparer de l’Amour que  Dieu nous a manifesté en Jésus-Christ. Mieux encore : son Amour croit tout, endure tout (y compris les trahisons), espère tout, pardonne tout sans dégoût, sans contrainte ni punition. Ce re-cadrage est lié à une prescription de symptômes. Nous sommes devenus dans le cœur de Dieu – comme l’avait si bien vu Martin Luther - des pécheurs-pardonnés, sans qu’il soit possible de nous réduire désormais à l’un des pôles ; aussi sommes-nous appelés à vivre cette identité nouvelle dans la joie et l’innocence, sans dramatiser nos faiblesses humaines ni vouloir les nier en recherchant une sainteté douteuse. La certitude du pardon compatissant fait contrepoison à la culpabilité. L’Amour divin, comme souverain bien, comble nos attentes et besoins. C’est l’autre côté du miroir, là où nous devinons le vrai sens de la vie. Clairement, la foi chrétienne est une thérapie. La référence au pardon divin est pour le pécheur pénitent la garantie de pouvoir sortir du cadre du non-Amour dans lequel nous finissons tous par nous embourber. C’est une conviction intime nourrie de sensations, d’extases, de reconnaissances, donc d’expériences subjectives mais réelles. Ceux qui ont fait une expérience de mort imminente (EMI) en reviennent la plupart du temps avec la certitude que la mort n’existe pas et que le pardon est garanti. La foi chrétienne repose sur les mêmes bases. C’est la rencontre avec la Lumière-compassion qui seule peut nous « sauver ». C’est dire à quel point ce salut est extérieur à nous : il ne peut être conquis ni marchander, il ne peut être que reçu, rendu effectif par l’Amour divin. C’est quelque chose qui nous vient du futur pour devoir couler ensuite dans notre vie, dans notre univers. Il peut alimenter quelques belles certitudes :

-          Nous avons la capacité de dépasser le bourbier du non-Amour, de le transgresser librement

-          L’Amour est la Vérité première et dernière, équilibre et origine de Tout

-          La mort est une illusion, mais en elle s’origine le chaos

-          Nous ne sommes pas seuls, livrés désespérément à nous-mêmes, ni même réduits à l’immanence

-          Il n’y a pas de valeur à ajouter à la Vie en dehors de l’Amour, rien qui ne puisse ni ne doive nous mettre à part ; la course aux mérites personnels est une  illusion, une aliénation chaotique

-          Le Ciel nous dit simplement : deviens ce que tu es, un enfant de l’Amour, même si tu ne l’as pas reçu clairement d’un parent ou d’un proche

-          Nous ne sommes pas des entités biologiques perfectionnées : nous sommes des créatures reliées à l’Univers par notre Esprit-Âme

-          Le Ciel nous dit aussi : sois un pécheur pardonné qui reçoit du Père l’Amour libérateur - …

La Vie véritable se trouve donc de l’autre côté du miroir, derrière ce que nous ne pouvons pas voir mais seulement deviner, souvent confusément ; elle se trouve aussi en ce que nous ne pouvons conquérir par nos seules forces ou notre seule intelligence ! On ne peut en vérité que la recevoir la vie véritable ! C’est évidemment dur à avaler pour notre égo ! Peut-on au moins déclencher une réponse favorable de l’Univers ? Faire naître du futur certaines choses –  la guérison de traumatismes par exemple - comme mécanisme quantique de réduction d'états déclenché par notre libre arbitre via notre Esprit-Âme ? Je ne peux ici que dire prudemment : oui si les conditions réelles sont réunies et si l’environnement immédiat le permet. En d’autres termes, cela revient à poser ce lien qui doit être pur entre la conviction intime et la réduction d’états. Sans ce lien particulier, tout est vain. Se convaincre qu’on va mieux de jour en jour, qu’on se guérit par la force de nos pensées positives, est certes sympathique – et bénéfique à tout prendre - mais probablement pas très efficace. Quand le New Age nous encourage à remanier notre éducation rigide imposée en renouant sans tarder avec les forces de la nature, quand il nous invite à modifier notre programmation nuisible par des visualisations créatrices qui nous donneront le pouvoir de la création, et par conséquent celui de choisir en toute conscience ce que nous souhaitons vivre, il nous même en bateau ! Ce n’est pas en notre  pouvoir, car ne l’oublions pas, il faut que le Ciel s’en mêle. Il se peut bien sûr, qu’à force de répéter des visualisations heureuses et positives, la personne atteigne ce point de lâcher-prise et de détachement confiant à même de permettre à son être intérieur de déclencher une réponse favorable de l’Univers. Mais nous n’avons pas un pouvoir inné qui nous permettrait de créer ce que nous désirons : amour, abondance, relations heureuses, travail gratifiant, santé et beauté, paix et harmonie intérieure, succès et bonne fortune. Nous avons en revanche en notre Esprit-Âme un puissant allié. C’est une différence de taille, car le soutien espéré ne fonctionne que dans le respect du libre arbitre. Heureusement, certains maîtres New Age ont tout de même la décence de signaler que la visualisation créative ne permet pas de changer une autre personne contre son gré ou qu’il faut l’utiliser pour de bonnes causes ! Ils nous conseillent de ne pas tant chercher à comprendre comment cela se passe, car il vaut mieux laisser l’intelligence universelle se charger de la réalisation de nos demandes. De tels conseils ne font qu’alimenter le supermarché de l’illumination intérieure opaque par définition et allergique à toute critique rationnelle. Pourtant, il y a fort à parier que nombre de ces demandes adressées au Ciel ressortent de désirs et besoins d’épanouissements narcissiques ancrés dans l’égo de l’enfant roi à qui tout est dû… Cela devait être dit sans volonté d’agresser ni de blesser qui que ce soit.

