Albert Einstein voulait "savoir comment Dieu a créé l'univers, connaître la pensée de Dieu". Le mot était lâché. Il allait faire le tour du monde. Par quel "miracle" l'univers a-t-il surgi, il y a treize milliards d'années ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Dans ce livre, Igor et Grichka Bogdanov osent poser sans détour cette question qu'évitent les scientifiques d'aujourd'hui : d'où vient le Big Bang ? D'où vient cette colossale énergie qui déchire le néant et se déverse dans le vide primordial ? Et comment se fait-il que celle-ci soit si fantastiquement "réglée", faute de quoi notre univers n'aurait jamais pu exister ? Un ouvrage qui va bouleverser notre vision du monde et nous faire découvrir les grandes étapes de la pensée scientifique. En voici quelques exemples :

Max Planck a été saisi de la même émotion qu’Einstein face à l’infiniment grand et il l’exprime avec des mots qui curieusement évoquent également la pensée de Dieu : toute la matière à son origine existe seulement en vertu d’une force ; nous devons supposer derrière cette force l’existence d’un esprit conscient et intelligent ; c’est là que nous retrouvons l’esprit des lois gouvernant notre réalité. L’idée d’un ajustement de l’univers dès son origine, d’un réglage fin repose sur des constantes fondamentales ; par exemple la masse du neutron très précis est de 939,5 1653 Mega électronvolts ; or comme le fait observer le physicien François Vanucci si le neutron avait pesé à peine moins disant 939 Mega électronvolts il se serait désintégré beaucoup plus lentement que le temps normal de 885 secondes,  un peu moins d’un quart d’heure, ce qui aurait détruit le délicat équilibre des particules ; au moment du big-bang, à supposer que des étoiles aient pu se former, elles auraient explosé très vite dans un univers glacé et hostile ; à l’inverse, si le neutron avait pesé à peine plus par exemple 940 Mega électronvolts alors il se serait désintégré bien trop vite en quelque dizaines de secondes : une fois de plus l’univers nouveau-né aurait été condamné. Impossible de ne pas être fascinée par ce fantastique réglage alors qu’il n’y avait rien ni personne pour le calculer ! un autre exemple encore plus frappant est celui de la célèbre constante cosmologique. Elle est un nombre pur c’est-à-dire ne dépendant d’aucune unité de mesure qui devait exister à l’instant même du big-bang lorsque l’âge de l’univers n’était que 0,000 etc. 1 seconde ; cette mystérieuse constante est sans doute le nom désignant une quantité physique, le nombre le plus petit de tout l’univers : 10 puissance -120 ; celles-ci contrôlent minutieusement la densité du cosmos de sorte qu’aujourd’hui celui-ci est presque plat comme cela est effectivement mesuré au moment du big-bang ; le rapport la densité de l’univers la densité de rapports qu’on appelle oméga était incroyablement proche de zéro soit 0. 59 zéro 1 ; la déviation n’apparaît qu’à la 60e décimal !  fasciné par un tel réglage John Smoot n’a pas hésité à dire 1994 : "une valeurs si proches de un ne peut pas être le fait du hasard et les gens raisonnables pensent que quelque chose oblige oméga à être égal à 1" ; toujours est-il que cette valeur est la bonne et heureusement car si l’on enlève quelques zéros sur 119 à notre constante alors celle-ci aurait été un peu plus grande et l’univers se serait dilaté beaucoup plus vite trop vite pour que les étoiles et les galaxies n’aient le temps de se former le cosmos serait resté désespérément vide noir et froid ; à l’inverse, quelques zéros en plus et l’univers, incapable de se dilater correctement, serait depuis longtemps retombé sur lui-même comme un soufflé qui n’aurait pas levé ; d’où vient cette stupéfiante valeur ? qui ou quoi l’a donc pensée, calculée ? un simple exercice montre que notre fameuse constante a une chance sur 1 milliard de milliards de milliards de milliards de milliards de milliards de milliards etc. de tomber par hasard sur la bonne valeur ! en fait nous aurions bien plus de chances de trouver du premier coup le seul grain de sable peint en rouge parmi tous les grains de sable tous les déserts et de tous les océans de notre monde. Sans apporter de réponse le physicien Paul Davis prend toutefois la peine de préciser : "il ne fait aucun doute que le nombre de scientifiques méprise l’idée même qu’il puisse exister un dieu ou même un principe créateur impersonnel et poursuit avec force je ne partage pas cette attitude méprisante ; je ne puis croire que notre existence dans cet univers soit un simple caprice du destin, un accident fortuit dans le grand drame cosmique." Cela nous est confirmé par le nombre Pi : l’âge de l’univers au moment du big-bang est le temps de Planck et sa taille celle de la longueur de Planck. Chose incroyable, on trouve dans ces équations le nombre Pi, également vrai pour la température...il contrôle tout ce qui survient dans l’émergence de l’univers. Les nombres précèdent la matière donnant au réel, une forme, une échelle, un sens.

Les auteurs prennent à témoin les cristaux de neige : ils sont toujours à 6 branches. identiques dans l’univers tout entier avec ses milliards de planètes enneigées perdues dans l’infini ;à partir de là les mêmes questions se posent :  pourquoi, par quel prodige les cristaux de neige sont-ils si magnifiquement dessinés comme par un artiste muni d’une règle d’un compas ? En 1611 le grand Kepler franchit brusquement le pas et n’hésite pas à apporter une réponse ouvertement provocatrice : dans un cristal de neige comme dans l’orbite des planètes, on peut lire la pensée de Dieu.

En 1878, le jeune Minkowski comprend que le fonds ultime de la réalité ce n’est pas ce qu’on appelait encore à l’époque l’atome mais quelque chose de tout autre, quelque chose de totalement immatériel sans substance qui s’apparente à ce que l’on désigne aujourd’hui en science sous le nom d’information, une information accessible seulement en mathématique qui caractérise tout l’univers ; elle repose en fait sur ces choses elles-mêmes immatérielles qu’ils connaissaient bien : les nombres.

En 1882, Ferdinand von Lindemann va s’attaquer au nombre PI, la fameuse constante d’Archimède d’après le nom du célèbre savant grec qui a vécu au troisième siècle avant J.-C., une constante dont le mystère reste entier : on pourrait se servir de pi pour compter chaque particule existant dans le cosmos jusqu’à des milliards d’années-lumière ; une fois comptée la dernière particule existante les chiffres continueraient de se dérouler pour l’éternité ! Un nombre sans fin qui depuis des millénaires défie toute logique apparent car une fois de plus le surgissement des milliards de décimales qui s’écoulent après la virgule n’est pas dû au hasard il obéit à une sorte de code que nous ne comprenons pas. En fait, PI est un nombre univers qui contient tout absolument tout ce qui existe dans l’univers mais aussi tout ce qui existera dans l’avenir ; il imite le hasard mais des séquences décimales reviennent invariablement. Le nombre d’or s’écrit 1,618 : il est le rapport de 5 sur 3 ; il gouverne tout un tas de choses dans la nature y compris les plus inattendues les spirales ou les coquillages. Les nombres seraient-ils à l’origine de l’ordre profond des lois qui gouvernent notre monde physique ? Serait-il le fondement de l’ordre préétabli ?

