Tout est un.

Voilà un des concepts les plus répandus dans la sphère Nouvel âge et dans les enseignements « spirituels » de toutes sortes. Tout est Un. Le concept est simple : l’Unité primordiale est la vraie réalité, la division est illusoire.

Vraiment?

Combien d’enseignants, de gurus, de sages et d’illuminés ont ainsi répandu la bonne nouvelle? On pense à Deepak Chopra, Rhonda Byrne (Le Secret), Brian Sanchez (All is one Society), etc., ainsi qu’à un très grand nombre de philosophies et de religions. S’il est vrai que « Le bien-être résulte de la conscience que  » tout est Un » », n’est-il pas étrange que ceux qui promulguent ce concept unificateur et guérisseur de tous les maux continuent tout de même de souffrir physiquement et émotionnellement? La peur, la colère, la tristesse, l’angoisse, les maux de tête et de dents perdurent pourtant, même chez ces « illuminés » illuminant le reste du monde. Comme on dit : « Vous les reconnaîtrez par leurs fruits ».

Le problème, c’est qu’ils oublient une chose : l’Unité, ce n’est pas l’expérience que nous vivons en tant qu’être humain. Nous ne vivons pas l’expérience de « l’unique source », s’il en est une.

L’idée d’unité fondamentale a beaucoup de sens. De la Vie semble émaner une force unique ou plutôt semble être une force unique, cette unité tout englobante. Et je suis même persuadé qu’à un certain niveau d’existence, c’est-à-dire au niveau de cette force vitale, oui, « tout n’est qu’un ». Mais nous ne sommes pas à ce niveau! Nous sommes humains et vivons une expérience humaine. Réaliser que tout émane d’une source unique peut être enivrant, extatique, mais cela ne nous enlèvera en rien nos douleurs physiques et émotionnelles. Ce serait dire que la mort d’un proche ne devrait pas nous peiner puisque, de toute façon, tout n’est qu’un. Ce serait dire que les tueries incessantes de par le monde, la pauvreté et la misère rampante ne devraient pas nous émouvoir parce que, de toute façon, tout n’est qu’un. Nous sommes Dieu qui s’expérimente lui-même, alors pourquoi se tracasser si notre enfant est dans le coma?
Soit! Mais l'évolution nous a aussi dotés d'un cerveau moral: nous avons ainsi le sens de la justice, du bien et du mal, de la collaboration, du partage, de l'altruisme, nous répugnons à faire souffrir autrui, nous avons le sens de la compassion et de l'empathie.

Et surtout, nous informons le vide matriciel de notre état global comme de nos désirs-besoins-souhaits-attentes ; c'est d'autant plus fort, immédiat via l'émotion ; mais, la plupart du temps, nous ne le faisons pas consciemment, pas réellement, donc de manière très fugace, car nous doutons qu'il y ait une présence réelle, une Puissance supérieure avec laquelle nous pourrions communiquer ou interagir. Avec les travaux de Nassim Haramein, les choses changent ; il y a une toute puissance dans le vide matriciel : tout en vient et tout y retourne. Nous co-créons avec elle notre réalité – et sans doute l'univers entier!-, sans elle nous ne le pourrions pas ! Cela fait bien de nous des observateurs-capteurs-acteurs du divin comme Philippe Guillemant l'avait pressenti. Nous recevons de l'information du vide – et cela peut se faire à tout moment – sous forme d'intuition, d'inspiration, de prémonition, de heureux hasards et de synchronicités entre autres choses. Dans le vide matriciel, toute l'information est disponible, c'est là que se font les voyages hors de son corps, les expériences de mort imminente, ou les visions des devins... Ce sont des informations reçues en retour du vide matriciel, des feed-back accessibles à la conscience dans certaines conditions ou circonstances.