LA CONVICTION INTIME ET LA RÉDUCTION D’ETATS

Une chose est certaine : pour que le Ciel puisse nous être favorable, il faut avoir quitté le conditionnement du non-Amour. C’est une condition impérative et néanmoins difficile car il est cause souvent inconsciente de nos peurs, tristesses, colères, à l’origine de nos addictions, le mauvais génie de nos calculs, de nos intérêts, la source de nos négligences, fausses croyances, angoisses et attachements malheureux ; le feu couve en permanence, il suffit d’y jeter du bois pour le voir reprendre du vif. C’est le chaos ordinaire contre lequel notre égo tente au mieux de nous faire tirer notre épingle du jeu ; il est pourtant fondamentalement cause de souffrance et de destruction. Évidemment, mieux nous le saurons, mieux ce sera. Mais à en rester là le bilan serait un peu maigre ! Ce serait peut-être même encore de l’ajustement malheureux. La démarche de Philippe Guillemant nous invite à oser penser la « magie » de l’observateur-acteur-capteur de l’Univers pour aller plus loin. Parmi les éléments qui peuvent nous y aider, l’auteur mentionne un attachement particuliers à : l’amour, la liberté, l’intention, la raison, la vigilance, la foi, la confiance, le détachement ; ces attitudes d’ouverture à notre être intérieur, à notre Esprit-Âme sont de nature à favoriser la création et l’accomplissement. Notre libre arbitre, libéré de la pesanteur corps-conscience et de l’égo, acquiert la capacité de s’ouvrir au futur, à ce qui ne vient pas et ne dépend directement pas de nous-mêmes, mais dont nous savons parfaitement qu’il est agissant. Cette conviction intime se nourrit et s’alimente d’une vérification concrète faite à travers les retombées matérialisées par l’Univers à nos demandes, des retombées qui vont dépasser même en générosité nos attentes. Notre conviction intime va donc avoir une intensité et une amplitude que nous appelons l’Amour. L’intensité va concerner en priorité la manière dont nous pouvons quitter le non-Amour pour donner une pleine dimension à son au-delà symétrique, en privilégiant l’amour, la liberté, l’intention, la raison, la vigilance, la foi, la confiance, le détachement ; nous pouvons il est vrai – reconnaissons-le – leur donner plus ou moins d’importance. L’amplitude relèvera plutôt de notre Esprit-Âme. Ce terme désigne dans le domaine scientifique la distance entre des quantités, des positions ou des valeurs extrêmes. Ainsi – et par analogie – l’amplitude de l’Amour va se mesurer dans la distance entre nos désirs-souhaits-intentions déposés, recueillis par l’Esprit et ce que l’Âme va pouvoir matérialiser en réponse, là où c’est possible, sans violer le principe du libre arbitre des uns et des autres. 