David Hilbert (Königsberg, 23 janvier 1862 - Göttingen, 14 février 1943) va formuler dans son théorème de finitude que l’univers n’est pas infini ni dans le temps ni dans l’espace qu’il est soumis à un ordre éblouissant et que la source de cet ordre de cette pensée se trouve au-delà de l’univers au-delà de l’espace du temps. 

Mais à l’opposé, on trouve James Maxwell,  celui qui grâce au pur calcul a découvert les lois de l’électromagnétisme, le plus grand savant depuis Newton comme l’affirmait Einstein en 1931 ; or celui-ci a écrit en 1868 :un matérialiste strict croit que tout dépend du mouvement de la matière. Il y ajoute la fulgurante intuition de l’existence d’une origine pour l’univers et ceci nous amène à la doctrine d’un commencement et d’une fin au lieu d’une éternelle progression cyclique, un commencement pour l’univers entier.

Arnold Johannes Wilhelm Sommerfeld (5 décembre 1868 à Königsberg, Allemagne – 26 avril 1951 à Munich, Allemagne) va notamment contribué à la découverte de la structure fine des raie spectrales de l'hydrogène (modèle dit de « Bohr-Sommerfeld »). Il a introduit la Constante de structure fine α(1 / 137= 0,0729735253761). Ce nombre délimite avec une précision féroce la manière dont les électrons lancés dans une course folle autour du noyau de l’atome émettent ou au contraire absorbent des photons : toute modification des chiffres de la constante provoquerait un court-circuit des forces électromagnétiques ou même un effondrement de l’univers. Pourquoi ce rapport de 1/137 ?Nul ne parvient à l’expliquer : sans doute encore la main de Dieu.

Srinivasa RAMANUJAN (22 DÉCEMBRE 1887 - 26 AVRIL 1920),  sans doute LE PLUS GRAND MATHÉMATICIEN autodidacte DU 20ÈME SIÈCLE affirmait :  « Une équation pour moi n'a aucun sens à moins qu'elle n'exprime une pensée de Dieu. » Jeune, ce prodige des maths découvre dans une bibliothèque publique, un livre de 5000 théorèmes auxquels il va se confronter ligne après ligne !

En 1916, Arnold Sommerfeld découvre que la gravité est 1039 fois plus faible que la force électromagnétique. Ce décalage énorme est décisif : à 1038 l’expansion de l’univers serait freinée et le cosmos ne pourrait pas grandir. A 1040 l’expansion serait trop rapide pour permettre la formation des étoiles, cette fois l’immense étendue de l’univers resterait désespérément vide et aucune vie ne pourrait bien entendu émerger.

 Le 29 mai 1919, Arthur Eddington il fait cette traversée pour assister à un événement capital l’éclipse de soleil de 1919. L'éclipse a été photographiée lors d'une expérience particulière par l'expédition organisée à Sundy sur l'île de Principe. L'expérience visait à mesurer la position d'étoiles situées près du Soleil afin de vérifier s'il y avait bien un effet de lentille gravitationnelle tel que prédit par la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein. Elle est désormais appelée « éclipse d'Einstein » ou « éclipse de la Relativité Générale ». Ce qui valut la notoriété. Il va ensuite se consacrer à la fascination qu’il éprouve pour les constantes de la nature. Noter que le proton est exactement 1840 fois plus lourds que l’électron ; estimer à environ 10 puissances 80 la masse de l’univers. Rappeler que le rapports entre la force gravitationnelle et la force électromagnétique est une fois de plus 10 puissances 39. Et se demander alors si ces constantes sont arbitraires ou inévitables. A partir de 1925, Eddington se pose cette question: de quoi est faite la réalité qui nous entoure ? Il en arrivera à cette conclusion avant-gardiste : la substance fondamentale de notre réalité, son fond ultime, ce n’est pas la matière mais autre chose de totalement immatériel ; cette chose il l’appelle selon un vocabulaire directement inspiré par Clifford une étoffe mentale, autrement dit quelque chose qui s’apparente à de l’information ; dans son livre intitulé Nature du monde physique publié en 1928 en Angleterre, il n’hésite pas un instant à affirmer que l’univers a pour nature la pensée celle d’un esprit universel ; pour dire les choses crûment la substance du monde est la substance mentale ; il est certes difficile pour le physicien qui s’en tient au fait d’accepter que le substrat de toute chose est de nature mentale mais personne ne peut nier que l’esprit est la première chose est la plus directe dans le faisons l’expérience.

Enrico Fermi (29 septembre 1901 à Rome - 28 novembre 1954 à Chicago) est un physicien italien naturalisé américain. Ses recherches serviront de socle à l'exploitation de l'énergie nucléaire.

Il est lauréat du prix Nobel de physique de 1938 « pour sa démonstration de l'existence de nouveaux éléments radioactifs produits par bombardements de neutrons, et pour sa découverte des réactions nucléaires créées par les neutrons lents ». Il fut également lauréat de la médaille Hughes en 1942, de la médaille Franklin en 1947 et du prix Rumford en 1953. Dès 1930, il se pose une question qui l’obsède : 
la force électromagnétique et la force de gravitation agissent toutes les deux sur de très grandes distances, c’est-à-dire à l’échelle des étoiles ; se pourrait-il que d’autres forces agissent sur de très petites distances à l’échelle de l’atome ? par quel miracle l’uranium est-il à ce point instable qu’il se transforme en plomb qui à l’inverse est parfaitement stable ? y a-t-il une force qui pousse l’uranium ou le radium à se transformer spontanément en plomb ? même si cette hypothèse paraissait un peu folle, Fermi allait peu à peu se convaincre c’était bien sur ce point précis qu’il fallait faire porter ses efforts et en 1934 son travail a été récompensé par une découverte fondamentale : celle de la désintégration bêta qui allait le conduire vers la fameuse force faible à laquelle il pensait déjà depuis longtemps ;en fait Fermi allait établir que l’émission d’électrons lors de la désintégration du noyau d’un atome radioactif était due non pas à la présence d’électrons du noyau mais bien plus étrangement au changement l’état quantique de certaines particules de ce noyau. Au début de l’été 1954, moins de six mois avant sa mort, alors qu’il se trouvait en France, on raconte que Fermi aurait dit au mathématicien Jean-Pierre Vigier avec lequel dîner ce soir-là : «  je me demande si du temps de ma jeunesse mes collègues de Göttingen n’avaient pas raison ; après tout la réalité dans laquelle nous vivons pourrait bien être comme il le répétait inlassablement un arrangement de nombres, chaque structure de nombres donnerait naissance à des lois et à leur tour ces lois donneraient naissance à la matière à l’espace. »

Kurt Gödel, né le 28 avril 1906 à Brno et mort le 14 janvier 1978 à Princeton (New Jersey), est un logicien et mathématicien autrichien naturalisé américain. Son résultat le plus connu, le théorème d'incomplétude de Gödel, affirme que n'importe quel système logique suffisamment puissant pour décrire l'arithmétique des entiers admet des propositions sur les nombres entiers ne pouvant être ni infirmées ni confirmées à partir des axiomes de la théorie. Ces propositions sont qualifiées d'indécidables.