La fusion de la pensée, de l’émotion, de la sensation ou des sentiments

Lorsque la pensée (tête) et l’émotion (ventre) n’en font plus qu'un dans le cœur (milieu), nous créons un sentiment dans notre corps. Et leur diversité positive ou négative est énorme : Jean-Philippe Faure en a répertorié 879 répartis dans dix catégories : Tranquillité (151), Joie (148), Colère (142), Coupure avec ses émotions (137), Tristesse (117) Surprise (82), Peur (82), Dégoût (9), Terreur (9), Fureur (8).
Six émotions primaires forment le socle de nos réactions à un stimulus extérieur : la colère, le dégoût, la joie, la peur, la honte et la tristesse.
On a longtemps considéré les émotions comme des phénomènes corporels parasitant, voire asservissant la raison. Depuis le milieu des années 1990 et particulièrement avec les travaux du neurologue Antonio Damasio, la perspective s’est inversée : sans émotion, on déraisonne. Tout se joue dans le cortex préfrontal ventromédian, à la jonction de zones cruciales pour la logique et l’émotion, où, au moment de prendre une décision, aussitôt des « marqueurs somatiques » récapitulent l’expérience acquise dans une situation comparable et nous aiguillent vers un comportement adapté. Une atteinte à cet endroit nous rend incapable de prendre une décision appropriée et altère profondément nos relations sociales. 
Comment utiliser le pouvoir de l’émotion humaine?
Jésus Christ donnait ce conseil avisé :
Demander ne se fait pas avec la voix, cela se fait dans un langage compris par le champ d’énergie, il ne comprend pas notre voix mais le pouvoir de notre cœur ; le texte de l'évangile de Jean, en 16,23-24 nous dit en interprétation libre : ‘Demandez sans motif caché et soyez entouré de votre réponse, soyez enveloppé de ce que vous désirez afin que votre joie soit parfaite’. 
Voilà le langage que reconnaît le champ : Sans motif caché,  sans juger de ce qui est vrai ou faux, bon ou mauvais, sans ego. Être entouré : sentir comme si… Il faut donc apprendre à changer nos gestes, nos comportements, nos pensées ou nos sentiment.
       Max Planck y fit allusion en 1944, au cours d'une conférence qu'il prononça à Florence, en Italie. Il osa alors une affirmation qui ne fut sans doute pas très bien comprise par les scientifiques de l'époque. Ces paroles prophétiques sont aussi innovatrices en ce XXIe siècle qu'elles l'étaient quand il les prononça ces mots :"Ayant consacré toute ma vie à la science la plus rationnelle qui soit, l'étude de la matière, je peux vous dire au moins ceci à la suite de mes recherches sur l’atome : la matière comme telle n'existe pas ! Toute matière n'existe qu'en vertu d'une force qui fait vibrer les particules et maintient ce minuscule système solaire qu'est l'atome. Nous pouvons supposer sous cette force l'existence d'un Esprit intelligent et conscient. Cet Esprit est la matrice de toute matière."
Le champ qui interconnecte tout l’univers est bien réel, quel que soit le nom que nous lui donnons et quelles que soient les lois de la physique auxquelles il se conforme ou non. Il est ici en cet instant même ; il existe sous la forme de vous et de moi. Il est aussi notre univers intérieur et extérieur, le pont quantique entre tout ce qui est possible dans notre esprit et ce qui devient réel dans le monde.
C'est sans doute pourquoi Jésus dira en Matthieu 7, 
7 Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.
8 Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, et à qui frappe on ouvrira.
9 Si son fils lui demande du pain, quel est parmi vous celui qui lui donnera une pierre ?
10 Ou bien, s’il demande un poisson, lui donnera–t–il un serpent ?
11 Si donc vous, tout en étant mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera–t–il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent !

« Abba » est la forme araméenne du mot hébreu pour « Père » (« ab »), une forme ayant un caractère d’insistance ; et dans l’usage de ce mot qui est fait dans le langage juif, il peut aussi être employé pour « mon Père » ou « notre Père ». À l’origine, c’était un mot de balbutiement tel qu’il pouvait déjà sortir de la bouche des petits enfants, et qui exprime une confiance sans limite ; plus tard il a aussi été utilisé par des enfants adultes et comme formule respectueuse à l’égard d’hommes âgés. 
De surcroît, Abba-Père se réfère à une coutume orientale, du temps de la Bible, concernant l’adoption d’un enfant. Tant que les documents d’adoption n’étaient ni signés ni scellés, l’enfant considérait cet homme comme un père. Il n’avait pas le droit de l’appeler Abba, qui signifie « mon ».
Dès lors que les documents étaient signés, enregistrés et scellés, le tuteur présentait l’enfant à son père adoptif, et pour la première fois l’enfant pouvait dire « Abba père »! Tandis que le père l’embrassait, l’enfant criait : 
« Mon père ! Il n’est plus un père mais mon père. »
Pour Jésus, le lien au divin est fort, une manière de nous dire: « J’ai scellé les documents. Tu n’es plus orphelin, tu es l’enfant légal de Dieu.
Maintenant, tu as un père aimant, riche et puissant. Serre-Le dans tes bras, appelle-Le « mon Père ».
Je suis venu te montrer combien Il t’aime tant ! Il t’aimait et Il te voulait !» 