La vraie Vie se trouve au-delà du miroir, des apparences, assurément au-delà de l’emprise et de la fascination du non-Amour qui se traduisent en autant d’énergies négatives principalement réactives. Il y a une secondarité à vivre, une juste distance à trouver face à ce qui nous habite et nous traverse : nous avons pris l’habitude irréfléchie de nous identifier très fortement à nos pensées, nos sentiments, nos rares émotions, nos impressions et sensations souvent chaotiques. C’est un nœud d’énergies très serré. Trop serré pour permettre l’émergence de notre être intérieur ! Nos vibrations habituelles sont en effet la plupart du temps très grossières, nourries de convictions intimes, de projections ou de transferts négatifs et craintifs ! Si nous voulons entrer dans l’aventure spirituelle, nous aurons à le reconnaître pleinement, à  ressentir cette négativité jusqu’en nos entrailles pour mieux connaître notre  « ennemi ». C’est notre nuit commune, notre blessure par où surgit le chaos. Et il n’y a pas d’autre solution que de s’en écarter. Il va falloir cesser de donner vie à ces énergies négatives en leur préférant d’autres énergies positives traduites en actes, en paroles, en choix abruptes, en dépôts d’intentions. Il va falloir – comme le dit le sage oriental – apprendre à devenir divins en lâchant le traumatisme du non-Amour si communément partagé faute de mieux. De là va pouvoir naître une nouvelle conviction intime nourrie de nouvelles intensités qui vont nous permettre de nous dégager de la causalité issue de notre passé. Un nouveau passé émerge en lien avec un nouveau futur qui va se traduire dans un nouveau présent fait d’opportunités nouvelles – surgies par réductions d’états – obtenues par l’implication de notre Esprit-Âme dont c’est « le travail ». Le sage oriental nous dira encore pour nous aider à visualiser l’impensable et l’inconnu : « L’énergie c’est toujours de la conscience. La conscience est énergie, et l’énergie est conscience. Et du fait même que la conscience est énergie, l’énergie en se projetant donne la matière, et c’est ainsi que la matière est énergie et conscience. C’est pour cela que certains disent qu’il faut voir Dieu en tout, qu’il faut voir la lumière en tout. » Nous pourrions ajouter : la voir dans sa présence différenciée, du plus simple au plus complexe, comme dans son apparente absence, dans le clair et l’obscure, la conscience et l’inconscience, le chaud et le froid, l’humain et l’inhumain, l’équilibre et le chaos, etc. Notre être intérieur est  la charnière entre le non-Amour et l’Amour, la conscience limitée et la pleine conscience ; nous gardons le choix de basculer d’un côté ou de l’autre, par régression ou émancipation, mais une seule voie peut nous conduire à la création et à l’accomplissement. Tout se joue là précisément, dans la conviction intime que l’Amour est la pleine conscience de l’énergie divine, ou pour le dire encore autrement que la pleine conscience se traduit par l’énergie de l’Amour qui ne peut engendrer le chaos. Cette pleine conscience est à chercher dans la Première Causalité, celle qui dépend de nos choix et de nos actes, comme dans la Seconde Causalité en qui nous avons à nous fier aussi. Elle n’a pas grand-chose à voir en revanche avec ce qui émerge au quotidien de notre être-au-monde biologique spontané trop souvent conditionné. Nous aurons plutôt à le transgresser, à nous en dégager dans ce sourire intérieur qui aspire à vivre en pleine conscience le moment présent, ou même pour les chrétiens, à le déborder dans la compassion et dans cette joie imprenable du pécheur-pardonné qui nous lie à Jésus, le Génie de l’Amour. 

Ainsi pour Georges Haldas « Cette vie de résurrection telle qu'elle est ouverte par le Christ, commande une manière d'être qui se prépare maintenant en choisissant de vivre une vie de relations marquées par l'anti-puissance, par l'anti-meurtre, par une manière de vivre bénéfique pour autrui. »

C’est le Royaume que notre frère et notre exemple Jésus Christ appelait de toutes ses forces…Et nous le rejoignons dans cette espérance d’un ciel nouveau sur une terre nouvelle.

Il nous est dit en Colossiens 3,2 Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Seule la grâce divine peut accomplir en nous ce bonheur. 

Quand je le reconnais, je suis reconnu, quand je justifie Dieu, je suis justifié. Quand je fais place à Dieu, le péché est vaincu; je suis mort avec le Christ et ressuscité, justifié en lui. Je reçois un nouveau lieu d'existence qui me permet de vaincre l'illusion du péché, d'une existence assumée sans Dieu. C'est en lui et par lui que je peux être sage, juste, fort, bon, dans cette reconnaissance toujours à refaire dans la conscience simultanée de la puissance du péché et de celle de la grâce; je suis à la fois juste et pécheur, condamné et sauvé, etc. Dès lors, nous n'avons pas à sauver le monde mais à lui tenir tête, en accomplissant ce qui s'impose comme évidence éthique et politique. La foi ne supprime pas le péché elle le pardonne, et rend par-là possibles de nouveaux choix.