L'incomplétude et la cohérence (second théorème) ne peuvent pas être démontrées à l'intérieur du système.

En deux mots, vers 1920,on entend généralement que l’univers et les lois qui le gouvernement représente tout ce qui existe ;pour le fameux positivisme logique, notre cosmos est comparable à une gigantesque machine, un peu comme une horloge démesurée qui n’a pas de commencement dans le temps et pas de limite dans l’espace ; à cette époque culmine la conviction que la science fondée sur les mathématiques et la raison sera bientôt en mesure de tout expliquer dans l’univers, de triompher de l’ignorance sans faire appel à quoi que ce soit d’extérieur ; or en 1931 voilà Gödel avec ses deux fameux théorèmes d’incomplétude qui va anéantir cette croyance : il existe en mathématiques des choses vraies qu’il est impossible de prouver ; autrement dit un système à beau être cohérent, pour autant il ne sera jamais complet ; c’est tout simplement cela l’incomplétude de Gödel ; dans un système logique certaines choses pourtant vraies mathématiquement ne pourront jamais être démontrées à moins de sortir des limites de ce système ; voici une image qui va vous permettre de mieux saisir tout cela : prenons un système quelconque et traçons un cercle autour ; selon Gödel un tel système ne peut s’expliquer lui-même que s’il se réfère à quelque chose à l’extérieur du cercle ; par exemple vous pouvez tracer un cercle autour du livre que vous tenez entre les mains : hors, sa présence chez vous ne peut s’expliquer que si vous référez à la librairie où vous l’avez acheté, laquelle se trouve bien sûre hors du cercle que vous avez tracé autour du livre ; est-il possible d’appliquer le théorème de Gödel à l’univers tout entier ? Comme un système ne peut pas être en même temps consistant et complet, l’univers visiblement cohérent est donc inévitablement incomplet ; cela veut dire simplement ceci : pour que notre univers puisse être expliqué notamment dans sa cause, il faut donc se référer à quelque chose qui lui est extérieur ; est-il possible toujours à partir du fameux théorème de mieux comprendre à quoi pourrait correspondre cette chose à l’extérieur de l’univers ? Une nouvelle fois, on peut répondre oui et c’est une très bonne nouvelle ; notre univers est fait de matière, d’énergie, d’espace, de temps ; dans l’approche de Gödel, cet élément extérieur ne peut avoir aucune des propriétés de l’univers lui-même ; il ne doit être fait ni de matière ni d’énergie ni d’espace ni de temps ; la meilleure manière de comprendre cet élément à la fois unique et immatérielle c’est de le rapprocher de la singularité initiale de l’espace-temps.

 Gödel va s’installer à Princeton où il côtoie Einstein. Ce dernier commence à se demander sérieusement si Dieu avait le choix au moment où il a créé l’univers ; ils ont sans doute débattu la questions lors de leurs rencontres et promenades ; ce genre de questions laisse des traces dans l’esprit attentif et parfois très imprévisible de Gödel ;  il se souvient de ses discussions sur l’harmonie préétablie avec Hilbert, les retrouvent avec les mêmes mots en compagnie d’Einstein qui l'impressionne toujours autant quand il pense à tout ce qu’il représente pour des millions de gens dans le monde entier ; un jour de l’été 1941 en prenant le thé sur sa terrasse au soleil le maître de la relativité partage quelques lignes du discours prononcé le 26 avril 1918 en l’honneur du 60e anniversaire de son ami Max Planck; parmi ses principes, ce qui émerveille Einstein, c’est que le chercheur voit avec stupéfaction le chaos apparent se résoudre en un ordre sublime qui ne peut pas être attribué au fonctionnement de son esprit mais au monde qu’il observe : c’est ce que Leibnitz avec tant de bonheur désignait comme une harmonie préétablie. Leibnitz. Pour Gödel, la cause est entendue : durant l’été 41, il commence par lire attentivement la preuve ontologique de l’existence de Dieu proposé par le philosophe puis il va soigneusement disposer son carnet devant lui et se mettre au travail ; son but :reformuler lui-même en suivant les règles rigoureuses de ce qu’on appelle la logique modale les arguments ontologiques proposés par l’auteur du concept d’harmonie préétablie ; c’est avant tout un exercice de logique avec une petite arrière-pensée qui prolonge les convictions : en effet plusieurs années auparavant, il s’était exercer à appliquer ce fameux théorème d’incomplétude à l’univers entier ; sa conclusion est alors tombée pure comme la logique : l’univers ne peut pas tirer sa signification de lui-même : pour qu’on puisse y trouver un sens, on doit obligatoirement se référer à une cause qui lui est extérieure ; quelques mois plus tard il achève la première version de sa preuve ontologique où effectivement l’on peut suivre les développements logiques et lire sa conclusion : Dieu existe ; la phrase est forte mais elle est une preuve, un exercice de logique ; prudent Gödel n’a d’ailleurs jamais eu l’intention de publier ce texte qui va dormir dans ses tiroirs jusqu’au début des années 1970 et qui de toute façon ne sera accessible qu’après la disparition du Grand logicien en 1978 ; pour lui, il existe une philosophie et une théologie scientifique qui traite de concepts de la plus haute abstraction et ceci est très fructueux pour la science ; une théologie scientifique qui est une manière d’éclairer le thème de l’inconnaissable par la logique pure ; tout comme Oppenheimer, Gödel n’écoute jamais la radio, va rarement au cinéma en dehors des dessins animés qu’il adore, ne lit jamais les journaux mais il n’arrête jamais de penser et ce qu’il a découvert en 1931 va permettre à Einstein vers la fin des années 1940 de faire un pas surprenant vers cette pensée de Dieu.

Il va se demander: Est-ce que Dieu avait le choix lorsqu’il a créé l’univers ? Einstein est convaincu que Dieu ne joue pas aux dés, que l’univers n’est pas né par hasard : toutefois même si l’univers échappe au hasard aurait-il pu être différent c’est-à-dire gouverné par des lois différentes ? Non, si l’on en croit le réglage des constantes fines et des forces en présence. Sir Roger Penrose de l’université d’Oxford arrivera lui aussi à la même conclusion ; les quatre nombres purs sur lesquels repose notre univers sont tous apparus bien longtemps avant la première seconde tout cela avec une précision hallucinante correspondant à un réglage au milliardième de milliardième de milliardième près.

Les algèbres de John von Neumann. Il fut un pur génie excentrique à la mémoire photographique colossale ; cet instrument qui sous-tend une bonne partie de la théorie quantique nous intéresse dans la mesure où il constitue le fondement mathématique d’une théorie nouvelle d’une fabuleuse efficacité qui a pour nom la théorie KMS  ce que veulent dire ces trois lettres ce sont les initiales des noms de trois grands avant en fait dans le jargon pas toujours facile à suivre les physiciens dans un système quelconque est en équilibre : on dit qu’il est en état KMS or cet état très spécial était sans doute celui de l’univers au moment du big-bang et ceci va nous permettre de tenter d’apercevoir ce qui a pu se passer avant même la naissance physique de notre univers : avec ses algèbres qui portent la formidable empreinte de Göttingen une deuxième confirmation nous est donnée qu’il existe belle et bien une harmonie préétablie entre le monde mathématique et le monde physique.