 L'Amour agapè, "désintéressé".

“Agis de telle sorte que tu traites l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.”Kant, Fondements, II, Ak, IV Pl II, 295 Agape n’est pas un sentiment de pitié ou de sympathie, qui fait que je tends à vouloir faire du bien à quelqu’un. 
Si je donne deux euros à un SDF, c’est le plus souvent parce qu’il m’a ému. Quelque chose dans son apparence m’a touché, quelque chose dans son discours m’a plu. Or l’amour du prochain ne choisit pas qui aimer, il aime toute l’humanité. Quand il fait du bien à un homme particulier, c’est au nom de son amour pour tous les hommes.L’amour du prochain, c’est un amour sans attente de réciprocité, qui ne lie pas par un rapport d’égal à égal : on aime l’humanité comme on aime un dieu, la vie, ou la nature. Cet amour est moral, en ce qu’il est inspiré par la négation de soi et le dévouement à l’autre; il nous invite à aimer tout homme simplement parce qu’il est homme, à faire ce que nous voudrions qu’il fit, sans chercher plus loin quel intérêt nous satisferions en servant l’Humanité même. C’est beau... mais nous quittons l’aspect personnel de l’amour. Il n’y a plus d’élu de mon cœur, mais des grands principes.
On choisit ses amis, élus de notre cœur, aimés d’un amour qui discerne les hommes en fonction de la valeur qu’on leur accorde. Or dans l’amour du prochain, aimer ce n’est plus accorder une faveur à un privilégié préféré entre tous, mais un devoir ordonné : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même” : absolument tous les hommes, même tes pires ennemis; non plus seulement ceux avec lesquels tu te sens des affinités... Ce qui suppose à la fois qu’on puisse conjuguer le verbe aimer au futur et que l’amour ne soit qu’un devoir. 
Est-ce bien de l’amour ? Sens à donner (ou à redonner) à toute relation civique. (1).
André Gounelle a raison de préciser toutefois sur son site: "Que l'égoïsme et l'amour-propre soient largement répandus, c'est évident, mais expriment-ils un véritable amour de soi ? Ce n’est pas sûr. Souvent, nous éprouvons de la déception ou de la rancœur envers nous-mêmes, parce que nous avons le sentiment de n'être pas à la hauteur de nos ambitions et de nos idéaux. Nous acceptons mal nos limites, nos défaillances, nos échecs, nos torts. Nous nous en voulons parce que nous n'arrivons pas à devenir ce que nous voudrions être, parce que nous ne dépassons pas la médiocrité. Au chapitre 3 de la Genèse, le serpent touche une corde sensible quand il déclare à Adam et Eve que s'ils mangent du fruit défendu, ils deviendront comme des dieux. Nous avons tous, plus ou moins consciemment, le désir d'être pour notre conjoint, nos enfants, nos collègues et connaissances comme des dieux, c'est à dire des êtres parfaits, brillants, irréprochables, pourvus de qualités exceptionnelles. Et nous nourrissons une sourde et profonde animosité contre nous-mêmes parce que tel n'est pas le cas.
« Notre cœur nous condamne », dit la première épître de Jean, en ajoutant immédiatement : « mais Dieu est plus grand que notre cœur ». Lorsque notre cœur nous condamne, Dieu nous pardonne. Quand nous nous détestons, Dieu nous aime. Le message évangélique dissipe cet amour propre qui se veut sans défauts. Il nous apprend à accepter nos misères, nos manquements, nos incapacités. Sans nous croire impeccables, sans nous prendre pour plus que nous valons, nous avons à nous aimer tels que nous sommes, comme Dieu nous aime, c'est à dire faibles, petits, et défectueux. Et pourtant capables de belles et de grandes choses, capables d'oser l'amour fraternel et la fraternité de l'Amour désintéressé; c'est cela être capable de Dieu!
Sur le comme: La phrase de Jésus ne signifierait donc pas « tu aimeras ton prochain autant que toi », mais : « tu aimeras ton prochain comme faisant partie de toi, parce qu'il est un élément de ta propre existence ».
Prochain: Parmi nos prochains, il y a certes nos semblables, nos frères et sœurs en humanité, mais aussi des êtres différents, d'autres créatures, les animaux, les végétaux si souvent agressés, maltraités, torturés par les humains, comme beaucoup de nos semblables ;

Aimer: On ne peut pas imposer, ordonner, obliger d’aimer.

