Si nul ne peut détenir la vérité, à qui donner la préférence: à la religion ou à la spiritualité? Quelle approche choisir? Laquelle serait la plus porteuse? Selon quels critères? Une psychologue a tenté une réponse que voici:

Sandra Véringa trouvé sur https://www.espritsciencemetaphysiques.com/differences-spiritualite-religion.html

Il n’y a pas une religion, mais des centaines.
Il n’y a qu’un seul type de spiritualité.

La religion est pour ceux qui veulent poursuivre des rites et des formalités.
La spiritualité est pour ceux qui veulent atteindre l’ascension spirituelle sans dogmes.

La religion est pour ceux qui dorment.
La spiritualité est pour ceux qui sont éveillés.

La religion est pour ceux qui ont besoin des conseils des autres.
La spiritualité est pour ceux qui prêtent l’oreille à leur voix intérieure.

La religion a un ensemble dogmatique et incontestable de règles qui doivent être suivies sans les remettre en question.
La spiritualité vous invite à raisonner, à tout remettre en question, et à découvrir les conséquences de vos actions et d’en assumer les conséquences.

La religion menace et terrifie.
La spiritualité vous donne une paix intérieure.

La religion parle du péché et de la faute.
La spiritualité encourage à « vivre dans le présent » et de ne pas ressentir de remords pour ce qui s’est déjà manifesté – mais de relever la tête et d’apprendre de ses erreurs.

La religion réprime l’humanité, et nous renvoie vers un faux paradigme.
La spiritualité transcende tout, et fait de vous quelqu’un de fidèle.

La religion est inculquée dès l’enfance, comme une soupe que vous ne voulez pas manger.
La spiritualité est la nourriture que vous recherchez, qui vous satisfait et qui représente une expérience sensorielle agréable.

La religion n’est pas Dieu.
La spiritualité est la conscience infinie de tout ce qui est – c’est Dieu.

La religion invente.
La spiritualité découvre.

La religion ne remet pas les choses en question.
La spiritualité remet tout en question.

La religion est basée sur les principes d’humanité, une organisation avec des règles.
La spiritualité est divine, sans règles.

La religion est la cause de la division.
La spiritualité est la cause de l’union.

La religion a créé ce que vous cherchez.
La spiritualité vous amène à faire des recherches.

La religion reprend les enseignements d’un livre sacré
La spiritualité cherche le caractère sacré de tous les livres.

La religion est nourrie par la peur.
La spiritualité est nourrie de la confiance.

La religion vous fait vivre dans vos pensées.
La spiritualité vous fait vivre dans votre conscience.

La religion est: il s’agit « de faire »
La spiritualité est : il s’agit « d’être »

La religion est une dialectique.
La spiritualité est logique.

La religion nourrit l’ego.
La spiritualité vous fait transcender.

La religion vous fait renoncer au monde.
La spiritualité vous fait vivre avec le divin, sans jamais devoir renoncer.

La religion est l’adoration.
La spiritualité est la méditation.

La religion constitue à poursuivre la psychologie d’un modèle
La spiritualité est l’individualité.

La religion rêve de la gloire et du paradis.
La spiritualité vous fait vivre ici et maintenant.

La religion vit dans le passé et dans l’avenir.
La spiritualité vit dans le présent, dans l’ici et maintenant.

La religion vit dans le confinement de votre mémoire.
La spiritualité c’est la liberté de la conscience.

La religion croit à la vie éternelle.
La spiritualité vous rend conscient de tout ce qui existe.

La religion vous donne des promesses sur l’après-vie
La spiritualité vous procure la lumière pour trouver Dieu dans votre soi intérieur, dans cette vie, dans le présent, dans l’ici et le maintenant …

Gardez à l’esprit ces éléments de base dans votre chemin spirituel, nous conseille-t-elle. 

L'approche de l'auteure est en réalité une projection caricaturale avec dans le rôle de l'épouvantail la religion et dans celui de la modernité bien pensée la spiritualité. Il s'agit d'une opposition déloyale même si une religion aussi caricaturale peut exister, tout comme une spiritualité bien pensée et vécue peut être défendue. L'enjeu en réalité est à poser ailleurs que dans une opposition caricaturale des genres. Je propose d'avoir comme critère majeur le dépassement libérateur du manichéisme...La question étant de savoir en quoi une approche est-elle libératrice? Certaines propositions religieuses ne le sont pas: elles sont dogmatiques et parfois fanatiques. Mais le spirituel peut aussi être du grand n'importe quoi infantile et magique souvent lié au New Age! Il nous incombe de faire la différence.