La particule Dieu : Nous sommes en 1964 un physiciens anglais du nom de Peter Higgs se demande notamment d’où vient la masse des objets ; au fil des années une idée finira par s’imposer à Peter Higgs à mesure qu’il approfondit ses recherches il en vient à penser que toute la matière tout ce qui nous entoure les tables et maisons les fleurs les chiens des oiseaux les armes le soleil de la planète tous ces objets baignent dans une sorte de champ invisible.

Cette particule devait exister sans elle c’était tout le modèle standard des particules qui s’effondrerait ;  après plusieurs mois de travail,  trois chercheurs (François Englert, Robert Brout et  Peter Higgs) finiront par conclure que cette mystérieuse particule devait nécessairement interagir avec les autres particules et leur donner leur masse; ce mystérieux boson se met à parler un 10 milliardièmes de seconde, 10 puissances -10 , après le big bang : à cette époque la température atteignait à peu près le million de milliards de degrés ; dès que l’univers a commencés à refroidir très tôt dans son histoire, ce boson énigmatique aurait donc engendré un champ invisible appelé désormais champ de Higgs avec lequel les quarks primordiaux  à peu près à 10 puissances -12 secondes après le big-bang auraient interagi et dès lors acquis leur masse. Si cette particule était confirmée par l’observation, - et elle l’a été ! - alors nous découvrirons que l’infiniment petit repose sur de nouveaux nombres purs résultant de rapport entre la masse du boson de Higgs et celle de toutes les autres particules c’est pourquoi enthousiasmé par le formidable enjeu de la physique rejoint la métaphysique le physicien théoricien n’est-il aucun coût franchi l’étape ultime en osant dire le 29 novembre 2009 sur BBC News à propos des expériences menées aux LHC nous voulons une théorie peut-être une seule équation qui va nous permettre de lire la pensée de Dieu finalement alors que dans la première lumière de l’univers le satellite Planck voit le visage de Dieu au fond de la matière le LHC pourrait bien deviner quant à lui la pensée de Dieu.

L’univers information : D’où vient-il, peut-il se trouver avant le big bang ? Le signe existe dans l’équilibre thermodynamique est un état auquel on doit s’attendre de manière naturelle dans l’univers, il est bel et bien observé par tous les satellites astronomiques au sein de la première lumière ; l’univers devait donc nécessairement être en équilibre thermique à l’échelle de Planck ;or cet équilibre observé dans le formidable bain de chaleur originelle a une conséquence très forte qui va peut-être nous aider à mieux saisir d’où provient le troublant réglage à l’origine de l’univers. Qu’était-il derrière la barrière de Planck ? La spéculation permet d’envisager que le temps ordinaire n’était plus, qu’il cesse totalement d’exister à l’instant 0, instant qui correspond bien sûr dans le modèle standard à ce qu’on appelle la singularité initiale marquant le zéro absolu de l’espace et du temps, c’est-à-dire la véritable origine de l’univers. Dans ce temps imaginaire, l’entropie est nulle et l’information maximale : il n’existe rien d’autre que de l’information, une réalité numérique qui pourrait encoder sous une forme mathématique. Comme l’avait pressenti Leibnitz, il peut exister un nombre plus vaste que l’univers dans ce temps imaginaire ou l’harmonie préétablie prend sa source, un nombre univers d’une grande pureté hors de l’espace-temps, nombre qui pourrait bien contenir la complexité la plus haute que l’esprit humain puisse imaginer et que la pensée de Dieu puisse concevoir ; après avoir tant réfléchir sur le fond ultime de la réalité le physicien John Wheeler en est venu à conclure que l’univers tout entier pourrait bien en fin de compte se réduire à de l’information pure demain nous aurons appris à comprendre et exprimer toute la physique dans la langue de l’information a-t-il déclaré en 1995.
La pensée de Dieu peut s’écrire comme un invariant mathématique dans les trois symétries fondamentales entre le temps et l’espace, le zéro et l’infini, l’énergie et l’information qui sont alors mystérieusement rassemblés dans la trace d’une somme alternée à l’infini.

L'approche des frères Bogdanov plaide ainsi pour une harmonie pré-établie. Leur "foi" rejoint celle d'Einstein   qui était liée au sentiment d’une humilité totale devant les secrets inaccessibles de l'harmonie du cosmos, en somme une admiration sans bornes pour les structures de l'univers pour autant que notre science puisse le révéler ; 
 « la science sans la religion est boiteuse, la religion sans la science est aveugle » pouvait-il déclarer en nous invitant à une sorte de religion cosmique. Mais, Einstein dira aussi: « La source principale des conflits actuels entre la religion et la science se trouve dans le concept d’un Dieu personnel. » En 1929, il répondit par un télégramme envoyé à H. Goldstein : « Je crois au Dieu de Spinoza, qui se manifeste dans l’harmonie de l’existant, pas dans un Dieu qui s’abandonne au destin et aux actions des hommes. » Une controverse en résulta. « Si cet être est Tout-Puissant, tout événement, toute action humaine, toute pensée humaine, tout sentiment et toute aspiration est son œuvre. Comment peut-on penser que devant un tel être, l’homme soit responsable de ses actions ? » 

“Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l’objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l’expérience de la mienne. Je ne veux pas et je ne peux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste.” (Albert Einstein, Comment je vois le monde / 1934). 

“Cette conviction, liée à un sentiment profond d’une raison supérieure, se dévoilant dans le monde de l’expérience, traduit pour moi l’idée de Dieu.”

Cette argumentation classique est caricaturale:  comme le fait très bien remarquer Laurent Gagnebin – « affirmer que l’Éternel est une énergie et un dynamisme créateurs, est-ce pour autant prétendre que Dieu est « impersonnel » ? N’y-a-t-il pas là une confusion entre la personne et l’individu ? » Ce dernier désigne surtout notre corps-conscience biologiquement conditionné. « La personne, elle, n’est pas un être déterminé ; elle est spirituelle. Elle se crée et représente un dessein à réaliser, une liberté. On est un individu par la force des choses – celle de la nature, de l’histoire, de la société – qu’on le veuille ou non. On devient une personne ; celle-ci ne saurait exister sans la rencontre et l’amour, sans un acte inventif et créateur. La mort de l’individu, c’est sa mort naturelle ; celle de la personne, c’est l’égocentrisme absolu. Nous sommes à la fois un individu et une personne. Dieu, assurément, n’est pas un individu, mais les traits retenus ici pour caractériser la personne correspondent justement à ceux que nous utilisons pour qualifier Dieu : Esprit, liberté, élan créateur, amour. »  