Kant a raison. Quand on voit dans cette parole un commandement, une loi à observer, elle devient accablante, désespérante, elle enfonce dans la mauvaise conscience et le sentiment de culpabilité. Or l'évangile n'est pas la mauvaise nouvelle de notre faute, mais la bonne nouvelle de notre délivrance. Pour bien comprendre ces paroles sur l'amour, de même que celles du décalogue et celles du sermon sur la montagne, il faut y voir non pas une loi mais une prophétie. Elles ne nous disent pas : « voilà ce que tu dois faire, comment tu dois vivre », en nous imposant des exigences impossibles. Elles nous disent plutôt : « voilà ce que Dieu va opérer en toi, voilà ce qu'il a commencé et qu'il continuera à faire : il te rendra aimant ». Luther a souligné que la loi et l’évangile disent l’une et l’autre la volonté de Dieu, mais se distinguent en ce que la loi ordonne et que l’évangile donne. Le « tu aimeras » doit se conjuguer au futur et non à l'impératif. Il ne s'agit pas d'une obligation écrasante, mais d'une promesse réjouissante. Nos cœurs de pierre, Dieu les transformera en cœurs de chair. Il fait de nous de nouvelles créatures capables d'aimer parce que nées de Dieu. Nous recevons de lui chaque jour la force et les impulsions qui feront naître et grandir l'amour en nous, qui nous feront avancer vers l'harmonie, la communion et la paix où il veut nous conduire. Cette parole « tu aimeras » ne nous met pas un lourd fardeau sur nos épaules, elle nous annonce une bonne nouvelle.
Le tout est un présuppose la loi du libre arbitre 
En tant qu'êtres humains, nous respectons les uns vis-à-vis des autres (dans notre propre groupe d'appartenance du moins!) certaines règles de vie en société. Des règles de collaboration (il faut s'entraider pour atteindre un objectif), de réciprocité (il faut savoir donner autant que recevoir), d'empathie (je me mets à la place de l'autre dans ce qu'il peut ressentir), de confiance et d'autres encore, très nombreuses, que nous appliquons quotidiennement de façon tout à fait automatique. En 1974, le psychologue et philosophe Anatole Rapaport, de l'université de Toronto, déduisit l'idée que la manière la plus efficace de se comporter vis-à-vis des autres était :
1 ) La coopération
2 ) La réciprocité
3 ) Le pardon
C'est-à-dire que lorsqu'un individu ou un groupe rencontre un individu ou groupe, il a tout intérêt à proposer dans un premier temps l'alliance.
Ensuite il importe, selon la règle de réciprocité, de donner à l'autre en fonction de ce que l'on recoit. Si l'autre aide, on aide, si l'autre agresse, on agresse en retour, de la même manière et de la même intensité. Enfin, il faut pardonner et offrir de nouveau la coopération.
Dans la tradition juive, Dieu était aussi nommé El Shaddai, soit le Tout-Opposé-au-chaos.

Voilà ce qui est UN!
Mais nous pourrions dire aussi: tout est lumière.
Et dans une perspective spirituelle:
D'un point de vue scientifique:








Pour la biologie du vivant: cette évolution de la vie qui cherche son chemin l'a fait, sans doute, pour favoriser l'émergence de la conscience; et elle continue sans doute à le faire, tout en nous garantissant une marge de manoeuvre, un libre arbitre. Ainsi, l'univers ne peut-il plus être considéré comme une machine à combiner les possibles en fonction de lois connues, encore à découvrir, en fonction du hasard ou grâce à des coïncidences heureuses...

 

Tout est donc à revoir, à repenser sur de nouvelles bases:

(1) À partir de l’adresse <http://philovive.fr/?2009/04/12/142-lerotisme-lamitie-lamour-du-prochain-eros-philia-et-agape

       

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