En commençant par énoncer un principe de tolérance existentielle:

Tout est subjectif, tout est relatif et toute vérité est à fonder sur nos raisons de vivre et d'espérer elles aussi forcément subjectives. Ne lisons-nous pas la réalité à travers les filtres d'encodages de nos expériences et de nos souvenirs? Vouloir le nier est du plus haut comique, l'oublier est du plus haut tragique ! Et dans notre lecture de la réalité, nous aurons à définir nos liens à une transcendance: le mot religion de religere peut signifier cueillir, rassembler ou être dérivé de religare qui signifie lier, relier. Y a-t-il une présence, une force, une intelligence, un au-delà à l'humain qui peut être cueilli, peut nous rassembler, auquel nous sommes liés et reliés ?

Pour Ricœur, l’absolu équivaut à l’altérité absolue, à ce qui transcende notre expérience habituelle et nos constructions intellectuelles spontanées. L’absolu n’est pas forcément divin, mais le divin intervient dans l’histoire en tant qu’absolu, en tant qu’altérité radicale. Or l’absolu se présente sous la forme d’un témoignage, dans la mesure où il apparaît non pas comme une présence triomphante et irrécusable mais comme un appel, comme la proposition d’un monde inédit. Il se présente donc de manière strictement non autoritaire. Pour Ricœur, croire, ce n’est pas adopter une attitude de soumission et de fidélité aveugle, mais c’est reconnaître la fiabilité du témoignage dans le cadre d’un examen critique. On reconnaît un vrai témoignage à sa puissance d’innovation. et j'ajouterais, à sa puissance de libération ! 

Ces notions sont traitées particulièrement dans le menu En Jésus-Christ...

Peut-on en rester uniquement à l’immanence ? 

Pour le philosophe André Comte-Sponville, il n’y a pas de société sans lien, ni sans rapport au sacré, à ce qui a valeur absolue. On peut se passer de religion, au sens d’être relié, mais pas de communion, ni de fidélité, l’autre sens de la religion (relegare: recueillir ou redire). Elle est ici un attachement, un engagement, une reconnaissance et non une piété. Toutefois, l’absence de foi ne dispense pas d’avoir une morale. L’athée n’est pas condamné à être un lâche, un hypocrite ou un salaud ! Mais toute morale sera humaine, donc relative et marquée du sceau de l’effort volontariste. Pour autant, elle ne sera pas bâtie sur le nihilisme qui fait le jeu des barbares et des fanatiques de tous bords, qui ne connaissent que la violence, le mépris, l’égoïsme, la haine, car le contraire de la barbarie, c’est la civilisation. Une société peut très bien se passer de religion, au sens de la croyance en un Dieu créateur et personnel, elle pourrait se passer de sacré ou de surnaturel au sens large, mais elle ne peut se passer ni de communion ni de fidélité, celle précisément qui combat une sophistique qui cherche à taire la différence entre mentir, dire la vérité ou se raconter des histoires. Seul compte la nature « à la fois incréée et créatrice, hasardeuse autant que nécessaire, sans pensée, sans conscience, sans volonté — sans sujet ni fin. Tout ordre la suppose ; aucun ne la contient ni ne l'explique. Nature, sive omnia : la nature, c'est-à-dire tout. »

Dans cette approche, seul le présent existe et tout y est : nos pensées, nos mensonges, nos vérités, nos idées ou nos connaissances ; tout est à mettre entre parenthèses pour que cessent nos conditionnements nés des bonnes mœurs, des bonnes manières ou de la politesse. Tout est revisité, mises entre parenthèses des dogmes des églises, des règles, des commandements, des partis politiques, des idéologies, etc. L’indépendance est le vrai visage de la spiritualité. Elle n’a toutefois rien à voir avec le libre arbitre, car pour le philosophe nous ne pouvons être (vouloir ou faire) autre chose que ce que nous sommes.
Avons-nous seulement les moyens de cette indépendance ? Notre rationalité campée uniquement dans l’immanence n’est-elle pas un leurre ? Nier qu’il existe une transcendance minimale comme au-delà au Soi, est un présupposé tragique car cela revient à restreindre aux forceps le mystère ; oublier cette dimension est comique car cela revient à prendre son désir pour la réalité. Comment éviter le piège ?
Le philosophe précise notre condition humaine: À la question « Que m’est-il permis d’espérer ? », il faut répondre : rien, en tous cas rien d’absolu, rien d’éternel, rien au-delà de la mort. Rien qui ne soit assuré en ce bas monde. Un athée lucide ne peut échapper au désespoir. Pourtant, il convient de rappeler que ce n’est pas l’espérance qui fait agir, c’est la volonté ; ce n’est pas elle non plus qui fait vivre mais l’amour, le courage, la gratitude ou la miséricorde. L’infini est donc hors de notre portée et gardera toujours une part de son mystère. 