Cette harmonie pré-existante et pré-établie ne fait toutefois pas l'unanimité scientifique qui serait plutôt déterministe, plutôt du côté d'une causalité universelle
Ainsi Stephen Hawking , en 1988, dans sa "Brève Histoire du temps", se projetait dans l'avenir et prédisait: «Si nous découvrons une théorie complète [sur l'univers], ce sera le triomphe ultime de la raison humaine dès lors nous connaîtrons la pensée de Dieu».  Dans The Grand Design («Le grand Dessein»), il ose aujourd'hui rompre avec ses propres idées: dans la version de la cosmogénèse qu'il soutient désormais, la pensée de Dieu pourrait tout simplement s'avérer inutile.  Il dira finalement : «En raison de la gravité, l'univers peut se créer lui-même à partir de rien». Du coup, «il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu pour activer l'univers», concluait le savant » Mais le rôle créateur que Stephen Hawking attribuait à la gravitation a également été contesté. «Faut-il comprendre que la gravitation se trouvait dans le néant originel? Mais alors, pourquoi ne pas dire que Dieu est la gravité même?», ironisait Etienne Klein ».
D’ailleurs, le concept de création ex nihilo- si l'on s'en réfère aux démonstrations de Gödel - renvoie à une réalité permanente, telle qu’il n’y ait aucun moment où elle n'était présente nulle part et sous aucune forme ne pourrait pas être décelée comme créée.
Toute référence à une divinité est hypersensible dans les milieux scientifiques: on se souvient de « l'œil de Dieu », 

surnom donné par l’astrophysicien George Fitzgerald Smoot à la nébuleuse située dans la constellation du Verseau, à environ 700 années-lumière de la Terre, la nébuleuse de l'Hélice, NGC 7293, qui est l'une des nébuleuses les plus proches de notre planète. Elle s'est formée quand une vieille étoile, incapable de garder ses couches externes, qui a progressivement éjecté des coquilles de gaz. Le surnom donné lu a valu des polémiques sans fin...
Mais la polémique est aussi au coeur de la compréhension de la naissance de l'univers. Les modèles de représentations sont très divergents.
Que s'est-il passé juste après le Big Bang?

L’ordre régnait-il dans l’univers naissant, au moment du Big Bang ? À haute température (10 puissance 32 kelvins), il n’y a pas d’ordre, l’agitation des particules élémentaires à haute énergies (10 puissance 19 GeV) est extrême, l’ordre n’est apparu qu’ensuite, quand la matière a commencé à se structurer, quand l’univers s’est refroidi suffisamment. Par analogie, quand on fait bouillir de la chair dans de la vapeur d’eau à plus de 100°C, les protéines n’ont plus de structures, les molécules sont lésées, c’est chaotique. En physique, quand l’énergie cinétique due à l’agitation thermique est supérieure à la force de gravitation et supérieure aux énergies de liaisons chimiques, il n’y a aucune structure, donc aucun ordre.

Quand l’univers se laisse tirer le portrait

Après Cobe en 1992, WMAP en 2003, puis Planck en 2013 (image révélée le 21 mars 2013), l’Univers, grâce au regard « pointu » porté par ces satellites, nous dévoile, à travers ses 3 portraits, son enfance.

Rien que pour le portrait le plus récent, c’est le résultat de 500 milliards de données combinées ! L’univers n’a alors que 380 000 ans, pour 13 milliards 800 millions d’années reconnus aujourd’hui. Aucune chance de disposer de portrait plus récent, car avant tout demeure opaque. Aujourd’hui, cette toute première image de l’univers nous parvient encore. On l’appelle « le fond diffus cosmologique » ou « rayonnement fossile ». Il a perdu beaucoup de sa vigueur, rien d’étonnant après un voyage de plus de 13 milliards d’années-lumière. Sa température est de 2,73° K, soit à peine 3 degrés au-dessus du zéro absolu. Cette image est pourtant riche d’enseignement. Elle révèle quelques infimes différences de température (de l’ordre de 0,00001%) dont les conséquences sont en revanche incommensurables. Ce réglage inexpliqué a été mesuré en 2012 avec une précision encore plus élevée grâce au satellite Planck cette fois il a photographié l’emprunte en y décelant des différences d’à peine un millionième de degré !

Ces variations témoignent de la présence de « grumeaux » au sein de la matière primitive. Ce sont ces grumeaux qui sont à l’origine de la formation des premières étoiles, des galaxies… in fine de la vie !

Les dernières révélations du satellite Planck précisent le visage du bébé univers et de son évolution. Sa date de naissance : 13 milliards 819 millions d’années, soit 80 millions d’années de plus que les estimations précédentes. Sa température au moment du « portrait » : 2700 °C

Son expansion : les galaxies s’éloignent les unes des autres à la vitesse de 67,9 km / seconde ; cette expansion s’est accélérée voici 5 milliards d’années. La période d’inflation qui a précédé cette lueur est confirmée : l’univers est passé de la taille d’une tête d’épingle à sa dimension presque actuelle et cela avec une durée infinitésimale. Ne fallait-il pas que ces infimes particules du début contiennent déjà les plans des 6 milliards d’étoiles et de galaxies qui forment le cosmos aujourd’hui ? peut-on imaginer qu’une tour de 20 étages soit construite au hasard sans aucun plan préalable élaboré par un architecte ?

Ses imperfections : la confirmation de petites imperfections, les fameux grumeaux de matière d’où naîtront poussières, étoiles et galaxies. Sa composition :  l’univers présente une constitution légèrement différente de celle estimée auparavant : 69,4% d’énergie noire (contre 72,8% auparavant), 25,8% de matière noire (contre 23%) et 4,8% de matière classique (contre 4,3%).

Et sa platitude :  l’univers est probablement plat. Si sa topographie est plate, l’encéphalogramme de ce bébé univers est, sans équivoque, loin de l’être !

Mais Y a-t-il vraiment eu un Big Bang ?