Le Royaume des cieux ressemble à une personne qui se rend compte qu'elle ne viendra jamais à bout de ce qui pèse - la convoitise, la rivalité, la faute, la culpabilité et le perfectionnisme -, qu'elle n'atteindra jamais une image idéale d'elle-même qu'elle croyait nécessaire pour se rendre acceptable et aimable. Elle accueille alors son impuissance radicale; elle s'ouvre ainsi à l'avenir, à la nouveauté, à  l'autre/au divin avec confiance; elle renonce à expier son malheur par une vie de fuite, d'hypocrisie, de devoir ou de mensonge. Ici, la dynamique de guérison est bien une résurrection: laisser venir le courage d'oser être soi-même avec ses ombres et ses lumières en faisant face aux autres. Nous voici libérés de notre passe-temps favori qui consiste à tout idéaliser ou à tout diaboliser, à vomir les autres ou à les dévorer ! Une manière de se laisser dominer tantôt par le désespoir-force en sa volonté de tout maîtriser, tantôt par le désespoir-faiblesse qui cherche le salut dans la fuite. Nous pouvons voir notre aveuglement s'en aller, le laisser partir avec l'aide de Dieu. Apprendre à nous aimer sans enflure ni tristesse, sans tout ramener à soi. Et retrouver foi dans la joie de donner et de recevoir gratuitement, sans chagrin ni contrainte qui est la dynamique privilégiée du Royaume.

En réalité, Dieu ne cherche rien d'autre qu'à nous toucher : notre coeur endurci et pétrifié ne pourrait-il s'attendrir, et le rigorisme de notre jugement moral ne pourrait-il faire place à un peu plus d'humanité et de bonté ? 

C'est chaque fois un cri pour davantage d'humanité, de réalisme, de vérité ; contre les règlements inhumains, injustes, aliénants. Car: Être libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres (Nelson Mandela).

Oui, la miséricorde est toujours choquante, tout comme l'humilité, le dévouement pour les autres, la générosité, le don, l'accueil ou le soin consenti les uns pour les autres: Jésus a vécu ainsi voulant débloquer ce que l'angoisse humaine et religieuse avait bloqué; ce fut un électrochoc salutaire  qui ne doit pas nous faire oublier toutefois que la paix et l’harmonie sont toujours à inventer, à construire, à cultiver. Elles demandent effort, combat, engagement. Elles n’arrivent pas parce qu’on a supprimé les motifs de désaccord, mais parce qu’on a appris à les gérer autrement que par la violence.

Il y a donc un effort salutaire à faire pour harmoniser nos centres émotionnel, physique et intellectuel, pour les faire interagir de manière à ne pas se diluer dans la subjectivité exacerbée ou se pétrifier dans une rationalité omniprésente.

Vers un éthique spécifique:

Avec Paul Ricoeur, nous affirmons que la visée éthique contient les trois termes suivants : visée de la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes. Les trois composantes de la définition sont également importantes. Ce qui nécessite le souci de soi, souci de l'autre, souci de l'institution.
Le seul ordre social légitime universalisable est celui qui s’inspire d’un principe de commune humanité, de commune socialité, d’individuation, et d’opposition maîtrisée et créatrice.
L'intersubjectivité suppose en réalité une approche tragi-comique de la sphère religieuse : l’autonomie du sujet n’y est pas absolue, et le réel ne se limite pas uniquement à l’immanent. Ce qui fait sens, c’est l’union de l’humain et du divin, dans une puissance d’innovation.
Cela suppose l'invariant relationnel de Paul Ricoeur permettant d'assurer une continuité ininterrompue de la personne à travers la parole donnée qui dit le maintien de soi. Elle seule permet de compter sur...et d'être comptable de... Je ne suis assuré de moi-même que par ma fidélité aux engagements pris.
La visée éthique sera construite sur le socle de l'amour agapè compris comme expression de la bienveillance, de la bienfaisance et de la bonne volonté incluant notamment la coopération, la réciprocité et le pardon. C'est ainsi que nous sommes appelés à nous accueillir les uns les autres dans notre commune humanité. Cette visée est affaire individuelle et collective; l'état et la justice y contribuent comme lutte contre le chaos et la violence.


 L'enjeu majeur n'est pas notre ralliement à un New /Old Age ! Il est plutôt consentement à un Souverain bien toujours à redéfinir...

 

       

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