Pourtant cette approche courageuse est ancrée dans une science déterministe du XIX e siècle.

La transcendance réhabilitée

Une approche religieuse ou spirituelle est à campée dans une matrice qui connecte tout l'univers. Max Planck y fit allusion en 1944, au cours d'une conférence qu'il prononça à Florence, en Italie. Il osa alors une affirmation qui ne fut sans doute pas très bien comprise par les scientifiques de l'époque. Ces paroles prophétiques sont aussi innovatrices en ce XXIe siècle qu'elles l'étaient quand il les prononça ces mots :

"Ayant consacré toute ma vie à la science la plus rationnelle qui soit, l'étude de la matière, je peux vous dire au moins ceci à la suite de mes recherches sur l’atome : la matière comme telle n'existe pas ! Toute matière n'existe qu'en vertu d'une force qui fait vibrer les particules et maintient ce minuscule système solaire qu'est l'atome. Nous pouvons supposer sous cette force l'existence d'un Esprit intelligent et conscient. Cet Esprit est la matrice de toute matière."


  • L'existence du champ a été confirmée par une étude de l'armée américaine et publiée en août 1986 dans la revue Nature (vol.322, p.590). Il est appelé hologramme quantique, le champ, la divine matrice, qui apparaît comme des filaments.
    Le satellite Chandra, capable de détecter des champs d’énergie invisibles, confirme en 1999 ce que s’imaginaient les scientifiques : Ce champ ressemble à la structure filamentaire du réseau neuronal. Encore une fois, nous retrouvons un modèle connu, encore une fois la nature  « fractale » de l’Univers s’impose.

Le champ qui interconnecte tout l’univers est bien réel, quel que soit le nom que nous lui donnons et quelles que soient les lois de la physique auxquelles il se conforme ou non. Il est ici en cet instant même ; il existe sous la forme de vous et de moi. Il est aussi notre univers intérieur et extérieur, le pont quantique entre tout ce qui est possible dans notre esprit et ce qui devient réel dans le monde. Un mystère bien plus grand que nos compréhensions réductrices ! Mais une dimension accessible par l'intermédiaire de notre coeur et de notre conscience cosmique. Ici, il s'agira de se laisser bousculer, remettre en question pour de nouvelles libérations, de nouvelles avancées, expériences ou de nouveaux enrichissements:

Des rabbins expliquent que le levain symbolise cette inclinaison qui existe en chacun de nous, à faire pression sur notre prochain, à l'opprimer et à l'humilier. C'est à une mauvaise herbe qui repousse continuellement dans nos cœurs et nos esprits sous les formes les plus variées. Il est nécessaire de l'extirper pour accueillir la parole qui nous libère de nos esclavages.

-- Paul Tillich dira quant à lui: "Chaque fois que l'un de nous est saisi par un visage humain en tant qu'humain, chaque fois que sont surmontés des répugnances personnelles, des préjugés raciaux, des conflits nationaux, la différence des sexes, de l'âge, de la beauté, de la force, de la connaissance et beaucoup d'autres causes de séparation - alors advient la création nouvelle ! L'humanité ne vit que parce que cela se produit sans cesse."

  • Sauver le monde.

Lui réapprendre à regarder la vie sous l'angle d'une joyeuse et vigilante fraternité.
Lui dire qu'on ne possède vraiment que le bonheur qu'on donne,
Que les méchants sont les véritables malheureux,
Que l'égoïste, seul, est tout seul. 

Là, il est possible de réconcilier religion et spiritualité, ou du moins de les concilier valablement, de concilier aussi foi et raison, science et métaphysique, etc.
Cette conciliation pourrait bien être la prochaine étape de l'évolution...


       

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