Pour Etienne Klein « Aujourd'hui, savoir ce qu'il y avait avant le Big Bang est une question de physique, plus une question métaphysique. Le Big Bang n'est plus une singularité, mais une transition. Un moment particulier, d'un univers d'avant à un univers d'après. De quoi était fait cet univers d'avant, on n'en sait pas grand-chose, parce que les modèles ne sont pas capables d'extrapoler très au-delà de cette transition. Mais même si on ne peut pas aborder tous les points techniques parce que c'est un peu compliqué pour le grand public, je suis un peu agacé qu'aujourd'hui on en reste à une conception du Big Bang qui date des années 50.  Les religieux continuent de dire qu'ils sont compétents pour expliquer ce qui a déclenché cette explosion, des scientifiques continuent à laisser entendre qu'ils saisiront bientôt la singularité initiale alors qu'elle a disparu dans les équations. Mon message est tout bête, et je ne crois pas qu'un astrophysicien me démentira : nous n'avons pas la preuve scientifique que l'univers a une origine, et nous n'avons pas la preuve qu'il n'y a pas d'origine. Cessons de prendre le fait que l'univers aurait eu une origine comme une vérité indiscutable. Imaginons que ce soit la théorie qui unifie les quatre interactions : c'est une théorie qui implique, qui prédit qu'il n'y a pas de température infinie dans l'univers. Autrement dit, en tout point de l'espace et en tout instant du temps, la température dans l'univers ne peut pas excéder une certaine valeur qui est finie. En disant cela, la singularité initiale dont nous parlions tout à l'heure disparaît, n'a plus de sens physique. Quand on fait de la cosmologie qui essaie de franchir le mur de Plank, on le fait avec des hypothèses très très différentes mais dans tous les cas ça ne part jamais de zéro. Parler de l'origine de l'univers c'est parler de quelque chose qui était déjà là. Si c'est quelque chose qui était déjà là, c'est bien qu'on ne parle pas de l'origine de l'univers, mais d'une étape de son histoire. »
CF : La maladie infantile de la cosmologie : le Big Bang chaud, de Jean-Claude Pecker,  astrophysicien, professeur honoraire au Collège de France et membre de l’Académie des sciences
De fait la théorie du big bang n’est pas le seul système à disposition pour comprendre l’histoire de l’univers. La cosmologie plasmique et le modèle d’univers constant tous deux font l’hypothèse d’un univers évoluant sans début ni fin. Celles-ci ainsi que d’autres approches alternatives peuvent aussi expliquer les phénomènes de base du cosmos, incluant l’abondance des éléments de lumière, la création de structure à grande échelle, le fond de radiation cosmique...

La théorie la plus en vogue est celle de l'inflation chaotique. Il est très difficile d'échapper à la création de multivers dans ce genre de modèle et le concept même d'instant primordial du big bang classique (au sens non-quantique) change complètement de sens. Ces modèles décrivent en effet un vide remplit d'un champs scalaire de toute éternité. 
Ce champs se désintègre localement pour continuellement donner naissance à des univers, le notre étant l'un d'entre eux.
Ces univers sont séparés par ce vide, qui se dilate si vite qu'aucun signal émis dans un univers ne peut rattraper un autre univers. Ces autres univers sont donc invisibles du notre. Donc, dans ce contexte, l'instant t=0 du big bang classique devient l'instant à partir duquel le vide s'est localement désintégré pour donner naissance à notre univers, et il y a une infinité de tels instants, un pour chaque autre univers. (CF.Pour en savoir plus

Peut-on en apporter la preuve? Stephen Hawking aurait-il livré un dernier cadeau à la science avant de mourir le 14 mars 2018 ? Le Times a révélé que le physicien de génie travaillait, conjointement avec Thomas Hertog, professeur de physique belge, sur un article commencé en 2017 et qu'il avait corrigé quatre jours avant sa mort. Dans ce texte, les deux physiciens proposent une technique pour prouver une théorie qu'Hawing soutient depuis des années : l'existence d'un multivers, c'est à dire d'univers parallèles au nôtre. Mais en quoi consiste-t-elle ? Peut-elle vraiment prouver que plusieurs univers existent ? Cet article pourrait-il être éligible au prix Nobel comme le soutiennent certains spécialistes ? Décryptage.

Que dit Stephen Hawking dans son article ?
Dans son article baptisé A Smooth Exit from Eternal Inflation, les deux physiciens partent du postulat que notre univers n'est pas unique mais qu'il existe des univers parallèles qui coexistent. Surtout, ils affirment qu'il est possible de détecter la présence des autres univers depuis notre propre univers.
Selon les scientifiques, si d'autres univers ont été créés en même temps que le nôtre au moment du Big Bang, il y a 13,7 milliards d'années, ils ont forcément laissé une trace dans notre univers sous forme de radiation. Ainsi, ils ont développé des formules mathématiques devant permettre à des sondes spatiales de mesurer ces fameuses radiations. Elle seraient alors la preuve de l'existence d'autres univers.
Mais enfin, c'est quoi, un univers parallèle ?
     En fonction des types de théories, les autres univers peuvent avoir des configurations très différentes.
 On imagine notamment des univers où les lois de la physique sont totalement différentes du nôtre. Où il y aurait différentes quantités d'énergie sombre, de matière sombre, où la vitesse de la lumière ne serait pas la même, où la gravitation ne serait pas assez forte pour permettre aux étoiles (et aux planètes) de se former...
     Des mondes nés de constructions mathématiques qui nous seraient étrangères, ou encore, des mondes ressemblant de très près au nôtre, mais avec de subtiles différences.
      La science-fiction a souvent décrit des univers où la même personne aurait eu un autre destin, comme si Einstein avait poursuivi une carrière de violoniste au lieu de devenir physicien... Mais si l'on embrasse totalement le concept, et s'il y a vraiment une infinité d'univers dans le multivers, tout devient envisageable.
1)Notre univers pourrait être infini, les "univers parallèles" existeraient bien, mais au-delà de "l'horizon cosmologique" qui représente la distance à partir de laquelle nous n'avons aucune possibilité de jamais observer ce qui se passe. Pour avoir un ordre de grandeur, aujourd'hui, nous pouvons observer jusqu'à 42 milliards d'années-lumière, ce qui représente la distance que la lumière a pu parcourir depuis le Big Bang, il y a 13,8 milliards d'années.
2) L’inflation pourrait être multiple ou éternelle : le multivers serait alors comme une sorte de fromage de gruyère géant, les trous, qui se formeraient en permanence, correspondant à différents univers, où d'ailleurs les lois de la physique ne seraient pas forcément les mêmes...
3) Les phénomènes quantiques seraient causés par l'interaction entre différents univers...
4) Les théories des supercordes impliquent que les particules élémentaires soient issues de la vibration de "cordes" extrêmement petites, ainsi que l'existence d'autres dimensions spatiales en plus des trois que nous connaissons déjà.  Il pourrait y avoir ainsi 10500 univers parallèles.

Comment s'y retrouver? Rien n'est simple assurément! L'harmonie pré-établie pourrait tout aussi bien être ce vide remplit d'un champ scalaire éternel, ou encore une sorte de super gravité: qui peut le dire avec certitude?

Le questionnement scientifique se poursuit et c'est une bonne chose; ce qui demeure plus problématique, c'est la traduction de ce questionnement dans notre vie. Il y a toujours là risque de sombrer dans l'illusion, ou dans l'idéologie. Comme le dit fort justement Paul Watzlawick , le fait que nous vivions dans une réalité imaginaire, fictive et construite qui ne peut que structurer l'irrationnel exige l'abandon de toute prétention à détenir la vérité dernière. " Il n'y a pas d'idée plus meurtrière que la conviction aberrante et partagée par toutes les idéologies d'être en possession de la solution définitive."
Les frères Bogdanov mettent leur savoir, leur bon sens, leur enthousiasme et leurs convictions intimes au service d'un but honorable: nous conduire à cette harmonie pré-établie. Mais la question en réalité est bien plus complexe, et donc forcément plus indécidable.
On peut certes nourrir pour l'univers et la pensée de Dieu une admiration sans borne, mais encore faudra-t-il définir comment en vivre au quotidien. Que devient cette admiration face au mal et au malheur, aux déchaînements des forces de la nature, face à l'imbécilité ou face à la violence? Ou plus simplement encore comment vivre dans la loi de la nature: manger ou être mangé? La pensée de Dieu n'est-elle pas une référence abstraite au dieu horloger? Ne devrait-elle pas nous conduire, nous induire à un partenariat créatif plus précis et plus concret?

Il convient tout d'abord de camper résolument la question du sens de la vie dans à la tolérance existentielle:

Nos raisons de vivre et d'espérer seront, d'abord et toujours, liés à des vérités crues, confessées, attestées, vécues, expérimentées! Elles se conjugueront dans des approches méta-empiriques du réel. Nous pourrions ici proposer d'autres émerveillements.
Par exemple: 

  • Signalons d'abord les briques élémentaires de la matière:  parmi elles, la masse de l'électron (9,10938 x 10-31Kg;  la constante de la gravitation et celle de la structure fine qui décrit la force électromagnétique: on arrive à les calculer mais pas à les expliquer! Le radiotélescope d'Arecibo à Porto Rico, en étudiant le quasar PKS1413+135,a établi qu'elle n'avait pas bougé depuis trois milliards d'année…
  •  Les nombres magiques sont au nombre de 7: 2,8,20,28,50,82 et 126. Ils représentent des combinaisons très particulières de protons et de neutrons qui confèrent à certains noyaux une plus grande stabilité que ceux qui en sont dépourvus. À 'aide du nouvel accélérateur de particules français Spiral 2, les scientifiques voudraient savoir si d'autres nombres magiques sont envisageables, soit 114,120,126, 172,178 et 184. Si tel était le cas, il faudrait envisager l'existence d'une nouvelle chimie… 
  • Le petit supplément de matière par rapport à l'antimatière, à quelle aune de précision devait être "apprécié" le supplément infime de protons par rapport aux antiprotons (1 + 10 puissance 9 = 1,00000001) supplément sans lequel ne serait jamais apparu un univers  de rayonnement et de matière, ni le rapport extraordinaire de 25% d'hélium originel et 75% d'hydrogène! Et par suite pas davantage la formation de galaxies, d'étoiles et de planètes assez stables pour accueillir la vie dans cet univers ! 
  • Le nombre d'or Phi : 1.618 qui est le rapport que l'univers utilise pour se multiplier et se diviser à tous les niveaux...
    Ou La magie de Fibonacci dans la nature – les maths de Dieu. La suite de Fibonacci : 0, 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377, 610, 897… Chaque terme de la suite est la somme des deux termes qui le précèdent.
  • Nous sommes de la poussière d'étoiles, littéralement... L'être humain moyen a approximativement 100 trillions de cellules et chacune d'entre elles, à part les globules rouges, contient un noyau avec notre ADN et chacune de nos cellules est constituée d'environ 100 trillions d'atomes, qui furent à l'origine créés au sein d'une étoile. Les atomes de votre main peuvent très avoir été créés dans une autre étoile que ceux de votre pied, donc, par définition, nous sommes des êtres galactiques puisque les structures mêmes qui composent nos corps viennent de partout dans l'univers...
  • Un changement effectué se répercute partout. C'est le cas par exemple des mutations de notre ADN : nous avons entre 2300 et 4600 trillions de copies pour faire nos cellules. Si un changement devait se faire en cascade, il faudrait beaucoup de temps, mais cela se fait en une seule modification.
  • Nous prenons quelque 6'000 décisions inconscientes par jour…
  • Et notre conscience influence le monde matériel: Il y a eu tout d’abord cette expérience menée en 1909 par le physicien Geoffrey Ingram Taylor dont les résultats furent confirmés régulièrement depuis. Il avait découvert qu’un électron traversait sans problème une barrière quand une seule ouverture était disponible. Par contre, quand deux fentes étaient offertes, l’électron choisissait comme par magie de traverser les deux en même temps en devenant une onde. Comment pouvait-il s’adapter sinon parce qu’il recevait l’information de l’observateur de l’expérience ? Il devenait ainsi impossible d’observer le réel sans l’influencer. 

L’expérience quantique de la double fente est un excellent exemple de la façon dont la conscience et notre monde matériel physique sont intimement liés. Une révélation potentielle de cette expérience est que « l’observateur crée la réalité. » Un article publié dans la revue scientifique Physics Essays  explique comment cette expérience a été utilisée à plusieurs reprises pour étudier le rôle de la conscience dans l’élaboration de la nature de la réalité physique. 
Dans cette expérience, un système optique à double fente a été utilisé pour tester le rôle possible de la conscience dans l’effondrement de la fonction d’onde quantique. Le rapport de la double fente de la puissance spectrale de la figure d’interférence à son unique fente spectrale de puissance était censé diminuer lorsque l’attention était portée sur la double fente double par rapport à quand on l’éloignait. L’étude a révélé l’existence de facteurs associés à la conscience dans la double figure d’interférence de fente. L’ observation ne perturbe pas seulement ce qui doit être mesuré, elle le produit. Nous forçons l’électron à prendre une position définitive. Nous produisons nous-mêmes les résultats de la mesure . Une conclusion fondamentale de la nouvelle physique reconnaît également que l’observateur crée la réalité. En tant qu’observateurs, nous sommes personnellement impliqués dans la création de notre propre réalité. Les physiciens sont obligés d’admettre que l’univers est une construction «mentale», à tout le moins de s’exclamer avec Einstein : le réel jamais nous ne connaîtrons, jamais.

  • Une autre série d’expériences menée par le physicien Alain Aspect en 1982 a permis de fonder le principe de non-séparabilité des particules. Dans cette interprétation, deux photons, même séparés volontairement, sont en contact permanent. Ils n’ont pas besoin d’échanger d’information à l’aide d’un moyen classique limité par la vitesse de la lumière. Lorsque l’un est détecté, l’autre le sait de façon instantanée. Les deux particules ont la capacité d’apparaître dans des directions opposées sans se consulter au préalable. Elles ne peuvent donc être décrites comme des entités totalement indépendantes, mais doivent parfois être considérées comme des éléments d’un tout.

La reprise de ces expériences fut menée à Genève plus récemment, entre 1998 et 2001, par le physicien Antoine Suarez ; la non localité des particules a été confirmée mais elle induisait aussi à penser que des phénomènes en mécanique quantique pouvaient être indépendants de l’espace. Même avec des variantes plus récentes testées entre 2010 et 2012, le même constat s’imposait aux scientifiques : il fallait totalement réviser notre conception du temps et donner raison à ce qu’écrivait Einstein à son ami Bosso : « La distinction entre passé, présent et futur n'est qu'une illusion, aussi tenace soit-elle. Le temps n'est pas ce qu'il semble être. Il ne s'écoule pas dans une seule direction, et le passé et le futur sont simultanés. »

Si rien ne distingue le passé, le présent et l’avenir, où cela mène-t-il ? Philippe Guillemant décrit la situation ainsi sur son site internet : "étant donné que le hasard indéterministe, considéré seul, produit des effets qui sont inconcevables en termes de désordre infligé en permanence dans le processus de réarrangement perpétuel du futur de l'univers, il est absolument nécessaire de trouver une sorte de mécanisme régulateur qui va l'éviter. Sinon on voit mal comment notre futur pourrait être autre chose qu'une bouillie infâme devant laquelle on comprendrait alors encore plus mal comment il parviendrait malgré tout à se dessiner devant nos pas.
Je pose en conséquence l'hypothèse suivante : il existe un mécanisme régulateur du futur de l'univers qui est tout simplement notre conscience à travers laquelle va pouvoir s'exprimer notre libre arbitre. (…) Pour ce faire, on peut parfaitement imaginer que l'univers ne se structure pas d'un seul coup, instantanément, mais seulement petit à petit. Nos consciences n'auraient pas un effet immédiat, nos intentions ne s'y imprimeraient pas "comme par magie", il y aurait cependant un effet immédiat qui consisterait, métaphoriquement parlant, à poser des pierres. Une vague intention poserait de la poussière, une intention déterminée et bien focalisée poserait une vraie pierre. La prière serait justifiée. Le futur serait en formation de la même façon qu'un organisme, et l'univers recevrait ses informations de l'ensemble des êtres qui le composent, à différents degrés dépendant de la conscientisation de leur libre arbitre. "

L'essence du moteur du libre arbitre serait alors l'Amour capable d'exprimer la pensée de Dieu, l'harmonie pré-établie, de manière beaucoup plus complète, concrète et complexe: il ne s'agit plus simplement d'une contemplation émerveillée, d'une religiosité cosmique. Car:

Si la flèche du temps est en partie déterminée par le passé, quelque chose nous vient aussi du futur. Avec ce postulat désormais incontournable d’une seconde causalité, appelée aussi causalité « descendante » non soumise aux lois de notre univers, des connexions plausibles peuvent désormais se faire entre le plan divin et la réalité multidimensionnelle du Tout. L’enjeu est si important qu’il pourrait réhabiliter Dieu sous forme d’énergie, de principe créateur, d’information pure, etc. Les tenants du déterminisme ont bien senti le danger, et c’est la raison pour laquelle sans doute, l’illustre physicien Stephen Hawking, dans son livre « Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ? », paru en 2010, s’emploie-t-il en tout cas à nier l’existence de Dieu d’une façon qui fort heureusement s’avère très provocante et maladroite, et ouvre après examen toute grande la porte à une argumentation inverse. Le scientifique va tout d’abord donner son aval à certains présupposés théoriques :

1. Nous créons la réalité par notre observation,

2. Cette création est plus exactement une sélection parmi toutes les réalités possibles,

3. Toutes les réalités possibles sont créées automatiquement par l'univers,

4. L'histoire vécue se crée du présent vers le passé, et non du passé vers le présent,

5. La théorie du multivers (des univers parallèles) est la meilleure interprétation de la Mécanique Quantique,

6. La théorie des cordes M est la meilleure théorie de grande unification.

Malgré cette ouverture d’esprit courageuse, l’auteur va s’empresser de fermer la porte entrouverte. Philippe Guillemant le démontre en écrivant : « à la fin de son livre, la démonstration de Stephen Hawking se présente comme un véritable sophisme - voire une imposture intellectuelle - puisque ses conclusions (nul besoin de Dieu) sont déjà contenues dans ses hypothèses (le déterminisme qui exclut toute intervention divine).

Par ailleurs, sa théorie présente un défaut majeur : elle ne dit aucun mot sur la question fondamentale de savoir quels sont les observateurs-acteurs de l'univers qui créent la réalité (hommes ? animaux ? plantes ? cailloux ? machines ? ...). Or il est facile de comprendre pourquoi Stephen Hawking esquive cette question : lui apporter une réponse reviendrait à faire la différence entre les objets de l'univers qui ont le statut d'observateur-acteur et ceux qui ne l'ont pas, et ce serait aussi inconcevable pour lui que de faire la différence entre les objets de l'univers qui ont un libre arbitre et les autres. Inconcevable, car cela briserait son dogme déterministe qui oblige à considérer tous les êtres humains comme des machines biologiques. » 

Avec la Double Causalité , quelque chose résiste obstinément à toute réduction déterministe. Dans son dernier livre Philippe Guillemant plaide pour une physique de la conscience ; il tire les conséquences métaphysiques des anomalies constatées depuis des décennies par les recherches scientifiques diverses. Il nous invite ainsi à revoir notre conception de la réalité en la replaçant dans un univers d’infirmations étendu, en lien avec le vide quantique, dans un espace-temps global comprenant onze dimensions : les trois de notre univers, six autres mettant en lien notre âme avec le vide quantique, une pour le temps illusoire spatialisé et la dernière pour y inscrire le temps réel.

Ce modèle permet, selon son auteur, de s’affranchir de la recherche de nouvelles particules fantômes pour expliquer notamment la matière et l’énergie noires : tout résulterait de ce qui bouge dans les 11 dimensions de l’univers au sein d’une Conscience globale qui permettrait d’ailleurs de mieux expliquer l’évolution orientée des espèces, les synchronicités, les guérisons spontanées, les effets placebo, le chamanisme, les perceptions extrasensorielles, les EMI, etc., tout cela sans avoir besoin de récuser la théorie de la relativité ou celle de la physique quantique.

Avec l’existence probable d’une Seconde causalité, la question d’un Dieu créateur revient en force en définissant de nouveaux liens possibles, via le libre arbitre, entre notre conscience et le vide quantique où tout se régule : le passé-présent-futur de l’univers, le nôtre aussi. Le Tout y serait régi par les fluctuations et les vibrations de l’espace à l’échelle quantique qui seront plus importantes dans l’infiniment petit, très faibles et homogènes dans l’infiniment grand. Nous y avons part via notre Âme-Esprit ou notre Conscience non-localisée dans le cerveau. Ainsi, la frontière si fortement tracée par le déterminisme entre le rationnel et l’irrationnel est en passe de se réduire considérablement, le mur se lézarde inéluctablement, même s’il faudra encore beaucoup d’efforts et de courage pour en venir à bout. Mais si les humains ne sont plus à considérer comme des machines biologiques, et si le libre arbitre est bien la signature du divin, cela fait de nous des observateurs-capteurs, acteurs du divin, et cela conduit inévitablement à un partenariat responsable et créatif.
Ici une chose est certaine: " Il faut absolument sortir d’une vision centrée sur soi, pour se relier au collectif et au plus grand que soi. Chacun a une responsabilité et la question à se poser est comment je peux contribuer à réparer ce tissu déchiré du monde, à augmenter mon ouverture de cœur, à célébrer ce vivant ? Comment participer à la transformation qui évitera notre extinction ? Le changement pour le monde ne peut être décrété ; il ne peut survenir que de l’intérieur et se propager à un nombre suffisant d’individus pour provoquer une bascule. Mon intuition est qu’à un moment, tout ça va basculer, comme le met en évidence la théorie du centième singe de Ken Keyes Jr. Un principe qui rejoint la célèbre maxime de Gandhi : « Sois le changement que tu veux voir dans le monde », que je traduirais ainsi : changer le monde passe par se changer soi-même, parce que nous sommes le monde (Bernadette Blin)."

       

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